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#1306767
Bonjour Janysse,

j'ai envie de répondre à ton post, et en même temps j'ai peur d'être maladroite ou dans l'injonction, ces fameuses injonctions à voir le verre à moitié plein, qui ne servent à rien quand on ne va pas bien.

Déjà, et sans vouloir "banaliser" ton ressenti, cette envie d'être aimé, ces peurs "sociales", je crois qu'on les ressent tous plus ou moins . Mais on les cache au plus grand nombre (au contraire même , on ne met en avant que nos réussites, et encore plus sur les réseaux sociaux).
Cette validation , cette appréciation, en tant qu’animaux sociaux, nous la recherchons évidement dans le regard d'autrui. Mais à mon sens ,la validation "sociale" se loge dans des centaines d'interactions, et pas uniquement dans le regard de THE amoureux (dont j'ai l'impression que tu supposes/attends qu'il soit inconditionnel, permanent , sans faille,complet, or ce n'est pas toujours le cas, c'est même rarement le cas en fait,passés quelques mois ). C'est l'addition de plusieurs centaines de contacts sans enjeu particulier, une conversation avec une amie, le plaisir d'un loisir partagé avec des quasi inconnus , une plaisanterie avec la boulangère, un échange avec des collègues etc...

Par ailleurs, je note quelques points dans ton récit ; et en particulier cette angoisse sur le futur
Janysse a écrit : 13 oct. 2019, 11:49 ....sinon je serai seule pour toujours.... J'ai l'impression que je ne vivrai jamais cette histoire d'amour....J'ai peur d'être malheureuse toute ma vie.
Je crois que tu te débats avec énormément d'injonctions, comme la bonne élève que tu es, et qu'il n'est pas possible de faire cohabiter et d'obéir à toutes ces injonctions .

T'est il possible de les circonscrire au temps présent ? t'obliger à regarder le présent , juste le présent ? te dire "ah ben oui , aujourd'hui ça ne va pas , pas du tout même, voilà, c'est comme ça ; oui je me sens quand même mal que cette histoire ait pris fin, c'est vexant et j'aimais bien sa compagnie" .

(Demain est un autre jour , comme le disait Scarlett devant Tara dévastée ;) )

Et sinon (là encore c'est une question de forme, mais la forme , bien souvent, entraine le fond : " Alors je me sens nulle de ne pas y arriver, de rester au lit. Je m'insulte. Je me fais du mal. Et je me sens coupable, j'ai honte" ) : te serait il possible de t'autoriser la médiocrité , la non productivité, l'inutilité ? Comme passer ton dimanche au lit à regarder des séries ?

Voilà, je n'ai pas la prétention de donner des recettes, et j'espère ne pas être maladroite.

Je t'embrasse jolie Janysse
miu ont aimé ça
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#1307979
Ma douce Selma,

Merci pour ton message, auquel je n'ai pas répondu sur le moment, j'en suis désolée. Tes mots sont délicats et font écho en moi. Ils rejoignent d'ailleurs les suggestions de ma psy - chez qui je finis toujours par m'effondrer à gros sanglots.

C'est exactement ça, la bonne élève que je suis, la petite fille parfaite qui veut tout bien réussir se retrouve complètement perdue et paniquée face à tout ça. Et ma vie est devenue une lutte permanente et quotidienne, je me bats continuellement contre moi-même, contre mes envies, contre mes peurs, contre ce que je suis en fait.

Ma psy me suggère, comme toi, d'accepter d'avoir peur, d'accepter d'avoir mal, d'accepter d'être traversée par cette violence émotionnelle que certains ne comprennent pas. D'accueillir ce qui se présente : la tristesse, la colère, mais aussi la joie, plutôt que de la balayer, de la mettre de côté comme si elle ne comptait pas vraiment, comme si de toute façon je ne la méritais pas. Je n'ai pas la moindre idée de comment faire. Je lui ai demandé, en pleurs "mais comment je fais ça ?". Sa proposition est de me le dire, à voix haute. "J'accepte que je ne me sens pas bien". "J'accepte que je me sens jalouse". "J'accepte que je me suis montrée hautaine à tel moment". C'est atrocement dur. J'ai l'impression d'être complètement dissociée. Mais quand j'y arrive, je m'apaise un petit peu.

Mes propos sont un peu biaisés et surtout noircis par la période hormonale dans laquelle je suis. Saviez-vous que le trouble dysphorique prémenstruel figurait dans le DSM-IV ?? Je ne vais pas me rajouter une pathologie, j'ai ce qu'il faut, mais je commence à mieux comprendre pourquoi je me sens aussi désespérée (idées noires et tout le bazar) une fois par mois.

J'écris les choses qui me chagrinent mais mon dieu, les joies que je traverse aussi ! Une invitation à une fête (moi qui suis persuadée de n'intéresser personne), une réunion lors de laquelle tout le monde se rallie à mes idées (moi qui me persuade que je ne suis pas légitime), des compliments sur mes travaux, un weekend de détente avec une amie, un bon film avec un bon repas, le plaisir de répondre à une demande d'aide d'un collègue plus âgé et plus compétent, la confiance que me fait mon directeur, le bonheur de présenter mes recherches avec assurance et plaisir, la joie de chanter de nouveau avec un collectif, un lever de soleil au bord de la mer... Un déménagement à l'autre bout du monde (Océanie) qui se profile...

J'ai l'impression d'être à la fois trop étroite à l'intérieur pour toutes ces choses qui se bousculent et qui bouillonnent, qui se heurtent à la violence et à la douleur, et immensément vaste. Entre l'angoisse, la peur, l'excitation, la joie, la tristesse, la colère, etc etc. Je ne sais même pas comment dire cet orage permanent. Une amie psy suggérait récemment qu'à l'école devraient être mis en place des ateliers pour apprendre à reconnaître et accepter ses émotions plutôt que de farcir les gamins du théorème de Pythagore (qui s'en sert quotidiennement sans rire ?), des équations ou d'apprentissage par coeur de leçons. Je crois bien qu'elle a raison.

Ma Selma, tu ne banalises pas du tout mon ressenti. J'ai au contraire besoin d'être rassurée sur le fait que je ne suis pas complètement dysfonctionnelle ou folle, que d'autres que moi se posent ces questions. Tu as raison, j'attends peut-être beaucoup trop du regard de mon amoureux. Peut-être parce que le manque d'expérience m'amène à fantasmer quelque chose que je ne connais pas, ou qu'au contraire les déceptions que j'ai connues m'ont poussée à être plus exigeante encore.

J'ai encore mille autres choses dans la tête, mais je vais m'arrêter là avec mon petit tourbillon.

J'ai lu Selma que ton histoire était terminée, je suis contente pour toi. Pas qu'elle se soit terminée, mais que tu l'aies vécue et que tu en aies tiré de si belles choses. Je ne conçois pas que tu ne fasses pas une belle rencontre d'ici peu, avec ta personnalité si pleine de chaleur et de joie !

Mille baisers
#1308018
Hello Janysse !

Tout d'abord merci pour le compliment, comme ceux de Miu, cela me touche beaucoup :-Lov :-Lov

Sinon la matheuse que je suis se doit de protester : bien sûr qu'on se sert du théorème de Pythagore tous les jours :lol: je plaisante, même si je pense que la rigueur que cela apprend est très structurante.
Pour autant, ce que tu écris me fait beaucoup réfléchir. Je crois que je n'ai réfléchi à tout ça, l'esprit, les émotions, que très récemment en fait , à la faveur de cette crise existentielle J'ai passé ma vingtaine et ma trentaine à accomplir, à avancer parfois à marche forcée, à chasser les interrogations métaphysiques au profit du pragmatisme .
Mon récent compagnon était très porté sur la méditation, ayant connu lui aussi bon nombre de crises, et j'ai beaucoup découvert à son contact.

Tu fais ce travail très totJanysse, et c'est sûrement très douloureux parfois, mais je doute pas que tu en tireras une grande force , celle de te connaitre .

Tu envisages un déménagement à l'autre bout du monde ?

:bisou:
#1308020
Coucou Selma

Je pense aussi que ce qu'on apprend à l'école est essentiel (pour rappel mon rêve c'est quand même de rester à l'école toute ma vie haha !), et j'en ai personnellement tiré un profit immense. Mais mon amie m'a fait réfléchir. Est-ce qu'un enfant ne serait pas plus heureux ou plus serein s'il savait accueillir ses émotions plutôt que maîtriser les formes canoniques ou connaître 20 figures de style par coeur ? Encore une fois, c'est quelqu'un qui adorait l'école qui dit ça... À choisir je crois que je préfèrerais quand même comprendre ce qui se passe dans ma tête plutôt que de passer mon adolescence à pleurer de solitude et de culpabilité.

Bon et puis il y a quand même aussi un sacré problème en France avec l'accès aux soins psychologiques, l'état de la médecine universitaire est déplorable (surtout à Paris). Mais c'est un autre combat ! (que j'entends faire mien un jour)
Selmasultane a écrit :Tu fais ce travail très totJanysse, et c'est sûrement très douloureux parfois, mais je doute pas que tu en tireras une grande force , celle de te connaitre .

Oui, c'est ce que me dit ma psy, et ce dont j'essaie de me souvenir les jours de crise. Ça fait mal, c'est dur et des fois j'ai envie de ne plus rien ressentir du tout, mais je sais que je construis pour l'avenir, pour toute ma vie (j'ai quand même hâte de ne plus avoir la vingtaine, c'est juste atroce).
Selmasultane a écrit :Tu envisages un déménagement à l'autre bout du monde ?
Oui... pour ma thèse. D'ici quelques mois déjà je dois quitter Paris pour une ville de province, et puis départ pour l'autre bout du monde pendant 6-7 mois. C'est très angoissant aussi, j'y vis depuis des années, j'y ai construit mes repères, mes ami.e.s, ma vie. C'est un départ qui est nécessaire et qui ne peut que me faire du bien, et puis c'est pour mieux revenir d'ici 2 ou 3 ans, mais bon dieu ce que ça me fait peur !

Surtout le déménagement :lol:
#1308028
Hello !

sans doute pourrait on mieux concilier la scolarité à la française (encore conçue de façon très encyclopédique) et la part dédiée à l'expression (et la connaissance) de la personnalité.

J'étais excellente élève moi aussi , tout en n'aimant pas l'école et sa mécanique grégaire.

Ce que tu me dis me rappelle ma mère qui au collège discutait avec un de ses collègues ( elle faisait partie de l'équipe enseignante de mon collège :mrgreen: )du fait que j’excellais sûrement autant en mathématiques, latin, allemand, parce que c'était une façon assez sûre de ne pas laisser de place à l'émotion ( ce fut d'ailleurs son seul trait d'intérêt pour la psychologie en général, et la mienne en particulier, de toute mon enfance :lol: )
Y réfléchir un peu plus tôt m'aurait sans doute permis de réfléchir à ce besoin de contrôle qui explique pas mal de choses dans ma vie, amoureuse ne particulier.
M'enfin, vieux motard que jamais.(mouarf)

Par ailleurs ce que tu dis de l'accès aux soins psy est vrai . Assez paradoxalement (ou pas) la France reste un des plus gros consommateurs d’anxiolytiques et l'engouement pour la méditation est vraiment fort. J'en parlais avec une amie, qui m'a transmis le message d'absence mail d’une collègue " absente pour cause de stage de méditation" , et elle me disait que sa fille en nième année de médecine spécialisation psy va enrichir son cursus sur ce thème.

Je comprends que ces perspectives de déménagement t’effraient -( j'ai déménagé en 2002-2003-2006-2012-2016-2017 et ça m'a épuisée :D ) ; mais cela va être de formidables (au sens propre) sources d’enrichissement aussi ;) quel pays ? (en mp si tu veux)
#1308069
Selmasultane a écrit :Ce que tu me dis me rappelle ma mère qui au collège discutait avec un de ses collègues ( elle faisait partie de l'équipe enseignante de mon collège )du fait que j’excellais sûrement autant en mathématiques, latin, allemand, parce que c'était une façon assez sûre de ne pas laisser de place à l'émotion ( ce fut d'ailleurs son seul trait d'intérêt pour la psychologie en général, et la mienne en particulier, de toute mon enfance )
Les maths, le latin et l'allemand souffrent d'une certaine image je pense.. J'éprouvais un profond désintérêt pour les maths et n'étais pas spécialement enthousiasmée par l'allemand (que j'adore maintenant, comme quoi) et j'étais déjà bien atteinte niveau contrôle de... absolument tout ce que je pouvais !

J'aurais vraiment aimé qu'on me dise, petite Janysse de 11 ans, qu'être triste ne veut pas dire qu'on est faible ou fragile, qu'éprouver de la colère ne fait pas de nous une mauvaise fille, une sale gosse ou quelqu'un de pas bien, que le plaisir fait partie de la vie, etc etc. J'aurais traversé bien des épreuves autrement.

Oui car la méditation est une technique de soi bien connue des sociétés d'Asie du Sud que les recherches en médecine occidentale valident tout juste aujourd'hui (et comme d'habitude, il faut que l'Occident valide ce qui vient d'ailleurs pour que ce soit reconnu, ahem). Elle encourage justement à accepter, accueillir ce qui se présente et à s'en distancier. Je suis persuadée que c'est une pratique d'utilité publique ! Le problème surtout ce sont les pratiques de prescription d'anxiolytiques qui ne sont pas accompagnées de thérapies adaptées... Surtout que ces médicaments ont un fort pouvoir d'accoutumance et des effets dépressifs. Ce qui me rend folle c'est le prix des consultations en psychologie en libéral et le fait que ça ne soit pas remboursé ! La santé mentale est un luxe en France j'ai l'impression...

Oui j'ai hâte d'avoir déménagé, de voir autre chose, de changer de perspective. Je sens que j'ai besoin d'une pause loin de Paris, ne serait-ce que pour échapper aux sollicitations de mon directeur de thèse qui veut toujours que j'en fasse plus...

Je te dis tout vite en mp :bisou:
Modifié en dernier par Janysse le 15 nov. 2019, 14:34, modifié 1 fois.
#1308224
Bonjour bonjour,

Quelques nouvelles pas top. Depuis 2-3 semaines mon moral n'était pas au beau fixe, j'étais épuisée tout le temps, et surtout terriblement anxieuse au point de ne pas être capable de me concentrer sur mes lectures ou mon écriture. Le verdict est tombé, il s'agit probablement d'un nouvel épisode dépressif avec aggravation de mon anxiété ! Je suis ravie. Je suis au fond de mon lit, je dois rendre un article dans quelques heures, je n'y arrive pas. Mon cerveau saute toutes les 15 minutes. Des choses simples me paraissent immensément compliquée. Si je pense trop, je panique et je pleure. Me savoir dans cet état me fait angoisser. J'angoisse d'angoisser.

Ma psychiatre a triplé ma dose de médicament. C'était soit ça, soit un nouvel antidépresseur, une nouvelle molécule avec son cortège d'effets secondaires, une nouvelle substance à supporter pour mon corps qui n'en peut déjà plus. Je ne peux pas me le permettre, j'ai des trucs à écrire, des cours à donner, une vie à mener ! Résultat je suis défoncée depuis trois jours. Dans une bulle. Je ne comprends pas ce qu'on me dit, je me perds dans mon quartier, je sursaute, je me sens agacée par tout et tout le monde ; agressée par tout et tout le monde. Je me dis mais c'est pas vrai, encore ? Encore dans cet état ? Mais c'est sans fin bon dieu, sans fin !

C'est comme ça, c'est le hasard, ça tombe sur moi. Ça pourrait être de l'asthme, ou une maladie auto-immune, une autre saleté chronique. Mon corps va bien, c'est la tête qui déconne. La dépression ça se soigne, dans deux tiers des cas. L'anxiété par contre, c'est à vie. Il paraît qu'on peut apprendre à vivre avec, par contre on ne peut pas vraiment vivre sans.

Un collègue m'a dit récemment que réussir sa thèse tient à plusieurs choses. L'une d'elles étant "la résistance à la dépression". J'ai rigolé. Je commence ma thèse j'en suis déjà à mon troisième épisode (diagnostiqué). C'est peut-être une force. Je sais à quoi ça ressemble, je sais ce que ça fait, je sais la reconnaître. Je me dis que d'autres pourront s'effondrer alors que moi je plie, je ploie comme le roseau depuis toutes ces années.

Bon, voilà. J'écris ici parce que je suis triste de devoir dire à mes amis, à mon entourage "je refais une dépression", ça m'inquiète. La première fois, il y a le soutien, la sollicitude, l'inquiétude de tout le monde. Mais la deuxième, la troisième ? J'ai peur d'être un boulet pour les gens. "Tiens Janysse nous fait encore une dépression - Bah comme d'habitude". Je me sens très seule. Je sais que je ne le suis pas forcément, mais c'est un sentiment trop vif. Ceci dit, je préfère ça plutôt que compter sur le soutien et l'amour d'un mec qui n'a pas une once d'empathie. Je passe en revue mentalement les gens que je connais : mes amis, mes parents, ma psy, mes collègues. Je n'ai pas l'impression que leur compagnie pourrait me consoler. La seule personne dont je voudrais un peu d'amour et de soutien et d'empathie, ben c'est moi en fait. C'est nouveau ça, de penser ça, de le ressentir, d'en prendre conscience. C'est peut-être bon signe, ou alors ça veut dire "isolement et repli sur soi". Sur l'échelle de Hamilton c'est un symptôme de la dépression.

Bon je m'arrête. Je retourne travailler.
#1308231
Ma chère Janysse,

L'hiver n'est pas une période prospère pour le côté mentale.

Je ne peux pas vraiment ressentir tout ce que tu traverses, mais je voudrais te dire que ça passera, comme autant des épreuves difficiles ont été vaincues par toi. T'es courageuse, intelligente, sensible, résistante.

J'ai une copine qui faisait 3 fois la dépression et elle a été hospitalisée 3 fois (1 mois par fois) dans l'hôpital psy durant sa thèse. Elle a été tellement intelligente et courageuse qu'elle a eu sa thèse en chimie malgré tout.

Elle est rentrée au Vietnam il y a 4 ans. Sa vie est bien entourée maintenant par les proches, les collègues et les voyages. Je send qu'elle est encore fragile mais ça passe tj pour de mieux.

Le froid d'hiver, le ciel gris et le besoin d'être conforté nous rendent tristes souvent.

Courage ma jolie, courage. Quand je suis bcp stressée, comme en ce moment, je me fais un bon thé avec du miel, puis je regarde un film ou une série, puis je dors. Un bon sommeil aide bcp.

Bon courage pour ton article et bon wk ma chère.

Je te fais de gros bisous fabuleux :bisou:
Janysse ont aimé ça
#1308369
Coucou Miu,

merci pour ton message et ta douceur <3

Ça commence à aller un tout petit peu mieux, j'ai avancé dans mon article, mon niveau d'anxiété a l'air de baisser un peu. Je suis même allée à une fête où je ne connaissais presque personne hier soir ! J'ai mis un pull un peu fou, tout le monde m'a complimentée dessus. Je me suis sentie super à l'aise, j'ai passé une bonne soirée (j'en suis presque surprise !).

Je n'ai toujours pas fini ce fichu article (que j'adore écrire en plus pourtant), mais demain il sera bouclé, je me le suis promis (et accessoirement c'est le dernier dernier délai !).

Il est vrai que l'hiver et le froid me minent le moral encore plus (en plus je crois que je retombe malade :? ). Mais je tiens mon cap, je me dis que je suis forte.

Je t'embrasse aussi fabuleusement ma chère Miu :bisou:
#1309056
Bonjour tout le monde,

J'ai envie d'écrire aujourd'hui, dimanche désoeuvré, grisaille hivernale, le cerveau embrumé d'avoir trop dormi, d'avoir aussi trop bu. Et puis, cela fait un an. Un an ! Un an qu'il a décrété la "pause", un an qu'il m'a dit qu'il ne me supportait plus, un an.

Je me demande où est passée la nostalgie. Je me souviens des jours anciens, et je me dis que c'était une autre vie, une autre moi. J'ai eu tellement mal ces dernières années, j'ai cru mourir cent fois, eu envie de mourir des dizaines d'autres, et pourtant je suis toujours là, et je me sens forte, et je me sens vivante. Je peux enfin m'avouer que pendant tout ce temps que nous étions ensemble, je ne me projetais pas. Que j'étais guidée par la menace d'une rupture, par l'angoisse permanente de faire durer mon couple, même si je savais qu'il ne me convenait pas.

La route est encore infinie mais j'avance, petit à petit. Je commence à comprendre, pas seulement intellectuellement, mais au fin fond de mes tripes, que ce n'est pas à mon amoureux de combler mon manque d'amour. Que j'ai manqué d'amour, que c'est à moi seule de réparer. Et alors, je me sens bien.

Aujourd'hui est un jour spécial, où les souvenirs remontent et où les fantômes dansent ; où j'ai tendance à penser à mes amies, toutes en couple aujourd'hui avec des mecs qui les emmènent en weekend, qui les emmènent en vacances, qui les couvrent d'attention, de bienveillance, de toutes ces choses qui m'ont atrocement manquées, qui me manquent toujours. Je suis triste de constater que je n'ai jamais vécu de relation amoureuse véritablement satisfaisante, que je me suis toujours censurée par peur de déplaire, de ne pas paraître aimable. Que j'ai toujours choisi les mauvais partenaires, qui n'ont pas supporté qui j'étais, qui me renvoyait à ce que je n'aimais pas chez moi : "tu es trop fragile" "tu es trop instable émotionnellement" "tu n'es pas assez légère" - au lieu de me dire "tu es drôle" "tu es brillante" "tu es courageuse" "tu es fiable et loyale". Appuyer où ça fait mal plutôt que de m'aider à m'aimer. Car cela fera toujours mal, je serai toujours anxieuse, instable, fragile, c'est ce que je suis. Et j'ose croire qu'il y aura des garçons, ou plutôt des hommes, pour aimer cette part de moi aussi.

Je me suis rendu compte récemment qu'ils me reprochaient tous mon manque de légèreté. Alors j'ai toujours pensé que je n'étais pas légère. Et puis ça a fait tilt, il y a deux, trois jours, lors d'une grande fête, très tard et avec beaucoup de monde, où j'ai ri, j'ai fait rire, où je me suis trouvé charmante, enjouée, et légère, légère, et ce n'était pas nouveau car j'ai toujours été comme ça. Je me suis alors rendu compte de l'hypocrisie, de l'arnaque suprême : des mecs fondamentalement dépressifs et mal dans leur vie qui exigent de moi d'être légère. Comme on le dit souvent ici, on ne donne dans une relation que ce que l'on a déjà. Je ne pouvais pas être légère avec ces garçons, car eux-mêmes ne l'étaient pas. Je sais que cela semble être d'une banalité affligeante, mais c'est une prise de conscience importante pour moi.

Je vais être honnête, ce n'est pas que d'un seul coup j'aie fait des progrès immenses, mais que mon traitement fait sacrément effet. La vie est exactement la même, mais j'ai l'impression d'être libérée de ce filtre noir qui obscurcissait tout, les bons comme les mauvais moments. J'entends les compliments et je les accepte. C'est complètement fou. Un collègue m'a dit "on sait qu'on peut compter sur toi", et j'ai entendu, exactement "on sait qu'on peut compter sur toi", et pas autre chose.

J'ai revu récemment et régulièrement les garçons de notre ancien groupe de musique, dont le fameux Albert dont j'ai fait une obsession amoureuse franchement absurde et ridicule. Je me dis que j'étais bien malheureuse et seule pour m'auto-piétiner ainsi dans une entreprise aussi folle et douloureuse. Mais depuis tout est différent. Je me souviens d'avoir passé tant de temps à leur courir après, à vouloir me faire aimer. Efforts que j'ai totalement cessé depuis plusieurs années. Et j'ai été presque ébahie de constater, simplement, sans fard et sans filtre, qu'ils m'aiment eux aussi, qu'ils m'aiment vraiment.

Je me sens forte, déterminée, et je me fais confiance pour faire les bons choix pour moi, comme j'ai toujours fait jusqu'ici. Sauf en matière d'hommes vous allez me dire. Oui c'est sûr, alors je reste célibataire, le chantier est trop immense pour m'encombrer de quelqu'un qui ne m'aimerait qu'à moitié, ou me dirait encore que je manque de légèreté. Je suis lasse de me voir reprocher ce que je suis profondément, lasse de me faire quitter. Alors, ça me convient. Je suis toujours terrifiée à l'idée de finir seule, de ne jamais connaître un vrai amour serein et durable avec quelqu'un qui sait m'aimer et que je saurai aimer. Mais j'y pense moins, alors ça va.

Voilà, je suis décousue, mes propos teintés de nostalgie ou de lenteur, mais je vais bien. Mon médicament me ralentit le matin, décoller est compliqué, mais je préfère ça à crever de désespoir, de tristesse, de solitude. Je ne sais pas combien de temps ça durera, mais je prends ce qu'il y a à prendre pour l'heure. Je serai de nouveau triste quand je serai de nouveau triste. Pour l'heure, tout va pour le mieux. Sans folie, sans passion, mais sans violence ni souffrance non plus.

Je suis ici depuis si longtemps ! Au moins huit ans... J'ai toujours trouvé un refuge sûr et bienveillant, jamais complaisant, dans ce forum. Je suis très contente de pouvoir vous écrire ces douces nouvelles. Les mots n'existent pas pour exprimer la mesure de ma gratitude. Sachez juste toutes et tous que je vais bien, que c'est grâce à un paquet de personnes ici, qui se reconnaîtront aisément.

À bientôt

Janysse
#1309077
Hello jolie Janysse,

je me rends compte que je n'avais pas répondu à ton passage de la mi novembre, pourtant je te lis toujours attentivement , et tes interventions me font toujours beaucoup réfléchir. (j'irai détailler un peu plus sur le post de Miu )

Le père de ma fille est entré dans un épisode dépressif assez fort (décidément la grisaille hivernale :( ) , c'est beaucoup de soucis...

Tes réflexions sont très intéressantes ; tu vois , non seulement je trouve que tu progresses , mais tu fais progresser tes lecteurs ;)

Ce que tu dis notamment sur tes compagnons successifs et leurs reproches sur ton manque de légèreté , alors qu'eux mêmes n'étaient pas forcément de joyeux drilles.
Attendre autant d'un partenaire, c'est lui donner vraiment trop de pouvoir sur soi même ( je ne sais pas si je suis claire, car je suis enrhumée - fuckin' grisaille hivernale bis ) .

Bizarrement (ou pas) depuis ma rupture de l'année dernière, j'ai l'impression de pouvoir donner entièrement libre cours à ma gaieté et à ma légèreté ( c'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai mis fin à ma relation de quelques mois cette année, je sentais qu'on revenait dans un mécanisme trop contraignant pour moi).C'est un sentiment extraordinaire de liberté, qui au fil des mois a presque entièrement pris le pas sur la blessure de la rupture, une éventuelle peur de la solitude, ou le besoin de faire l'objet d'une attention quotidienne et exclusive de l'être aimé.


prends soin de toi Janysse et à bientôt,

bisous fabuleux :bisou:
#1309745
Janysse !

Enfin! Je n'ose y croire!
Je reviens très vite et plus longuement mais je suis tellement heureuse pour toi.
J'ai l'impression que tu as enfin fait le bon pas en avant... à très vite!
Ça me fait très plaisir
#1310490
Albane06 a écrit : 14 déc. 2019, 16:34 Janysse !

Enfin! Je n'ose y croire!
Je reviens très vite et plus longuement mais je suis tellement heureuse pour toi.
J'ai l'impression que tu as enfin fait le bon pas en avant... à très vite!
Ça me fait très plaisir
Eh oui !! Je n'ose y croire moi-même non plus ! :lol:

Un rapide coucou pour vous souhaiter à toutes et tous une très belle année 2020. Sachez que je vais bien, que j'ai pris de vraies vacances, passé de très bons moments avec mes ami.e.s, et que si la nostalgie m'a souvent envahie pour mon ex pendant ces congés de fin d'année, j'ai appris à la gérer et la considérer comme normale, comme la trace douce amère des jolies choses que j'ai eu la chance de vivre - et ne signifiant en aucun cas qu'il n'y en aura pas d'autres.

Je suis encore fragile, branlante sur mes petites jambes, mais je commence à trouver que je suis une chouette personne, riche de nombreuses choses qui font que j'aime passer du temps avec moi, que je me souhaite le meilleur, et tant de beautés encore. Il y a toujours au loin cette peur d'être abandonnée, qui ressort parfois, qui fait partie de moi. Il y a aussi cette peur de finir seule, de ne jamais connaître un vrai amour tranquille, serein et plein, pas les passions désespérées et violentes que j'ai connues jusqu'ici. Elle sera peut-être aussi toujours là, je ne sais pas. Pour l'heure je crois que je me sens confiante, en moi-même, en l'avenir, je me sens incroyablement forte en fait. De m'être sortie de tout ce merdier, de continuer à briller quand même. D'affronter mes peurs ainsi, sans insouciance, avec un vrai courage.

Je sais que de belles choses arrivent. Elles sont déjà là. J'ai aussi l'espoir qu'un jour je rencontrerai un homme qui verra en moi ce que je suis, et pas ce qu'il a envie de voir. Qui verra la rigolote derrière la jolie fille, la maladresse derrière l'élégance, la fragilité derrière les réussites, les peurs derrière l'autorité, l'intransigeance derrière la générosité, les larmes derrière les rires, l'impatience derrière la détermination, la rancoeur et la colère sous l'art de la conversation. Et qui aimera tout ça quand même, comme j'apprends à l'aimer tout doucement.

Je vous envoie à toutes et tous toute la bienveillance dont je suis capable (la jauge monte aussi par là), et beaucoup beaucoup d'amour, puisse cette nouvelle année être une année de joie, de rencontres, d'expériences enrichissantes, puissiez vous tirer de toutes les douleurs qui nous amènent ici les un.e.s et les autres, de très très belles choses. :bisou:
Allys, Elieza, miu ont aimé ça
#1312562
Coucou tout le monde !

Je viens donner quelques nouvelles ! Le début d'année, le premier mois de janvier, a été très compliqué. J'ai été dans l'incertitude pendant des semaines quant à mon déménagement à l'autre bout du monde (partira ? partira pas ?), et en fonction des infos des uns et des autres, d'un jour à l'autre je partais ou je restais. À vivre des sauts comme ça d'adrénaline, de stress, j'ai complètement vrillé, je suis devenue à moitié folle.

Je me sentais forte, d'une énergie débordante, déterminée et engagée. Je me suis beaucoup mobilisée dans les mouvements sociaux, en plus de mes engagements à côté et de mon travail de thèse très prenant. J'ai été surproductive, hyperactive, je me suis sentie absolument invincible, hypersociale, au point de sortir souvent, de parler à beaucoup de gens, de lancer des regards de braise à beaucoup (trop) de garçons. J'ai fini par comprendre que je faisais une petite hypomanie, et j'ai terminé le mois complètement épuisée. Je ne dormais plus, j'étais nerveuse et tendue tout le temps, excitée et hyper anxieuse, le moindre bruit dans mon immeuble me rendait dingue, j'ai entamé une croisade contre des voisins hyper bruyants que j'allais voir jusqu'à 2 ou 3 fois par semaine pour qu'ils la bouclent, j'ai passé des nuits d'angoisse à me demander s'ils allaient finir par se taire, si j'allais pouvoir dormir (c'était horrible). Donc j'ai décidé de me calmer, de dire non à certains projets qui me tentaient, de me désengager de certaines luttes, de me ménager. La redescente a été épuisante, j'étais tout le temps fatiguée, mais pas d'effondrement de l'humeur. Et maintenant je vais vraiment bien, c'est fou.

Et c'est tellement bien. Il y a des jours de nostalgie, des jours où je me sens sensible, où j'ai envie de pleurer, des jours où je pleure, d'autres où je me traîne, et il y en a où le soleil brille fort, où la vie brille fort, et tout est beau et dense, et puis enfin, des jours ni brillants ni sombres, juste remplis de travail, de sourires pour mes camarades de bibli, de cafés et de déjeuners avec des personnes que j'aime, ou que j'apprends à connaître, et c'est juste bien. Mon traitement fait sacrément effet, il n'y a pas à dire. J'ai appris à me calmer aussi, les cachets ne font pas tout.

Je ne pars donc pas à l'autre bout du monde, pour plein de raisons, et ça me soulage. Financièrement, logistiquement, c'est bien plus simple, c'est bien comme ça. Pour autant je quitte bien Paris dans quelques semaines, pour le travail. Changement de vie en perspective. Je donne mon préavis sous peu, je pense qu'à ce moment-là ça va percuter, je vais prendre en pleine face que je quitte mon cocon, ma ville, et cette vie de jeune adulte que je me suis construite dans les larmes, les rires, l'épuisement, cette vie qui a été dure mais tellement belle, essentielle, si riche, et qui l'est encore. Je quitte Paris pour le soleil, le Sud, les cigales, la mer, la chaleur, les soirées chaudes et la peau moite, tout ce qui me fait vibrer en été. Je quitte Paris pour un long été. Mais la vie n'est pas finie, et je reverrai Paris.

Et puis, parce que je me sens bien, j'ai voulu être volage, rencontrer des garçons, avoir un amant, comme cet été, mais sur place et qui me plairait mieux. Le soir du nouvel an, mes meilleurs amis m'ont inscrite sur tinder. Beaucoup de garçons qui ne me plaisaient pas, du genre "beaux" mais atrocement lisses, et puis j'ai fini par liker un, puis deux, puis un troisième, quelques uns au final. J'ai bu un verre avec l'un d'eux, j'ai su tout de suite qu'on ne se reverrait pas. Et puis là récemment, j'ai bu un autre verre avec un autre qui m'a plu. On s'est revu. Au bar, puis chez moi. Il m'écrit des messages pour savoir si je suis bien rentrée, si j'ai passé une bonne journée. Il me plaît beaucoup plus que prévu, c'est une surprise. On s'est encore revu, et je lui ai annoncé que je quittais Paris, je préférais être une personne décente et correcte, être honnête et lui dire d'emblée. Je lui ai dit aussi qu'il me plaisait beaucoup.

Et depuis je pense à lui. Beaucoup. Et ce n'était pas prévu. Il est doux, attentionné, il fait la cuisine, il gagne son propre argent, il est posé, calme, réfléchi, bavard comme moi, le côté surexcité en moins. Il paie au bar quand c'est son tour. Il se lave les mains dès qu'il arrive chez moi. On se lassera peut-être d'ici 10 ou 15 jours alors je profite comme il m'a dit "profitons-en tant que ça dure" et je suis d'accord. Et j'ai très envie de le revoir. Son regard, ses taches de rousseur, son sourire, sa voix grave, son corps, son odeur - qui plane encore dans mes draps.

J'essaie de ne pas paniquer - je change de vie dans 6 semaines. J'essaie de ne pas paniquer. J'essaie de m'autoriser à être charmée, à aimer ça, à vivre ça. De me dire que moi aussi j'ai le droit d'en profiter. Et qui vivra verra.

Je vous embrasse :bisou:
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par miu
#1312621
Janysse a écrit : 21 févr. 2020, 18:49
Et depuis je pense à lui. Beaucoup. Et ce n'était pas prévu. Il est doux, attentionné, il fait la cuisine, il gagne son propre argent, il est posé, calme, réfléchi, bavard comme moi, le côté surexcité en moins. Il paie au bar quand c'est son tour. Il se lave les mains dès qu'il arrive chez moi. On se lassera peut-être d'ici 10 ou 15 jours alors je profite comme il m'a dit "profitons-en tant que ça dure" et je suis d'accord. Et j'ai très envie de le revoir. Son regard, ses taches de rousseur, son sourire, sa voix grave, son corps, son odeur - qui plane encore dans mes draps.

J'essaie de ne pas paniquer - je change de vie dans 6 semaines. J'essaie de ne pas paniquer. J'essaie de m'autoriser à être charmée, à aimer ça, à vivre ça. De me dire que moi aussi j'ai le droit d'en profiter. Et qui vivra verra.

Je vous embrasse :bisou:
Salut ma chère jolie Janysse,

J'ai lu tes nouvelles depuis quelques jours, et jusque là j'ai du temps pour te répondre.

Tout d'abord je suis bien contente pour toi, bcp de bonnes belles choses pour l'emménagement et la vie sentimentale. Je te comprends tout à fait ta période où t'es hyperactive et t'as l'énergie pour tout faire, et puis après cette dépense d'énergie, c'est pouffff, ça tombe par terre :P Car moi aussi, j'ai eu des périodes comme ça, quand j'étais plus jeune, et même maintenant ça m'arrive des fois. Je pense que cela arrive, comme t'as évoqué une fois, au taux hormones durant le cycle mensuel chez les filles. Je suis très sensible lors de ces jours chaque mois aussi, entre l'euphorie et l'angoisse 8-)

Concernant ta relation naissante avec le jeune homme, c'est chouette. Mais je te conseille quand même d'être prudente pour ne pas t'attacher trop vite à lui. T'es une fille sensible et tu veux vivre des choses, surtout ta vie sentimentale entièrement. C'est très beau et touchant, mais tant que t'es encore fragile, cela est dangereux.

Et l'expression "Profitons - en tant que ça dure" me parait un peu pressé et instable. J'espère pas que vous vous profitez tant que ça dure, car je peux imaginer en cas de fin, ça pourrait te laisser un grand dégât. Mais j'espère plutôt que vous vous rythmez et que vous vous faites du bien l'un à l'autre tant que l'envie vous le dit et pour que ça dure.

T'as tout à fait raison de te laisser charmée, aimée, de la façon bénéfique à toi.

Prends soin de toi. Gros bisous fabuleux ma jolie :bisou: :bisou: :bisou:
#1313093
Coucou Miu !

Merci pour ton message :)

Cette période d'hyperactivité n'était pas très agréable, j'avais surtout l'impression que la machine s'emballait sans pouvoir rien contrôler, et la seule façon de ne pas paniquer c'était d'en faire encore plus sans réfléchir. J'ai vécu ces moment dans l'angoisse, je sais maintenant qu'il faut que je fasse attention de ce côté là aussi, il n'y a visiblement pas que la dépression qui me pend au nez !

Merci pour ta prévenance pour ce qui est de ce nouveau garçon, mais je ne pense pas que sa proposition d'en profiter "tant que ça dure" soit dans le sens où tu la comprends, pressée ou instable. J'y vois au contraire l'idée de se faire du bien l'un à l'autre comme tu l'écris juste après, sans s'emballer, tranquillement, sans pression, sans obligation de se (re)voir. Il est venu chez moi hier soir, cela faisait 10 jours qu'on ne s'était pas vu et c'est ok. "Pour que ça dure", ça n'est pas à l'ordre du jour. Je ne cherche même pas forcément ça. Je ne cherche rien en fait, si ce n'est de la tendresse de temps en temps, de passer de bons moments - et c'est le cas, pourquoi chercher plus loin ? Ça durera le temps que ça durera :)

Je t'embrasse bien fort Miu <3
miu ont aimé ça
#1313941
Cher.e.s toustes,

Wow. Par où commencer ?

Je suis confinée. Nous sommes très nombreuses et nombreux dans ce cas. Ç'a commencé par des restrictions, de plus en plus strictes, le confinement général devenait inévitable. Mais j'aimerais aussi parler de ce qui s'est passé avant.

Avec mon amant, nous avons continué à nous voir. Une fois nous sommes allés au restaurant. Il a payé, et il est rentré chez lui. C'est la première fois qu'un garçon m'invite comme ça au restaurant, sans attendre du sexe en retour, sans grande occasion particulière, juste pour me faire plaisir. Il y a eu un moment terrible où mon humeur a plongé avec mon cycle hormonal, où mon directeur m'a traitée comme une gamine, infantilisant paternaliste, au point que je pleurais silencieusement à l'autre bout du fil. Le lendemain, un autre homme, le père d'une élève à qui je donne des cours le weekend, m'a traitée de façon similaire, en me disant à demi-mots que je faisais mal mon travail, et qu'il allait m'expliquer comment faire. J'ai pleuré sur le quai du métro, dans le métro. Entre temps il y a eu des manifestations auxquelles j'ai pris part, c'était beau mais épuisant. J'ai revu mon amant, il est resté dormir, resté pour le petit déjeuner, nous sommes restés dans les bras l'un de l'autre pendant deux heures. Puis il est parti, je lui ai écrit que j'avais déjà envie de le revoir, il m'a répondu qu'il me remerciait pour l'accueil - et c'est tout.

Mon moral déjà en berne a encore plus sombré. J'ai attaqué la semaine épuisée et triste, sans nouvelles de lui. Je me suis détestée de me laisser abattre pour un garçon, qui n'est qu'un plan cul, de me laisser pleurer pour un pauvre message. La pression au boulot s'est intensifiée, et j'ai senti que je lâchais prise. Mais je suis accro au travail, alors j'ai continué. Avec l'aide de ma psy et d'une amie, j'ai fini par réussir à demander une pause à mon directeur (j'en étais arrivée à rêver de lui, parler de lui tout le temps, angoisser, etc.) qui me l'a accordée. Mon amie m'a aussi fait envoyer un message à mon amant, un message cash qui lui dit que je quitte Paris dans trois semaines, que j'aime passer du temps avec lui, alors que dirait-il de passer plus de temps ensemble sans prise de tête ? (Cette dernière partie est... pas tout à fait vraie).

Réponse immédiate : oui bien sûr, avec plaisir, je me souviens que tu n'es pas allée au cinéma depuis longtemps, alors faisons ciné-resto-nuit ensemble ? Et mon coeur s'est envolé. Puis les cinémas et les restaurants ont fermé, alors nous avons simplement passé la soirée ensemble chez moi, nous avons cuisiné, rigolé sur les programmes des candidats dans notre arrondissement, sans se lâcher, beaucoup fait l'amour, des câlins, des baisers, des regards tendres. Je lui ai dit que je voulais en savoir plus sur lui, connaître son chez lui, il a dit ok. J'ai senti qu'il se détendait, qu'il s'ouvrait un peu. Il n'a pas peur de la tendresse, pas peur du contact physique, pas peur de dire ce qu'il pense. Je suis mordue ça y est. Je ne veux pas ne plus le voir parce que je déménage. C'était la dernière fois qu'on s'est vu.

Lundi tout s'est accéléré. Mon déménagement a été annulé. Je suis retournée faire des courses en vue de la quarantaine que je pensais passer chez moi, seule, à Paris, dans l'idée que lui habite tout près, à 20min à pieds, qu'on pourrait peut-être essayer de filouter malgré le confinement. Je crois que cette perspective était la seule chose qui me retenait de fuir. Il y aura peut-être moyen de s'arranger a-t-il dit, alors que si tu étais partie dans le Sud, on ne pourrait pas, restons positifs. Maintenant je sais que ça l'emmerde que je déménage.

J'ai un peu travaillé. Une amie m'a appelée, et m'a dit "Janysse, je te connais, tu ne peux pas rester seule". J'ai paniqué. J'ai appelé ma meilleure amie pour lui demander si je pouvais passer la quarantaine avec elle, mais son colocataire a refusé. J'ai paniqué de plus belle. J'ai perdu la tête. C'était en fin d'après-midi. J'ai compris que je ne pouvais pas rester seule. J'ai appelé ma mère, qui m'a dit de rentrer. Là, j'ai passé 2h à trouver un moyen de rentrer. J'ai demandé à Monsieur Tendre (appelons le ainsi, "mon amant" ne convient pas, il n'est pas à moi) s'il voulait qu'on se voit ce soir-là avant que je ne m'en aille, lui aussi envisageait de partir. Il n'a pas voulu, il était stressé, il attendait les annonces du président. Ça m'a paru raisonnable. Après les annonces mon billet a été annulé, mon train supprimé. J'ai encore plus paniqué et passé ma soirée au téléphone avec ma famille, en larmes, à actualiser le site de la SNCF, et j'ai fini par trouver un billet pour le lendemain 9h, jusqu'à une grande ville à 100km de chez moi, où ma famille viendrait me chercher en voiture.

Le bus était vide, le métro aussi, la gare était pleine, le train aussi. Dans la voiture, on m'a fait porter un masque. Nous avons croisé les premiers barrages de police peu après 12h. Et je suis arrivée chez mes parents. J'ai passé la journée à écrire à mes ami.e.s et à M. Tendre, qui m'a envoyé des memes, des photos, des vidéos drôles. Le soir, j'étais couchée à 21h.

Aujourd'hui, je me suis levée tôt, j'ai médité, j'ai petit-déjeuné, j'ai voulu commencer à instaurer une nouvelle routine de travail. Et puis j'ai lu des échanges par Whatsapp avec des ami.e.s. Ma meilleure amie est dépitée parce que son copain qui habite dans un pays frontalier ne pourra pas la rejoindre, qu'ils vont passer la quarantaine séparés, pendant des semaines. J'ai dit que je compatissais, que moi aussi je balisais de pas revoir M. Tendre pendant des semaines, qu'il fallait se souvenir que c'était le cas pour tout le monde. Mais on s'est mal compris. Elle a répondu que non, il y a des couples réunis qui n'ont pas à affronter 1 voire 2 mois de séparation. J'ai précisé que je voulais dire que tout le monde allait souffrir de la situation. Elle a redit que non justement, par exemple une autre amie, elle, avait hâte parce qu'elle allait être confinée avec son copain alors qu'ils sont d'habitude à (longue) distance, que certains étaient avec leurs proches, etc., que tout le monde n'allait pas souffrir pareil. Qu'elle voulait juste un peu d'empathie. Cette empathie qu'elle m'a refusée quand je l'ai appelée en larmes pour la supplier de m'accueillir chez elle. J'ai répondu que j'étais désolée etc., je ne veux pas m'engueuler avec mon amie maintenant....

Une crise de larmes m'a secouée, je n'ai pas pu travailler, j'écris ici depuis une heure. Je suis effondrée. J'ai réussi à rentrer chez ma maman, je ne serai pas seule pendant cette période, mais je suis dévastée par l'angoisse et la peur. Mon père est une personne à risque, or deux personnes dans son foyer côtoient du public chaque jour. J'ai peur. Je pense à Monsieur Tendre et je crève de savoir que je ne reverrai pas avant des semaines. Alors que nous ne sommes pas un couple, que va-t-il advenir de nous ? Est-ce que je vais lui manquer ? Est-ce qu'on va réussir à garder un lien par messagerie, alors qu'on ne se connaît pas tant que ça ? Est-ce que mon amie va me pardonner d'avoir manqué d'empathie ? Est-ce que je vais pardonner à mon amie d'avoir manqué d'empathie ? J'ai l'impression que dans ce marasme ma peur de l'abandon revient au galop, les mauvaises pensées aussi, je me sens nulle d'avoir réagi comme ça alors même que c'est normal, que tout le monde a peur, que tout le monde a mal. Et je sais bien que cela pourrait être pire, je pourrais être seule coincée dans mon tout petit appartement parisien, ou moi-même malade, ou comme Miu, expulsée du pays dès lors que la vie reprendra son cours normal (mais reprendra-t-elle vraiment son cours normal après ?). Et tout ce à quoi je peux penser c'est, "et si j'étais restée, est-ce qu'on aurait pu se voir ?".

Je suis désolée pour ce texte interminable. J'avais un besoin féroce d'écrire tout ça, de mettre des mots, de dire ce qui nous arrive. De dire aussi malgré la peine et la peur, la joie que j'ai d'avoir rencontré Monsieur Tendre, de pouvoir penser à son corps, son odeur, ses beaux yeux bleus, la douceur de ses regards et la tendresse de ses gestes, des choses si jolies comme ce moment où il m'a dit "tu me plais aussi".

Je vous embrasse très fort, et vous envoie tout mon courage et mon amour, à vous qui êtes confiné.e.s chez vous, peut-être seul.e, peut-être le coeur brisé. Je pense à vous toustes, et j'écris aussi pour vous.

À très vite :bisou:
#1313963
Bonjour Janysse.

Je me permets de rebondir brièvement sur la réaction de ton "amie" qui personnellement me fait "bondir". Pardon de te livrer mon sentiment de manière aussi directe, mais ton "amie" est une grosse gamine. Au fond, je pense qu'elle a d'avantage exprimé sa colère de la situation qu'une opposition à ton endroit, mais tout de même. Elle n'a pas à s'en prendre à qui que ce soit pour passer sa frustration. Et puis, objectivement, la situation est-elle si catastrophique que cela, bien que je conçois que certains puissent l'accueillir de manière passablement inconfortable ?

Janysse, je crois que tu as une vie intérieure suffisamment riche pour faire face à ce confinement imposé. Tu as les outils pour y répondre, j'en suis absolument certaine depuis le temps que je te lis. Envoie promener cette peur de l'abandon, car tu n'es pas seule, ce n'est "qu'une peur", une foutue construction de ton esprit. Tu es forte, tu peux le surmonter actuellement. Du reste, tes réflexions actuelles m'amènent à me demander si cette peur si profondément ancrée en toi, ne te conduirait pas à t'entourer de personnes qui ne te sont pas bénéfiques, voire qui entretiennent ton malaise, et à accepter des choses moyennement acceptables. Je suis à peu près sûre que tu as déjà exploré cette possibilite. Je ne veux pas remettre en cause tes choix, mais sur ce bref récit, en tous les cas, ton "amie" m'a parue être une de ces personnes.

Courage Janysse. Rappelle-toi que tu es forte.
#1314708
Bonjour Patachou,

Merci beaucoup pour ta réponse. Je suis désolée de revenir vers toi aussi tard, mais j'ai pensé tous les jours à ton message. Il m'a questionnée, dérangée, alors j'ai su que tu avais tapé juste.

Je n'ai pas pu m'empêcher de me sentir nulle quand elle m'a écrit ce message aussi sec, mais tu fais bien de me rappeler que je n'ai pas à me sentir nulle parce qu'une personne se comporte elle de façon nulle avec moi.

Depuis je l'ai eu une fois au téléphone, pendant une heure, c'était chouette et simple. Et puis la semaine d'après, son copain a finalement réussi à la rejoindre de l'étranger (comme quoi c'est vraiment à géométrie variable cette histoire de confinement) en mentant à la douane. Depuis, quasi pas de nouvelles. Je n'en ai pas cherché non plus. J'ai eu ce réflexe un peu immature de me dire que c'était dégueulasse, qu'elle allait pouvoir être avec son copain alors que moi je me demandais tous les jours ce qu'il se passerait quand je reverrais M. Tendre. On devait s'appeler à un moment avec une autre amie, la fameuse confinée avec son copain étranger. Je n'avais pas très envie, et puis personne n'a relancé, moi non plus. Je n'avais pas envie de me retrouver avec les deux frétillantes de joie avec leurs mecs.

Elle devait m'appeler ce soir, et puis elle me dit qu'on décale à demain car elle doit appeler cette autre amie qui avait décalé la veille à aujourd'hui. Ça me vexe, je ne sais même pas pourquoi. Depuis une semaine ça ne va pas trop, et même si comme tu le disais Patachou j'ai effectivement trouvé les ressources en moi pour faire face au confinement, cette semaine j'ai un peu craqué. Je suis un peu à fleur de peau. Je ne sais pas si j'ai envie de lui parler. En fait, je réalise que je vis ma relation avec elle parfois dans l'insécurité, dans le sens où je la considère comme ma meilleure amie, mais je ne crois pas que ce soit réciproque. Elle parle de cette autre amie comme de sa meilleure amie. C'est peut-être tout à fait puéril et immature de chercher à avoir "une meilleure amie" comme lorsqu'on a 12 ans. Cela fait longtemps que je n'ai pas été la meilleure amie de quelqu'un. Je crois que j'ai juste terriblement besoin de sécurité et de stabilité affective et que je me comporte comme en couple, que je ne choisis pas les personnes qui vont me procurer ce sentiment. En regardant dans le passé mes relations amicales, j'ai beaucoup été amie avec des filles qui m'ont laissé tomber à des moments où j'avais besoin d'elles. Une qui décide de partir en vacances avec une autre, parce que ça coûte moins cher et que la Corse c'est mieux que l'Angleterre. La même qui m'explique qu'elle n'a pas assez de tickets de métro pour venir dans mon arrondissement alors qu'elle est de passage à Paris avec son copain, et que je viens de me faire larguer.

Et puis surtout mon amie dont je parle au début, je ne lui pardonne pas le nouvel an 2018 qu'elle a passé avec son copain, chez mon ex et sa bande de potes, avec cette autre amie, pendant que je souhaitais mourir tous les jours. Elle avait ses raisons, et je pense que de son point de vue tout va bien car lorsqu'elle m'a demandé si j'avais un problème avec ça j'ai répondu que non, je comprenais. Alors que je ne comprends toujours pas comment on peut laisser son amie suicidaire fraîchement larguée passer le nouvel an seule et aller pendant ce temps faire la fête chez l'ex de cette amie. Je n'aurais jamais fait ça. Je me suis promis que je ne serai jamais cette personne.

Mais je ne peux pas perdre mon amie. Je ne peux pas me retrouver seule comme ça. Je sais que la peur de l'abandon n'est qu'une peur mais elle continue de dicter un certain nombre de mes choix.

Je vais m'arrêter là parce que je pleure déjà, le confinement met mes nerfs à rude épreuve et je me sens un peu seule, même si ma maman est là et s'occupe de moi. Je ne veux pas me laisser aller à des pensées négatives, je sais que c'est l'anxiété qui parle. Mais je garde en tête tes mots Patachou. Ça me fait mal au c** de l'admettre mais tu as probablement raison.

Aussi, je suis forte. Je suis une des personnes les plus fortes que je connaisse, merci de me le rappeler.

Mille baisers
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