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Une histoire d’amour où personne n’est le méchant, mais où quelqu’un finit quand même détruit.


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Bonjour à tous. J'ai écrit ce texte, à la manière d'une fanfiction, pour essayer de mettre des mots sur une relation complexe entre dépendance affective et non-dits. J'espère qu'il pourra résonner chez certains d'entre vous et je serais très intéressé par vos retours.

C'est un one shot court d'un boys love entre Ryosuke Amatsuki et Tsudayama Ren. Observons l'impact de celle-ci chez Amatsuki à travers une narration psychologiquement neutre et tentons de tirer une leçon de ce comportement a priori si commun et pourtant si néfaste, la dépendance affective, cela face à un partenaire qui ne communique pas et qui cherche à faire plaisir aux autres quitte à mentir.

___

Le printemps sentait le béton chaud et les décisions regrettables. 

 

Ryosuke Amatsuki le savait depuis qu'il avait croisé le regard de Tsudayama Ren pour la première fois dans le couloir du lycée - ce regard qui ne promettait rien et qui pourtant a eu raison de lui. 

 

Tsudayama est mort.

 

___

 

Amatsuki ne savait pas exister en silence. Ses émotions prenaient toute la place dans la pièce, débordaient, s'installaient sans permission. Il aimait trop, s'excusait trop, analysait trop. Il portait ses sentiments comme un collégien qui traîne son cartable de 8 kilos.

 

Ren était l'inverse. Compact. Hermétique. Caché derrière un bonheur factice. Construit comme un arc de seinen - avec des zones d'ombre que le lecteur ne comprendrait qu'au dernier tome, peut-être.

 

Ils s'étaient trouvés comme ça - deux individus opposés mais ayant peur de la même chose.

 

Ren n'aimait pas les photos. Ni les câlins en public. Ni parler de ce qui faisait mal. Mais il avait collé sur le mur de sa chambre un bout de papier où Amatsuki avait griffonné quelque chose un mardi sans importance. Il avait fait des playlists en pensant à lui pendant deux ans. Il lui avait avoué ses sentiments encore et encore, comme si les mots répétés finiraient par construire quelque chose de solide.

 

Amatsuki avait cru que c'était de l'amour.

 

C'en était. 

 

Mais c'était aussi de la peur - la peur de Ren d'être abandonné en premier, alors il s'attachait avant de fuir.

 

Sawako, sa meilleure amie, qui observait tout ça depuis le début, avait dit une fois : "T'as choisi quelqu'un qui t'aime autant qu'il se déteste. Bonne chance."

 

Amatsuki n'avait pas écouté. Il écoutait tout le monde sauf les bonnes personnes au bon moment.

 

___

 

Les disputes ne ressemblaient pas aux disputes des films. Pas de vaisselle cassée. Juste des mots qui tournaient jusqu'à ce que personne ne sache plus ce qu'il défendait.

 

Amatsuki exprimait, c'était son problème. Il exprimait ses besoins, ses peurs, ses frustrations, avec une précision qui blessait même sans le vouloir. Il s'excusait ensuite. Puis recommençait. Pas par méchanceté mais par ce qui semblait être un "excès de présence" (comme dirait Sawako).

 

Ren encaissait, se retirait, cherchait validation auprès de son entourage, puis revenait avec une version des faits légèrement réarrangée, comme si sa mémoire avait ses propres préférences.

 

Ce qu'Amatsuki ne savait pas - ce qu'il ne pouvait pas savoir - c'est que chacune de ses expressions émotionnelles atterrissait chez Ren comme une accusation. Chaque besoin formulé devenait une pression. Chaque "ça m'a blessé" se transformait en "tu es responsable de ma souffrance."

 

Ce n'était pas ce qu'Amatsuki disait. Mais c'est ce que Ren entendait.

 

Ren, quant à lui, avait des traumatismes anciens, profonds, jamais soignés. Il avait commencé à se faire du mal bien avant de connaître Amatsuki. Il y avait des signes. Les choses sombres qu'il regardait la nuit. L'avenir auquel il ne pensait pas, parce qu'il n'était pas certain d'en avoir un. Le soin qu'il refusait - ça l'infantilisait, disait-il. En réalité ça le terrifiait.

 

Personne ne peut combler ce genre de vide. Mais Amatsuki avait essayé quand même.

 

___

 

Ce fut un mardi ordinaire qui décida de ne pas l'être.

 

Ren dit les mots calmement. Amatsuki crut d'abord à une blague. Puis il le supplia, pleura. Mais il s'adressait à un mur bien trop solide pour lui.

 

Ce qui suivit fut pire que la rupture.

 

Ren construisit une version. 

 

Dans cette version, Amatsuki était le responsable de tout, de chaque dispute, de chaque moment de souffrance, de chaque silence pesant. Il avait forcé la relation, selon Ren. Exercé une pression constante. Empêché Ren de vivre.

 

Les accusations étaient extrêmes.

 

Amatsuki le jaloux. Amatsuki le manipulateur. Amatsuki le forceur. Amatsuki la source de tout le mal.

 

Ren y croyait sincèrement. C'était ça le plus douloureux. Il ne mentait pas, il avait réarrangé la réalité jusqu'à ce qu'elle corresponde à ce qu'il pouvait supporter. Peut être qu'accepter qu'il avait aussi contribué, qu'il avait fait des choix et qu'il avait blessé quelqu'un qui l'aimait lui était insupportable.

 

Alors il avait choisi un bouc émissaire. Et il l'avait raconté aux autres.

 

Ryosuke Amatsuki était dévasté.

 

Il apprit tout ça par fragments. Un ami qui détourne les yeux. Un autre qui lui crache qu'il a désormais mauvaise réputation. Une qui lui dit qu'elle n'oubliera jamais ce qu'il a fait.

 

Il essaya de se défendre. Envoya des messages. Chercha la reconnaissance, les excuses, la justice. Il voulait que Ren voit ce qu'il avait fait, l'injustice, l'humiliation, les accusations impardonnables...

 

Ren ne vit pas. Ou ne voulut pas voir. Il fait ce qu'il veut, et puis dans tous les cas Amatsuki l'avait bien mérité...

"Son amour n'a jamais été sincère, il profitait toujours de moi, tout comme il a profité de moi pendant 2 ans et tout comme il profite de ses amis en disant du mal d'eux derrière leur dos !"

 

Mais Amatsuki était-il ce genre de personnes ? Disait-il vraiment du mal des autres et ne fût-ce-t-il pas par manque de confiance en lui ?

 

Amatsuki avait prétendu, par colère, que Ren n'avait pas compté autant que ça pour lui. Mais ce fût, pour ce dernier, la preuve définitive qu'il ne l'avait jamais aimé.

 

Finalement, Amatsuki vivait bruyamment sa douleur dans un monde où Ren semblait aller bien, entouré, validé dans sa version des faits. C'était l'injustice la plus difficile à digérer : d'avoir souffert sans que ça compte pour personne.

 

Il quitta des groupes. Se retrouva seul dans des couloirs vides. Apprit à calculer ses trajets pour éviter certains regards.

 

Son frère, Seikatsu Suijun, mettait de la musique dans la cuisine sans rien dire. Sawako apportait du thé. C'était peu. C'était beaucoup.

 

___

 

Les semaines qui suivirent ressemblèrent à de la convalescence lente et ingrate.

 

Amatsuki écrivit. Analysa. Se demanda ce qui lui appartenait vraiment dans ce désastre. 

 

Cela dura même plusieurs mois. Ça tournait en boucle, il n'avait plus goût à rien d'autre.

 

Il trouva des choses inconfortables, sa dépendance affective, son intensité, le fait qu'il avait parfois aimé l'idée de Ren autant que Ren lui-même. Il les regarda en face. Les reconnut. Refusa qu'elles deviennent des condamnations.

 

Il était imparfait. Pas monstrueux.

 

Il avait fait des erreurs. Pas les crimes qu'on lui reprochait.

 

La différence était importante. Il mit longtemps à s'en convaincre.

 

___

 

Ce printemps-là donc sentait différent.

 

Amatsuki n'avait pas changé du tout au tout. C'est le genre de choses qui prend du temps. Il cherchait encore parfois la validation dans les mauvais endroits. Il analysait encore trop. Mais il avait quelque chose de nouveau, petit et solide, quelque part dans la poitrine.

 

Une connaissance de lui-même qu'il n'avait pas avant.

 

Ren existait quelque part avec ses propres blessures non résolues.

 

Amatsuki avait arrêté d'espérer qu'il change ou qu'il reconnaisse quoi que ce soit. C'était le deuil le plus difficile : perdre l'espoir que les choses auraient pu finir autrement.

 

Un jour Sawako dit : 

- T'as l'air moins en guerre.

 

- Je suis juste fatigué de me battre contre des choses que je ne contrôle pas, dit-il.

 

- C'est de la sagesse ça, répondit-elle.

 

- C'est de l'épuisement, rétorqua-t-il.

 

Elle rit. Lui aussi.

 

C'était la première fois depuis longtemps.

 

Ce soir-là, Ryosuke Amatsuki supprima les dernières notes de son téléphone qui traitaient de Ren, éteignit la lumière, et comprit enfin - Tsudayama Ren, celui qu'il avait aimé, celui qu'il avait craint, celui qui avait occupé chaque couloir de sa tête pendant si longtemps et qui l'avait fait tant souffrir - était bien mort.

 

Modifié par Kedama
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  • 2 mois après...
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Bonjour à tous. Cette fanfiction un peu cringe était censé montrer que mettre les choses par écrit libère et permet d'aller mieux. Mais si elle n'a pas de suite c'est parce que je ne sais pas ce qu'il se passe quand on va mieux. Je suis encore coincé dans cette souffrance et voilà où j'en suis 

 

Si quelqu'un que tu as aimé pense que tu lui as volontairement fait du mal, alors que tu as le sentiment d'avoir été maladroit, anxieux, parfois envahissant mais jamais malveillant, c'est extrêmement douloureux. 

 

Cependant on ne peut pas contrôler ce que quelqu'un pense en sortant d'une relation douloureuse, et effectivement j'ai eu le sentiment qu'il ne m'écoutait plus et que, quoi que je dise, il interprétait mes intentions à travers sa propre lecture de la relation.

 

J'aurais voulu que quelqu'un dise : "Attendez. On n'a entendu qu'une version. On ne sait pas exactement ce qui s'est passé."

 

J'ai eu le sentiment d'être isolé, jugé et réduit à une seule version de l'histoire, ce qui a été extrêmement douloureux pour moi (pendant longtemps). Les personnes extérieures affirment comme des faits des choses qu'elles ne peuvent pas savoir, ou diffusent des accusations sans chercher à comprendre.

 

Ma version est qu'il y a eu beaucoup d'accusations lesquelles j'ai eu le sentiment que mon point de vue n'a pas été pris en compte. J'ai eu le sentiment qu'il y a eu beaucoup de croyances que je cherchais à lui faire des reproches, à nier ses émotions, à nier ses limites, à le manipuler, sans jamais vérifier si c'était juste ou vérifier le contexte. 

 

Ma version est que j'ai souffert aussi, pendant la relation et après celle-ci, et que malgré tout je ne suis pas ces étiquettes qu'ils m'ont collé.

 

Il me semble que ce n'est pas parce que d'autres sont d'accord avec lui que c'est la preuve qu'il a raison. 

 

J'aurais aimé qu'il accepte que ce qu'il a vécu existe quand bien même ce n'était pas mon intention ni la preuve que j'étais mauvais.

 

J'aurais aimé qu'il soit possible de reconnaître deux choses en même temps : qu'il ait réellement souffert, et que je n'aie jamais cherché à lui faire du mal. À mes yeux, ces deux idées ne sont pas incompatibles. 

 

Ce qui m'a le plus manqué, c'est la sensation que mon vécu n'a jamais eu de place. J'aurais aimé qu'on puisse parler de ce que lui avait vécu, mais aussi de ce que moi j'avais vécu, sans que l'un efface l'autre. 

 

J'aurais aimé qu'on se mette à ma place sans que mes réactions soient interprétées uniquement comme une intention de nuire.

 

Nous avons le droit d'avoir voulu tout ça et ce n'est pas parce qu'iel passe à autre chose, validé par son entourage, que nous pouvons faire de même. 

N'écoutez pas ceux qui vous font culpabiliser de ne pas penser à autre chose, chacun a besoin du temps qu'il souhaite. Je pensais avoir besoin de 9 mois pour m'en remettre et pour le moment ça fait 6 mois, donc je reste optimiste.

De mon côté, si on m'en reparle je retombe dedans et les réseaux sociaux entretiennent ma colère envers moi-même. J'ai tellement persisté à vouloir que les autres ne me prennent pas pour une mauvaise personne que ne plus pouvoir me justifier me fait violence. J'accorde toujours trop d'importance à ce groupe, ces gens en qui j'avais confiance depuis des années et je n'arrive pas à me détacher de leur regard. 

Ne faites pas les mêmes erreurs que moi. Si j'ai autant besoin de l'avis des autres c'est à cause de mes blessures et de mon manque d'estime de moi. Je vois régulièrement une psy et j'espère ne pas faire les même erreurs avec de nouvelles personnes. Si vous êtes dans la même situation que moi, je vous encourage, si tel est votre souhait, à travailler aussi avec un professionnel.

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