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Si le coeur vous en dit, racontez-nous votre histoire en détails
#1295018
Chère Eva,

Merci infiniment pour tes mots. Pardonne moi de ne pas t'avoir répondu plus tôt, d'avoir laissé le silence s'installer alors que tu avais pris du temps pour moi. Tes derniers messages m'ont touchée en plein coeur, et je n'ai pas pu répondre car je n'ai pas eu le courage de regarder les choses en face. J'ai préféré le déni pour ne pas voir arriver la catastrophe. Malheureusement aujourd'hui je ne peux plus nier.

Après mes derniers messages ici, mon copain est arrivé pour me voir en weekend, et à la suite d'une conversation pas très drôle mais importante que nous avons eue le soir de son arrivée, nous avons passé un weekend génial. A mon retour de mission, les choses étaient redevenues à peu près sereines, et puis c'était moi qui jouait le rôle de la personne forte de notre couple car mon copain allait de plus en plus mal. Je me souviens de pas mal de moment de tension/incompréhension qu'on a toujours fini par désamorcer et on avançait quand même, et il y avait plein de jolies choses et c'était bien, malgré sa souffrance et malgré la mienne.

Sauf qu'entre temps mes cours ont recommencé, et les impératifs académiques et professionnel avec. En plus de ça, je suis à sec, donc j'ai un boulot en plus à côté de mon stage et de mes cours, pour pouvoir manger. Tout ça est très chronophage. Et hyper stressant. Mes journées sont hachées, passées bien souvent dans les transports, et solitaires. Du coup, je suis dans l'hyper contrôle tout le temps, la planification permanente ; et tant que je contrôle (ou crois tout contrôler), ça va. Sauf que dès qu'un truc dérape dans cette jolie machine, je panique. C'est le drame. Je m'effondre.

Ainsi, ma nouvelle psychiatre a décidé de me donner un nouveau traitement pour m'aider : un stabilisateur d'humeur. Car pour en revenir au malade/pas malade, je vous ai sûrement induits en erreur, je ne suis plus du tout déprimée, les AD ont fait effet l'an dernier, je ne suis plus en dépression. Mais j'ai un trouble anxieux, qui est également très invalidant au quotidien, car un micro-truc peut devenir la fin du monde, et c'est absolument incontrôlable. Et si on additionne : un environnement stressant, un planning hyper chargé, des échéances académiques très importantes (et pas le temps de m'en occuper car planning hyper chargé), une charge mentale délétère et un terrain hyper-anxieux... Vous obtenez quelqu'un qui va vraiment, vraiment pas bien. C'est moi.

J'ai commencé mon traitement et les premiers jours sont hardos. Je ne me sens pas moi, je suis hyper irritable, j'ai des réactions complètement disproportionnées à tout, j'angoisse encore plus, et je fais des crises de panique ou je ne sais quoi, je m'étouffe, je pleure, j'ai peur. Bref l'horreur (apparemment ça peut arriver en début de traitement de ce genre de trucs).

Et mon amoureux en face, est témoin de tout ça, impuissant, dans un mal-être similaire, et donc parfaitement incapable de prendre en charge toute cette négativité que je balance en permanence. Qu'est-ce qu'il fait alors ? Il prend ses distances, il s'éloigne, il se protège. Et moi ? Je panique, je m'accroche, j'ai peur, j'essaie de grapiller encore de l'attention et boum, cercle vicieux.

Mais mon amoureux est quelqu'un de très intelligent, et malgré ses côtés autistes/auto-centrés, doté d'une véritable intelligence émotionnelle. Il m'a donc annoncé qu'il fallait qu'on fasse une pause, à la suite d'une de mes énièmes crises d'anxiété face auxquelles il ne peut rien et qui le minent évidemment. Ca m'a rendue extrêmement triste, mais je sais qu'il a raison, c'est la seule chose à faire, j'y ai pensé moi-même. On ne peut pas continuer comme ça : je vais mal, il va mal, on se fait du mal. Ca sert à rien, ça mène à rien, c'est une impasse. Si on veut sauver quoique ce soit, même pas notre couple mais notre peau à chacun, il faut qu'on prenne de la distance. Ca n'a rien à voir avec le fait qu'on soit tous les deux un peu fragiles de base, mais avec le fait qu'on soit tous les deux dans les pires périodes de nos vies. Je traverse un moment horrible, il traverse un moment horrible, résultat aucun ne peut rien pour l'autre. Je n'en ai pas la force et lui non plus.

Pourtant je suis toujours très amoureuse de lui, et lui aussi m'aime encore. Il m'a dit qu'il ne me quittait pas, qu'il voulait faire une pause. J'ai demandé, pour combien de temps ? Un mois ? Trois mois ? Plus ? Il m'a répondu, un mois, plusieurs, peut-être pour toujours. Vu le flou dans lequel il me laisse je n'ai pas d'autre choix que de vivre à la première personne désormais, sans qu'il soit dans l'équation. Je refuse de me consumer en espoir, je l'ai déjà trop fait. J'accepte l'idée du break, du fait qu'on ne peut rien faire d'autre que ça, et puis se retrouver plus tard quand on aura retrouvé chacun une stabilité, une sérénité. Mais la perspective que ce soit pour toujours me désespère. J'essaie de ne pas y penser, mais je crois que je vis une rupture. Il y a tellement de choses qui m'agacent chez lui, tellement de trucs qui n'allaient pas récemment, mais je ne veux pas le perdre, parce qu'il est bien plus que ça.

Ma priorité aujourd'hui c'est de sauver ma peau. Je suis dans une telle détresse qu'il n'y a rien d'autre à faire. J'attends que le traitement agisse et je commence peut-être une nouvelle thérapie plus adaptée, plus axée sur le comportement (cela fait le lien avec mon autre post) et le corps. C'est dedans que je veux mettre mon énergie. Pas dans un espoir qui sera peut-être, ou plutôt très certainement, déçu. Je traîne depuis trop longtemps ici pour ne pas savoir ce que signifie véritablement "une pause".

Je vous embrasse toutes et tous
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#1295023
Bonsoir Janysse,

Merci pour ton mot, je pensais t’avoir blessée, je m’en voulais. Je pense que Paige avait raison, d’autres également. Elles s’y connaissent bien mieux que moi sur ce que tu ressens apparemment au sujet des troubles de l’humeur. Je n’y connais rien, je l’avoue, si ce n’est de modestes lectures. Aussi, je ne dirai plus rien à ce sujet. C’est donc une maladie qui se soigne avec un médicament, je suis désolée de ne pas en avoir eu conscience avant.

Il est tard, je suis fatiguée, mais je tenais à te confier qqchose qui me turlupine depuis des années. Au-delà de tes amours et de ces tourbillons d’emotions si je puis dire, je me suis souvent demandé si tu étais proche de ta famille. Pas géographiquement. Je parle intimement, à savoir si tu te confies à tes parents, à ta mère, à un frère ou une sœur, par exemple. De fait, je me suis inscrite ici en juin 2013, or je crois n’avoir jamais lu de ta « plume » un quelconque trait à ta famille. Certes, nous sommes sur un Forum amoureux, mais tu te confies ici comme un journal intime, aussi, je me pose la question. Tu ne me dois aucune réponse. Je soulève juste la remarque parce que je te confie que tout n’est pas rose pour moi non plus, mais je remercie Dieu, la vie, d’avoir ma famille. C’est peut-être un sujet épineux pour toi que tu n’abordes qu’avec ton thérapeute, je ne le sais pas. Je voudrais simplement t’encourager, si tu le peux, à voir tes parents de temps en temps. Chaque être est unique et on ne se ressemble peut-être pas, mais dans ta détresse, j’ai envie de te souhaiter de prendre une tasse de thé avec ta maman et/ou ton papa, si tu en as la possibilité, car ainsi que le dit un écrivain, ce que nous avons de bon, c’est à nos parents que nous le devons. Tu as le cœur bon, Janysse. Je suis certaine que tes parents sont bons et ensemble vous pourriez apaiser tes « plaies »...

Pardon si je suis hors sujet ou pire, je ne veux surtout pas te faire de mal. Pause ou pas, c’est toujours salutaire de se séparer avec tant d’intelligence, c’est très noble à vous.

Puisse l’avenir répondre à tes questions comme tu le désires. Courage <3
#1295045
Bonsoir Eva,

Merci de m'avoir écrit malgré l'heure tardive. Effectivement, je n'avais pas répondu tout de suite parce que j'avais été non pas blessée mais profondément troublée par ton message. J'ai appris avec le temps que lorsqu'on réagit ainsi, c'est qu'il y a quelque chose de vrai dans ces mots qui nous dérange. Tu avais raison, mon copain ne me correspond pas dans cet état, comme je ne lui corresponds pas dans mon état. Le temps nous dira si c'est vrai de tout temps ou si c'est momentané, parce que la vie craint en ce moment. Je sais que dans quelques jours, quelques semaines, tout ira mieux, je me sentirai beaucoup mieux. Déjà aujourd'hui je me suis activée, j'ai travaillé ; je maintiens le cap de ma vie pour ne pas plus perdre encore... Même si je suis écrasée de tristesse à l'idée de ne plus jamais le revoir.

Concernant ma famille, c'est très compliqué. J'ai un modèle familial complètement tordu, et des relations avec ma famille pas du tout sereines. Je n'ai pas cette relation de confiance ou d'intimité que certaines personnes peuvent avoir - c'est aussi quelque chose qui me brise le coeur au quotidien. Néanmoins ma maman débarque dans quelques jours pour m'aider et me soutenir, et tu vois très juste comme toujours, c'est un peu un refuge malgré tout.

Belle soirée
#1295171
Bonjour Janysse,

Je n’ai pas beaucoup de temps, mais je tenais à t’écrire. C’est délicat, mais tu sais que tu as le droit de passer mon message, de m’ignorer. Je n’attends rien. Ton autre post m’avait marquée, je te trouve touchante tout simplement, c’est pour cela que je t’écris. Cependant, je sais que je ne t’aide pas. Tu vois un thérapeute et c’est sans doute ce qu’il y a de mieux. Moi je ne suis qu’une étrangère et pas médecin.

J’avais découvert le trouble que tu confiais sur l’autre post. Je ne le connaissais pas et je n’ai jamais oublié ce que t’avait écrit le seigneur des mouches. De mémoire, il disait qu’il avait connu une femme ayant ce trouble. Il l’avait quittée car il disait que pour « se faire ainsi mal » (je ne me souviens pas de ses mots et je ne veux pas relire le post, ce n’est pas important, seule l’idée compte), elle ne devait pas s’aimer et lui ne pourrait jamais pallier ce manque d’amour pour elle-même.

Vrai ou faux, je me souviens également du sirop dont tu parlais. Ça aussi, je ne connaissais pas et ça aussi ça m’a marquée. Je me suis sentie bête car j’ignorais ces choses. Je te demande pardon si je te rappelle des moments difficiles, tu as le droit de m’en vouloir et de demander aux modérateurs de supprimer mon message. Je le ferai moi-même si tu me le demandes.

Tout ce que je voudrais te dire, c’est qu’une étrangère comme moi, loin de la médecine, voit une fille souffrante en toi. Cela dépasse les relations amoureuses. Le problème ne me semble pas entre ton copain et toi. Ça va au-delà, ça dépasse vos problèmes de couple. Tu as le droit d’avoir des problèmes. Il a le droit également d’avoir des problèmes. Mais à la base, je me demande si toi tu sens aimable, au sens de « digne d’être aimée ». Quand bien même tu ne te sentirais pas laide ni idiote, tu pourrais avoir ancré en toi une croyance inconsciente: croire profondément que l’on ne peut pas t’aimer. Cela a pour conséquence de chercher inconsciemment des hommes qui ne seront pas disponibles d’un point de vue affectif. Ton copain n’est pas disponible, son concours prend le dessus, donc il n’arrive pas à gérer tes émotions, votre couple, donc il demande une pause, donc vous vous séparez et donc tu cautionnes ta croyance profonde en te disant peut-être « je le savais, il s’en va car je ne mérite pas d’être aimée »...

Si je me trompe sur toute la ligne, tant mieux. Je souhaite me tromper. Je n’ai rien à « gagner ou perdre » sur le forum, j’écris juste ce que je ressens très modestement.

Ce qui m’a mis la puce à l’oreille, c’est ton rapport à ta famille. Ça me troublait que tu n’en parlais pas car tu évoquais ton copain, ton travail, tes études, mais jamais tes parents, jusqu’à que tu parles d’un modèle « tordu »... le mot est assez sensible.

Peut-être as-tu souffert durant ton enfance d’une carence affective. Tu ne dois aucune explication ici et surtout pas à moi, je ne suis personne. Je dis juste que peut-être t’es-tu sentie rejetée et/ou abandonnée pour des raisons qui ne regardent que toi et cela expliquerait tes troubles... peut-être as-tu été témoin de disputes, aussi, reproduis-tu cette pratique...

On ne naît pas de rien. On se construit dans un « moule », un entourage qui nous donne un premier modèle de relation, de comportement. Nous avons notre liberté bien sûr, mais en être conscient nous aide justement à nous défaire de ce schéma ou à le poursuivre.

Tu as le droit de prendre des médicaments si cela t’aide. C’est peut-être héréditaire ou bien organique, donc indépendant du psychisme. Je ne suis pas contre car j’ai infiniment de respect pour le corps médical, je sais que si l’on t’a prescrit qqchose, c’est parce que tu en as besoin.

Je dis juste que, peut-être, le noeud du « problème », c’est ta relation avec tes parents, en lien avec ton enfance. J’ai peur de te blesser en touchant des points trop personnels et délicats. Aussi, je terminerai avec une dernière chose: nos parents, tu sais, sont des êtres humains. Ils font de leur mieux comme tout le monde. On idéalise parfois certaines personnes, jusqu’au jour où on les voit tels qu’ils sont dans toute leur humanité.

Si tu n’as jamais confié à ton père par exemple tes souffrances, si c’est trop dur pour toi, tu pourrais lui écrire une lettre, lui parler de tes difficultés, lui confier ton incompréhension. Dire les choses simplement: j’ai vécu une relation chouette avec un homme dernièrement et je ne comprends pas pourquoi je ressens ça quand il fait ça ou qu’il dit ça, peut-être que tu peux m’aider à me comprendre, peut-être que tu as vécu ça avec maman...

Si je suis à côté de la plaque, je te présente d’avance mille excuses et je ne reviendrai pas en signe de respect.

Bonne journée <3
Elieza, miu, Albane06 ont aimé ça
#1295353
Bonjour Eva,

Merci d'avoir pris le temps de m'écrire. Je ne te réponds que maintenant, je n'étais jamais seule jusque là.
Ne t'excuse pas de viser juste. Car encore une fois tu as très bien vu ce qui se passe chez moi - et c'est peut-être idiot, mais je m'en rends compte seulement maintenant, alors que depuis toutes ces années le problème était toujours le même !

Mes relations avec ma famille sont très compliquées, houleuses, douloureuses, et tissées de beaucoup de rancunes et de déceptions. Personne ne comprend ce que je fais dans ma famille. Ce que je fais de ma vie j'entends : est-ce qu'elle aura un boulot plus tard ? Qu'est-ce qu'elle trafique ? Sans parler de la dépendance financière dans laquelle je me trouve encore.

Et oui, oui, c'est évident maintenant, je ne me sens pas aimable. Je me dis qu'il y a mieux que moi, car il y a toujours mieux que moi : un type qui connaît mieux tel auteur, une fille qui a fait une plus grande école, une autre plus jolie, plus drôle, moins stressée, plus joyeuse, plus ceci ou moins cela. Je vis dans la comparaison permanente : je vis en enfer. Par ricochet... il y a forcément une fille mieux que moi pour ce garçon, je me le suis dit plusieurs fois. Je lui ai peut-être même dit, je ne sais plus.

Cela m'a pris beaucoup, beaucoup de temps et pas mal de déceptions dans la figure pour réaliser (et de nombreuses visites ici aussi, et je vous en suis tous tellement reconnaissante). Pour réaliser pour de bon j'entends, pas de façon abstraite, intellectualisée, objectivée. Pour comprendre pour de vrai que là, ça n'est plus possible. Pendant de nombreuses années, je savais que j'allais mal, mais je répugnais à mettre de la distance avec ce qui me faisait souffrir puisque c'était en même temps ce qui me faisait vivre : l'obsession de la performance, être meilleure, être LA meilleure, être la plus forte (syndrome de l'immigrée de 2nde génération coucou). Sans cette exigence constante, cette discipline de fer, je ne serais pas arrivée où j'en suis aujourd'hui : à la fois au début d'une carrière intellectuelle prometteuse... et terriblement malheureuse. Je n'arrivais pas à repousser cette part de moi sans laquelle je ne sais pas vivre et qui me tue en même temps, sous prétexte que "de toute façon je suis une écorchée vive" ou que "les gens intelligents sont particulièrement malheureux", ou encore que "je ne sais pas faire autrement". Ok, très bien, mais c'est des conneries tout ça, et aujourd'hui, pour mon couple mais surtout, surtout, pour moi, je ne veux plus de tout ça.

J'ai commencé une nouvelle thérapie avec une nouvelle psychologue (sur conseil d'une amie qui rencontre les mêmes difficultés) qui me paraissent bien plus adaptés. Certains d'entre vous me l'ont déjà dit ici, que ma psy actuelle ne me correspondait peut-être pas ou plus, mais moi évidemment j'ai continué dans cette voie, car pugnacité = aussi entêtement borné. Je suis sortie de notre première séance avec une révélation : je suis une personne incroyablement forte. Elle m'a dit "mais attendez, vous avez fait tout ça et vous en êtes arrivée là aujourd'hui, et tout ça en vous battant quotidiennement contre vous-même ? Mais vous imaginez à quel point vous êtes pleine de ressources pour avoir réussi ça ??". D'habitude, quand on me dit que je suis forte je réponds "oui oui merci" sans y croire une seconde mais là, pour une fois, ça a pris. Et cette conviction ne me lâche pas depuis une semaine, je suis une personne incroyablement forte, et la vie serait beaucoup plus douce et simple si je n'avais pas en plus à me battre contre moi-même tous les jours.

Aussi, je refuse d'être la victime dans cette histoire de pause. Je refuse d'être celle qui subit, même si bien sûr je suis un peu moins d'accord que mon copain. J'ai décidé de demander à le revoir pour discuter, de façon plus posée et calme, de ce qu'on attend chacun de cette pause, de combien de temps on la mène, de pourquoi on la fait. J'ai besoin qu'il sache que je ne subis pas, que je suis d'accord, que moi aussi j'ai besoin de prendre de la distance et de me barrer loin pour un moment. Même s'il me manque, même si c'est dur, je sauve ma peau, je refuse de m'auto-piétiner, je me fais ce cadeau. Je me donne une chance de construire des choses avec moi-même, d'avoir la possibilité d'être heureuse.

Je prends aussi conscience, mais pour de vrai, pas comme les autres fois, que j'ai fait peser trop de choses sur lui. Que je me suis enfermée dans une posture mortelle pour nous : la fille en détresse qu'il faut sauver, cajoler, écouter, la fille qui ressasse, qui est négative, qu'il faut tout le temps rassurer. Mais en fait, mes demandes allaient au-delà d'être simplement rassurée sur un point ou un autre, j'avais besoin, constamment, d'être soutenue, de m'appuyer sur lui, épisodiquement au début, puis de plus en plus, comme une béquille, puis un déambulateur (la métaphore n'est pas heureuse mais tant pis elle est parlante), jusqu'à me reposer entièrement sur lui... Et le faire ployer sous le poids de mon chagrin : c'est injuste et ça ne mène à rien. Mais de son côté aussi ça a merdé. Sa prise de distance continue, les barrières qu'il érige et qui n'ont pas lieu d'être m'ont profondément blessée. Son manque de soutien m'a blessée. Son silence m'a blessée. On s'est enfermé dans nos problèmes, ma détresse et mon angoisse, et lui sa dépression liée au chômage et à l'absence de perspective pour l'avenir, et on ne s'est plus compris, parce qu'on n'avait plus envie de se comprendre.

Voilà donc ma décision. Il faut qu'on se voie et qu'on se parle, qu'on communique, qu'on profite de cette suspension dans notre histoire pour se dire les choses. Soit on est un couple en pause, comme il a longuement insisté dessus, et dans ce cas on se parle, on communique, on "pause" ensemble (quitte à ne plus être en contact ensuite pendant 2 mois), soit on ne se parle pas, on ne fixe pas un moment de fin de pause, on laisse le truc se déliter, et alors on n'est plus du tout un couple. Et si c'est une fausse pause et une vraie rupture, j'aimerais bien que ça soit propre et net, et rapide et immédiat...

J'ai conscience que mes pensées et mes écrits tournent beaucoup autour de mon couple alors que le problème majeur vient de mon mal-être et de mon mode d'existence. Je me concentre là-dessus beaucoup, mais parfois ça déborde. Moi aussi je suis peut-être à côté de la plaque. Toi Eva, jamais.

Belle journée
Sebastien1979, Kylian ont aimé ça
#1295371
Bonsoir Janysse,

Je n’ai pas encore trouvé le temps de t’écrire plus longuement. Mais je tiens à quelques mots malgré tout.

L’idée de voir ton copain est légitime car tu es amoureuse, tu ressens le manque de lui, de la frustration peut-être même face à cette pause.

Or ce n’est pas une bonne idée de mon point de vue.

On dit sur le forum que la pause est l’antichambre de la rupture. On cherche parfois à déjouer les phrases toutes faites en se disant que l’on sera meilleur que d’autres, mais peu importe après tout.

De fait, si je dis que ce n’est pas une bonne idée -bien que l’idée naît d’un sentiment légitime-, c’est parce que le problème ne provient pas de ton copain ni de votre couple.

Il y a un noeud en toi et tant que ce noeud dramatique, si je puis dire, ne sera pas dénoué, toute tentative de mener une relation stable et sereine sera, de mon humble point de vue, vouée à l’échec.

Il y a une forme de challenge dans ton besoin de le voir et de comprendre la situation, comme si tu voulais te prouver que tu peux arranger les choses et/ou te prouver que tu n’y es pour rien, que c’est ton copain qui a des problèmes à gérer, avant de pouvoir être bien avec quelqu’un et que toi tu peux gérer tes difficultés et votre couple en même temps.

Or tu sais déjà qu’il a des difficultés au vu de sa situation professionnelle, il te l’a déjà expliqué.

Attention, je ne te jette aucune pierre car je me suis beaucoup battue pour comprendre mon copain, me comprendre et comprendre notre couple. Or pour être justement passée par là, j’essaie de t’épargner. Mais tentative nulle car tu iras au bout de ton entreprise, on n’apprend que par l’expérience. Alors vas-y puisque tu as déjà fait ton choix.

Puisse cet échange ne pas t’abimer davantage et puisse ton cœur te guider vers les personnes au cœur du noeud qui te consume, c’est avec elles surtout que tu devrais t’expliquer, c’est là que se trouve, en partie, le chemin vers la guérison de tes maux... Tu verrais comme la vie peut être plus douce par la suite, c’est tout ce que je te souhaite.

J’oubliais, pour ce qui est de ton ambition professionnelle, il y a comme un besoin de reconnaissance de mon humble point de vue encore. Aucun jugement, je ne suis personne, tu sais. Je dis juste que cela rejoint le noeud familial de ta prime enfance: la carence affective peut amener à se dépasser pour atteindre cette reconnaissance non obtenue aux origines...

L’important, n’est pas d’avoir raison ou tord. Je ne te connais pas personnellement, je n’émets que des hypothèses. À toi de poursuivre ton cheminement intérieur pour mieux vivre avec toi-même.

Bonne soirée <3
Elieza ont aimé ça
#1295373
Chère Eva,

Je sais que tu as raison. Que la pause est l'antichambre de la rupture. Ca me donne la nausée tellement c'est vrai. Le fait même d'être sur le forum signifie bien que la fin est sinon proche, déjà là.

Je lui ai déjà écrit en effet. Pas de réponse, ça fait plusieurs heures. J'essaie de ne pas y penser, mais je me tords de douleur ce soir. J'ai peur d'être malheureuse toute ma vie. Je suis dégoûtée de la façon dont notre histoire s'est terminée. Dégoûtée d'être ce que je suis. Pour écrire des choses pareilles, cela signifie bien que j'ai des problèmes à régler.

En voulant le voir, je ne cherche pas à me prouver que je n'y suis pour rien car je sais que c'est faux. Je voudrais juste y voir plus clair. Si nous avons encore une chance ou si nous nous acheminons sûrement vers des chemins résolument séparés. Quelque chose en moi crie que je me fais des films, que bien sûr c'est une rupture.

J'ai conscience de tout ce que tu écris car tu écris très juste. Je crève de reconnaissance, de validation, qu'on me dise que c'est bien, que j'ai bien fait et donc, que je vaux quelque chose. Cela vient de mon enfance. De mon père qui ne semble jamais satisfait de moi. De mes parents que je n'ai jamais vu s'aimer, qui ont cessé de s'aimer si vite tout en restant ensemble trop, bien trop longtemps. En réalité j'ai conscience de beaucoup de ces choses, mais maintenant je voudrais agir, agir sur tout ça. D'où ma nouvelle thérapie : l'idée est de comprendre ce qui s'est joué dans mon enfance exactement, d'accepter d'affronter ce que je ne veux pas voir, et agir dessus (comment, je ne sais pas encore justement). Je ne veux plus subir ou m'enfermer dans des schémas relationnels où j'essaie de trop avoir, trop vite (amitiés fusionnelles, couples décevants, etc).

J'ai peut-être fait une erreur en demandant une entrevue, une discussion. Je réalise que j'essayais surtout de me rassurer, de me dire qu'en discutant, en le voyant, en étant toujours sûre de son amour, de ses sentiments, je serais plus sereine, plus sûre d'où on va. Comme si lui-même le savait ! En même temps, j'en ai besoin pour avancer. Avec ou sans lui, et surtout sans lui en fait.

Mille baisers
Kylian ont aimé ça
#1295375
Elieza a écrit : 09 déc. 2018, 21:02 Janysse,

Quelque soit l'issue, sache que tu auras ici toujours des oreilles attentives et du soutien, nous serons là pour t'aider a te relever.

J'en profite pour faire un baiser a Eva, si tu me le permets.
Merci Elieza, infiniment. Cela veut dire beaucoup, et tellement plus encore. Bien sûr, embrasse Eva et sa douceur, je t'embrasse également.
#1295383
J’aimerais dire des choses, mais il est tard, je ne trouve pas encore le temps.
Juste une chose alors: tiens bon Janysse, pour toi, par amour pour toi, tiens bon s’il te plaît. Et ne t’en veux pas. Tu ne fais rien de mal, tu as beaucoup d’amour à donner, il te faut juste prendre conscience que tu mérites beaucoup d’amour en retour.

Elieza, tu es et tu resteras toujours la reine de ce forum dans mon cœur. Je te lis chaque fois que je passe car tu es extraordinaire, sans rien ôter à tous les autres membres du forum que je respecte également. Je te remercie de ne pas m’avoir oubliée.

Je reviendrai Janysse car je n’ai pas été au bout de ce que j’aimerais te dire. Pour l’heure, sache que si nous te lisons, si nous te suivons, si nous te soutenons, c’est que tu existes pour nous. Nous te reconnaissons pour ce que tu es dans ton cœur, dans ta souffrance, que nous accueillons avec tendresse.

On est avec toi. Courage.
Je vous embrasse en douces pensées <3
Elieza, Janysse ont aimé ça
#1295535
Coucou,

Je vois mon copain d'ici quelques jours. J'ai beaucoup réfléchi et pris le temps d'avoir des conversations honnêtes avec mes ami.e.s et moi-même. Je me suis forcée à écouter sincèrement ce qu'il y avait dans vos mots ici. Je commence à comprendre que reformer un couple avec lui n'est pas l'objectif en soi que je dois me fixer. Pas du tout. J'en suis même venue à me rendre compte que si nous devons recommencer quelque chose, ce sera à certaines conditions, et pas question de les balayer d'un geste agacé.

J'ai besoin d'être rassurée. Je peux vivre seule, je suis une fille très forte et indépendante, je gère ma vie comme une grande, et je n'ai pas besoin d'un mec pour être heureuse et fière de moi. Mais, si je suis avec quelqu'un, c'est aussi parce que ce quelqu'un peut m'apporter ça, ce côté rassurant, ces bras chauds et tendres dans lesquels je peux me blottir et me sentir bien, en sécurité, protégée, rassurée. J'ai plein de problèmes, plein de choses à régler avec moi-même. Et quand bien même je deviendrais moins anxieuse, plus sûre de moi, j'aurais toujours ce besoin, absolument légitime, d'être rassurée le soir quand ça flanche un peu. C'est ma condition absolue. Je ne peux pas être dans l'insécurité permanente, pas parce que j'ai peur que l'autre en face ne m'aime pas, mais parce qu'il me laisse seule avec mes peurs. J'ai plein de torts, je n'ai pas été là pour mon copain quand il en a eu besoin, je n'ai pas eu envie d'être là, pour plein de raisons. Je ne l'ai pas soutenu. Mais une fois le tri fait, une fois que j'ai eu tout remué dans ma tête et dans mon corps, il n'est resté que cette certitude : je veux être rassurée.

Je lui en parlerai, car c'est la raison pour laquelle on se voit. Et s'il me refuse ça, s'il en est incapable ou qu'il n'en a pas envie, je partirai. Tout le reste est du détail, du détail qui compte, mais qui ne peut occulter ce qui reste fondamental : je veux que mon compagnon soit là pour moi, me fasse sentir bien avec moi-même, me rassure, me donne de la tendresse, de la sécurité. S'il n'y a pas ça, je ne veux pas continuer avec cette personne.

Ce sera horrible si ça arrive, douloureux, violent, et je suis terrorisée à l'avance. Mais ce sera la seule chose à faire. J'aime ce garçon, je l'aime très fort, je l'aime comme j'ai jamais aimé personne, et il m'aime aussi très fort, de la même façon. Peut-être qu'il s'avèrera être capable de me donner ce dont j'ai besoin, il est très conscient du fait qu'il ne me rassure pas. Peut-être. Mais si ce n'est pas le cas, malgré cet amour très fort, je partirai.


Je vous embrasse
#1295537
Bonjour Janysse,

J’espère que votre entrevue sera douce, je ne veux pas que tu souffres.

Je me permets une simple réflexion: cette insécurité que tu as identifiée ne pourra pas être palliée par une quelconque personne autre que toi. Une personne plus âgée que toi, plus mature, peut-être, et encore. Cela aboutirait à une relation malsaine où cette personne se conduirait comme un « pseudo père » et toi la « petite fille qui a besoin d’être rassurée ».
Un compagnon, copain, conjoint, ne « sert » pas à rassurer. Il n’est pas sensé le faire. Il le peut bien sûr, s’il en a envie, mais tu seras toujours dans l’attente qu’il le fasse apparemment et cela deviendrait un poids à porter sur ses épaules. Et puis surtout, cela ne suffira pas, jamais. Cette insécurité est si profonde qu’il n’en viendra pas à bout à lui tout seul. Il ne peut pas te sauver de ce mal...

Ton insécurité ne vient que de toi, elle est ancrée en toi. Lui est extérieur à cela, il n’a pas à gérer qqchose qui t’appartient.

Il peut te rassurer pour de multiples choses, mais ce peut être lassant et épuisant de le faire à la longue car cela est indépendant de lui.

Cette insécurité semble provenir de ta prime enfance. La petite fille que tu étais et qui es en toi avait peut-être besoin d’être rassurée et ce besoin n’a peut-être pas été assouvi. Cela engendre des frustrations et tu cherches à être « enfin » rassurée. Or personne d’autre que toi ne pourra combler un vide si ancré en toi, une carence si ancienne.

C’est à toi de te rassurer, de te suffire à toi-même.

Je pense que tu gagnerais à te confier à tes parents. A l’approche de la fin de l’année, ce serait symbolique, faire le point avec eux sur ton ressenti, ton vécu. Tu peux leur écrire si cela est trop difficile à verbaliser. Je ne t’en parlerai plus, mais tout est là de mon humble point de vue. En leur parlant, tu permettrais à la petite fille toujours présente en toi de libérer ses colères et/ou peurs...

Par ailleurs, il n’y a rien de plus sexy qu’une personne sûre d’elle. Que peut penser un copain d’une fille qui a besoin d’être rassurée?

Je pense que tout un chacun a des insécurités. Or puisque cela se joue dans l’esprit de chacun, il ne tient qu’à chacun de résoudre en lui-même ses insécurités.

Je ne vais pas plus loin parce que je suis peut-être à côté de la plaque, je n’ose pas continuer.

Puisse votre rencontre être douce dans tous les cas car je ne veux pas te savoir davantage en souffrance et pardon si mes mots te froissent...

<3
Albane06 ont aimé ça
#1295538
Douce Eva, merci pour tes mots, qui ne me froissent jamais - et s'ils me piquent, c'est qu'ils touchent juste, tout simplement.
Eva a écrit : 15 déc. 2018, 14:03 Je me permets une simple réflexion: cette insécurité que tu as identifiée ne pourra pas être palliée par une quelconque personne autre que toi. Une personne plus âgée que toi, plus mature, peut-être, et encore. Cela aboutirait à une relation malsaine où cette personne se conduirait comme un « pseudo père » et toi la « petite fille qui a besoin d’être rassurée ».
Un compagnon, copain, conjoint, ne « sert » pas à rassurer. Il n’est pas sensé le faire. Il le peut bien sûr, s’il en a envie, mais tu seras toujours dans l’attente qu’il le fasse apparemment et cela deviendrait un poids à porter sur ses épaules. Et puis surtout, cela ne suffira pas, jamais. Cette insécurité est si profonde qu’il n’en viendra pas à bout à lui tout seul. Il ne peut pas te sauver de ce mal...

Ton insécurité ne vient que de toi, elle est ancrée en toi. Lui est extérieur à cela, il n’a pas à gérer qqchose qui t’appartient.
Mon copain m'a fait la même réflexion la dernière fois qu'on s'est vu.

Je me suis mal exprimée concernant le sens de "me rassurer" ou bien je veux me faire croire que tu n'as pas compris et lui non plus. Je sais que cette insécurité là, elle n'appartient qu'à moi, et que si une personne peut m'aider dans cette entreprise c'est ma thérapeute, qui est thérapeute, qui n'est ni ma mère, ni mon père, ni mon mec.

Par "rassurer", je crois que j'entends "être là pour moi", "me soutenir". Etre mon roc quand c'est nécessaire, plutôt que me fuir comme il l'a fait dernièrement (parce que mes demandes étaient trop élevées). Bien sûr, cela ne peut fonctionner que si je suis un roc, moi aussi, quand il en a besoin (ce que je n'ai pas fait, pas voulu, parce que moi moi moi, je je je, parce que je ne sais pas). Peut-être qu'il n'est pas du tout la bonne personne pour ça. Je commence à accepter l'idée que c'est une possibilité.

Je dis encore "mon copain", "mon amoureux", parce que c'est mon amoureux, que j'aime ses grands yeux noisette, son sourire tordu et la douceur de son regard. Mais j'ai le pressentiment que c'est bientôt-déjà la fin.
#1295569
Je te comprends Janysse.

Or le fait est que ça ne se demande pas. On ne demande pas à un copain de dire je t’aime, je pense que tu en conviens. De même que l’on ne demande pas de cadeau pour Noël, là aussi j’imagine que tu en conviens. Donc on ne demande pas non plus à être rassurée. Dans l’idéal, on ne devrait jamais rien demander.

Lui peut te dire qu’il t’aime. Il peut te demander ce que tu veux pour Noël. Il peut même te rassurer sans que tu ne le lui demandes. Mais ça doit venir de lui.

Et quand bien même il te rassurait, ce ne serait pas suffisant. Vous seriez comme au beau milieu de la mer en espérant que l’un sauve l’autre au moment où l’autre coulerait. Or le seul moyen de se sauver en ce cas est de nager, que chacun nage pour se sauver. De mémoire, j’avais lu cet exemple dans « la princesse qui croyait aux contes de fées ».

Enfin, s’il prononce tous les mots que tu désires, cela restera des mots. Les mots sont importants pour toi, je te comprends car ils sont sacrés pour moi. Or il peut te dire tout ce que tu voudras à l’instant T, sans que cela ne soit valable pour toujours. Il en va de même pour toi. Il ne pourra pas te garantir qu’il sera toujours là pour toi, ce n’est pas humainement possible car lui-même ne peut pas prévoir dans quel état il sera au moment où tu auras besoin d’être rassurée.

Tu es intelligente Janysse, drôle, sensible. Je t’encourage à revoir ta demande d’être rassurée. Je vais souvent au bout des choses pour les comprendre, alors je comprendrais que tu essaies malgré tout. J’essaie de t’épargner, mais je sais que c’est inutile.

Alors puisses-tu ne pas trop t’abimer lors de votre entrevue et revenir à la personne la plus à même de te rassurer: toi.

Douces pensées.
Kael ont aimé ça
#1295572
Bonjour Eva,

Merci de prendre encore le temps de m'écrire. Mais je ne comprends pas pourquoi mon copain ne devrait pas me rassurer, jamais. J'ai envie de pouvoir compter sur lui quand c'est nécessaire, quand la vie fait mal et que rien ne va ; quand la journée a été pourrie et triste, quand les mauvaises nouvelles s'accumulent, j'aimerais pouvoir me blottir dans ses bras, recevoir des baisers, de la tendresse, de la chaleur, et donc être rassurée.

Je suis peut-être à côté de la plaque parce que je ne comprends jamais rien, mais je n'arrive pas à voir en quoi mon besoin est illégitime. En quoi vouloir que mon amoureux me soutienne est mal. J'ai bien saisi que ça n'est pas à lui de me porter, qu'il ne peut même pas être une béquille. Mais où est le problème à attendre d'une relation de couple que mon partenaire me prenne dans ses bras le soir et me dise "je suis là je te soutiens" ?

Peut-être qu'on ne parle pas de la même chose.
#1295575
Il n’y a rien de mal dans ce que tu espères de lui. Je connais même des personnes qui rassurent au sens où tu l’entends, c’est-à-dire qui rassurent quand ça ne va pas, quand la journée a été pourrie comme tu dis. C’est absolument légitime. J’aime encore mon copain, d’ailleurs, parce qu’il a été là chaque fois que ça a été dur dans ma vie, lorsque j’ai perdu mes grands-parents, entre autres. C’est on ne peut plus normal.

C’est juste que vu de ma petite fenêtre, tu sembles espérer un soutien au quotidien, alors même qu’il rencontre ses propres difficultés « scolaires »/professionnelles.

Il y a bien des hommes qui rassurent leur femme au moindre « chagrin », mais il y a également ceux qui sont dépassés par leurs propres difficultés et qui ont besoin eux-mêmes d’être rassurés.

Qu’il te rassure ou pas n’est pas tant le problème. Le souci est que tu confies le besoin d’être rassurée au sens de trouver du réconfort quand la journée a été pourrie et triste comme tu dis.

Tu sais, chacun voit l’amour et les relations humaines à sa manière. En amour, je le dis souvent en reprenant un célèbre mot modifié de Victor Hugo: il n’y a ni règle ni modèle.

Je ne souhaite plus pour ma part confier à mon homme mes petits tracas du quotidien. Si ma journée s’avère éprouvante, je me confie à une copine, à ma mère qui est ma meilleure amie, mais je fais en sorte d’épargner mon homme car non seulement je sais que de son côté ce n’est pas facile non plus, mais aussi parce que je préfère un câlin, un baiser, sa chaleur pour un simple désir de me donner de l’amour plutôt que pour me rassurer.

Il me reprochait à nos débuts d’être trop enfantine, de trop pleurer. Je pense que j’essaie de devenir une femme en gérant mes petits tracas sans lui.

Je pensais que l’on se raconterait nos journées le soir en se retrouvant. Et puis j’ai fini par laisser derrière la porte ce qui est extérieur à notre couple. Il a ses soucis, j’ai les miens, comme tout un chacun. On essaie de s’épargner avec ces choses-là.

Je n’ai pas la prétention de donner l’exemple car je ne suis pas un bon exemple. Je t’écris parce que, encore une fois, je te trouve très touchante.

Pardon si je m’exprime mal. On ne se comprend peut-être pas, tu as raison. Je dois me tromper.

Essaie de reposer ton esprit maintenant. Ce que j’ai écrit n’est pas important. Ce qui compte, c’est que tu puisses exprimer ton ressenti avec lui.

Courage jolie Janysse.
#1295576
C’etait peut-être trop tôt.
J’imagine ta déception, je suis désolée pour toi.
Rien ne pourra apaiser ta peine, mais dis-toi que rien n’est figé...
La vie te dit peut-être que tu as des choses à régler avant de vivre une grande et belle aventure amoureuse avec lui ou un autre. Il est peut-être même dans le même cas que toi. Tant d’hypotheses auxquelles l’avenir répondra. C’est tout ce que je te souhaite.
#1295577
Merci Eva,

Je vis dans le flou, et j'ai la conviction inébranlable que j'ai besoin d'être rassurée. Mais te lire me fait réfléchir. Merci de partager un peu de ton expérience et de ton intimité avec nous, je crois saisir un peu mieux ce que tu me dis. La sécurité, le fait d'être rassurée en permanence, ne peut pas et ne doit pas venir de lui, pas comme ça.

Je le vois finalement mardi. Je vais essayer d'arrêter d'être sur la défensive et de jouer le rôle de la fille la plus malheureuse du monde (oui je suis malheureuse, oui je suis triste, mais non ce n'est pas une fatalité, et oui, c'est un rôle).

Je voudrais encore dire à quel point je suis reconnaissante. Je vis un moment où la vie est trop triste, mais c'est un moment important. Et je suis reconnaissante de ton regard qui se pose sur mon histoire et qui m'aide à y réfléchir, à poser peut-être une petite pierre, un peu branlante, qu'il faut déplacer, qu'il faut peut-être retirer en fin de compte... Mais qui fait que quoiqu'il arrive je construis.

Douce journée à toi
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