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BY mariesncr
#1359717
Je m'adresse a ceux qui sont en couple depuis longtemps, vivent une relation épanouissante.

Pour la première fois de ma vie, je suis en couple depuis 4 ans avec quelqu’un de bien, de doux, d’équilibré.
Notre relation est saine, stable, sans drame, malgré des débuts compliqué et houleux.
On a construit quelque chose de solide, j'ai enfin réussi à faire tomber mes insécurités, on vit bien ensemble, on se respecte, on est complices, on aime notre vie, on a des projets à deux plutôt cool, des envies communes.

Mais depuis un moment, je ressens des doutes. En fait, je suis perdue, sur moi, sur mon couple, sur ce que j’attends de la vie, d’une relation. C’est peut-être une crise de la trentaine, qui sait :lol:

Avant, j'ai eu des relations, toutes toxiques, avec des hommes qui ne s’engageaient pas vraiment, ou des relations fusionelles, destructrices.
Des relations sauveur/ sauvé malsaines, où on imagine une connexion cosmique avec l’autre, intense, alors que c'est la dépendance affective qui parle, les blessures, les traumas, l'envie de combler un vide.

Ce n’est plus ce que je recherche bien évidemment, mais paradoxalement, j'ai aujourd'hui l'impression que le fait d'avoir "guéri" de tout ça m'a éteinte. 
Que ce soit au niveau perso, ou dans mon couple.

Il faut dire aussi que mon partenaire n'est pas la personne la plus émotive du monde, ni le plus sensuel, ni le plus sexuel, ce qui n'aide surement pas. C’est quelque chose, pour être honnête, qui m’a beaucoup manqué au début, cette sensualité, cette « fougue », cet élan vital.
Il est calme. Ses émotions ne montent ni très haut, ni très bas, sur tous les plans.
Moi à la base, je suis tout l’inverse. Je monte très haut, descends très bas, je crie, je pleure, je ris, j’ai l’impression que quelque chose de plus grand que nous existe.
Mais comme je disais plus haut, avec le temps et en guérissant de certains traumas, en me séparant de mes angoisses, de mon vide intérieur, je me suis aussi séparée un peu de toutes ces émotions « fortes ».
Je suis devenue plus lisse.

Parfois, je me dis qu’en fait, c’est mon couple qui m’éteint, c’est mon partenaire et son manque de « fougue » et d’élan vital qui m’éteint. Le moment d’après, je me dis que je me suis éteinte toute seule au moment où j’ai commencé à me sentir en sécurité, que c'est injuste de remettre la faute sur mon partenaire car c'est quelque chose que je ressens aussi de moi à moi, quelque chose que j'ai remarqué il y a un certain temps maintenant : plus je deviens "saine", plus je deviens "plate".
Je me dis aussi que je ne suis pas non plus censée avoir besoin de l'autre pour faire vivre cette partie de moi.
Du coup, c'est ça qui me fait douter : est-ce que ce qui me manque je dois le trouver en moi, ou est-ce que c'est un signal que mon compagnon de vie ne me convient pas ?

Les relations toxiques, la peur, l’angoisse, ça ne me manque pas. Mais pour autant, je trouve que désormais, tout manque un peu de magie. Je ne sais pas trouver la magie dans ce qui est sain.
J’ai récemment fait une thérapie pour en parler, mais ça tournait en rond, rien n’en est vraiment ressorti, pas de réponse.
J’en ai aussi parlé directement au principal concerné. Sa théorie, c’est que pour vibrer très haut, il faut aussi vibrer très bas. Et du coup, quand on est « stable », quand on ne vibre plus très bas et qu’on souffre moins, forcément on vibre moins haut, c’est plus plat. Mais c’est aussi moins de souffrance.
Et s'il avait raison, finalement ?

Ce que je ressens au niveau émotionnel se confond avec mon couple, avec la manière dont la relation évolue.
J’ai l'impression que le fait de se sentir en sécurité dans un couple tue le désir, l'élan.
Avec le temps, l'amour se transforme, le couple aussi. Et je n’arrive pas vraiment à savoir si au fond, je ne suis pas « compatible » avec mon partenaire, ou si c’est simplement le revers de la médaille quand on a une relation saine…
Car quand on se sent en sécurité, quand on a pas peur, quand on est rassurés, par essence, la relation change.
Ca me fait penser à la série "sex life" (pour ceux qui l'ont vu), j'ai l'impression qu'il faut choisir entre la toxicité, ou la sécurité, mais potentiellement un ennui qui s’installe avec le temps.
Ca parait déprimant dit comme ça et ça ne donne pas envie, mais c'est vraiment une question que je me pose. Si je suis réaliste, j'ai du mal à envisager un entre deux.

On dit que la flamme s'entretient, mais je ne comprends pas ce concept. Car j'ai l'impression que quand la flamme est là, on a pas besoin de l'entretenir. Mais quand elle commence à bruler moins fort, l'envie de la raviver comme avant n'est plus vraiment là. Ca parait forcé, puis surtout, ça parait vain, car on ne peut pas retrouver dans l’acquis ce que par essence on ressent quand ça ne l’est pas.

Pourquoi je continue cette relation ? Car j'y suis bien. Car comme vous pouvez le constater, je ne comprends pas vraiment ce que je ressens, je ne vais pas quitter quelqu'un alors que 1) je n'en ai pas envie et 2) j'ai du mal à comprendre ce que je ressens.
Car je ne me dis pas que l'herbe est plus verte ailleurs. Je ne me dis pas non plus que j'ai envie de coucher avec quelqu'un d'autre, d'embrasser quelqu'un d'autre, de partager mon quotidien avec quelqu'un d'autre. Je n'ai pas non plus une envie irrépressible d'être seule, non pas que ça me fasse peur, mais simplement car ma relation m'apporte assez d'indépendance et de satisfaction pour que je ne ressente pas ce besoin.
Je suis bien, je n'ai pas du tout envie de le quitter, j'aime ce qu'on construit. Et en même temps, le temps passe et je me demande : est-ce qu'il manque quelque chose ? C'est ça du coup, on est partis pour 30 ans maintenant ?
Et à l'inverse, je trouve totalement illusoire de penser qu'on peut aimer toute une vie avec la même intensité, comme au premier jour, sans jamais douter, sans jamais traverser une phase comme celle que je traverse actuellement.


Alors voila.
Je me demande : c’est quoi l’amour ? Pour vous, qui êtes en couple depuis longtemps, c’est quoi une relation épanouissante ?
Comment on "sait" si on est avec la bonne personne ?
Certains disent que c'est évident, qu'on sait, et c'est tout. Ca me parait un peu illusoire moi, plus compliqué que ça.
Et je ne sais plus.
BY Emma33
#1359718
Bonjour et bienvenue à toi !

Alors je ne sais pas si je suis la mieux placée pour te répondre, car je ne suis plus dans une relation stable et épanouissante, comme beaucoup ici je suis une simple « larguée » qui n’a pas retrouvé chaussure à son pied.

Toutefois je trouve ton histoire intéressante et j’y trouve quelques similitudes avec la toute fin de ma relation précédente. Je comprends donc bien ce que tu veux dire. Du coup je te donne mon expérience.

A la fin de ma relation je trouvais que c’était agréable d’avoir enfin une saine mais effectivement que ça manquait parfois de « peps ».
En relation à distance la plupart du temps, on faisait beaucoup d’effort pour maintenir la flamme et quand on se voyait en vrai c’était super, mais à la fin c’était devenu un peu plat à distance comme en vrai.
La phase « lune de miel » de la relation terminée, il fallait évoluer un peu et nous n’avons pas su le faire parce qu’il était moins investi, amoureux.
C’était bien les prémisses d’une rupture et non pas une histoire de relation saine.

Après oui on peut dire que les relations toxiques sont plus passionnelles et riches en émotions (pour l’avoir vécu aussi) mais quand je compare avec le début de ma relation saine je n’y vois pas tant de différences que ça et quand je vois une différence je la vois positivement (dans une relation saine on ne va pas te demander en mariage ou d’emménager avec toi au bout de quelques mois, et c’est tant mieux je trouve).

Par contre j’avais remarqué que mon ex était peu démonstratif (pas de je t’aime, et il me faisait très peu de compliments), et c’était les seules choses qui me faisaient douter un peu.
Alors de là à conclure qu’une relation saine n’est possible qu’avec un mec peu démonstratif ? Je ne pense quand même pas. Mais je n’ai effectivement jamais vécu de relation saine avec un gars démonstratif…

Une question à te poser : Crois-tu que ton homme manque d’érotisme ou ne vibres-tu qu’avec le genre bad boy ?

Pour répondre à tes questions…
Une relation épanouissante pour moi est une relation dans laquelle je suis heureuse, je me sens respectée, et avec un minimum d’affection (câlins, sexe réussi, mots doux etc). Si le minimum est trop bas à mon avis c’est qu’il y a anguille sous roche et je ne serai pas heureuse.
Moi j’ai su que c’était la bonne personne pour moi en début de la relation car il avait toutes les qualités que j’attendais chez un homme. De plus je rayonnais de bonheur et ça se voyait. Le seul vrai soucis c’était qu’il ne se projetait pas sur le long terme avec moi et la projection est pour moi ce qui représente « aimer vraiment » . Mais je me disais que ça viendrait avec le temps et venait de son côté renfermé, qu’il était amoureux ce qui était déjà bien.
Mais bon apparement j’étais pas la bonne personne pour lui lol
Quant à ta série c’est amusant mais un peu un fantasme, cela ne me fait pas vraiment rêver.
J’espère que tu auras d’autres avis.
#1359722
Bonjour mariesncr,

je ne pense pas que tu vas avoir beaucoup de réponses venant de gens qui vivent en couple depuis de longues années ici :oops: Mais je trouve ta question très intéressante et j'y ai déjà longuement réfléchi de par mon parcours. Permets-moi de te proposer une réflexion, et tu en feras ce que tu voudras.

"C'est quoi l'amour ?". Eh bien, à coup sûr, pas ce que l'on voit et lit dans nos fictions depuis des siècles. Ça, c'est de la passion. De l'attachement. Une pure illusion de l'égo, qui a besoin de se sentir vibrer, en bien ou en mal, pour exister. Ça créé plein de problèmes, mais également une sorte de dépendance. L'autre devient "nécessaire" pour se sentir complet. Ou pour être plus exact, ce n'est pas l'autre, mais les sentiments qu'il nous permet de ressentir. C'est essentiellement la raison pour laquelle la grande majorité des couples sont dysfonctionnels: ils se basent sur cette passion/attachement, quitte à provoquer des disputes, des manipulations, de la douleur... C'est une drogue. Destructrice à long terme, mais on en redemande.

Le véritable amour ne peut se faire que sur une base totalement indépendante. C'est à dire que tu es déjà heureux/heureuse par toi-même. Tu as tes propres passions qui te font déjà vibrer. Tu as tes propres objectifs qui te font déjà te sentir complet/complète. La personne qui t'accompagne dans la vie n'est en aucun cas un pansement qui t'aide à résoudre des problèmes ou à combler ton ennui existentiel. C'est un plus, un couronnement à une existence déjà solide.

Et c'est là tout le problème, je pense. La majorité des gens, et moi le premier, sont loin de cet accomplissement. On en vient donc invariablement à projeter beaucoup d'illusions sur l'autre, et on entre dans la fiction démentielle née d'un égo vacillant...

Rencontrer quelqu'un d'aussi stable émotionnellement que ton compagnon est une chance incroyable, à mon sens. Il te laisse ta plénitude d'être, tout en construisant des objectifs d'avenir avec toi. Ce n'est pas de la platitude, c'est de la liberté. Que souhaite-tu en faire ?

Tu peux la transformer en ennui. Tu peux la muer en cocon protecteur, en stagnation et en frustration. Ou tu peux en faire un défi pour le reste de ta vie: sortir régulièrement de ta zone de confort pour étendre l'expérience que tu partages avec ton compagnon. Par exemple, te donner l'objectif chaque semaine de faire quelque chose d'inhabituel pour vous deux. On parle souvent d'un voyage imprévu, mais il y a des centaines de petites façon de surprendre régulièrement l'autre et donc soi-même par la même occasion.

D'après ce que disent les vieux couples, le véritable secret d'un amour qui dure n'est pas dans les coups d'éclats mais dans les petites attentions régulières, qu'elle soient imprévues et stimulantes ou habituelles et discrètes. C'est se sortir régulièrement de soi-même et de sa léthargie pour venir toucher l'autre en plein cœur quand il ne s'y attend pas.

Bien sûr, c'est une danse sans fin, et qui se danse à deux. A toi de voir donc si lui aussi finit par jouer le jeu ou s'il reste opiniâtrement sur ses acquis sclérosés. A partir de là, à toi de voir si ça vaut le coup de continuer ou pas.

Tu dis que cela parait "forcé". Toute vie qui vaut la peine d'être vécue demande que l'on se "force" car la psychologie humaine est ainsi faite qu'elle recherche en priorité l'homéostasie, la stagnation et la sécurité. Ou, si elle n'y parvient pas, elle se jette dans le chaos avec les conséquences que l'on connait. C'est vrai pour nos vies personnelles mais aussi pour nos vies de couples.

On ne peut accuser l'autre d'être la source de son ennui tant que l'on a pas tout fait soi-même pour en sortir.