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Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 06 avr. 2021, 10:33
par Janysse
miu a écrit :Coucou Janysse,

Comme quoi je suis tout à fait d'accord avec Selma sur toutes les lignes. J'ai l'impression que tu te compares assez souvent et toujours avec les autres. Et tu sais que cette perspective nous fait plus du mal que du bien? Janysse est unique et ses copines copains sont uniques aussi. Parce qu'on est unique, nos chemins de vie vécus (pro ou sentimentale) prennent les tournures invraisemblables. Et cela ne pose pas la question si notre vie est digne d'être vécue, non?
Coucou miu :bisou:

Oui tu as raison c'est effectivement ça. Je me compare tout le temps, j'en suis consciente, je m'en rends compte mais je n'arrive pas à m'arrêter. Je me sens en compétition pour tout, tout le temps. Je le sais. Je ne sais pas comment faire pour que ça s'arrête.
miu a écrit :Je pense que ce que tu écris de temps à autre, que ta meilleure copine est loin et a d'autres préoccupations que de te donner l'épaule pour appuyer, que ta famille ne te soutient pas trop, je comprends tout à fait cela (car pour moi c'était à peu près pareil), mais il me semble, tous ces soutiens là viennent quand même de l'extérieur. As -tu vraiment demandé, avant tout, à toi de te soutenir, de te donner les mots doux, de te relever par toi-même sans te dire: J'ai mal. Faut que quelqu'un soit là pour que je m'appuie sur, sinon je m'écroulerais.
Je fais ce que je peux pour me soutenir moi-même, et je suis arrivée à un moment de ma vie où je ne m'écroule plus toute seule. Je me suis longtemps sentie coupable de vouloir du soutien des autres, de chercher l'amour, de chercher de la compagnie. Mais c'est normal, aucune vie n'est menée en solo, je cherche du soutien dans un partenaire parce que j'ai du mal à le trouver ailleurs. Je le trouve en moi bien sûr, de plus en plus, mais j'ai besoin, comme tout être humain, d'être épaulée un peu ailleurs, nous ne sommes pas des îles, nous sommes en relation. Et je crois que ce covid de merde nous rend la chose plus criante encore, nous sommes faits pour être en relation les uns avec les autres... Je comprends qu'il s'agit de ne pas tout attendre des autres, mais je crois que j'en suis plus là, je ne sais pas...
miu a écrit :Tu ne t'écroulerais pas. La vie et le monde sont tellement alléchants. Ton travail, tes passions, les nouvelles choses à découvrir, les gens à rencontrer...Tes plusieurs propres expériences témoignent que tu t'es laissée pas aller. Une rupture est dure, deux ruptures sont dures, mais si le schéma se répète, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche. En attendant de résoudre l'énigme, le monde et ta vie continuent. On pourra avancer tout en cherchant à expliquer des choses, à trouver les solutions sans tourner en rond.

J'ai l'impression que tu cherches toujours et même en vain l'amour ailleurs. As - tu donné suffisamment l'amour à toi-même d'abord? Aime - toi, vraiment. L'amour est né en soi, de soi avant tout.
Ma psy dit que ça arrive. Qu'il y a une part d'aléatoire, que tout le monde ne trouve pas "le bon" ou "la bonne" comme ça du premier coup, que les ruptures sont aujourd'hui légion, que je suis normale. Je sais qu'il y a "quelque chose qui cloche". J'ai grandi dans la peur, dans l'insécurité, dans la violence, j'ai été humiliée, insultée, mal aimée, et aujourd'hui je ne sais pas aimer, je ne sais pas communiquer, je ne sais pas m'aimer. Je travaille dessus, j'y passe 130 euros par mois, je fais l'impasse sur d'autres choses qui me feraient plaisir, des cours de chant, de guitare, ou juste épargner. Je sais que je ne m'aime pas assez. Je fais ce que je peux, nous ne sommes pas tous nés avec les mêmes armes, les mêmes capacités. Je fais ce que je peux. Je crois aussi qu'un partenaire bon et généreux, patient et tendre, ça peut aussi aider à aller mieux, à s'aimer un peu mieux. Je ne lui demande pas de m'aimer à ma place.
Elieza a écrit :Hello Jolie Janysse!

J'aurais bien sûr préféré que tu nous reviennes avec de meilleures nouvelles, mais tu es revenue, et c'est déja ça.
Regarde, au lieu de te terrer de honte dans ton coin parce que tu "aurais encore une fois échoué", tu prends ton clavier et tu viens nous raconter tout ça...c'est déja hyper courageux.
ET oui, moi aussi je lis, d'année en année, une jeune femme qui grandit, qui évolue, qui devient de plus en plus douce avec elle même...et qui va finir par rencontrer son homme...mais pas l'homme qui la fera tenir debout, juste l'homme qui la completera...

Courage jolie J.
Je n'ai aps trop le temps d'écrire ce soir mais je pense a toi!
Coucou Elieza :bisou:

Je voudrais très très fort que tu aies raison. Je ne sais pas où il est ce bonhomme mais je voudrais très fort le rencontrer. Je tiens debout toute seule maintenant, enfin presque, il y a les médicaments, la thérapie, etc. Peut-être que je me mens, mais ce serait trop dur de me dire que j'en suis encore là après tout ce temps, ce travail, tout cet argent. Je crois qu'écrire une thèse ça n'est rien à côté de ce travail de titan que j'ai entamé depuis plusieurs années. Je ne sais plus qui supplier pour le rencontrer cet homme.

Je n'arrive plus à travailler, j'ai l'impression d'être dans le brouillard. J'ai commandé une chaise longue pour ma terrasse, et des livres de sociologie sur l'amour. J'ai besoin de comprendre ce qui m'arrive. Samedi j'ai fait une rando, hier une après-midi jeux au parc avec une copine et des amis à elle. Demain midi je déjeune avec mes collègues. Je continue de vivre, je n'ai pas le choix. Une amie m'a dit que je suis dans un train, que j'ai ralenti quand j'ai rencontré mon ex, que maintenant il est hors de question de s'arrêter pour attendre qu'il monte. Alors voilà, je suis repartie sur mon petit vélo, mon petit train est reparti, je le vois comme ça.

Merci pour vos messages :bisou:

Je vous embrasse

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 06 avr. 2021, 17:35
par miu
Coucou ma Janysse,

Je suis désolée d'écrire des mots un peu durs, mais je voudrais te montrer que tu possèdes tous les atouts dans tes mains pour aller mieux, pour aller bien.
Janysse a écrit : Je me compare tout le temps, j'en suis consciente, je m'en rends compte mais je n'arrive pas à m'arrêter. Je me sens en compétition pour tout, tout le temps. Je le sais. Je ne sais pas comment faire pour que ça s'arrête.
Quand j'étais plus jeune, je ressentais pareil, tout le temps en compétition car je voudrais m'affirmer, avoir une place importante, je voudrais que les gens me reconnaissent. Mais cette envie et le fait de la réaliser m'ont pompé énormément l'énergie. Et je n'étais rarement sereine. J'avais un mal être d'être effacée, moquée, même méprisée. Pendant 15 ans (presque la moitié de ma vie), je vivais dans l'esprit compétitif permanent. Malgré le fait que mes efforts ont souvent été bien récompensés par les réussites mais au fond de moi, j'étais fragile et peureuse. A moindre échec d'examen, concours ou moindre déception d'amitié, d'amour, j'étais effondrée. Au lieu de prendre le temps et la force pour bâtir et nourrir la confiance en moi-même de manière solide, saine, équilibre, je me suis bannie en me disant comme quoi j'étais nulle, extravagante, bizarre, moche :roll: Jusqu'au moment où je suis partie du Viet Nam, sortie de mon monde d'enfance - ado, la découverte de nouveau continent, des choses, des gens que je connaissais pas, je me suis également éloignée de l'idée de compétitivité. J'ai compris que le monde est vaste, qu'on est tous différent et l'on porte tous en soi une importance. Je pense que ça fait une partie de devenir mature, de mener la vie dans une grandeur, une responsabilité, une indépendance et une capacité d'assumer le bonheur ainsi que le malheur.
Janysse a écrit : Je fais ce que je peux pour me soutenir moi-même, et je suis arrivée à un moment de ma vie où je ne m'écroule plus toute seule. Je me suis longtemps sentie coupable de vouloir du soutien des autres, de chercher l'amour, de chercher de la compagnie. Mais c'est normal, aucune vie n'est menée en solo, je cherche du soutien dans un partenaire parce que j'ai du mal à le trouver ailleurs. Je le trouve en moi bien sûr, de plus en plus, mais j'ai besoin, comme tout être humain, d'être épaulée un peu ailleurs, nous ne sommes pas des îles, nous sommes en relation. Et je crois que ce covid de merde nous rend la chose plus criante encore, nous sommes faits pour être en relation les uns avec les autres... Je comprends qu'il s'agit de ne pas tout attendre des autres, mais je crois que j'en suis plus là, je ne sais pas...
Tout d'abord, j'ai l'impression pourtant, peut-être que je me trompe, que tu ne fais pas encore tout ce que tu peux pour te relever, que tu n'utilises pas toutes tes ressources. La Janysse qu'on lit sur le forum depuis des années, elle est fragile mais elle accumule année par année des outils, des moyens, de force pour s'en sortir à chaque crise d'angoisse, d'amour, d'amitié, d'études. Tu es tout à fait capable, j'en suis certaine, de te mettre debout toute seule, sans avoir besoin de faire le recours aux autres.
Janysse a écrit :Deux jours plus tard, faits de cauchemars et de larmes à n'en plus pouvoir, à pleurer dans mon café, pleurer dans mon sommeil, pleurer de douleur... Je sais maintenant à quoi ça ressemble, un regret qui vous transperce de part en part, qui vous donne la nausée, des cauchemars, qui vous meurtrit jusqu'au fond de l'âme. Encore un qui me quitte.
En lisant ces phrases, même si on se dit que ton monde s'écroule pas, mais il est encore sacrément secoué, comme à chaque séparation plus ou moins d'amour. Veux - tu ne plus vivre ces pleurs à fond, ces cauchemars, et cette âme meurtrie? Si oui, gérer ses émotions est, il me semble, plus urgent que gérer la séparation d'une histoire que tu ne sais même pas d'amour ou de sécurité.

vouloir du soutien des autres, de chercher l'amour, de chercher de la compagnie, je cherche du soutien dans un partenaire parce que j'ai du mal à le trouver ailleurs, 'être épaulée un peu ailleurs En te lisant, franchement, j'ai pas l'impression que tu veux être épaulée juste "un peu ailleurs". Mais au contraire, peut-être (et j'espère) que j'ai tort, je trouve que tu as la tendance de chercher à être épaulée pas seulement "juste un peu" ailleurs. Relisant ton échange avec Selma: "J'ai aimé la sécurité et la stabilité, j'aimais le sentiment de plénitude, la sensation que quelqu'un était là "to have my back", pour me rattraper si je tombais. J'ai compris avec ma psy cet hiver que je n'avais pas dans ma vie ce soutien émotionnel de mon entourage, je ne le trouve pas dans ma famille, ni dans mes amitiés en ce moment, ma "meilleure amie" étant toute impliquée dans son couple, loin géographiquement et ses mots impuissants à me réconforter. Je ne connais pas assez mes nouvelles connaissances pour m'appuyer sur elleux, me sentir soutenue. Il est donc normal que je cherche ce soutien dans une relation amoureuse." Je voudrais encore une fois te demander: Qu'est ce que t'as cherché en toi pour t'appuyer sur toi-même d'abord?

Contrairement à toi qui pense qu'on n'est pas une île et que notre vie n'est pas faite pour mener en solo. Moi je pense que chacun de nous est un royaume qui flotte dans l'océan. On se croise, on s'ouvre l'un à l'autre, on peut se fermer à un moment donné, on a des choses à exposer, à cacher, à s'échanger, à nourrir, à tailler, à naitre, et à se faner, à renaitre, à mourir. J'aime beaucoup être en relation avec les gens, peu importe de connaissance, d'amitié ou d'amour, mais j'aime également être avec moi-même. Je pense pas que je suis seule donc je suis solo. Je suis seule mais je suis avec moi même et je suis bien.

C'est super d'avoir le soutien, l'écoute, la compagnie de la part de famille, d'ami, d'amour et c'est tout à fait normal d'aller le chercher. Mais à force de le chercher à tout prix, on est quelque part frustré n'ayant pas obtenir cela, ou pas à la hauteur qu'on voudrait...


Je relis ton écrit en septembre l'an dernier lorsque tu n'étais pas, il me semble, en couple, j'ai l'impression que tu semblais plus sereine, en plénitude: Il y a quand même des jolies choses, des moments de gaité, de vraies bonnes nouvelles et des perspectives excitantes. J'ai une voiture maintenant, alors je peux aller à la plage toute seule, et passer deux heures à lire, me baigner, être juste avec moi et apprécier sincèrement ces moments de joie simple, seule avec moi-même. Je me suis fait plein de copaines depuis mon arrivée, des trentenaires célibataires pour la plupart, drôles à souhait, attentionné·es ; je sais que même si je suis parfois rongée par un sentiment de solitude, ces personnes sont pourtant bel et bien là, je ne suis pas seule au monde. On part en weekend ensemble, on fait des activités, des soirées, on est un petit groupe de potes. Et moi j'en ai toujours rêvé.
Janysse a écrit : Ma psy dit que ça arrive. Qu'il y a une part d'aléatoire, que tout le monde ne trouve pas "le bon" ou "la bonne" comme ça du premier coup, que les ruptures sont aujourd'hui légion, que je suis normale. Je sais qu'il y a "quelque chose qui cloche". J'ai grandi dans la peur, dans l'insécurité, dans la violence, j'ai été humiliée, insultée, mal aimée, et aujourd'hui je ne sais pas aimer, je ne sais pas communiquer, je ne sais pas m'aimer. Je travaille dessus, j'y passe 130 euros par mois, je fais l'impasse sur d'autres choses qui me feraient plaisir, des cours de chant, de guitare, ou juste épargner. Je sais que je ne m'aime pas assez. Je fais ce que je peux, nous ne sommes pas tous nés avec les mêmes armes, les mêmes capacités. Je fais ce que je peux. Je crois aussi qu'un partenaire bon et généreux, patient et tendre, ça peut aussi aider à aller mieux, à s'aimer un peu mieux. Je ne lui demande pas de m'aimer à ma place.
Il y a toujours une attente Janysse, dans ta façon de penser, un petit espoir tissé vers ce garçon bon et généreux, patient et tendre pour que tu ailles mieux, pour que tu t'aimes un peu mieux. Non, Janysse, même sans lui ou pas encore lui, tu pourras par Toi - Même aller mieux, T'aimer mieux, même par Toi Seule.

D'ailleurs, ça me tique sur le monsieur Tendre, puis le garçon à Marseille, puis ce garçon au corps mou grand. Je ne sais pas si je suis trop dure, mais pourquoi j'ai l'impression que tu as la tendance d'accumuler tes histoires d'amour, sans vraiment prendre le temps pour les digérer proprement, simplement sans te torturer, sans te blâmer. J'ai l'impression que tu te jettes corps et esprit sur les garçons dont tu ne sais même pas si tu tomberais amoureuse. Chaque fois toujours avec autant d'espoir, d'attente, d'acharnement, euphorie, angoisse et souffrance. Je veux dire, que chaque fois toujours comme la première fois, désarmée.

Tu écris souvent ici que tu ne peux pas vivre sans chair à chair, sans les caresses, sans la chaleur du partenaire à chaque matin au réveil ou la nuit consolée. Pourquoi tu ne trouves pas déjà simplement un sex friend pour combler ce manque cruel physique, si c'est un besoin fondamental?

Perso, je n'approuve pas trop ce principe de sex friend, mais si on en a tellement besoin comme vital, pourquoi pas, et puis si cela ne fait pas mal à personne.

Tu dis que t'as grandi dans la peur, dans l'insécurité, dans la violence, avec l'humiliation, l'insulte, le mal aimée, et que tu ne sais pas aujourd'hui aimer, ni communiquer, ni t'aimer assez. Perso, je te trouve une capacité formidable de communication. Tu exprimes de manière magnifique tes ressentis, tes sensations, ce que tu vis. Exprimer lie à communiquer. Je ne crois pas que tu sais pas communiquer. Savoir aimer, ça s'apprend. On l'apprend toujours. Même les enfants nés d'amour, aimés peuvent souvent ne pas savoir bien aimer en grandissant.

T'es sur le chemin de maturité, Janysse. Tu as encaissé, tu as accumulé pas mal de vécus, d'expériences, de leçons, de théories, de pratiques aussi. Il arrive le moment où tu prends la confiance en toi, la responsabilité en toi de te prendre soin de toi, d'être responsable de toi - même (de tes bonheurs, de tes malheurs), de les assumer. Pense que t'es grande, t'es capable, tu peux!

Prends soin de toi et courage Janysse. Ce sont quelques mes pensées, je sais pas si je me trompe trop, mais au moins qui sait, cela pourrait te donner quelques pistes.

Bisous gros fabuleux ma jolie Janysse :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 06 avr. 2021, 17:45
par Elieza
miu a écrit : 06 avr. 2021, 17:35 Moi je pense que chacun de nous est un royaume qui flotte dans l'océan. On se croise, on s'ouvre l'un à l'autre, on peut se fermer à un moment donné, on a des choses à exposer, à cacher, à s'échanger, à nourrir, à tailler, à naitre, et à se faner, à renaitre, à mourir. J'aime beaucoup être en relation avec les gens, peu importe de connaissance, d'amitié ou d'amour, mais j'aime également être avec moi-même. Je pense pas que je suis seule donc je suis solo. Je suis seule mais je suis avec moi même et je suis bien.

Whaouh que c'est joliment dit... :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 09 avr. 2021, 10:49
par Janysse
Coucou Miu,

Merci pour tes mots. J'ai mis du temps à les digérer, mon premier réflexe a été de me dire que tu te plantais complètement, que ce n'était pas juste, que j'en pouvais plus de lire ou m'entendre dire qu'il faut d'abord être forte toute seule, d'abord s'aimer toute seule avant d'envisager quoique ce soit avec quelqu'un d'autre, être seule, se relever seule etc. J'en ai marre d'être toute seule justement, et je crois que mon envie de construire avec quelqu'un, de connaître enfin ce que c'est d'être en couple dans la durée, est légitime, et je ne me vois pas y renoncer. Ceci dit, j'ai pris le temps de te relire plusieurs fois, de me replier sur moi et réfléchir, et certaines choses ont commencé à faire leur chemin en moi.
miu a écrit :Tout d'abord, j'ai l'impression pourtant, peut-être que je me trompe, que tu ne fais pas encore tout ce que tu peux pour te relever, que tu n'utilises pas toutes tes ressources. La Janysse qu'on lit sur le forum depuis des années, elle est fragile mais elle accumule année par année des outils, des moyens, de force pour s'en sortir à chaque crise d'angoisse, d'amour, d'amitié, d'études. Tu es tout à fait capable, j'en suis certaine, de te mettre debout toute seule, sans avoir besoin de faire le recours aux autres.
Je pense que tu as raison, mais je ne saurais pas nommer ces ressources, je ne sais pas à quoi elles ressemblent, je ne sais pas où les trouver. Je n'arrive pas à les rationaliser, les intellectualiser.
miu a écrit :En lisant ces phrases, même si on se dit que ton monde s'écroule pas, mais il est encore sacrément secoué, comme à chaque séparation plus ou moins d'amour. Veux - tu ne plus vivre ces pleurs à fond, ces cauchemars, et cette âme meurtrie? Si oui, gérer ses émotions est, il me semble, plus urgent que gérer la séparation d'une histoire que tu ne sais même pas d'amour ou de sécurité.
Je crois que c'est normal, trois jours après la rupture, de pleurer toutes les larmes de son corps. Aujourd'hui ça va mieux. Je me suis remise au travail, je fais des blagues, je vois mes ami·es. Je me projette de nouveau dans mon futur à moi, je m'efforce de me réjouir des belles choses qui arrivent. Et je m'autorise à pleurer, à être triste, à faire des cauchemars, j'essaie de ne pas tout bloquer comme j'ai déjà pu le faire, faire comme si ça n'existait pas pour passer au prochain le plus vite possible. J'ai le droit d'être meurtrie, j'ai le droit d'avoir besoin de temps, de réconfort, de traîner dans mon lit, voilà je m'autorise tout ça (il faut dire que le fait d'avoir un salaire à la fin du mois et pas de comptes à rendre à qui que ce soit par rapport à mes jours de congés, facilite les choses).
miu a écrit :En te lisant, franchement, j'ai pas l'impression que tu veux être épaulée juste "un peu ailleurs". Mais au contraire, peut-être (et j'espère) que j'ai tort, je trouve que tu as la tendance de chercher à être épaulée pas seulement "juste un peu" ailleurs. Relisant ton échange avec Selma: "J'ai aimé la sécurité et la stabilité, j'aimais le sentiment de plénitude, la sensation que quelqu'un était là "to have my back", pour me rattraper si je tombais. J'ai compris avec ma psy cet hiver que je n'avais pas dans ma vie ce soutien émotionnel de mon entourage, je ne le trouve pas dans ma famille, ni dans mes amitiés en ce moment, ma "meilleure amie" étant toute impliquée dans son couple, loin géographiquement et ses mots impuissants à me réconforter. Je ne connais pas assez mes nouvelles connaissances pour m'appuyer sur elleux, me sentir soutenue. Il est donc normal que je cherche ce soutien dans une relation amoureuse." Je voudrais encore une fois te demander: Qu'est ce que t'as cherché en toi pour t'appuyer sur toi-même d'abord?
Disons que je me sens un peu nulle si je me dis "il FAUT tenir toute seule", "tu DOIS être forte toute seule". Ce sont des injonctions que j'ai de plus en plus de mal à vivre, parce qu'en l'état je ne peux pas y répondre. La voie proposée par ma psy, à savoir reconnaître mes blessures fondamentales, en prendre acte et assumer le fait que je serai toujours anxieuse, toujours un petit peu fragile, et que trouver du réconfort ailleurs de temps en temps pour me soulager c'est complètement ok, me fait plus de bien. Je sais que j'ai tendance à me poser en victime (de moi-même) et à culpabiliser gratuitement, mais voilà, aujourd'hui je me dis que c'est ok de pas y arriver toute seule tout le temps, que je fais un travail pour devenir plus solide, que je deviens plus solide petit à petit, que c'est ok d'appeler à l'aide des fois.
miu a écrit :Il y a toujours une attente Janysse, dans ta façon de penser, un petit espoir tissé vers ce garçon bon et généreux, patient et tendre pour que tu ailles mieux, pour que tu t'aimes un peu mieux. Non, Janysse, même sans lui ou pas encore lui, tu pourras par Toi - Même aller mieux, T'aimer mieux, même par Toi Seule.
Par contre pour ce qui est des relations amoureuses, tu as parfaitement raison. Toute ma vie est tendue vers "le moment où je rencontrerai le bon", et j'attends sans doute qu'il me soulage d'une partie de mon mal-être même si je n'attends plus d'être "sauvée" comme il y a quelques années. J'essaie de prendre soin de moi. Déjà, j'entends de moins en moins la petite voix qui me dit que je suis une grosse merde qui ne mérite ni d'être aimée ni de vivre. En fait je ne l'entends plus du tout. Et avec ce dernier garçon, j'ai été moi-même, je n'ai pas essayé de me conformer à ce que je pensais qu'il aimait, et ça c'est un sacré progrès. Je fais des exercices donnés par ma psy pour consoler la petite fille qui souffre au fond. Je lis des choses qui me font du bien. Je prends acte de mes réussites. Je nettoie mon lieu de vie, je me cuisine des plats qui font du bien, parce que bien se nourrir, cuisiner sont des actes d'amour. Je mets de la conscience dans les choses que je fais pour moi. Et je m'efforce d'être bienveillante avec les autres, de reconnaître leur souffrance, de leur proposer une épaule, un soutien, qu'iels acceptent ou non. Je fais ce que je peux en fait. Je ne sais pas si c'est à ça que tu fais référence.
miu a écrit :D'ailleurs, ça me tique sur le monsieur Tendre, puis le garçon à Marseille, puis ce garçon au corps mou grand. Je ne sais pas si je suis trop dure, mais pourquoi j'ai l'impression que tu as la tendance d'accumuler tes histoires d'amour, sans vraiment prendre le temps pour les digérer proprement, simplement sans te torturer, sans te blâmer. J'ai l'impression que tu te jettes corps et esprit sur les garçons dont tu ne sais même pas si tu tomberais amoureuse. Chaque fois toujours avec autant d'espoir, d'attente, d'acharnement, euphorie, angoisse et souffrance. Je veux dire, que chaque fois toujours comme la première fois, désarmée.
Oui. La peur de ne jamais être aimée, de ne pas trouver quelqu'un avec qui faire ma vie, l'impression que le temps presse, la pression sociale autour de moi, font que je me précipite sur le premier venu. Quoique ce n'est pas vrai pour le dernier. Nous avons été amis plusieurs mois avant que je fasse un pas vers lui, j'ai pris le temps de comprendre s'il était bon pour moi, de voir s'il répondait à certains de mes besoins/envies, s'il était fiable, avant de m'attacher. Bon du coup j'ai loupé l'étape principal à savoir "est-ce qu'on veut la même chose dans cette relation ?" mais j'apprends de mes erreurs et je ne la referai pas. Mais il est vrai que mon cerveau affolé a commencé à penser "olala mais où vais-je bien pouvoir rencontrer le prochain ???". Mais je crois que je suis contradictoire dans mes propos, j'ai besoin de plus de temps pour intégrer tout ça peut-être...
miu a écrit :Tu écris souvent ici que tu ne peux pas vivre sans chair à chair, sans les caresses, sans la chaleur du partenaire à chaque matin au réveil ou la nuit consolée. Pourquoi tu ne trouves pas déjà simplement un sex friend pour combler ce manque cruel physique, si c'est un besoin fondamental?

Perso, je n'approuve pas trop ce principe de sex friend, mais si on en a tellement besoin comme vital, pourquoi pas, et puis si cela ne fait pas mal à personne.
J'ai testé le coup du plan cul avec un garçon il y a un an et demi, puis avec Monsieur Tendre. Clairement ça n'est pas pour moi, je m'attache trop vite et je suis trop déçue. J'ai trop d'attentes. J'ai appris que ce genre de relations ne me font pas du bien, donc je préfère ne rien initier en ce sens.
miu a écrit :T'es sur le chemin de maturité, Janysse. Tu as encaissé, tu as accumulé pas mal de vécus, d'expériences, de leçons, de théories, de pratiques aussi. Il arrive le moment où tu prends la confiance en toi, la responsabilité en toi de te prendre soin de toi, d'être responsable de toi - même (de tes bonheurs, de tes malheurs), de les assumer. Pense que t'es grande, t'es capable, tu peux!

Prends soin de toi et courage Janysse. Ce sont quelques mes pensées, je sais pas si je me trompe trop, mais au moins qui sait, cela pourrait te donner quelques pistes.

Bisous gros fabuleux ma jolie Janysse
Merci miu pour tes mots et ta bienveillance. Le chemin est encore long, et je crois vraiment qu'il n'est pas nécessaire qu'il soit solitaire, mais d'ici là c'est seule que je dois cheminer, et j'en suis plus que capable.

Je t'embrasse :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 13 avr. 2021, 13:11
par miu
Janysse a écrit : Coucou Miu,

Merci pour tes mots. J'ai mis du temps à les digérer, mon premier réflexe a été de me dire que tu te plantais complètement, que ce n'était pas juste, que j'en pouvais plus de lire ou m'entendre dire qu'il faut d'abord être forte toute seule, d'abord s'aimer toute seule avant d'envisager quoique ce soit avec quelqu'un d'autre, être seule, se relever seule etc. J'en ai marre d'être toute seule justement, et je crois que mon envie de construire avec quelqu'un, de connaître enfin ce que c'est d'être en couple dans la durée, est légitime, et je ne me vois pas y renoncer. Ceci dit, j'ai pris le temps de te relire plusieurs fois, de me replier sur moi et réfléchir, et certaines choses ont commencé à faire leur chemin en moi.
Coucou ma Janysse,

Tu vois, ce que j'aime beaucoup chez toi, c'est que tu as toujours une grande force et du recul face aux mots durs ou face aux avis que tu trouvais injustes, pour te remettre en question, y songer et en tirer quelque chose après.


Bien évidemment l'envie de trouver quelqu'un, être en couple solide et construire la vie à deux est tout à fait courante, normale, et souhaitable. Et personne ne te le dit, je pense, de renoncer à ce projet de vie. Mais j'ai l'impression que tu souffres beaucoup de ne pas (ou ne pas encore) connaitre ce modèle de vie.

Entre envisager/avoir l'envie et la frustration de ne pas (ou pas encore) obtenir ce qu'on veut est un très grand écart. Tu sais, je peux avoir l'envie de publier un livre, mais je ne souffre pas de ne pas (ou pas encore) avoir un livre publié. Par contre je me donne les moyens pour le faire. Je me patiente d'écrire page par page, je prends le plaisir de réfléchir, de penser, trouver les mots, tisser les idées, en croyant qu'un jour tout cela formulera un joli livre qui me plaira et qui pourrait plaire à beaucoup de monde.


Je crois qu'être en couple n'est pas un but ultime ou une fin heureuse. Cela ne résout pas non plus tous nos problèmes, surtout la partie intérieure. Mais toi, la princesse de souffrance et de rêves :D , j'ai l'impression que tu Idéalises énormément la vie à deux :mrgreen:

Janysse a écrit :
Je pense que tu as raison, mais je ne saurais pas nommer ces ressources, je ne sais pas à quoi elles ressemblent, je ne sais pas où les trouver. Je n'arrive pas à les rationaliser, les intellectualiser.
....
J'essaie de prendre soin de moi. Déjà, j'entends de moins en moins la petite voix qui me dit que je suis une grosse merde qui ne mérite ni d'être aimée ni de vivre. En fait je ne l'entends plus du tout. Et avec ce dernier garçon, j'ai été moi-même, je n'ai pas essayé de me conformer à ce que je pensais qu'il aimait, et ça c'est un sacré progrès. Je fais des exercices donnés par ma psy pour consoler la petite fille qui souffre au fond. Je lis des choses qui me font du bien. Je prends acte de mes réussites. Je nettoie mon lieu de vie, je me cuisine des plats qui font du bien, parce que bien se nourrir, cuisiner sont des actes d'amour. Je mets de la conscience dans les choses que je fais pour moi. Et je m'efforce d'être bienveillante avec les autres, de reconnaître leur souffrance, de leur proposer une épaule, un soutien, qu'iels acceptent ou non. Je fais ce que je peux en fait. Je ne sais pas si c'est à ça que tu fais référence.
Bah Janysse, toutes ces choses que tu fais souvent là, qui te font du bien, font partie de ton patrimoine, de tes ressources. Tant qu'ils te font plaisir. La force intérieure commence à partir de là, de se faire du plaisir, de se sentir bien, de ressentir la joie à travers des actes ou des choses qui semblent banals ou non excitants, comme cuisiner un bon plat, nettoyer son coin de vie, savourer ses réussites, apprécier le moment avec ses amis...Je trouve que tu vis énormément de choses chouettes et que tu as pas mal d'amis amies. Je sais pas moi, tout ça ne te remplit pas seulement la journée mais te donne aussi de la force, de l'énergie pour t'ouvrir au monde, aux gens. Perso, quand je mange un bon plat que j'ai pris soin de préparer, je le savoure vraiment vraiment, et je m'en suis émerveillée. J'apprécie profondément ce que la vie nous offre chaque moment, chaque jour. Et toi?

Janysse a écrit :
Je crois que c'est normal, trois jours après la rupture, de pleurer toutes les larmes de son corps. Aujourd'hui ça va mieux. Je me suis remise au travail, je fais des blagues, je vois mes ami·es. Je me projette de nouveau dans mon futur à moi, je m'efforce de me réjouir des belles choses qui arrivent. Et je m'autorise à pleurer, à être triste, à faire des cauchemars, j'essaie de ne pas tout bloquer comme j'ai déjà pu le faire, faire comme si ça n'existait pas pour passer au prochain le plus vite possible. J'ai le droit d'être meurtrie, j'ai le droit d'avoir besoin de temps, de réconfort, de traîner dans mon lit, voilà je m'autorise tout ça . (il faut dire que le fait d'avoir un salaire à la fin du mois et pas de comptes à rendre à qui que ce soit par rapport à mes jours de congés, facilite les choses)
Oui t'as totalement droit à la tristesse, à la douleur face à la rupture. Mais cette rupture n'est pas injuste. Le fait que tu ne connais pas encore une vie de couple durable (à ton rêve) comme ce que beaucoup de tes ami.e.s connaissent (selon toi) n'est pas injuste non plus.
Janysse a écrit :
Disons que je me sens un peu nulle si je me dis "il FAUT tenir toute seule", "tu DOIS être forte toute seule". Ce sont des injonctions que j'ai de plus en plus de mal à vivre, parce qu'en l'état je ne peux pas y répondre. La voie proposée par ma psy, à savoir reconnaître mes blessures fondamentales, en prendre acte et assumer le fait que je serai toujours anxieuse, toujours un petit peu fragile, et que trouver du réconfort ailleurs de temps en temps pour me soulager c'est complètement ok, me fait plus de bien. Je sais que j'ai tendance à me poser en victime (de moi-même) et à culpabiliser gratuitement, mais voilà, aujourd'hui je me dis que c'est ok de pas y arriver toute seule tout le temps, que je fais un travail pour devenir plus solide, que je deviens plus solide petit à petit, que c'est ok d'appeler à l'aide des fois.
Oui, tu as tout à fait raison d'accepter ta personnalité anxieuse, fragile, de ne plus te bannir ou te culpabiliser, et de travailler pour consolider ces aspects là. Comme je te dis toujours, tu es beaucoup plus forte que tu crois. Tu peux compter sur toi-même. Comme Albert Camus a écrit: "Il n'est pas facile de de devenir ce qu'on est". Peut - être tu pourras accepter aussi le fait que t'es une fille grande, forte, mature?
Janysse a écrit : Oui. La peur de ne jamais être aimée, de ne pas trouver quelqu'un avec qui faire ma vie, l'impression que le temps presse, la pression sociale autour de moi, font que je me précipite sur le premier venu. Quoique ce n'est pas vrai pour le dernier. Nous avons été amis plusieurs mois avant que je fasse un pas vers lui, j'ai pris le temps de comprendre s'il était bon pour moi, de voir s'il répondait à certains de mes besoins/envies, s'il était fiable, avant de m'attacher. Bon du coup j'ai loupé l'étape principal à savoir "est-ce qu'on veut la même chose dans cette relation ?" mais j'apprends de mes erreurs et je ne la referai pas. Mais il est vrai que mon cerveau affolé a commencé à penser "olala mais où vais-je bien pouvoir rencontrer le prochain ???". Mais je crois que je suis contradictoire dans mes propos, j'ai besoin de plus de temps pour intégrer tout ça peut-être...
Perso, je pense qu'en général même si le garçon ou la fille répond à toutes ces critères, cela ne suffit peut - être pas pour que la relation tienne en route longtemps. L'envie de l'humain pourra changer à un moment donné, et l'envie de deux humains pourra ne pas rimer à un moment ou un autre :D Ceci résonne comme si je suis un peu pessimiste de l'amour, mais je pense qu'une relation dans la durée ne vaut pas mieux qu'une relation tout court (courte ou longue) qui nous fait sentir heureux durant sa durée.

Ta relation avec ce garçon t'as rendu heureuse à un certain moment? Prends le temps pour savourer ou resavourer encore un petit peu ce bonheur. Peu n'importe ça sera qui le prochain, le visage de ce bonheur tu connais maintenant. Et le garçon prochain esquissera ce trait de bonheur avec toi.
Janysse a écrit :
Merci miu pour tes mots et ta bienveillance. Le chemin est encore long, et je crois vraiment qu'il n'est pas nécessaire qu'il soit solitaire, mais d'ici là c'est seule que je dois cheminer, et j'en suis plus que capable.
Non, le chemin n'est pas obligée d'être solitaire. Déjà pour moi, être solitaire n'est pas quelque chose d'horrible ni triste ni pitoyable. Mais si toi tu n'aimes pas être solitaire, tu pourras inviter quelqu'un à faire un bout de chemin avec toi, pourvu que vous en soyez contents. Et puis, seule ou à plusieurs, l'importance c'est de sentir bien. C'est ce que je te souhaite.

Prends soin de toi.

Gros bisous fabuleux.

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 24 avr. 2021, 18:26
par Janysse
Coucou jolie Miu
miu a écrit :Bien évidemment l'envie de trouver quelqu'un, être en couple solide et construire la vie à deux est tout à fait courante, normale, et souhaitable. Et personne ne te le dit, je pense, de renoncer à ce projet de vie. Mais j'ai l'impression que tu souffres beaucoup de ne pas (ou ne pas encore) connaitre ce modèle de vie.
Oui, j'en souffre énormément.
miu a écrit :Entre envisager/avoir l'envie et la frustration de ne pas (ou pas encore) obtenir ce qu'on veut est un très grand écart. Tu sais, je peux avoir l'envie de publier un livre, mais je ne souffre pas de ne pas (ou pas encore) avoir un livre publié. Par contre je me donne les moyens pour le faire. Je me patiente d'écrire page par page, je prends le plaisir de réfléchir, de penser, trouver les mots, tisser les idées, en croyant qu'un jour tout cela formulera un joli livre qui me plaira et qui pourrait plaire à beaucoup de monde.
Je comprends parfaitement la métaphore, très belle d'ailleurs. Je crois que je fais le max pour avancer, pour guérir, pour apprendre à prendre soin de moi et à m'aimer, dans l'espoir qu'un jour je construirai quelque chose de chouette et de sain avec quelqu'un.
miu a écrit :Je crois qu'être en couple n'est pas un but ultime ou une fin heureuse. Cela ne résout pas non plus tous nos problèmes, surtout la partie intérieure. Mais toi, la princesse de souffrance et de rêves , j'ai l'impression que tu Idéalises énormément la vie à deux
C'est vrai que je le vois comme ça, comme un objectif de vie qui, une fois rempli, m'apportera joie et sérénité. Je sais très bien, rationnellement, que c'est absurde et faux, mais une part de moi ne peut s'empêcher de le ressentir comme ça. Avec ce dernier garçon, quand j'ai commencé à me sentir bien, en sécurité, et épanouie, je me suis dit "ça y est, j'ai trouvé mon refuge, on va construire quelque chose, je me sens bien, c'est donc ça ?". Et oui j'idéalise énormément la vie à deux, parce que je ne sais pas ou plus ce que c'est, je ne sais pas comment faire pour ne plus idéaliser (si ce n'est enfin le vivre ?).
miu a écrit :Bah Janysse, toutes ces choses que tu fais souvent là, qui te font du bien, font partie de ton patrimoine, de tes ressources. Tant qu'ils te font plaisir. La force intérieure commence à partir de là, de se faire du plaisir, de se sentir bien, de ressentir la joie à travers des actes ou des choses qui semblent banals ou non excitants, comme cuisiner un bon plat, nettoyer son coin de vie, savourer ses réussites, apprécier le moment avec ses amis...Je trouve que tu vis énormément de choses chouettes et que tu as pas mal d'amis amies. Je sais pas moi, tout ça ne te remplit pas seulement la journée mais te donne aussi de la force, de l'énergie pour t'ouvrir au monde, aux gens. Perso, quand je mange un bon plat que j'ai pris soin de préparer, je le savoure vraiment vraiment, et je m'en suis émerveillée. J'apprécie profondément ce que la vie nous offre chaque moment, chaque jour. Et toi?
Il est vrai que je vis tout un tas de choses chouettes, que ma vie est vraiment belle, j'habite dans une très jolie ville au bord de la mer, j'ai plein de potes, des vrai·es ami·es aussi, je fais une thèse qui me passionne et j'en reçois même de la reconnaissance, je prends soin de moi et de ma santé, mentale et physique, et je réalise que je m'épuise dans une quête incessante d'amour, de tendresse, d'affection, d'un amoureux, qui sera enfin celui qui... celui qui quoi ? Je voudrais très fort pouvoir me détacher de cette obsession qui me bouffe la vie, littéralement, alors que je mène la vie dont j'ai rêvée, que je me suis façonnée, moi, toute seule, en étant forte et travailleuse et courageuse. Je n'apprécie pas pleinement ce que je vis, parce que tout ce que je vis est orienté vers : quand vais-je donc rencontrer l'amour de ma vie ?
miu a écrit :Peut - être tu pourras accepter aussi le fait que t'es une fille grande, forte, mature?
Je n'y avais jamais pensé...
miu a écrit :Oui t'as totalement droit à la tristesse, à la douleur face à la rupture. Mais cette rupture n'est pas injuste. Le fait que tu ne connais pas encore une vie de couple durable (à ton rêve) comme ce que beaucoup de tes ami.e.s connaissent (selon toi) n'est pas injuste non plus.
C'est très difficile en ce moment, parce que tout le monde autour de moi, littéralement 5 ou 6 de mes ami·es ici, sont en train d'acheter ou d'emménager avec leur partenaire. Ce n'est peut-être juste pas le moment pour moi, et il n'y a pas de raison que ça n'arrive pas, mais j'ai peur que ça ne m'arrive pas. Je vois tout le monde avancer dans leur vie de couple, de jeunes trentenaires, même en thèse, même à distance, même pendant la pandémie. C'est dur.
miu a écrit :Ta relation avec ce garçon t'as rendu heureuse à un certain moment? Prends le temps pour savourer ou resavourer encore un petit peu ce bonheur. Peu n'importe ça sera qui le prochain, le visage de ce bonheur tu connais maintenant. Et le garçon prochain esquissera ce trait de bonheur avec toi.
Oui, elle m'a rendue très heureuse. Et pour une fois ce n'était pas "lui" qui me "rendait" heureuse, c'était ce que nous avions, ce que nous construisions malgré tout.

Je suis allée voir une ostéo il y a dix jours, pour prendre soin de mon corps en même temps que mon coeur, et ça m'a fait un bien fou. Pendant une semaine j'ai eu l'impression que cette histoire n'avait jamais existé, je me suis sentie légère, je me suis remise dans le travail, j'ai même réussi à avancer avec ma psy sur des sujets qui me bloquaient avant, j'ai commencé à accepter que j'avais eu une enfance et une adolescence très douloureuses, que c'était fait, qu'il fallait avancer. J'ai compris grâce à tous les deuils amoureux que j'ai traversés, comment faire le deuil d'autres choses.

Et puis le moral est retombé cette semaine, j'ai beaucoup rêvé qu'on était encore ensemble, j'ai vu des copines qu'on a en commun et ça m'a plombée, je réalise qu'il commence à beaucoup me manquer, que j'étais très attachée, que c'est dur. Ça ne m'empêche pas de vivre, de faire des projets, de continuer ma vie avec plus de courage encore, mais ça y est, j'entre dans la période un peu nulle ou ça va, mais pas trop non plus, j'aimerais qu'il revienne, mais je sais que ça n'arrivera pas, etc. Je panse mes blessures. Je me rends compte qu'il m'a fait porter beaucoup de choses à la rupture, alors que la raison principale c'était qu'il n'était pas amoureux, et je me suis beaucoup sentie coupable pour rien. J'ai appris de mes copines qu'il était un adepte des relations courtes, si j'avais su je n'y serais pas allée (mais je n'ai pas demandé, je n'ai pas voulu savoir...).

Plus j'y pense moins je comprends ce qui s'est passé.

Je prends mes distances avec nos ami·es commun·es. Je suis censée aider une copine à déménager le week-end prochain, mais elle sort depuis récemment avec le meilleur ami de mon ex (ils se sont mis ensemble juste après nous). Elle en parle quand on se voit, c'est difficile à entendre. Si mon ex est présent à ce déménagement je n'hésiterai pas à dire que je préfère éviter tout contact. Aujourd'hui une copine m'a parlé d'une de ses coucheries avec une fille l'an dernier. Ça m'a fait mal. Je ne suis pas prête à entendre quoique ce soit. Il faut que je coupe tous les canaux de communication. Et je repars sur le terrain dès que je peux, ça m'évitera de devoir le croiser au bar si ça rouvre.

Voilà, je m'attelle à me reconstruire tout doucement...

Je t'embrasse fort fort fort Miu, et les ami·es qui passeront par là :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 25 avr. 2021, 22:26
par miu
Coucou ma jolie Janysse,

Je suis contente que tu sembles d'aller mieux.
Janysse a écrit : 24 avr. 2021, 18:26 Et oui j'idéalise énormément la vie à deux, parce que je ne sais pas ou plus ce que c'est, je ne sais pas comment faire pour ne plus idéaliser (si ce n'est enfin le vivre ?)
Drôle ton idéalisation. Pour moi, la désidéalisation a été tellement simple et décevante. Juste en lisant les histoires de couple d'ici, en parlant avec mes amis, en observant les familles dans ma connaissance, en lisant les journaux, les bouquins...Les gens s'aiment puis se désaiment, puis aiment d'autres.
Janysse a écrit :Je me rends compte qu'il m'a fait porter beaucoup de choses à la rupture, alors que la raison principale c'était qu'il n'était pas amoureux, et je me suis beaucoup sentie coupable pour rien.

Plus j'y pense moins je comprends ce qui s'est passé.
Oui, je pense qu'en général, les gens laissent tomber leur relation lorsqu'ils ne sont pas/plus amoureux, malgré mille d'autres raisons qu'ils ont citées pour rendre leur décision raisonnable, sensée, acceptable. Et c'est fou aussi que les gens persistent à une relation "fanée", "ternie" en se disant qu'ils sont encore amoureux/amoureuse d'un ex fantôme. Au nom de l'amour, on se fait tout et n'importe quoi :mrgreen:
Janysse a écrit : Je prends mes distances avec nos ami·es commun·es.
Voilà, je m'attelle à me reconstruire tout doucement...
Oui ma belle, je pense qu'il te vaut mieux prendre la distance, au moins pour quelques temps, avec tes ami.e.s communes pour éviter de te faire les films et de te faire mal toute seule.

Ce n'est jamais évident une rupture. Courage courage ma jolie.

Le beau temps arrive, bientôt le déconfinement. Profite bien de ton temps pour savourer la vie :bisou:

Prend soin de toi. Très gros bisous fabuleux :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 26 avr. 2021, 09:10
par Janysse
Coucou Miu !
miu a écrit :Oui ma belle, je pense qu'il te vaut mieux prendre la distance, au moins pour quelques temps, avec tes ami.e.s communes pour éviter de te faire les films et de te faire mal toute seule.
Oui c'est ça qui me fait très peur, je me dis que peut-être si on se revoit, il va se rendre compte qu'il s'est planté, peut-être qu'il va changer d'avis, peut-être que... Je l'imagine avec une autre et j'ai envie de vomir, je me réveille les larmes aux yeux le matin... Je sais que ce je raconte sont des banalités, mais j'avais oublié à quel point ça fait mal et c'est chiant une rupture !!
miu a écrit :Le beau temps arrive, bientôt le déconfinement. Profite bien de ton temps pour savourer la vie
Oui, j'ai besoin de sortir, boire des verres, vivre des choses, remplir ma vie ici d'autres choses que de souvenirs avec lui... Vivre de nouveau pour moi !

Gros bisous ma belle miu :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 01 mai 2021, 13:41
par Janysse
Coucou tout le monde

Je reviens écrire un peu, je me sens très seule et je ne sais pas à qui dire les choses que j'aimerais dire.

Je pleure tous les jours, plusieurs fois par jour. Au deuil de ma dernière relation se mêlent tout un tas de deuils beaucoup plus durs à faire. Je n'ai pas de refuge. Ma famille est la source de beaucoup de mes difficultés. Mon père est violent et autoritaire, ma soeur est pareille, ma mère est à côté de la plaque, n'a jamais pris au sérieux ma souffrance, m'invitant à relativiser quand je lui parlais de mon envie de disparaître. Et aujourd'hui encore, je ne sais pas relativiser, ou j'exagère tout selon elle. C'est difficile de réaliser que mes ressentis sont légitimes, que ma souffrance a le droit d'exister, et que les personnes qui auraient dû être là pour me soutenir ne l'ont jamais fait, ont même contribué à saper mon envie de vivre, et ne seront jamais d'aucun réconfort face à ma souffrance. La seule personne qui m'écoute vraiment est ma psy. Et moi. Je n'ai pas d'autre refuge que moi-même.

J'ai repris la méditation et ça me console un peu, je m'autorise à pleurer toutes les larmes de mon corps, je m'autorise à reconnaître que j'étais peut-être un peu amoureuse, et que même si ça n'a duré que 5 mois j'ai le droit d'être malheureuse, d'être triste, de me sentir mal. Je ne pleure pas uniquement la perte de cet homme, ou de notre relation, de ce refuge où j'ai trouvé si reposant, si apaisant de me poser enfin. Je pleure la sécurité affective que je n'ai jamais eue. Je pleure l'enfance que je n'ai pas eue. Je pleure le refuge que je n'ai pas auprès de ma famille et que je n'aurai jamais.

Pour autant j'ai décidé de rentrer dans ma famille la semaine prochaine, parce que j'ai besoin que quelqu'un s'occupe de moi, me fasse à manger, ma lessive, prenne en charge mon quotidien, parce que je n'y arrive plus. Que ça m'épuise. J'ai besoin de ma maman même si c'est ma maman qui a laissé mon père et ma soeur m'humilier pendant 15 ans. J'ai décidé d'affronter ma famille, d'affirmer mes positions, de communiquer, de refuser de faire ce que je n'ai pas envie de faire pour une fois. Ça n'est pas sans conséquence m'a dit ma psy. J'ai répondu que je savais, qu'à partir de ce moment je risquais de me retrouver toute seule s'ils décidaient de ne plus me parler ou de me faire la gueule. Elle a répondu "Vous êtes déjà toute seule". Je n'arrive pas à me remettre de cette phrase. J'ai toujours été toute seule.

J'ai envie de tout envoyer valser, mes relations avec ma famille, ma meilleure amie pas fiable, j'ai envie de leur cracher mon venin à la figure, de ne plus jamais leur parler, de leur faire mal, de les faire saigner comme ils me font saigner.

Voilà pourquoi je veux construire avec quelqu'un, un nouveau refuge, pour me reposer de temps en temps parce que c'est pas humain d'affronter tout toute seule tout le temps. Je n'ai pas d'autre refuge que moi-même et ça fait de moi quelqu'un de très fort mais c'est épuisant aussi. Je ne suis pas folle, ou nulle, ou stupide. C'est juste immensément difficile de rencontrer quelqu'un, c'est déjà un petit miracle en soi de rencontrer quelqu'un qui nous plaît et à qui on plaît, alors qu'en plus cette personne accepte et comprenne que je sois une femme forte et ambitieuse, dépendante affective, bourrée de défauts et de pathologies diverses, (ce qui suppose qu'il soit lui-même déconstruit, un peu zinzin comme moi mais qu'il ait travaillé sur ses blessures), ben ça relève franchement de l'alignement cosmique suprême.

Ça fait tout juste 10 ans que je suis arrivée sur ce forum. J'ai parcouru un sacré chemin je crois, même si la douleur est toujours la même, je sais d'où elle vient. Et je mérite mieux que ça. Et un jour je rencontrerai mon amour et on construira ce joli refuge tout doux, tendre et apaisant, et on élèvera nos enfants dans l'amour et la bienveillance, parce que moi aussi je suis digne d'amour et de joie. Et d'ici là, je n'ai pas d'autre refuge que moi-même, c'est la grande leçon.

Je vous embrasse

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 03 mai 2021, 22:10
par Janysse
Coucou tout le monde

Le soir c'est difficile. J'avais oublié à quel point. Je pleure, je me sens triste, seule, démunie, je ne sais plus quoi faire face à ma douleur. J'écris ici, je sais que quelqu'un me lira.

Mon ex m'a supprimée de ses amis facebook. C'est débile mais ça m'a fait mal. J'avais encore de l'espoir. Mais cet homme ne m'a jamais aimée et ne m'aimera jamais. Je dois intégrer ça. 5 mois , c'était suffisant pour vivre de belles choses, me projeter et l'aimer d'une certaine façon. Pour lui c'était sans doute pas grand chose.

Je m'enfonce dans la noirceur. J'ai mal, la petite fille au fond a mal, et je ne sais plus quoi faire pour nous apaiser, pour lui dire que je l'aime et que je suis là pour elle, que je suis solide et que tout ira bien, qu'elle n'a plus à avoir peur, parce que moi j'ai peur, que je suis fragile et qu'il n'y a personne pour me rassurer.

J'ai relu mon fil depuis ma dernière grosse rupture début 2019. J'ai relu tous les conseils, tous les messages, tout tout tout. Je n'arrive pas à savoir si j'ai avancé, si j'ai appris à m'aimer, si j'ai appris à me donner de la valeur, à m'estimer, à considérer que je mérite un mec bien. J'ai appris à découvrir mes goûts, ce que j'aime faire, ce que je n'aime pas faire, ce que je veux, ce que je ne veux pas. Et pourtant je me retrouve au même endroit, à pleurer dans mon lit chez ma mère parce qu'un homme m'a quittée.

Ce n'est pas possible. Il faut que je me secoue. Je ne peux pas replonger encore une fois. Je ne comprends pas pourquoi les ruptures me bouleversent à ce point, pourquoi elles remettent autant mon monde en question, pourquoi j'en vis autant aussi.

Je voudrais juste pouvoir pleurer dans les bras de quelqu'un, en sécurité.

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 03 mai 2021, 22:52
par Kylian


(Je ne sais pas si elle te fera le même effet, mais je la trouve "réconfortante" ... Courage ; je t'embrasse.)

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 04 mai 2021, 12:23
par Numéro 7


Des idées intéressantes à appliquer, Janysse...

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 05 mai 2021, 22:55
par miu


Je sais pas si tu connais notre grand moine Thich Nhat Hanh avec sa méditation en pleine conscience? Il a fondé Lang Mai (Le village prunier près de Bordeaux, là où beaucoup de personnes viennent pour apprendre et pratiquer la méditation).

J'espère que tu vas mieux.

Courage ma jolie.

De gros bisous fabuleux avec ce beau temps dans le sud :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 06 mai 2021, 15:11
par Janysse
Chères Kylian, Numéro 7 et Miu,

Vous lire en pleine détresse, savoir que vous êtes là, m'a fait beaucoup de bien. Merci pour ça.

Merci pour tous ces liens également. Je comprends Kylian pourquoi tu la trouves réconfortante cette chanson même si ma première pensée a été "mais QUI est "là" à part moi-même ?".

J'ai fini par avoir la conversation dont je parle avec ma mère depuis 2 ans. Je lui ai demandé pourquoi elle n'a pas protégée contre la violence de notre père, elle a répondu que si, elle était souvent intervenue, mais qu'elle ne pouvait pas être tout le temps là. Je lui ai dit que j'avais eu envie de mourir de mes 11 à mes 25 ans, elle a répondu que ce n'était pas vrai, que je ne l'avais jamais exprimé (alors qu'une enfant de 11 ans insomniaque, une ado de 15 ans qui s'écorche les poignets, une toute jeune femme de 18 ans qui pèse 43 kilos et ne mange plus et s'arrache les cheveux, ce devrait être alarmant non ???). Qu'elle se sentait coupable d'avoir loupé quelque chose. Qu'elle a fait ce qu'elle a pu avec ce qu'elle avait. Que je devrais comprendre le point de vue des autres aussi. Je crois que ça ne sert à rien de discuter plus avant, j'ai dit ce que j'avais à dire, elle m'a écoutée à moitié. Et m'a dit, presque candidement "ton problème, c'est que tu ne t'aimes pas". La faute à qui hein ?

Je lui demandé pourquoi elle n'était pas partie plus tôt avec ses enfants, elle a répondu que mon père menaçait d'être violent que ç'aurait été pire. Je comprends qu'elle a fait ce qu'elle a pu au moment où. Je dois vivre avec ça maintenant, même si je ne sais pas trop comment.

Et puis, "il ne faut pas rester bloquée dans le passé, il faut aller de l'avant". Ma psy avait raison, je n'aurai pas d'elle le soutien dont j'ai besoin. Elle ne me donnera pas raison, elle a ses propres mécanismes de défense. Je ne peux rien faire de plus. Il est temps maintenant de tâcher de faire mon deuil d'une enfance heureuse, d'une famille aimante et protectrice, et d'aller de l'avant. Je ne sais pas du tout comment faire, mais j'imagine que je n'ai pas le choix, et si d'autres l'ont fait moi aussi je peux le faire.

C'est très personnel tout ce que je raconte mais je galère tellement dans ma vie, je me sens si démunie, si seule face à tout ça, que j'espère que celles et ceux qui passeront par là avec le coeur brisé comme moi y trouveront un peu de réconfort, un peu d'espoir, peut-être même celui d'aller mieux un jour.
Numéro 7 a écrit :Des idées intéressantes à appliquer, Janysse...


J'ai essayé de mettre en application la méthode. Sur des pensées comme "Je suis seule, je vis seule, je dors seule, je n'ai pas d'amoureux" je ne peux rien faire. Mais je m'entraîne sur des choses plus "faciles" comme "Mon ex m'a supprimée de ses amis facebook, il me déteste et il ne reviendra jamais vers moi ».
1/ Est-ce vrai ? Peut-être, je ne sais pas.
2/ Est-ce que je suis 100% sûre de ça ? Qu’il me déteste ? Non je ne sais pas. Il se protège peut-être ou il est juste indifférent. Je ne sais pas.
3/ Comment est-ce que je me sens quand je pense à ça ? J’ai la gorge nouée, une boule dans la poitrine, et dans ma tête ça tourbillonne, ça s’emballe. Comment est-ce que je me comporte ? Je me sens énervée, j’en ai parlé à toutes mes copines, j’essaie de les monter contre lui, je panique et j’en parle aux mauvaises personnes, je suis tout sauf bienveillante (d’ailleurs il m’a supprimée après que j’ai dit à une amie commune que je préférais ne pas le croiser).
4/ Si on me prouvait que c’était faux, comment je me sentirais, qu’est-ce que ça changerait ? Hmm, franchement je suis sûre qu’il ne reviendra pas, il vaut mieux ne pas penser l’inverse.
5/ Inverser ? Je vois pas non plus. Par contre je peux me dire « Il m’a supprimée de ses amis fb, il ne reviendra jamais… Et c’est ok. » Et qu’est-ce que j’en tire comme avantage ? Ça m’évite d’espérer après un mec qui avance sans moi, ça m’empêche drastiquement d’aller stalker son profil dans un moment de faiblesse, ça supprime toute attente de ma part. Ça me fait mal mais j’y gagne en tranquillité d’esprit. C’est pour le mieux au final.

Je me suis procuré le livre dont elle parle. Et je vais reprendre la méditation.

Voilà. J’ai frôlé dangereusement la phase où je me roule dans mon malheur. Oui je suis triste, oui je suis malheureuse, mais ça n’est pas une fatalité. Paige me l’avait écrit ici, même le chagrin se fatigue. Et tout est temporaire. Les histoires d’amour, la joie, comme la douleur. Je profite de ces quelques jours qui me restent pour ne rien faire, rester au fond de mon lit en faisant du tricot, pour glander un maximum. Et quand je sortirai de mon lit, je serai prête à affronter le reste de la vie.

Je vous embrasse

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 06 mai 2021, 15:40
par Numéro 7
Janysse, à la première lecture de ton texte du 1 mai, la seule et unique question qui m'est venue en tête, et que je me suis abstenue de te poser à ce moment est " Pourquoi fréquentes tu tes bourreaux ? " À présent, je peux te la poser... prends le temps d'y réfléchir

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 06 mai 2021, 15:53
par louise75
Bonjour Janysse,
Dur de ne pas avoir de ta mère ce que tu attendais, le soutien et la reconnaissance de ta souffrance. Elle ne t’a écoutée qu’à demi, dis-tu... je ne te connais et je ne la connais pas assez pour savoir, mais peut-être que ce que tu as dit fera quand même son chemin. Là elle est convoquée frontalement par ce que tu énonces, elle essaie peut-être de se sauver de son propre sentiment de culpabilité, mais qui sait ? Par un détour, elle pourrait plus tard reconnaître ce que tu voudrais qu’elle reconnaisse. Quoi qu’il en soit, tu ne peux pas faire grand’chose de plus pour le moment.

Bon, en réalité, je voulais surtout rebondir sur ta réaction à la vidéo partagée par Numéro 7, que j’avais regardée avec intérêt aussi. Tu dis « sur des pensées comme je suis seule, je dors seule, je n’ai pas d’amoureux, je ne peux rien faire ». Sans doute. Mais il me semble que le côté pernicieux de ces pensées, c’est qu’en fait, elles ne se limitent à ce qu’elles semblent être = des constats factuels. Elles emportent des interprétations : je n’ai pas d’amoureux (et je n’en aurai jamais), je dors seule (alors que toutes mes amies sont en couple et heureuses et qu’elles peuvent se blottir contre leur amoureux le soir), je suis seule (et la vie passe sans que je construise rien), etc. Ce sont les parenthèses qui sont aussi à déconstruire.

Tu souffres d’être seule, et honnêtement, ça peut se comprendre. Mais je me demande en pensant à ta dernière histoire si le pire, pour toi, ce n’est pas le manque de sécurité = l’incertitude = l’impossibilité de savoir si le célibat dont tu souffres prendra durablement fin un jour. Et c’est vrai que cette incertitude est très inconfortable, même si elle est inhérente à la vie (et c’est quelqu’un qui s’est fait débarquer de son couple au bout de 18 ans, sans rien avoir vu venir, qui te le dit. Rude leçon pour rappeler que rien n’est sûr). Et - je spécule, bien sûr, pardon pour le petit exercice purement intellectuel qui suit s’il est complètement à côté de la plaque - peut-être même que tu te dis que tu n’en sortiras jamais, parce qu’au moins ça permet d’énoncer quelque chose de net et définitif. Compte tenu de ce que tu esquisses de ton histoire familiale, on peut imaginer que la crainte est un affect dominant chez toi. Or si le pire est déjà réalisé, tu n’as plus à en avoir peur. Enfin si, tu le crains toujours, mais tu conjures le sort en pensant à demi qu’il est déjà là. Une formation de compromis, quoi.

En tout état de cause, tu sembles aller un peu mieux, et c’est bien. Quand je dis à mon psy que j’ai l’impression de stagner et de retomber éternellement dans les mêmes angoisses, il me répond qu’en fait, la blessure initiale demeure, mais que j’apprends à l’apprivoiser. Qu’il y a (et qu’il y aura sans doute encore) des moments de creux, des moments de crise, mais qu’à chaque fois ils sont un peu moins violents et un peu moins longs. J’espère et je crois que c’est la même chose pour toi ! Bon courage. :bisou:

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 07 mai 2021, 12:20
par Janysse
Coucou Louise,

Je suis très heureuse de te lire, merci d'être intervenue :)
louise75 a écrit :Dur de ne pas avoir de ta mère ce que tu attendais, le soutien et la reconnaissance de ta souffrance. Elle ne t’a écoutée qu’à demi, dis-tu... je ne te connais et je ne la connais pas assez pour savoir, mais peut-être que ce que tu as dit fera quand même son chemin. Là elle est convoquée frontalement par ce que tu énonces, elle essaie peut-être de se sauver de son propre sentiment de culpabilité, mais qui sait ? Par un détour, elle pourrait plus tard reconnaître ce que tu voudrais qu’elle reconnaisse. Quoi qu’il en soit, tu ne peux pas faire grand’chose de plus pour le moment.
Oui, il y a des choses qu'elle ne peut pas ou ne veut pas entendre, et que je ne sais pas formuler de façon claire et non violente ; comme le fait qu'elle a été complice de la violence de mon père, puis de celle de ma soeur - la dernière fois qu'elle a été violente physiquement avec moi, ma mère a juste dit que je "l'avais cherché, quand je le lui ai rappelé elle a levé les yeux au ciel en maintenant que je l'avais cherché. Donc à partir de là moi je lâche l'affaire.
louise75 a écrit :Bon, en réalité, je voulais surtout rebondir sur ta réaction à la vidéo partagée par Numéro 7, que j’avais regardée avec intérêt aussi. Tu dis « sur des pensées comme je suis seule, je dors seule, je n’ai pas d’amoureux, je ne peux rien faire ». Sans doute. Mais il me semble que le côté pernicieux de ces pensées, c’est qu’en fait, elles ne se limitent à ce qu’elles semblent être = des constats factuels. Elles emportent des interprétations : je n’ai pas d’amoureux (et je n’en aurai jamais), je dors seule (alors que toutes mes amies sont en couple et heureuses et qu’elles peuvent se blottir contre leur amoureux le soir), je suis seule (et la vie passe sans que je construise rien), etc. Ce sont les parenthèses qui sont aussi à déconstruire.
Oui c'est vrai tu as parfaitement raison, et j'y vois plus clair maintenant. En lisant ces parenthèses je me suis mise immédiatement à pleurer (et en te répondant c'est la 5e ou 6e fois que je relis ce message). Ces pensées me font très mal.
louise75 a écrit :Tu souffres d’être seule, et honnêtement, ça peut se comprendre. Mais je me demande en pensant à ta dernière histoire si le pire, pour toi, ce n’est pas le manque de sécurité = l’incertitude = l’impossibilité de savoir si le célibat dont tu souffres prendra durablement fin un jour. Et c’est vrai que cette incertitude est très inconfortable, même si elle est inhérente à la vie (et c’est quelqu’un qui s’est fait débarquer de son couple au bout de 18 ans, sans rien avoir vu venir, qui te le dit. Rude leçon pour rappeler que rien n’est sûr). Et - je spécule, bien sûr, pardon pour le petit exercice purement intellectuel qui suit s’il est complètement à côté de la plaque - peut-être même que tu te dis que tu n’en sortiras jamais, parce qu’au moins ça permet d’énoncer quelque chose de net et définitif. Compte tenu de ce que tu esquisses de ton histoire familiale, on peut imaginer que la crainte est un affect dominant chez toi. Or si le pire est déjà réalisé, tu n’as plus à en avoir peur. Enfin si, tu le crains toujours, mais tu conjures le sort en pensant à demi qu’il est déjà là. Une formation de compromis, quoi.
Je vois ce que tu veux dire. C'est vrai que j'ai tout le temps peur. Je ne saurais pas dire de quoi, mais les mots qui me viennent pour désigner cette sensation, c'est la peur, l'angoisse, la crainte. J'ai beaucoup de mal à supporter l'incertitude de façon générale, j'ai besoin de savoir à l'avance si on va au bar avec les copines, besoin de fixer des dates, de redemander 3 fois si on a toujours rdv, etc. Pour ce qui est de la vie quotidienne et professionnelle, le double évènement de l'entrée en thèse et du début de la pandémie de covid m'a pas mal forcée à faire avec l'incertitude. J'ai un plan général sur 2-3 ans, je me projette, mais je garde en tête que tout peut être remis en question à tout instant ; et c'est ok. Par contre en amour... Oui l'incertitude est très dure à vivre. Elle est épuisante en fait. Je ne demande pas la lune, même si je voudrais rencontrer "le bon", quelqu'un avec qui construire sur du long terme, je crois que même une relation de ""seulement"" trois ans ça serait déjà énorme pour moi. Pour me rassurer sur ma capacité à construire quelque chose avec quelqu'un, pour partir en vacances, pour aimer et être aimée, pour me reposer un peu. Oui j'ai peur de ne jamais rencontrer l'amour. En me disant que ça n'arrivera jamais, ça diminue peut-être un peu l'incertitude. Or c'est exactement comme ça que les prophéties de malheur se réalisent, et ça m'angoisse d'autant plus, etc etc. Il m'arrive de penser que si je n'ai rien construit à 45 ou 50 ans, si je n'ai pas eu d'enfants, que je n'ai pas connu l'amour, je me suiciderai. C'est définitif c'est sûr.

Je ne sais pas si les moments de crise sont moins violents. Chaque rupture (jamais de mon fait) est un peu plus dure à encaisser, et quand j'y pense en ce moment, même une seconde, je panique. Alors j'essaie de ne pas y penser, je passe mes journées au lit à regarder une série et chiner des meubles sur leboncoin. Ça vaut ce que ça vaut mais ça repose et je vais mieux, un peu.
Numéro 7 a écrit :Janysse, à la première lecture de ton texte du 1 mai, la seule et unique question qui m'est venue en tête, et que je me suis abstenue de te poser à ce moment est " Pourquoi fréquentes tu tes bourreaux ? " À présent, je peux te la poser... prends le temps d'y réfléchir
Coucou Numéro 7,

J'ai réfléchi. Par obligation familiale principalement, parce qu'on me met la pression pour que j'aille voir mon père, sinon il est malheureux, sinon il est vexé, patati patata. Pendant longtemps j'ai nourri l'espoir inconscient d'enfin trouver grâce à ses yeux, en redevenant la petite fille parfaite qu'il adorait, l'espoir qu'il redeviendrait le gentil papa qu'il a été, je continuais de courir après son amour et chaque fois j'étais de nouveau rabaissée, humiliée, etc. Mais cette fois c'est fini. J'étais une petite fille sage, solitaire mais joyeuse, infiniment absorbée dans son monde intérieur et il m'a détruite, il a écrasé tout ce qu'il y avait de gai et confiant en moi ; je ne lui dois plus rien, et j'ai refusé de voir mon père et ma soeur, je suis seulement chez ma maman.

Je n'arrive pas à admettre qu'elle puisse être elle aussi un bourreau, que je n'ai vraiment nulle part où aller quand ça va mal. J'ai besoin de ma maman, de me réfugier chez elle, de manger ses petits plats, de recevoir ses attentions, quand je suis au fond du trou. J'ai essayé de faire ça, d'être forte toute seule, pendant un mois après la rupture, et je me suis effondrée. Voilà, quand il n'y a plus personne, il y a ma maman.

Voilà, je ne sais pas si c'était bien cette question que tu posais... ?

Je vous embrasse

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 07 mai 2021, 16:14
par Numéro 7
Je ne sais pas... je dois dire que j'associais tes mots à tes actes qui pour moi se contredisent beaucoup, parce que je ne les comprends pas... j'ai, après avoir lu que tu avais relu ton fil depuis ta rupture de 2019, fait de même - et même un peu avant en 2018. Et Elieza évoquait l'idée que celle que tu appelles meilleure amie usurpait peut-être ce titre... tantôt tu l'évoques en propos relativement négatif, tantôt tu te réjouis qu'elle ait pris soin de toi... idem avec ta maman... En fait, lorsque j'ai lu que tu allais dans ta famille après avoir écris les lignes que tu as écrites à son propos je me suis demandée pourquoi tu n'allais pas chez Miu... Pour souffler auprès de quelqu'un contre qui tu n'as - d'après tes mots lus sur le forum - aucunes animosités, une personne que tu sembles apprécier... alors si tu as contacté du monde avant de te résoudre à aller chez ta maman et que personne n'a pu te recevoir, j'en suis sincèrement désolée... mais si tu n'as contacté personne... demandé à personne... il serait tant te questionner, Janysse... dans ce retour en 2018 et 2019 sur ton fil, j'ai également lu une jolie invitation d'Elieza à prendre contacte avec elle pour papoter avec ses coordonnées perso... Je vois des mains, des bras, des coeurs tendus vers toi... alors lire " Voilà, quand il n'y a plus personne, il y a ma maman. " ça me secoue un peu... surtout que tu ne fais aucune allusion à des personnes que tu aurais contacté et qui n'auraientt pu venir chez toi, ou t'accueillir... ce qui m'a laissé - me laisse - penser que tu t'es rendu chez ta maman sans évaluer aucune autre option... si tel est le cas... vraiment, Janysse, questionne toi...

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 07 mai 2021, 17:25
par Elieza
Et cette invitation tient toujours...

Re: Après un an, il n'est "plus amoureux"

Posté : 07 mai 2021, 21:55
par Kylian
[« Il m'arrive de penser que si je n'ai rien construit à 45 ou 50 ans, si je n'ai pas eu d'enfants, que je n'ai pas connu l'amour, je me suiciderai. C'est définitif c'est sûr. »]

Donc tu conditionnes ton existence à ta mise en couple… À tes yeux, « toi en couple » est plus important que « toi tout court » … :/

Pourtant, tu as déjà construit et tu es déjà en train de construire certaines choses… Tu n’as pas « rien construit ».

Il y a un truc que je ne comprends pas trop : tes écrits donnent limite l’impression que tu n’as jamais été en couple. Or, tu es jeune et tu as déjà eu plusieurs relations. Elles n’ont certes pas duré aussi longtemps que tu l’aurais souhaité, mais tu en as eu. En la matière, tu n’es pas dans une situation « hors norme », le « vilain petit canard ». Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire… Beaucoup de gens vivent la même chose que toi, tu ne connais pas moins « l’amour » ou moins « le couple » ou moins « le beau couple » que plein de gens. Des relations se nouent et se dénouent tous les jours ; toutes ne durent pas. Il y a plus de relations qui ne durent pas que de relations qui durent, d’ailleurs.

[« quelqu'un avec qui construire sur du long terme, je crois que même une relation de ""seulement"" trois ans ça serait déjà énorme pour moi. »]

1 an, 3 ans, cela change quoi ? Il est de belles relations courtes, et des relations longues bien moisies… La « beauté » d’une relation ne dépend pas forcément de sa durée. Je comprends que tu souhaites construire une relation solide et pérenne… Mais je ne comprends pas trop ton « raisonnement », pourquoi une relation de 3 ans serait forcément mieux qu’une relation d’1 an… Parce que « le couple idéal… », « la famille idéale… » ? Tu veux te prouver que tu es capable de rester plus d’1 an en couple ? Dans ce cas, on ne parle plus vraiment d’amour, mais de chiffres, de cases à cocher…

Tu te compares et tu envies autrui. Mais je t’assure que si je compare ta situation (les éléments que tu prends en considération lorsque tu te compares à autrui : situation professionnelle, vie sociale, etc.) à celle de plein d’autres personnes, tu n’es pas moins bien lotie qu’autrui, loin s’en faut. Tu es mal dans ta peau ; c’est cela qui te fait voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Mais, outre le fait que tout cela (les éléments précités, ceux que bien des gens prennent en considération pour dire qu’une vie est « réussie » ou « ratée ») est assez superficiel, même si tu parvenais à « exceller » dans tous les domaines, tu ne te sentirais pas forcément mieux pour autant. Car c’est un faux problème ; le vrai problème n’est pas là. Ou plutôt, la solution à tes maux ne se trouve pas forcément là où tu le crois.