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#1316611
Je ne sais pas si tu passes ou non à côté de ta vie. Mais le fait d'être toujours dans l'action ne signifie pas non plus qu'on soit acteur de sa vie. Le fait de toujours bouger, de faire 1000 choses cache aussi souvent un truc qui cloche.

Ce que tu fais, est-ce que ça te rend véritablement heureuse ou est-ce juste un moyen de masquer quelque chose ?
Qu'est-ce que tu veux vraiment ? Une carrière ? Te marier ? Des enfants ? Faire le tour du monde ? T'engager dans l'humanitaire ? Écrire un livre ? Je ne sais pas en fait et peu importe.
Oui tu bouges et tu évolues dans la bonne direction, ça c'est sûr. Mais moi, de mon siège, je vois quand même quelqu'un qui attend que la vie lui amène quelque chose. Ce n'est pas un reproche, mais tu es tellement bouffée par tes peurs que tu ne peux pas, pour le moment, obtenir ce que tu veux.

Ne t'es-tu pas dit, récemment, un truc du genre "quand j'aurai ceci ou cela, ça ira mieux ?" (et ça peut être n'importe quoi).

C'est difficile d'exprimer à l'écrit ce que je veux te dire. Mais je veux simplement te faire passer le message que demain c'est aujourd'hui, et c'est à toi de faire en sorte que ça ne devienne pas hier. Comme je te l'écrivais dans mon message d'hier soir, je crois que ça fera écho en toi un peu plus tard.

Mais, je le répète, tu évolues vachement bien Janysse :)!!!
Modifié en dernier par Carrie007 le 25 mai 2020, 11:32, modifié 1 fois.
miu ont aimé ça
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#1316613
Bonjour,

On a demandé Captain Kou2piéôQ ?

Je ne peux que plussoyer les filles .. tu as fait un sacré bout de chemin et on sait tous que l'on passe par des moments un peu moins bien, surtout en ce moment et si on rajoute un déménagement dans une autre région, ce qui n'est pas anodin dans la vie, ça déstabilise et quand on est un peu fragile, ben ça pèse et le côté obscur l'emporte sur le côté luminou .


Janysse a écrit : 25 mai 2020, 10:07 Mais je n'avais pas vu ça comme une répétition de mon schéma. Je pensais enfin avoir mis ça derrière moi.
Bah non.. ce n'est pas possible de briser des schémas en claquant des doigts (en si peu de temps), on s'appelle pas Thanos hein...
Le danger (mais on y est tous passé) c'est justement de croire que l'on a passé la branche, jusqu'à ce qu'elle nous revienne dans la gueule ...bah that's life ... la prochaine fois, on l'évitera...
Janysse a écrit : 25 mai 2020, 10:07 Je l'adorais ce mec mais peut-être que ç'aurait pu être n'importe qui d'autre.
C'est exactement ce à quoi je pensais (ça m'arrive, oui)... donc le fond du problème n'est pas lié à la personne, juste que tu as tellement "envie de..." que tu es prête à des concessions importantes (le "je savais que ça n'irait nulle part mais j'y crois quand même")
au détriment d'autres choses peut être plus importantes...
Janysse a écrit : 25 mai 2020, 10:07 je continuerai de me battre et de m'investir et d'aimer ce que je fais jusqu'au bout, toute ma vie. Mais au fond je rêve juste de vivre une vraie relation amoureuse, de vivre avec mon copain, de partir en vacances à deux. .
Juste une petite réflexion, mais si cela s'avère incompatible?...
Peux-tu envisager de ménager la chèvre et le chou ?(oui j'adore cette citation, désolé).
Janysse a écrit : 25 mai 2020, 10:07Je ne comprends pas comment font les autres.
Tout dépend de quels autres tu parles ...
Crois moi, tu es loin de la vérité dans ce domaine, le concept "Je voudrais juste m'endormir toutes les nuits dans les bras d'un homme que j'aime et qui m'aime, et me réveiller avec lui, et lui raconter ma journée, et entendre parler de la sienne." n'est pas la norme (malheureusement) et on fait avec les atouts que l'on a et c'est difficile la plupart du temps.
Janysse a écrit : 25 mai 2020, 10:07 mais je suis fatiguée. Je voudrais juste me poser dans un couple tranquille et serein.
Si tu veux vraiment te "reposer", tu ne pourras le faire que toute seule ..(bon ok c'est mon point de vue)
Le couple "tranquille et serein" ne peut intervenir quand les deux parties sont "sereines et tranquilles" sinon cela rajoute une couche de stress ...
Profites donc de ton déménagement pour profiter de la région dans laquelle tu vas aller (qui est une belle région), tu vas découvrir un autre rythme de vie qui sera, à mon avis, bien plus adapté pour toi, d'autres personnes, donc le plan idéal pour remonter la pente, sachant que tu es presque au sommet , ce serait dommage de gâcher ce que tu as déjà fait...

Bon courage à toi !
#1316616
Carrie007 a écrit : 25 mai 2020, 11:02 Je ne sais pas si tu passes ou non à côté de ta vie. Mais le fait d'être toujours dans l'action ne signifie pas non plus qu'on soit acteur de sa vie. Le fait de toujours bouger, de faire 1000 choses cache aussi souvent un truc qui cloche.

Ce que tu fais, est-ce que ça te rend véritablement heureuse ou est-ce juste un moyen de masquer quelque chose ?
Je crois oui. Parfois ça me gonfle, c'est dur, c'est exigeant, mais au final j'aime ça et je ne me vois pas faire autre chose.
Carrie007 a écrit : 25 mai 2020, 11:02Qu'est-ce que tu veux vraiment ? Une carrière ? Te marier ? Des enfants ? Faire le tour du monde ? T'engager dans l'humanitaire ? Écrire un livre ?
Une carrière, des enfants, un foyer, des amis. Retrouver mes amis l'été dans une maison de vacances avec nos enfants respectifs. Je ne crois pas au mariage, si ce n'est que c'est une disposition légale protectrice pour les deux partenaires. Mais vivre une grande histoire oui. Écrire des livres au passage pourquoi pas.
Carrie007 a écrit :Oui tu bouges et tu évolues dans la bonne direction, ça c'est sûr. Mais moi, de mon siège, je vois quand même quelqu'un qui attend que la vie lui amène quelque chose. Ce n'est pas un reproche, mais tu es tellement bouffée par tes peurs que tu ne peux pas, pour le moment, obtenir ce que tu veux.

Ne t'es-tu pas dit, récemment, un truc du genre "quand j'aurai ceci ou cela, ça ira mieux ?" (et ça peut être n'importe quoi).
Ça me fait mal, c'est très juste. Et bien sûr, je me dis ça tout le temps. "Quand je verrai Monsieur Tendre ça ira bien". "Quand je serai à Montpellier la vie sera plus simple" "Quand je serai en thèse tout sera top". Sauf que voilà, je vais partir à Montpellier, Monsieur Tendre rayé de la carte, et je suis en thèse depuis un an, et c'est pas sûr que ça aille mieux. "Quand j'aurai un poste au CNRS tout sera génial" "quand j'aurai un amoureux la vie sera parfaite". Mais surtout "quand je serai guérie, quand je m'aimerai, quand je m'en serai sortie, ça ira mieux". Je sais que j'ai besoin de faire encore du travail, de déconstruire toutes ces croyances que j'ai qu'au fond je ne vaux pas le coup, que l'amour n'est pas fait pour moi, que je construis pour plus tard, un jour où tout ira mieux.
Carrie007 a écrit :Mais, je le répète, tu évolues vachement bien Janysse !!!
Merci Carrie, j'espère que cela ira mieux encore. Ce matin honnêtement j'ai le coeur en miettes. Pas à cause de lui, je me suis auto-brisé le coeur.
Kakahuet a écrit :Janysse a écrit : ↑lun. 25 mai 2020 10:07
Mais je n'avais pas vu ça comme une répétition de mon schéma. Je pensais enfin avoir mis ça derrière moi.
Bah non.. ce n'est pas possible de briser des schémas en claquant des doigts (en si peu de temps), on s'appelle pas Thanos hein...
Le danger (mais on y est tous passé) c'est justement de croire que l'on a passé la branche, jusqu'à ce qu'elle nous revienne dans la gueule ...bah that's life ... la prochaine fois, on l'évitera...
Je suis en thérapie depuis 5 ans, ça me paraît un peu plus que claquer des doigts. Mais j'entends que la vie est plus longue encore.
Kakahuet a écrit :Janysse a écrit : ↑lun. 25 mai 2020 10:07
Je l'adorais ce mec mais peut-être que ç'aurait pu être n'importe qui d'autre.
C'est exactement ce à quoi je pensais (ça m'arrive, oui)... donc le fond du problème n'est pas lié à la personne, juste que tu as tellement "envie de..." que tu es prête à des concessions importantes (le "je savais que ça n'irait nulle part mais j'y crois quand même")
au détriment d'autres choses peut être plus importantes...
Oui si je suis complètement honnête avec moi-même, c'était un garçon absolument charmant mais on ne se connaît pas. J'avais juste très envie de m'attacher et voilà. Mes amies proches vivent des histoires d'amour à distance, dans des circonstances compliquées aussi. Même si je partais, je me suis dit pourquoi pas moi aussi ? Mais en fait dès le moment où j'ai compris qu'il me plaisait un peu trop, je me suis fait du mal. Parce qu'au fond ce que je veux, là maintenant, c'est partir dans le Sud, découvrir la région, et surtout faire ma thèse bon sang, ce qui implique des déplacements, parfois longs, avec très peu de disponibilité pour une vie amoureuse en fait. J'étais heureuse en février, de partir avec l'esprit libre, de me consacrer à moi, de m'imaginer sur les routes du Sud avec ma caméra et mes carnets, forte et aventurière. J'ai fait n'importe quoi, et cette fin d'histoire était la meilleure chose à faire.
Kakahuet a écrit :Janysse a écrit : ↑lun. 25 mai 2020 10:07
je continuerai de me battre et de m'investir et d'aimer ce que je fais jusqu'au bout, toute ma vie. Mais au fond je rêve juste de vivre une vraie relation amoureuse, de vivre avec mon copain, de partir en vacances à deux. .
Juste une petite réflexion, mais si cela s'avère incompatible?...
Peux-tu envisager de ménager la chèvre et le chou ?(oui j'adore cette citation, désolé).
J'ai jamais compris cette expression, c'est assez révélateur. J'espère que ça ne l'est pas, j'ai plein de collègues plus âgé·es qui ont des enfants, des conjoints et conjointes, et tout va bien. Je ne vois pas pourquoi ça ne pourrait pas être pareil pour moi.
Kakahuet a écrit :Tout dépend de quels autres tu parles ...
Crois moi, tu es loin de la vérité dans ce domaine, le concept "Je voudrais juste m'endormir toutes les nuits dans les bras d'un homme que j'aime et qui m'aime, et me réveiller avec lui, et lui raconter ma journée, et entendre parler de la sienne." n'est pas la norme (malheureusement) et on fait avec les atouts que l'on a et c'est difficile la plupart du temps.
Ceux dont les couples fonctionnent ? J'ai l'impression qu'il existe des couples vieux de 10, 15, 25 ans, et qui s'aiment toujours ? Toutes les familles des garçons que j'ai fréquentés étaient comme ça. Je ne suis pas dans leur intimité mais j'ai l'impression que c'est possible. Même connaître ça une fois, j'aimerais bien. J'ai sans doute une image idéalisée du truc, mais je voudrais à tout prix éviter le schéma de mes parents, relation de merde, violente, et insatisfaisante pour tout le monde. Avec des enfants qui souffrent.
Kakahuet a écrit :Profites donc de ton déménagement pour profiter de la région dans laquelle tu vas aller (qui est une belle région), tu vas découvrir un autre rythme de vie qui sera, à mon avis, bien plus adapté pour toi, d'autres personnes, donc le plan idéal pour remonter la pente, sachant que tu es presque au sommet , ce serait dommage de gâcher ce que tu as déjà fait...

Bon courage à toi !
Oui j'ai de belles choses qui m'attendent, de quoi me requinquer de ces derniers mois stressants (et de cette situation nullissime). Merci Kakahuet pour ton avis et le coup de pied aux fesses.
#1316623
Bonjour Janysse,
J’ai un peu réfléchi à ce qu’il serait possible de dire pour t’aider. Alors je ne sais pas, mais voici ce que tes derniers messages m’inspirent :

- il avait été question à un moment dans ton fil du syndrome de la bonne élève qui veut tout bien réussir. J’ai l’impression, à te lire, qu’il y a deux choses qui se mêlent dans ton désir hyper douloureux de vivre une belle histoire d’amour sereine, de t’éveiller dans les bras d’un homme qui t’aime et que tu aimes, etc. : d’un côté, le désir, complètement légitime, de vivre une belle histoire d’amour etc., et de l’autre l’angoisse de te dire que les autres y arrivent, et pas toi. Tu fais d’ailleurs allusion à tes amies, à tes collègues, qui réussiraient là où tu as l’impression d’échouer (avoir une relation à distance dans des conditions compliquées, concilier vie pro et vie amoureuse avec enfants). Je pense que tu t’ajoutes une couche supplémentaire de douleur et de pression en restant dans cette représentation, selon laquelle tu serais la mauvaise élève de la classe « amour », en quelque sorte. Cette idée est d’ailleurs d’autant plus forte que tu te dis, quand un homme ne veut pas continuer avec toi, que c’est parce que tu ne vaux pas assez, n’es pas assez « bonne ». Donc vraiment la mauvaise élève.

- or, 2ème point, c’est assez faux, je crois (et d’autres te l’ont écrit), que plein de gens réussissent là où tu penses échouer. Les trajectoires ne sont pas linéaires. Tu peux, comme moi, rencontrer à 18 ans un homme qui t’aime passionnément, te fait deux enfants, et te largue 18 ans plus tard en te laissant complètement détruite, et après, crois-moi, c’est dur de retrouver une relation sereine. Tu peux aussi, comme une amie, te retrouver à 38 ans à pleurer dans une soirée entre amis en disant que jamais aucun homme ne t’a véritablement aimée, et 1 mois après, rencontrer quelqu’un, et 3 ans plus tard, acheter un appartement avec cet homme dont tu es enceinte. Tu peux aussi être en apparence heureuse dans un couple stable, mais être trompée, insatisfaite, ou rêver encore de ton amour de jeunesse. Ça n’a aucun rapport avec le niveau d’études ou la réussite professionnelle : les femmes dont je te parle sont professionnellement épanouies, normaliennes, profs en prépa, titulaires d’une thèse, ou ont fait des études très longues, mais dans ce microcosme, les trajectoires personnelles sont infiniment diversifiées. Bilan: cesse de se comparer aux autres, ils/elles ne vivent pas ta vie, chacun a son chemin à parcourir et ce n’est pas parce que tout a l’air de rouler pour la voisine que tout roule vraiment ou roulera toujours. Ce qui signifie aussi que tu dois rester ouverte à ce que la vie t’apportera.

- et de ce point de vue, je rejoins les autres intervenants, tu as progressé. Déjà, dans ton bagage affectif, tu as maintenant une relation avec un garçon tendre et respectueux, c’est bien et tu pourras te reposer sur ce souvenir pour oser demander plus, porter ton besoin, dans une prochaine relation. Par ailleurs, dès le début (21 février, j’ai vérifié :grinning: ), tu mentionnais le fait que Monsieur Tendre voulait plutôt « profiter des bons moments ». Dans le lexique Tinder/sdr, ça veut quand même très souvent dire relation sans engagement et à durée limitée. Ça n’est pas forcément nul, ça peut avoir bien des avantages quand ça se passe de manière honnête et dans le respect mutuel. Tu as voulu tenter, pourquoi pas! Maintenant tu sais (ou tu as la confirmation) que ce n’est pas forcément pour toi, parce que tu en veux plus. Et tu as le droit. Mais je pense, moi, qu’il faut dire assez vite que tu attends plus d’une relation (et clairement, c’est le cas chez toi). L’autre le sait et en fait ce qu’il veut, ça passe ou ça casse, mais au moins tu ne t’embarques pas dans les doutes, l’illusion, et les tentatives un peu désespérées de réassurance (« j’ai voulu croire que... »). En outre, quand tu n’assumes pas ouvertement ton besoin, l’autre le sent, et peut être rebuté parce que ça crée une sorte de pression. Autant, par conséquent, arriver avec les idées claires sur soi-même et assumer son désir ; je pense sincèrement que c’est plus sexy que d’essayer de se conformer à un modèle qui ne nous convient pas (profiter des bons moments... c’est cool quand on est capable de le faire sans s’inquiéter, mais pour l’instant - pour l’instant, ça peut parfaitement changer - je ne crois pas que ce soit possible pour toi).

Là il faut laisser passer la tristesse et la déception, c’est normal que ce soit difficile. Mais le meilleur t’attend!
#1316633
Bonjour Louise,

Merci beaucoup pour ton message.
louise75 a écrit :- il avait été question à un moment dans ton fil du syndrome de la bonne élève qui veut tout bien réussir. J’ai l’impression, à te lire, qu’il y a deux choses qui se mêlent dans ton désir hyper douloureux de vivre une belle histoire d’amour sereine, de t’éveiller dans les bras d’un homme qui t’aime et que tu aimes, etc. : d’un côté, le désir, complètement légitime, de vivre une belle histoire d’amour etc., et de l’autre l’angoisse de te dire que les autres y arrivent, et pas toi. Tu fais d’ailleurs allusion à tes amies, à tes collègues, qui réussiraient là où tu as l’impression d’échouer (avoir une relation à distance dans des conditions compliquées, concilier vie pro et vie amoureuse avec enfants). Je pense que tu t’ajoutes une couche supplémentaire de douleur et de pression en restant dans cette représentation, selon laquelle tu serais la mauvaise élève de la classe « amour », en quelque sorte. Cette idée est d’ailleurs d’autant plus forte que tu te dis, quand un homme ne veut pas continuer avec toi, que c’est parce que tu ne vaux pas assez, n’es pas assez « bonne ». Donc vraiment la mauvaise élève.
C'est tout à fait ça. Tu fais le lien entre des choses qui me paraissaient bien confuses, mais je dois admettre que tu vois juste. J'ai tellement été conditionnée à être la bonne élève que même là, il faut que je réussisse. D'ailleurs je me décris souvent comme "belle, brillante mais nulle en amour". Surtout nulle en amour. Et c'est vrai que derrière la douleur et la tristesse que j'exprime d'arriver encore à la fin d'une non-relation, il y a une pression monstre. Je suis terrorisée à l'idée de ne jamais vivre de grande histoire d'amour. Alors quand je rencontre un garçon qui peut plus ou moins faire l'affaire - parce qu'en fait il me montre de l'intérêt - je croise les doigts pour que ce soit "le bon". Je suis assez consciente du fait que je suis pétrie de représentations qui me font du mal, et je bosse d'arrache-pieds pour comprendre. C'est complètement con mais j'ai l'impression de ne pas avoir la moyenne dans cette matière, pour filer la métaphore - qui n'en est hélas pas une.
louise75 a écrit :- or, 2ème point, c’est assez faux, je crois (et d’autres te l’ont écrit), que plein de gens réussissent là où tu penses échouer. Les trajectoires ne sont pas linéaires. Tu peux, comme moi, rencontrer à 18 ans un homme qui t’aime passionnément, te fait deux enfants, et te largue 18 ans plus tard en te laissant complètement détruite, et après, crois-moi, c’est dur de retrouver une relation sereine. Tu peux aussi, comme une amie, te retrouver à 38 ans à pleurer dans une soirée entre amis en disant que jamais aucun homme ne t’a véritablement aimée, et 1 mois après, rencontrer quelqu’un, et 3 ans plus tard, acheter un appartement avec cet homme dont tu es enceinte. Tu peux aussi être en apparence heureuse dans un couple stable, mais être trompée, insatisfaite, ou rêver encore de ton amour de jeunesse. Ça n’a aucun rapport avec le niveau d’études ou la réussite professionnelle : les femmes dont je te parle sont professionnellement épanouies, normaliennes, profs en prépa, titulaires d’une thèse, ou ont fait des études très longues, mais dans ce microcosme, les trajectoires personnelles sont infiniment diversifiées. Bilan: cesse de se comparer aux autres, ils/elles ne vivent pas ta vie, chacun a son chemin à parcourir et ce n’est pas parce que tout a l’air de rouler pour la voisine que tout roule vraiment ou roulera toujours. Ce qui signifie aussi que tu dois rester ouverte à ce que la vie t’apportera.
Ça c'est un gros problème dans ma vie que je n'arrive pas à surmonter. Je suis tout le temps dans la comparaison. Celle-là a un mec et pas moi - qu'est-ce que j'ai fait de travers ? Cette personne a une charge de cours et pas moi - je prends du retard dans ma carrière. Cette amie lit 8 livres universitaires par mois et moi je galère à en lire 2 - elle va s'en sortir et pas moi. Etc etc. Ça me bouffe et on en parle avec ma psy depuis plus d'un an, mais j'en suis encore là. Avec des collègues expérimentés qui me disent que mon travail est excellent et sensible, qui me demandent des conseils (à moi !), qui voient en moi un futur grand nom, et je me trouve toujours nulle et je n'y crois pas. C'est un peu pareil dans tous les domaines de ma vie je crois. Je sais qu'il faut que je continue le travail sur ça en priorité - mais c'est long bon dieu, c'est long.
louise75 a écrit :- et de ce point de vue, je rejoins les autres intervenants, tu as progressé. Déjà, dans ton bagage affectif, tu as maintenant une relation avec un garçon tendre et respectueux, c’est bien et tu pourras te reposer sur ce souvenir pour oser demander plus, porter ton besoin, dans une prochaine relation. Par ailleurs, dès le début (21 février, j’ai vérifié ), tu mentionnais le fait que Monsieur Tendre voulait plutôt « profiter des bons moments ». Dans le lexique Tinder/sdr, ça veut quand même très souvent dire relation sans engagement et à durée limitée. Ça n’est pas forcément nul, ça peut avoir bien des avantages quand ça se passe de manière honnête et dans le respect mutuel. Tu as voulu tenter, pourquoi pas! Maintenant tu sais (ou tu as la confirmation) que ce n’est pas forcément pour toi, parce que tu en veux plus. Et tu as le droit. Mais je pense, moi, qu’il faut dire assez vite que tu attends plus d’une relation (et clairement, c’est le cas chez toi). L’autre le sait et en fait ce qu’il veut, ça passe ou ça casse, mais au moins tu ne t’embarques pas dans les doutes, l’illusion, et les tentatives un peu désespérées de réassurance (« j’ai voulu croire que... »). En outre, quand tu n’assumes pas ouvertement ton besoin, l’autre le sent, et peut être rebuté parce que ça crée une sorte de pression. Autant, par conséquent, arriver avec les idées claires sur soi-même et assumer son désir ; je pense sincèrement que c’est plus sexy que d’essayer de se conformer à un modèle qui ne nous convient pas (profiter des bons moments... c’est cool quand on est capable de le faire sans s’inquiéter, mais pour l’instant - pour l’instant, ça peut parfaitement changer - je ne crois pas que ce soit possible pour toi).
Je crois aussi que j'aimerais garder de jolis souvenirs très doux, sans amertume de ce truc-là. J'ai toujours su ce qu'il (ne) cherchait (pas), et je me suis convaincue que ça pouvait être différent, ou que moi aussi. Mais j'avais surtout besoin de mon shot de tendresse, de mon shot de rêverie et de câlins, de me réveiller le matin avec lui et de faire durer le truc tout en sachant qu'il aurait fallu être claire dès le début. Je n'ai pas réussi à assumer parce que même là, même avec ce mec que je connaissais depuis 3 semaines, j'avais peur du rejet. Même si je pense sincèrement avoir voulu tenter le coup du truc léger. Mais chassez le naturel il revient au galop et en me mettant la pression j'ai dû aussi lui mettre la pression, je m'en rends compte maintenant. Et tu as raison, c'est une leçon. Ce n'est pas pour moi. Et tant pis. J'ai été moi, j'ai été ce que je suis aujourd'hui, et je ne peux pas m'en vouloir d'avoir fait comme j'ai pu avec ce que je pouvais. Mais je suis prévenue.
louise75 a écrit :Là il faut laisser passer la tristesse et la déception, c’est normal que ce soit difficile. Mais le meilleur t’attend!
Merci Louise. J'ai hyper mal mais ironiquement j'ai l'habitude, je sais que ça finit par passer même si j'ai encore des jours difficiles devant moi. Mais je me raccroche effectivement à l'espoir que le meilleur est encore à venir.
#1316646
Bonsoir Janysse,

Je n’ai pas grand-chose à ajouter (reproduction de certains schémas, etc.), je voulais juste te faire un petit câlin virtuel et te dire que tu as très bien fait à ce propos :

[« Il a dit encore qu'il ne voulait pas que ça s'arrête mais que ça l'embêterait que je revienne tous les weekends pour le voir. Qu'on pouvait rester en contact, se voir quand je remonterai à Paris, se voir quand même. J'ai dit non. J'ai dit que ce n'étais pas possible. Que je ne voulais pas me retrouver à l'attendre, à me demander s'il allait venir me voir ce weekend, à m'attacher pour qu'il me dise dans trois mois qu'il ne veut plus. »]

Je t’embrasse.
#1316647
Bonjour Janysse,

Je vais te donner mon avis sur ce que m'inspirent tes derniers posts et je' vais aller un peu à contre courant des autres intervenants . Ce ne sera qu'une piste de réflexion pour toi si tu le souhaites. ce n'est d'ailleurs qu'un avis, et je peux me tromper puisque je ne te connais pas.

Je quote ce passage :

"Je suis terrorisée à l'idée de ne jamais vivre de grande histoire d'amour."

Cela, déjà, m'interpelle. Tu ne parle pas de vivre une histoire d'amour, mais une grande histoire d'amour. Les mots choisis sont importants

" Alors quand je rencontre un garçon qui peut plus ou moins faire l'affaire - parce qu'en fait il me montre de l'intérêt - je croise les doigts pour que ce soit "le bon". Je suis assez consciente du fait que je suis pétrie de représentations qui me font du mal, et je bosse d'arrache-pieds pour comprendre. C'est complètement con mais j'ai l'impression de ne pas avoir la moyenne dans cette matière, pour filer la métaphore - qui n'en est hélas pas une."

Quand je lis cela, je ne vois pas, moi, une jeune femme victime d'un syndrome d'abandon (ou de rejet), et qui foire ses histoires à cause d'une dépendance affective-je reviendrais aprés sur le manque de confiance . Mais au contraire, il me semble voir une personne qui estime - probablement parce qu'on le lui a dit et répété et qui a fini par croire que ce serait cela sa réalité, - qu'elle ne doit recevoir que le meilleur : une grande histoire d'amour, une grande carrière, etc...

Il me semble -et encore une fois ce n'est qu'un avis et juste une piste de réflexion - que tes posts ici, ton discours, sont dirigés, probablement inconsciemment par toi, de manière à obtenir des autres cette réassurance que oui , tu vas avoir ce meilleur, ce must en fait, parceque ce que ce qu'il y en en -dessous de ce must, çà ce n'est pas pour Janysse.

C'est le fait de ne pas obtenir ce "must' qui entraine ton manque de confiance , et non pas ton manque de confiance qui entraine tes échecs.
En réalité, c'est l'échec qui fait vaciller tes certitudes. Tu me sembles incapable d'accepter l'échec, d'où cette pression que tu mets dans ce que tu fais, et cela témoigne pour moi, et je le dis avec précaution Janysse, d'un grand manque d'humilité, malgré tes écrits qui me semblent inconsciemment destinés à activer chez les autres cette re-confirmation que : oui, tu es brillante, oui, tu es super, oui tu fais bien etc ... (il y a pour moi une forme de manipulation ..).

Souvent, cela se voit chez des enfants qui ont été surprotégés par leurs parents/mère, mais je peux me tromper puisqu'encoe une fois je ne te connais pas.

IL me semble que tu devrais commencer à accepter l'idée même que l'échec peut t'arriver à toi comme il peut arriver à tout un chacun. Ce faisant, tu te remettras dans la place qui est la tienne : je ne suis ni meilleure ni pire que d'autres, et cela t'enlèvera une énorme pression interne, car tu n'essaieras plus, ainsi, de coller à une projection de la réalité qui a dû t'être inculquée j'imagine au fur et à mesure de tes réussites scolaires, ou que tu t'es peut-être inculquée toi-même.

Tu peux et tu dois exister aussi via tes échecs c'est celà, plus que tes réussites (je parle pour toi Janysse, car pour d'autres c'est bien entendu l'inverse) ), qui te fera grandir, et les accepter avec grâce et non en adoptant une posture de victime.
Courage
Elieza, Carrie007, Eva et 2 autres ont aimé ça
#1316650
Les propos de blur sont intéressants… Ils me rappellent d'ailleurs un peu la discussion que l’on avait eue à ce sujet :

« Je ne sais pas trop comment l’exprimer, mais […] ne te dis-tu pas que tu n’as (entre guillemets) que cela (ta réussite scolaire/professionnelle, ton « intellect », etc.) pour toi, et que si tu échouais en la matière, tu n’aurais décidément plus rien (de particulier) pour toi (ce qui est faux, bien entendu) ? « Si je ne suis pas la meilleure - une bonne note ne te suffit pas -, et ce, dans tous les domaines - tant qu’à faire […], je ne suis plus rien du tout, je ne me distingue plus, je ne suis plus ‘spéciale’ », en gros. C’est peut-être l’une des raisons pour lesquelles tu as si peur de l’échec… Parce que tu en fais une question d’ « identité », parce que tu te définis au gré de tes réussites, en quelque sorte. Parce que si tu ne te trouves peut-être pas extraordinaire, tu cherches peut-être à l’être aux yeux d’autrui. […] Je pense que tu aurais un peu moins peur de l’échec si tu ne te « réduisais » pas qu’à cela, en quelque sorte. (Tu t'épargnerais d'ailleurs un certain nombre de souffrances... Car il y a toujours plus doué, plus beau, etc., que soi...) »

Oui, tu es unique, comme tout un chacun ; mais non, tu n’es pas (il y a plein de personnes comme toi en prépas, dans les grandes écoles, etc., par exemple ; sans parler des gens brillants et pourtant en échec scolaire) et tu ne dois pas être la meilleure (partout).
#1316652
Je pense que tu devrais lire et relire et réfléchir, et digérer aussi, le message de blur car il/elle (désolée blur je ne sais pas si tu es un homme ou une femme) te donne des pistes très intéressantes.
#1316663
Fort intéressant en effet, ce message de Blur, y compris quand on partage un peu la même névrose que Janysse...

Je ne voudrais pas polluer ce post avec une discussion trop générale, et on verra bien ce que Janysse répondra, mais est-ce qu’il n’y a pas une différence quand même entre vouloir être la meilleure, croire que seul le meilleur nous est destiné (donc « une grande histoire d’amour », tout comme on peut/veut devenir un « grand nom » dans son domaine de recherche) et le fait de ne pas se contenter du médiocre? Je veux dire par là que vouloir une relation où l’autre ose nous prendre la main dans la rue, comme les ex de Janysse ne voulaient pas le faire :shock: :shock: , où il/elle nous câline au réveil et pense à nous écrire en fin de journée pour demander des nouvelles, cela ne me semble pas démesuré. On peut être un minimum exigeant sur la qualité de la relation, sans pour autant se prendre pour une princesse, non?

Bien sûr, il faut accepter qu’on peut connaître des échecs, quand on part avec ces attentes, et il faut les vivre sans tomber d’un extrême à l’autre et considérer qu’on est nulle parce que ça n’a pas marché... tout ne tient pas à soi. Cela m’avait été dit sur mon fil d’ailleurs, et à raison je crois: prendre l’échec d’une relation pour preuve de son propre manque de valeur révèle au fond un grand orgueil, le sentiment que nous sommes le/la seul(e) à faire fonctionner ou non la relation. J’espère que cela donnera à penser à Janysse!
#1316664
Bonjour
Effectivement c'est un sujet intéressant (un peu HS mais bon)
Je crois qu'à un moment donné il faut arriver à savoir (et ce n'est PAS facile) où mettre ses propres curseurs (sans tomber ni dans la "facilité" ni dans le nombrilisme).
Mais ce n'est que mon avis et je ne tiens pas à polluer le fil :)
#1316665
Bonjour tout le monde,

Je vous remercie pour tous ces échanges que je suis depuis hier, je ne réponds que maintenant car j'ai eu un peu de mal à digérer tout cela.

Quand je parle de "grande histoire d'amour" je pense à n'importe quoi qui durerait plus d'un an, qui impliquerait une vie commune et des vacances à deux. C'est atrocement cliché mais même une histoire de 3 ans je serais contente de l'avoir vécue.

Je ne comprends pas encore tout mais je sais que Blur tape juste, sinon je ne me sentirais pas aussi mal à l'aise. J'ai effectivement un besoin constant de validation, et j'ai appris je crois qu'en me diminuant en permanence, cela déclenchait en face cette validation. Et je continue. Je me compare sans cesse aux autres, j'essaie de me prouver que je suis meilleure qu'elleux, dans tel ou tel domaine. Je ressentais beaucoup de mépris (beaucoup moins maintenant) pour les autres. Je suis jalouse de tout et de tout le monde et ça me pourrit la vie. Et ça me fait hyper mal de lire que je manque d'humilité ou que je suis manipulatrice mais je dois admettre que c'est sans doute vrai.

Mais c'est très dur. Parce qu'être orgueilleuse et manipulatrice, se croire au-dessus des autres c'est "grave" comme défaut, ça n'est pas comme être gourmand ou impatient ou radin. C'est tout sauf aimable. Et si je peux aimer Janysse perdue et qui a tout le temps peur d'être abandonnée je ne sais pas si je peux aimer Janysse vaniteuse et manipulatrice. Je suis à deux doigts de me dégoûter.

Et si j'écris que je suis pas loin de me dégoûter, ça n'est pas uniquement pour qu'on me rassure. J'ai passé mon adolescence à dire à mes amies que j'étais nulle et que je voulais mourir, parce que oui j'avais besoin d'être rassurée mais aussi parce que je le ressentais sincèrement.

Je n'ai pas été surprotégée. J'ai grandi dans la peur et la violence (psychique, verbale, parfois physique). Je suis issue de l'immigration côté paternel, et j'ai été parfois humiliée par ma famille maternelle. Mon père est une personne agressive, violente, sur la défensive, quelqu'un de très orgueilleux, méprisant, humiliant, qui se croit au-dessus de tout le monde. Toute cette violence n'a d'égale que l'humiliation et la violence qu'il a subies en arrivant en France, moi je suis persuadée qu'il y a un petit trauma, mais du coup j'ai clairement pris de lui. J'ai peut-être été élevée par lui dans l'idée qu'il fallait que je prouve ma valeur aux autres, qu'une fille d'Arabe pouvait faire mieux que ces connards de petits bourgeois qui lui avaient craché dessus. Je n'avais pas droit à l'erreur, ni à l'échec. Une mauvaise note était impardonnable. Alors scolairement, je me suis interdit d'échouer. Et je n'ai jamais échoué. Je n'ai pas le droit. Et ça aussi ça me pourrit la vie, parce que j'en ai fait une question d'identité. Ado j'étais laide, mal fringuée car pas de sous, triste et apeurée, mais au moins j'étais bonne élève. Aujourd'hui j'ai une vie amoureuse ponctuée de choix inconsidérés qui me rendent tristes mais au moins je "réussis". Je repense souvent à cette discussion Kylian.

Ma petite soeur est pareille. Au-delà de notre relation catastrophique, elle est complètement folle elle aussi. Elle aussi s'arrache les cheveux, et réussit scolairement. Quand elle était ado, elle avait eu 14 de moyenne à la suite d'un conseil de classe quelconque. Mon père qui estimait que ce n'était pas assez l'avait descendue et elle en avait pleuré. Elle a été surprotégée par ma mère c'est certain en revanche, qui se justifie en disant qu'elle voulait contrebalancer la violence de mon père. Moi j'ai tout pris et je continue aujourd'hui. Mon père estime que je fais n'importe quoi dans ma vie professionnelle et ne se gêne pas pour me le signifier (je n'ai jamais voulu être médecin ou avocat, il ne me pardonne pas).

Je ne sais pas pour autant si je n'accepte que le meilleur dans une relation amoureuse. Pourquoi alors est-ce que je me suis contentée du strict minimum, et même bien en-dessous, pendant toutes ces années ?

Je réponds peut-être à côté mais je suis encore très confuse, et je pense que j'ai besoin de prendre du recul et qu'avec le temps j'y verrai un peu plus clair. Je sais que ma vie amoureuse désastreuse est le reflet de cette très grande violence que je me fais/ai subie. Je ne sais pas encore comment travailler dessus. Je clôture ma thérapie avec ma psy actuelle la semaine prochaine, mais je sais pas quoi commencer quand j'irai voir une nouvelle thérapeute.

Un grand merci pour ces échanges, Blur, Carrie, Louise, Kylian, pas toujours très agréables à lire mais qui ouvrent de nouvelles pistes c'est certain.

Je vous embrasse
#1316666
Bonjour Janysse,

Je lis ton sujet avec beaucoup d'intérêt depuis le début, et je sens qu'aujourd'hui tu passes à une phase encore plus "libératrice". Elle pique cette phase, mais tu es très très très lucide sur tout ce qui peut avoir contribué à cet état instable que tu décris.

Je souhaitais rebondir sur un important passage de ton dernier post, d'abord parce qu'il est probablement à l'origine de cette quête permanente que tu as de la validation, de ce besoin permanent que tu as de te montrer "bonne, douce, altruiste". Ce passage c'est quand tu parles de tes origines, de l'intégration.
Ce passage il me parle tout particulièrement car je suis moi aussi "issu de l'immigration", pas le même pays, pas la même culture, pas les mêmes dates probablement. Je n'ai pas subi de violences psy ou physiques dans mon enfance, mais par contre, je retrouve dans mon éducation, dans celle de mes parents aussi, ce besoin d'être parfait pour ne pas paraître différent, pour sortir du carcan de "parasite". Parce que mon nom est différent (ah punaise les surnoms à l'école.. macaroni... spaghetti, rital...tu vois le truc...), parce que mes parents étaient à l'époque considérés comme des parasites (et je pèse mes mots). Parce qu'ils vivaient dans des cabanes en planches avant de pouvoir construire leurs maisons... Il leur a donc fallu s'intégrer, à tout prix, changer les prénoms, parler français le plus parfaitement possible (interdiction de parler la langue d'origine à la maison), se protéger, avoir un métier etc...
Et une conséquence de tout ça, c'est l'oubli de soi, complet... Pas de sentiments, jamais, on ne pleure pas, on ne se plaint pas, on n'en a pas le droit. Et on tisse des carapaces... Et forcément, ça se transmet à la génération d'après... Une génération pour laquelle il est très difficile d'exprimer ses sentiments, de fixer ses limites... Une génération de "glaçons" émotionnels....
Cette piste, je pense que tu la connais bien et que tu l'explores à fond aussi, et la libération passe par le pardon. Le pardon à cette génération qui a fait du mieux qu'elle pouvait pour survivre, pour s'intégrer dans une culture, un pays différent. Le pardon à soi aussi, de leur en avoir voulu parfois.

Voilà, quelques mots pour te dire que je comprends ce volet de ta vie, et pour te soutenir aussi dans cette quête du pardon, qui n'est pas simple à donner, parce qu'il y a peut-être des choses aussi que l'on ne peut pas pardonner, et que l'on n'a pas à pardonner. Alors pardonnons ce que l'on peut pardonner.

Bon courage à toi :)
miu, Janysse ont aimé ça
#1316670
Janysse a écrit : 26 mai 2020, 11:16
Mais c'est très dur. Parce qu'être orgueilleuse et manipulatrice, se croire au-dessus des autres c'est "grave" comme défaut, ça n'est pas comme être gourmand ou impatient ou radin. C'est tout sauf aimable. Et si je peux aimer Janysse perdue et qui a tout le temps peur d'être abandonnée je ne sais pas si je peux aimer Janysse vaniteuse et manipulatrice. Je suis à deux doigts de me dégoûter.
Coucou ma jolie Janysse,

Je voudrais te dire de ne pas avoir peur de toi-même, et surtout d'avoir confiance en toi, en tes forces et en ce que tu voudrais devenir.

Ce que Blur suggère, ne t'accuse pas l'orgueil ni manipulation. C'est une piste à y songer sans se faire obsédé.

Quand j'étais plus jeune, j'ai subi, moi aussi, énormément de pression de mes parents sur les résultats scolaires et je ne peux que partager avec toi toutes les angoisses, les sacrifices que l'idée d'être la meilleure fait subir à ses adeptes.

J'espère que tu ne te puniras pas à l'idée que tu pourrais être quelqu'un de mauvais. J'ai longuement réfléchi sur la partie "obscure" de chaque personnalité lorsqu'un ami à mon ex m'a accusé méchante, hypocrite, contente de malheur des autres...Je pense que peut-être quelque part chez chacun de nous, il existe les parts qui ne sont pas très jolies, les traits du caractère de me***, mais Dieu le sait, oh on se combat pour devenir mieux, pour devenir aimable, pour pouvoir s'aimer soi-même.

L'idée de devenir meilleur, de vouloir être aimé est encourageant et motivant. J'espère que tu peux continuer à utiliser ta persévérance, ta force intérieure, ton courage pour devenir la meilleure version de toi-même. On ne peut qu'être orgueilleuse et manipulatrice lorsqu'on blesse quelqu'un ou attaque quelque chose. Prends confiance en ta personnalité et en l'image de la femme que tu voudrais devenir.

Je me rappelle cet ami à mon ex qui m'a des fois maudit qu'un jour mon ex me quitterait pour quelqu'un d'autre et que je souffrirais. Lui, qui m'a accusée méchante tandis que ses propos étaient vraiment blessants et odieux. Pourtant je n'ai pas de rancune envers cet ami, qui avait été un très très bon ami à moi aussi pendant une époque. J'ai regretté seulement de ne pas avoir comporté correctement et d'avoir engendré le malentendu.

Pardonner aux autres et pardonner à soi-même, c'est très important, je pense, pour ne pas tomber dans un gouffre de monstre.

J'ai confiance que tu auras suffisamment de recul pour ne pas garder en tête l'image d'une mauvaise femme que tu ne voudrais à aucun moment être.

Comme Kylian a dit, accepter son échec ne nous fait pas qqn de faible.

J'espère aussi que tu ne seras non plus hantée par l'image d'une Janysse perdue, effrayée d'être abandonnée. Le chemin que t'as parcouru et que tu parcours d'aujourd'hui te rend de plus en plus mature, grande, stable, sensible mais pas susceptible.

Courage Janysse.

Et tant que je suis encore sur Aix, t'es tj bienvenue dans mon appart ; ) C'est pas trop loin entre Montpellier à Aix hein ;) :)


Belle journée à toi, et bon déménagement. Le sud est super, je te jure, ça va te changer des idées avec le ciel bleu, la mer turquoise, les gens fêtards , le soleil et la joie de vivre :D C'est une expérience de vie.


Gros bisous fabuleux à toi :bisou:
#1316671
J’ajouterai à ce que dit Miu qu’on peut avoir des comportements manipulateurs sans être fondamentalement une manipulatrice... quand je dis à mon jeune fils que ça me ferait tellement plaisir qu’il me fasse mon café le dimanche matin, je le manipule un peu en jouant sur l’affect, mais ça ne fait pas de moi un être atrocement mauvais (enfin j’espère !). M’enfin, c’est mieux de savoir que c’est une manipulation pour se botter les fesses de temps en temps et sortir soi-même du lit pour le faire, ce fameux café. À toi de transposer à ton cas :grinning:
#1316676
Bonjour Janysse,

Une piste de réflexion donc, qui a peut être pu t'aider à te livrer et libérer encore davantage et de trouver d'autres pistes.

Néanmoins, je reviens sur certaines chose que tu as écrites :

"Mais c'est très dur. Parce qu'être orgueilleuse et manipulatrice, se croire au-dessus des autres c'est "grave" comme défaut, ça n'est pas comme être gourmand ou impatient ou radin. C'est tout sauf aimable. Et si je peux aimer Janysse perdue et qui a tout le temps peur d'être abandonnée je ne sais pas si je peux aimer Janysse vaniteuse et manipulatrice. Je suis à deux doigts de me dégoûter."

Vois- tu comment la Janysse adulte s'efface à nouveau et laisse la place à la Janysse enfant, comment on passe de la rationalité à l'affect ?

Je n'ai pas dit que tu étais orgueillleuse, manipulatrice, vaniteuse : c'est toi qui le perçois ainsi --) pourquoi as tu ainsi interprêté les choses ? c'est important que tu le comprennes .
Car tu te doutes bien qu'en interprêtant ainsi les choses, tu es revenue à ton " je suis nulle" et d'office à ta même position habituelle (tu es revenue à ta "zone de confort" habituelle si je puis dire, zone de confort qui n'est jamais confortable mais toujours rassurante). Si cela te parle, tu peux essayer de creuser un peu.

Non , je n'ai jamais pensé ni écris que tu étais orgeuilleuse, vaniteuse, manipulatrice --) c'est à dire narcissique. Cela n'a rien à voir :-)
#1316717
Bonjour,
etpourtant a écrit :Cette piste, je pense que tu la connais bien et que tu l'explores à fond aussi, et la libération passe par le pardon. Le pardon à cette génération qui a fait du mieux qu'elle pouvait pour survivre, pour s'intégrer dans une culture, un pays différent. Le pardon à soi aussi, de leur en avoir voulu parfois.

Voilà, quelques mots pour te dire que je comprends ce volet de ta vie, et pour te soutenir aussi dans cette quête du pardon, qui n'est pas simple à donner, parce qu'il y a peut-être des choses aussi que l'on ne peut pas pardonner, et que l'on n'a pas à pardonner. Alors pardonnons ce que l'on peut pardonner.
Merci beaucoup pour ton message etpourtant. Je pense qu'il y a une dimension sociologique forte dans ce que je vis et ressens (bon en même temps, si je ne le pensais pas je n'aurais plus qu'à changer de métier). Ce passage sur le pardon me marque beaucoup, j'ai énormément de mal à pardonner, je ne sais pas si j'ai déjà réussi à pardonner à quelqu'un. J'en veux pas mal à mes parents pour tout un tas de raisons : de ne pas m'avoir appris la langue de ma famille, d'avoir refusé de m'écouter quand j'ai manifesté un profond mal-être à l'adolescence, de ne pas m'avoir donné ma place d'aînée dans la fratrie, de m'avoir faite telle que je suis aussi mal dans ma vie. Mais tout le monde a des traumas d'enfant, et c'est peut-être puéril de s'accrocher encore à cette colère et cette rancune alors qu'ils ont peut-être juste fait comme ils ont pu avec ce qu'ils avaient. J'aime aussi l'idée qu'il y a des choses à ne pas pardonner pour autant. J'ai grandi dans la peur et l'angoisse de la punition, et ça ce n'est pas normal.

Je pense aussi que j'ai fait ma mission d'être la meilleure, dans un esprit plutôt revanchard, dans l'idée que je portais le destin de ma famille dans ce que je faisais. Pour ma mère qui était la deuxième d'une fratrie de 4, qui a grandi dans l'ombre d'une soeur aînée exécrable et humiliante (cette femme est toujours exécrable d'ailleurs) ; pour mon père pour les humiliations que vous savez. Mais c'est peut-être très arrogant de croire que moi toute seule je vais réparer ces torts-là, ce n'est peut-être d'ailleurs pas à moi de le faire, pas ma mission.

Pour la manipulation j'ai l'impression que c'est plus grave que le coup du café. Peut-être que je me trompe, mais je vois la manipulation comme quelque chose de très négatif, et en même temps je sais que j'essaie de manipuler les gens. Dernier exemple en date, M. Tendre ne m'avait jamais invitée chez lui (sonnette d'alarme vous avez dit ?) alors je lui ai acheté une plante, trop encombrante pour qu'on l'emmène en promenade avec nous, pour le forcer à me proposer de passer chez lui. Bien sûr il n'a pas été dupe, et moi je me sens très nulle d'avoir fait ça. Je n'aurais pas dû. Je lui ai sans doute mis la pression pendant des semaines et il a pris la fuite et il a eu raison.

C'est très dur de ne pas me dire que je suis passée à côté d'un type super. On s'entendait super bien, c'était simple et blablabla mais en fait on n'était pas d'accord sur l'essentiel, à savoir où aller. J'essaie de m'en souvenir. Je repense à nos quelques moments et je me dis qu'il m'a donné bien plus que mes ex en quelques semaines. Ma meilleure amie dit que les garçons comme ça ça court les rues. Je ne devrais pas mais j'espère avoir été pour lui un petit peu plus qu'un plan cul.
blur a écrit :Vois- tu comment la Janysse adulte s'efface à nouveau et laisse la place à la Janysse enfant, comment on passe de la rationalité à l'affect ?

Je n'ai pas dit que tu étais orgueillleuse, manipulatrice, vaniteuse : c'est toi qui le perçois ainsi --) pourquoi as tu ainsi interprêté les choses ? c'est important que tu le comprennes .
Car tu te doutes bien qu'en interprêtant ainsi les choses, tu es revenue à ton " je suis nulle" et d'office à ta même position habituelle (tu es revenue à ta "zone de confort" habituelle si je puis dire, zone de confort qui n'est jamais confortable mais toujours rassurante). Si cela te parle, tu peux essayer de creuser un peu.


Oui absolument, mais je ne comprends pas comment je fais ça. Pourquoi je ne peux pas rester l'adulte. Le je suis nulle de confort, j'approuve absolument, c'est tellement plus simple. Ma meilleure amie me dit d'arrêter de me complaire dans mon malheur. À chaque fois ça me fait super mal. J'ai l'impression d'être en faute, d'avoir fait quelque chose de mal, alors qu'à la base je cherchais juste un peu de réconfort, qu'on me rassure. Peut-être que c'est ça le fond du problème, toujours le même, à savoir que j'ai besoin d'être rassurée. Je ne sais pas honnêtement.

J'ajouterai juste qu'on (mes parents) m'a très souvent répété, dans mon enfance et mon adolescence que le monde ne tournait pas autour de moi, que c'était tout le temps "moi moi je je", "mon jouet", "mon truc", "mon machin à moi", que j'étais une gamine, que je devais apprendre à partager mes choses, et arrêter de tout ramener à moi. Mes ex m'ont déjà dit aussi d'arrêter de tout ramener à moi, que le monde ne tournait pas autour de moi. Je pense qu'il y a un gros souci là aussi. En fait je suis parfois convaincue d'être secrètement une mauvaise personne, égoïste, narcissique et agressive, et devoir le cacher à tout le monde pour être aimée.

Je prends un jour après l'autre, j'ai complètement arrêté de bosser (je suis littéralement payée à rien foutre par de l'argent public), je suis dans les affaires à régler avant le déménagement, je suis en quête de cartons, je les remplis, ce n'est jamais fini, je pense à tout ce qui m'attend, je prévois un weekend de fête chez une amie, je remplis le temps d'autres choses que les projections et les films que je m'étais faits avant.

Voilà, beaucoup de travail.

Douce miu, merci pour ton message, je passerai volontiers sur Aix que je ne connais pas, je serai alors tout près.

Bisous
#1316722
En fait je suis parfois convaincue d'être secrètement une mauvaise personne, égoïste, narcissique et agressive, et devoir le cacher à tout le monde pour être aimée.
Et paf ! Ça appuie là où ça fait bien mal.
Je me reconnais tellement dans cette phrase. J'ai même tellement retourné le problème que j'arrive plus à savoir si je suis qqn de bien qui se protège par de l'agressivité ou si je suis qqn d'horrible qui porte un masque et manipule.
On adore cette crise identitaire...même si j'ai ma petite idée sur la vérité.

Courage janysse :bisou:
#1316735
Merci Agathe pour ton message.

Je crois que j'ai trop retourné le problème et que je n'y vois plus du tout clair. J'ai besoin de prendre (beaucoup beaucoup) de recul sur cette histoire, me concentrer sur mon déménagement et mes amis, et on verra ensuite.

Je t'embrasse
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