Une autre forme de Happy end...
#1073944
Coucou à toutes & tous,

(Petite) présentation : J. 25 ans, vit dans le Val de Marne (94). A subit une grosse et douloureuse rupture en janvier 2013.
Mon histoire remonte donc il y à plus deux ans. Et depuis, je vais bien.


Pour vous faire comprendre ma situation deux ans en arrière, mon ex. à l'époque m'à quittée pour son ancien copain. Leur histoire n'était pas complètement finie. Donc le 13 janvier 2013, ma vie c'est "écroulée".
Je suis passé par plusieurs phases : Tristesses, haine, compréhension, envie de la reconquérir, silence radio... Puis rupture de communication totale.
J 'ai compris que de 1. Je n'allais jamais la récupérer
de 2. Couper toutes communication pour pouvoir se reconstruire
de 3. SOR-TIR

Votre famille, vos amis sont hyper important pour sortir votre ex. de votre tête.

J'ai effectué quelques erreurs : Etre bourrer et gâcher deux anniversaires, sms à longueur de journée. Donc ce n'est pas facile d'oublier la personne que vous avez aimé. Je comprends.

Surtout, quand la bande d'ami dont vous dépendez, sont les siens aussi. Donc forcément vous allez voir cette personne à des soirées, bars, etc... Ignorez la pendant votre convalescence.


Cela à mis du temps, plus d'an 1/2 mais il y a quelques chose dont tout le monde oublie : L'amitié.
Et oui !! Avant l'amour il y a l'amitié, les bases solide avant toute choses.

Nous nous sommes reparlé, puis revus. Nous échangeons sur notre vie personnelles, professionnelles...


Ma relation à durée du 25 février 2011 jusqu'au 13 janvier 2013 (22 mois).


Nous avons tous aimé quelqu'un dans notre vie, très fort. Qui entre dans notre vie. Puis parfois, cette personne veut en sortir mais veut vous garder auprès de vous. Parce que vous êtes une belle personne, une personne convenable sans doute pour une autre aventure.

Si je peut me permettre quelques conseils (mes conseils) :

1. Ne devenez pas agressif/ve avec votre ex. Prenez du recul face à sa décision
2. Mettez de l'espace entre vous. Respectez sa décision
3. Prenez des nouvelles de temps en temps.
4. Prenez soin de vous et reprenez des activités mis de coté. Reprenez vous en main.
5. Cette étape la, a vous de voir comment évolue votre situation.
(EVITEZ LA ZONE SE*E-FRIEND !!!!).

Moi perso. J'ai su donner de l'amour à quelqu'un d'autre. Sera peut-être différent mais chaque histoire est différente non .?
#1355149

Salut Howimetyourmother!

C’est Antoine Peytavin, fondateur de jerecuperemonex.com, le premier site sur la rupture amoureuse selon The Times.
Merci pour ton message ! La communauté va très vite te répondre pour t’aider.

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#1076652
Hello,
je compatis. Je me retrouve dans une partie de ton histoire.
nous nous sommes quittés après 1 an et demi de relation il y a 2 semaines, j'ai déménagé mes affaires de notre appart et nos rapports sont devenus cordiaux/aggressifs. Ca alterne entre "depuis 8 mois je sais que tu es pas l'homme de ma vie" à "tu es quelqu'un de bien, j'espère qu'on se donnera des nouvelles vite"......mais rien qui suppose de l'hésitation de sa part, sa décision a été prise très vite.

Quelques jours après la rupture j'avais réussi à obtenir d'elle qu'on aille en weekend ensemble pour tenter de renouer, mais au fur et à mesure je voyais des signes de sa part qui me montrait que j'allais au casse pipe, que c'était pour elle un moyen de rompre en douceur, en étant sure. J'ai annulé sans regret.

Aujourd'hui je suis sonné. Je sais pertinement qu'elle me perd aussi, et donc perd toutes les bonnes choses que je lui ai apporté. C'est elle même qui racontait à mes parents pendant la rupture que je l'ai sauvée de la vie de merde qu'elle avant, et qu'elle n'a jamais réussi à me donner autant...

Je sais qu'elle me manque. J'aimerais tant que le monde soit mieux fait. C'est difficile d'accepter ce constat et ce SR total depuis hier.

Je m'accroche à l'idée que j'irai mieux dans quelques semaines et quelques mois si je fais les choses qu'il faut, mais là je me laisse le temps d'être sonné...

Pour en revenir à ton message, je pense qu'il est tout à fait possible de bien s'entendre avec son ex, mais pour ça il ne faut aucun sentiment et surtout avoir accepté la rupture totalement.
Le lacher-prise est impératif, c'est ça que je vais devoir chercher dans les semaines prochaines.
#1076862
On dirait bien. Il faut croire que ça vole trop haut. Après le long monologue WTF qui concentre présentation, résumé de son dernier échec amoureux, conseils de la forme "Aller bien c'est mieux", et ouverture rhétorique incompréhensible ("Sera peut-être différent mais chaque histoire est différente non .?") ... je me suis tapé une erreur fatale du système. Du coup, je reboote comme je peux.
#1076910
mars11 a écrit :lol J'avoue ne pas avoir tout compris au 1er post, mais bon, restons solidaires, évitons le cynismes ici ce serait bien ;)
Evitons les smileys, on évitera une large part de ce que tu appelles mon "cynisme". Et que j'appelle, moi, intégrité esthétique. Je n'aime pas la laideur, je n'aime pas le gloubiboulga, je n'aime pas qu'on salope ma langue, et je n'aime pas les "lol". C'est comme ça : je suis un vieux con facho, ça me rend cynique.

Plus exactement et pour aller au fond des choses, ça me désespère, me heurte, et me consterne. Sans exagération. Et comme tout un chacun, quand je suis désespéré, heurté et consterné, je me rassure par le cynisme parce que c'est pas cher. Certains deviennent cyniques en regardant des vidéos d'enfants mal nourris et battus, violés ou déchiquetés sous des latitudes moins clémentes, parce que c'est ça et pas autre chose qui les désespère, les heurte et les consterne, non ? Je trouve ça cucul-la-pral, parce que c'est franchement pas une nouveauté, mais je tolère en silence. A aucun moment je ne crois m'être payé leur tronche, avoir tourné leur douleur en dérision (quand elle me paraissait sincère et pas démago), ou mis la griffe sur leur cynisme pour les acculer dans leurs mécanismes de catharsis et de thérapie ? Bon. Et bien moi, les petits noirs, j'en ai rien à foutre. Les petits blancs et les petits jaunes non plus, d'ailleurs. J'en pense que c'est un monde de merde qui va, fort heureusement, vers sa fin. Du moins, vers le terme de ce que mon cerveau sans doute un peu rigide peut appréhender avant de me conduire à la soumission à la laideur ou à l'implosion mentale par la violence des images, des concepts et des réalités. Soient deux formes de fin, de ce que je ne peux concevoir que comme un anéantissement au sens ontologique : l'aliénation totale ou la self-destruction sous la contrainte et la souffrance.

Du coup, dans ce monde mourant, je fixe mes conditions pour refaire tourner la bille un coup sur la roulette. Comme les autres. Pour eux, c'est "au moins une pub coca-cola share happiness entre chaque reportage sur les enfants-soldats en Centrafrique, ou pas plus de 3 témoignages par semaine sur la pédophilie organisée". Pour moi, j'entends qu'on m'accorde le luxe modeste de mourir dans ma langue. Mon cercueil sera simple, un torchon suffira comme suaire, on peut me faire descendre dans le trou sans prendre la peine de me torcher le cul avant : j'entends mourir, couvert de merde peut-être mais dans une langue propre. Et pas n'importe laquelle, en plus, vu que je suis exigeant : ma langue. Français non-sous-titré ou rien. Voilà mes conditions pour faire le con encore un an. Et un an après cet an. Confort dérisoire, manie idiote sans doute. Mais pas plus que l'alternance pub/centrafricains. On a tous un point de rupture qui s'apprécie dans le matériel, une fois qu'on a fait le deuil du principe. Mon matériel, c'est ça. Si j'ai pas ça, je suis comme Cartman, je-vous-emmerde-et-je-rentre-à-ma-maison.

Partant de ces quelques données de base, ma réaction quand on menace d'esquinter mon dernier confort est la même que celle de n'importe qui. On a bien dégringolé la pyramide de Maslow ensemble, toi, moi, et les autres zigotos. J'ai pas trop bronché, j'ai été gentil et compréhensif. J'ai accepté que j'avais plus le droit de boire un café au zinc en fumant ma clope, à cause des poumons de bébés ou de je ne sais quelle autre connerie. J'ai accepté qu'il fallait plus ou moins se laisser sodomiser par les maglites XXL des douaniers pour prendre des vols intra-européens, voire locaux, à cause des barbus-pas-beaux qu'on nous vend au JT. J'ai accepté que bousculer un crétin de flic malappris, qui me tutoie sans raison comme si on avait gardé les vaches ensemble, constituait de nos jours "une rébellion assortie de coups et blessures". Je passe prochainement en correctionnelle pour ça.

Maintenant, je suis nu, comme vous tous. Il me reste plus que la base de ma chtite pyramide parce que l'enfer post-industriel de la modernité a bouffé le toit et les murs. Et bien, je suis un animal comme vous : maintenant, si on touche à ma dernière briquette de Maslow, je sors le flingue. Pas parce que je suis intrinsèquement cynique ou méchant, mais parce que j'ai plus rien d'autre. Les mêmes prisonniers qui acceptaient docilement de devoir demander la permission avant d'aller chier sont prêts à tuer pour leur caramel du samedi. Ils ne sont pas fous, ils ont juste déjà paumé tout le reste, et le caramel c'est ce qu'il reste d'eux.

Quand on me demande "Sera peut-être différent mais chaque histoire est différente non .?", on menace mon caramel. A travers lui, on braque les restes de ma médiocre existence. Eh bien, je te le dis sans cynisme, sans exagération, sans un atome d'ironie, en tapant cette phrase : Je supporte très bien d'imaginer des fourgons entiers de gens qui, ayant vécu une vie d'adulte en France sans daigner parler ma langue proprement, les emmènent vers une fosse de goudron en flammes où leurs hurlements moins qu'humains de lente agonie finiraient par ressembler au charme que leur conversation a pour moi. Cette seule évocation plaque sur mes lèvres un franc sourire de joie. Bête, saine, juste. Pas parce que je suis un sociopathe, mais parce que la somme des violences par lesquelles je suis passé pour avoir mon caramel (parler et lire français chez moi, en France) excède très largement l'idée que je peux me faire de la vulcanisation la plus laborieuse et barbare. Je n'ai aucune pitié pour ces gens, d'où qu'ils viennent et quel que soit leur sang, et je leur souhaite mille morts infiniment moins charitables que le petit scenario présenté plus haut.

Alors si, parfois, je suis un brin cynique sur le forum, inutile de me répondre "lol" pour me chauffer. Sois donc un peu chrétien et fais le même (gros) effort que je tente pour ne pas péter un boulon. Dis-toi que c'est mes petits centrafricains à moi, et mâche ton caramel en silence au lieu de m'expliquer pourquoi t'aimes pas le mien.

Je te remercie par avance de cette faveur, modique, à bien y réfléchir. Bonne journée à toi, bisous, lol.
#1077097
IWillSurvive a écrit :Par contre, bien que je sois tout à fait d'accord avec l'idée selon laquelle le monde va mal et est rongé par la consommation de masse et la superficialité
J'allais un peu plus loin que la critique convenue de la consommation de masse : je ne supporte pas la laideur gratuite. Le malaise occidental du consommateur n'est que l'un de ses nombreux avatars.
IWillSurvive a écrit :je ne peux m'empêcher d'exprimer le bond que j'ai fait lorsque j'ai lu ça: "Et bien moi, les petits noirs, j'en ai rien à foutre. Les petits blancs et les petits jaunes non plus, d'ailleurs". Je ne comprends pas les gens (et il en existe des tonnes malheureusement de nos jours où l'individualisme et l'égoïsme sont rois; attention, je ne dis cependant pas que tu es individualiste et égoïste, la raison est peut-être autre) qui ne sont pas un tant soit peu touchés par ce genre de choses.
Je ne trouve pas la violence sur les enfants laide. Et elle est rarement si gratuite qu'elle en a l'air. L'argument économique, en particulier, tient une place centrale (quoique volontiers discrète) dans les mécaniques d'exploitation humaine, en particulier dans l'exploitation des enfants, consommable modique s'il en est dans un pays à forte natalité et faible durée de vie.
IWillSurvive a écrit :Dès lors, j'aimerais beaucoup que tu m'expliques cette insensibilité, cela m'aiderait sans doute à mieux comprendre ce genre de fonctionnement...Comment fais-tu pour ne pas être touché par les injustices (autres que celles relatives à la langue française), les drames, qui touchent les enfants en particulier?...
La vie est injuste, le drame est banal. Ni le drame ni l'injustice ne sont intrinsèquement laids. Pas plus que la violence. Si bien que je refuse de me poser en censeur d'abominations objectivement quantifiables : j'ai moins de crosses à chercher à un tueur fou qu'à un huissier, à un maquereau qu'à une contractuelle. Ce qui rend la laideur du monde insupportable à mes yeux, c'est son systématisme, dont le degré d'absurdité et de gratuité sont pour ainsi dire des applications linéaires. Le mal, pourquoi pas ? Bien malin qui voudra jouer le juge. Mais le "mal honnête" (suis-je drôle) : sans uniforme, sans convention syndicale, sans régime de protection de la fonction publique, sans registres nationaux, sans retraite anticipée, sans statut ni drapeau, sans seuil de rentabilité défini trimestriellement par les couillons au budget. Je suis un libéral avant d'être une crevure, et je me prononce sans hésiter pour des abominations libérales. A l'ancienne. Artisanales. A échelle humaine.
IWillSurvive a écrit :En outre, tu as beau dire que tu n'en as rien à foutre
C'est un fait objectif qu'il ne m'appartient pas de contredire. Au demeurant, je ne suis pas différent sur ce point de l'écrasante majorité des gens sur ce forum, qui se diront chacun en aparté "quel dommage que tout le monde ne soit pas aussi sensible que moi aux injustices", se pignoleront deux minutes avec ça, et ne feront rien d'autre de la journée que de demander des tuyaux pour savoir comment on peut déterminer à quelle fréquence leur ex passe sur leur page facebook. Je ne suis pas plus insensible que tout un chacun. J'essaie simplement de ne pas me raconter de blagues.
IWillSurvive a écrit :tu as beau te faire passer pour un vieux con, cynique
Je ne crois pas me "faire passer pour tel". C'est simplement un catégorème que j'emploie pour aller vite quand je sens que je n'ai pas affaire à une flèche, et qu'il faut revenir à des archétypes simples.
IWillSurvive a écrit :j'ai tendance à penser le contraire, qu'en réalité tu n'es pas si insensible que tu le prétends... Mais peut-être que je me trompe...
Encore une fois, je ne me crois pas plus insensible qu'un autre. Un peu moins miauleur, par la force des choses, parce que j'en ai quand même pris pas mal dans la gueule,peut-être ... mais c'est très circonstanciel. En revanche, il est évident qu'on est toujours un peu "vieux con cynique" quand on aspire à une forme de rigueur intellectuelle. Toute intégrité est rigidité, sans que la réciproque soit vraie.
IWillSurvive a écrit :Pour soulager tes yeux je n'ai mis aucun smiley, bien que je trouve qu'ils permettent de mieux faire ressentir les émotions que l'on éprouve à l'écrit (ils évitent bien souvent les malentendus...).
C'est avoir de la langue écrite une approche un rien utilitariste à mon sens. Bien au-delà de ses possibilités vernaculaires, l'écrit est une langue savante. Historiquement et fondamentalement : pour acheter un jambon-beurre ou proposer à une fille de me vider les couilles aux chiottes du ciné, je me passe très bien de mon bic.
IWillSurvive a écrit :Tu dois avoir mal aux yeux à chaque fois que tu croises ma signature alors ahah (oui, je sais, tu n'aimes pas ces petits mots non plus, mais on fait passer les émotions comme on peut!). Tu n'aimes pas les sourires, tu préfères un discours qui paraît neutre?
Je préfère les sourires d'intelligence, aux deux sens du terme, aux smileys d'une communication tristement efficace. Le grand charme de l'intelligence, c'est qu'elle se passe d'audioguide.
IWillSurvive a écrit :(parce que la colère, le mépris sont faciles à faire passer par écrit, mais les petits sourires...etc., c'est plus compliqué).
Je ne le crois pas. Au demeurant, cette dichotomie me semble un peu creuse : le mépris et la colère qui ne s'accompagneraient seraient de toute façon gâchés. Le mépris authentique est toujours souriant. Chez moi, du moins.
IWillSurvive a écrit :Moi, parfois, quand j'en vois un, pouf, ça me fait sourire également, tout dépend les circonstances et la personne. Les smileys représentent un peu notre tête qu'on ne voit pas à l'écrit.
Alors c'est la tête ou l'écrit qu'il faut soigner. Je vois essentiellement les smileys comme des prothèses de sentiments et de concepts. Dieu sait que je n'ai rien contre les handicapés, mais il ne s'agirait pas qu'ils commencent à m'expliquer les joies du 110 mètres haies. Tu vois ce que je veux dire ?
IWillSurvive a écrit :Or, dans la vraie vie, lorsque tu discutes avec quelqu'un, tu aimes bien le voir sourire...etc., c'est communicatif.
Je ne sais pas ce que tu appelles "la vraie vie". Je me sens tout-à-fait vrai sur ce forum. Et quand je parle à quelqu'un, ici, ailleurs, moi j'aime bien le comprendre plutôt que "communiquer avec lui". J'aime bien avoir ses idées dans la tronche et sentir les miennes lui cuire la cervelle, plutôt que de sourire à son sourire. Idéalement, je ne parle pour exprimer de l'empathie, mais pour servir un sens absolu qui transcende mes propres inclinations et répugnances. Le reste, c'est de la communication. Bientôt, peut-être que la technologie me permettra d'envoyer un MMS télépathique sans UI physique contenant mes coordonnées GPS, quand l'abruti que j'ai au bout du fil entame la conversation par "T'es où ?" en guise de salut, mais ce n'est pas l'idée que je me fais de la langue. La langue que j'aime est un instrument de pensée, de domination et de partage, de poésie et de mort. Pour le reste, whatsapp ou quelque autre service de messagerie fera bien l'affaire : je suis pas difficile.

Bonne soirée à toi.
#1077110
IWillSurvive a écrit :Si l'on s'arrête sur le terme même de "laideur", ce que l'on choisit de faire entrer sous ce vocable est souvent très subjectif.
J'ai fait trop de physique ou pas assez pour croire aux grandes vérités objectives. Pour revenir à des critères plus efficaces que mon éminente subjectivité, il faudrait au choix que je sois beaucoup moins instruit, ou beaucoup plus brillant. "Le bien universel", ça marche pour les idiots et les illuminés. Un bon hippie qui encaisse mal son joint, un Spinoza voient peut-être ce que ça veut dire. Les bons jours. Moi, j'ai la double guigne d'avoir compris peu en lisant beaucoup : la laideur me suffit comme rasoir, j'aurais du mal à trouver plus affuté.
IWillSurvive a écrit :En effet, l'argument économique tient une place centrale (et je dirai plutôt "patente" même, dans certains cas) dans les mécaniques d'exploitation humaine.

Toutefois, je ne visais pas cette forme de violence en particulier. J'avais davantage à l'esprit les violences physiques envers les enfants par exemple (la pédophilie, la maltraitance...etc.).
Toute exploitation humaine est une violence, toute violence est une exploitation. J'entends le terme dans le sens pur, étymologique, naturel qui est le sien, et qui ne fait que décliner le mot viol, que j'aime beaucoup. Faire violence n'est pas essentiellement de violer ou exploiter. La violence, c'est la surimpression contrainte d'une volonté sur une autre. C'est la négation de la liberté dans son acception philosophique. Et ça englobe toutes les exploitations et tous les abus de l'Histoire humaine, de la redevance télé à l'esclavage sexuel des mandchoues en 34. Et l'argument du coût (qu'il soit humain, financier ou de quelque autre nature) est toujours central dans le choix d'une cible enfantine.
IWillSurvive a écrit :Or, certes, la violence existe depuis la nuit des temps si je puis dire. Mais ce n'est pas parce que c'est banal que ça ne peut pas être laid.
L'omniprésence du viol dans la nature ne saurait se ramener à la "banalité". La violence n'a rien d'une contingence, d'un accident de l'ordre du monde : elle en est un fragment quintessentiel. La violence, c'est la nature, en grande partie. C'est la concurrence des individus et des espèces, c'est l'intelligence sociale, c'est la notion de "bien commun", c'est la structure et la raison. Entendons-nous préalablement sur le fait qu'il ne s'agit pas d'un sous-produit malheureux des rapports naturels ou d'un épiphénomène. La violence est le mode d'interaction le plus immuable, le plus parfait, et le plus naturel (et partant, le plus sain pour qui croit en la sagesse de Dame Nature) dans ce monde qui est le nôtre. Tout en moi me relie en partie à un formidable pool de violence, de ma libido à mes rêves, de mon envie de vivre à celle de mourir, de mes souvenirs à mes projets, de la manière dont je bouffe à celle dont je pisse, souffre et jouis. La seule chose que ma bite, mon poing, mes lymphocites ou mon foie aient en commun, le seul goût qu'ils comprennent tous à leur manière et se partagent, la seule couleur commune à leurs palettes, c'est la violence. Cela tient à ma seule condition animale, et il est difficile de ne pas y lire une forme de perfection, d'aboutissement.

Ces quelques observations liminaires évacuées, comment trouver la violence intrinsèquement laide ? La violence c'est la vie, autant et plus que tout le reste. A moins de porter en soi un sens esthétique si morbide qu'il en exclurait la marque de fabrique du vivant, il n'est aucun moyen de trouver la violence laide.
IWillSurvive a écrit :Selon moi, la violence envers les enfants est très laide, tout comme le viol entre personnes majeures, la torture, la barbarie...etc.
Quel rapport entre tous ces éléments ?
IWillSurvive a écrit :Ce n'est pas parce que c'est banal qu'il faut se résigner à l'accepter.
Encore une fois, le rempart naturel contre cette idée que l'on pourrait se résigner ou ne pas se résigner à "accepter la violence" (syntagme si vertigineux dans ses prémisses que je peine à voir ce qu'il pourrait donner concrètement), ce n'est pas sa banalité. C'est le fait qu'elle est nécessaire en cela qu'elle conditionne de manière dirimante la vie. La violence n'est pas un artifice de certaines vies, pas un artifice de toutes les vies, pas même une condition de la vie : c'est, à elle seule, une part écrasante de la définition même de la vie. La vie sans violence n'est pas une utopie mais une idée en creux : autant parler "d'eau pas trop aqueuse" ou de "neige chaleureuse".
IWillSurvive a écrit :Tu as dit que la violence envers les enfants est rarement si gratuite qu'elle n'en a l'air. Selon toi, la pédophilie n'est pas de la violence gratuite?
Certes pas. Surtout à l'heure où tu peux en prendre pour 20 ans.
IWillSurvive a écrit :Ils n'ont rien demandé les enfants. En outre, il n'y a pas d'argument économique dans ce cas de figure.
Pas au sens propre, en effet. Parlons plus simplement d'un argument de coût. Abuser d'un enfant, en intégrant sa grande faiblesse et l'ascendant écrasant que l'on peut avoir sur lui, coûte moins cher que d'abuser d'une adulte. C'est moins risqué, plus facile à mettre en place, et ainsi de suite. La notion est bien celle du coût. Si tu préfères cette image, disons que dans un monde où l'économie servirait à quantifier la capacité individuelle à enculer son prochain contre son gré impunément plutôt que le capital de production et de consommation, la pédophilie serait la solution la plus économique.
IWillSurvive a écrit :Il y a une maladie mentale par contre.
C'est une notion un peu abstraite tant qu'on n'a pas préalablement convenu des normes de la santé. Ce qui est particulièrement malaisé sur ce sujet : les scientifiques ont déjà du mal à s'accorder sur une norme de l'état de mort clinique, il est illusoire d'espérer qu'ils nous pondent une norme de la libido avant qu'il soit longtemps. Pour ma part, je ne connais que la souffrance. Et j'ai connu beaucoup de souffrants mentaux, pas toujours ceux que l'on me désignait. Pas un seul que je prendrais le risque d'appeler "malade".
IWillSurvive a écrit :"La vie est injuste, le drame est banal": effectivement, mais là encore, je pense que l'on ne doit pas se résigner, il faut le combattre.
Je ne combats pas la vie.
IWillSurvive a écrit :Ce n'est pas normal d'accepter de telles horreurs, même lorsqu'elles sont devenues de pures banalités.
Le sentiment d'horreur, distinct des objets auxquels il s'attache, est à mes yeux l'une des plus belles facultés humaines. Je suis très attaché à ma capacité d'horreur, qu'il s'agisse d'en générer ou d'en recevoir, car c'est à n'en pas douter le plus gros morceau de ce qui me relie encore à mes frères, me permet de me sensibiliser tous les jours, et d'espérer/désespérer encore un peu. Mais il est certain que la violence n'a rien d'horrible, per se, à mes yeux. Ce qui peut être horrible, c'est le sens ou la forme qu'on lui donne, et ça n'a pas grand-chose à voir.
IWillSurvive a écrit :Au risque de me répéter, selon moi, l'injustice, la violence, le drame sont laids. D'ailleurs, toi qui aimes la langue, ce sont par définition des termes péjoratifs.
En aucune façon. Passe encore pour "injustice", qui n'est pourtant qu'un jugement moral sur un déséquilibre situationnel, et n'a aucune valeur descriptive tant qu'on n'a pas défini le juste. La violence est une réalité, un état de fait. Il ne tient qu'à passer au cinéma ou à la bibliothèque, au cirque ou au gymnase pour comprendre combien elle est appréciée et perçue comme positive. Le drame, pour en revenir la définition que tu sembles appeler à la rescousse, veut simplement dire "l'action". En particulier dans son aspect organique, vivant. Le drame, c'est un tronçon d'une vie, n'importe laquelle, souvent choisie en art pour son intérêt exemplaire. Le mot avec lequel tu le confonds peut-être est tragédie, qui est déjà plus négatif de nos jours.
IWillSurvive a écrit :Dès lors qu'il y a drame, ça ne peut pas être beau.
Il y a quelque chose d'amusant à se dire qu'une bonne moitié de tout ce que tu as jamais pu trouver en beau en matière artistique soit précisément estampillé drame.
IWillSurvive a écrit :Sauf à se dire qu'il y a de beaux drames, de belles injustices et de belles violences.
Le monde n'a-t-il pas l'air de se le dire, tous les jours ? On va voir le gentil fracasser le vilain à coups de poings avant de lui tirer dessus. Les romantiques et post-romantiques ont porté le drame si haut dans la considération populaire qu'ils ont révolutionné l'art en le rendant accessible aux masses par le seul prodige du drame. Si tu veux comprendre ce qu'est la quasi-intégralité de l'art aujourd'hui, si tu veux comprendre historiquement ce que sont "l'art populaire", "le roman" (symbole du livre depuis 2 siècles) par opposition à "la fable" ou à "la tragédie héroïque" (arts d'élite), tout tient en un seul mot, créé pour l'occasion : le drame. Le drame, c'est l'idée même que les gens se font de la beauté depuis qu'ils sont 95% à savoir lire dans nos pays et plus 2%. Rien de moins.
IWillSurvive a écrit :Mais personnellement, je pense que dès lors qu'il y a injustice, ça ne peut qu'être laid.
Encore une fois : il n'y a pas d'injustice tant que tu ne donnes pas de définition de ta justice. Si ta définition de la justice est "ce que je trouve bel et bon", ta phrase est vraie. Si ta définition de la justice est "l'équilibre des moyens et des besoins au sens marxiste de l'analyse des classes", elle est vraie si et seulement si tu es communiste. Si ta définition de la justice est "l'équanimité en tout", elle est fausse depuis que tu as désigné les pédophiles comme des malades mentaux.
IWillSurvive a écrit :Par contre, ce qui est injuste pour l'un ne l'est pas forcément pour l'autre, je te l'accorde. C'est d'ailleurs pourquoi le droit et la morale peuvent être vus comme deux cercles qui se croisent mais qui ne se recoupent pas totalement.
Bienheureux qui les voit encore se croiser : il doit avoir un meilleur avocat que le mien.
IWillSurvive a écrit :Reste que les rapports du juste et du beau ont toujours suscité de multiples réflexions philosophiques.
Non. Le juste dans l'expression philosophique "le juste et le beau" ou "le juste et le vrai" est le juste de la justesse, pas de la justice. Si tu en ressens le besoin, je peux asseoir mon propos sur une analyse comparée d'un certain nombre de locutions barbares, grecques pour la plupart. Comme tous les jargons, la langue philosophique a ses faux-amis, hélas. Par ailleurs, sur un plan historique et épistémologique, l'idée même de justice au sens où tu sembles la concevoir est une notion relativement moderne et circonscrite : un serf russe du XIIIème siècle ne parle pas de justice mais de bon droit ou de vilénie.
IWillSurvive a écrit :Et on peut faire quelque chose de beau avec du laid (exemple de la tragédie grecque, considérée comme un chef-d’œuvre ). Mais là je divague.
En effet. Si tu te figures que la matière première des tragédies classiques était jugée laide par le public ou l'auteur, tu divagues même assez sec. Il ne s'agissait pas pour eux de "faire du beau avec du laid", mais de faire de l'exemplaire avec du beau, et du citoyen politisé avec de l'héroïque.
IWillSurvive a écrit :Si tu emploies le terme "abominations", c'est bien parce que tu trouves que cela entre dans la sphère négative et non positive, non?
Le mot "abomination" est un peu plus subtil que ça, sans vouloir me lancer dans un marathon de sémantique. Je me contenterai d'attirer ton attention sur le fait que je l'employais en traitant non pas de ma perception propre mais du regard général. Ce qui recoupe d'ailleurs le sens profond du mot : pour évoquer un dégoût personnel et subjectif, esthétique, je parlerais plus volontiers de "dégueulasserie". L'abomination renvoie plutôt à une lexicographie du sacré et du profane, de la souillure rituelle, de l'hérésie, de l'impie et de l'hybride. C'est ce qui [devrait] faire horreur [à tous], [en celà que c'est contraire à la volonté de Dieu/l'ordre du monde tel qu'il est collectivement conçu]. En ce sens, dire qu'une scène de sexe consensuel homosexuel ou interracial est une abomination serait vraisemblablement plus juste que de présenter comme abomination la violence contre les enfants. Le fait est qu'aujourd'hui, partout ou presque et depuis à peu près toujours, la loi de la complémentarité sexuelle est jugée plus sacrée que l'intégrité psychologique des enfants. Ca me fait plaisir de te taquiner un peu avec ça, bien sûr, parce que je trouve cette idée rigolote, mais si tu t'amuses à faire des statistiques sur l'emploi du mot abomination sur google, dans à peu près toutes les langues, tu verras que j'ai raison.


Sur ce, tu ne m'en voudras pas de lâcher un peu le reste. Ca nous emmènerait trop loin et risquerait d'encombrer un peu le fil. Bonne nuit chez toi, mignonne.