Bienvenue dans cet espace dédié aux relations hommes/femmes. Posez vos questions, échangez sur la communication, les attentes, et les défis des relations amoureuses ou amicales. Ce forum vous aide à décrypter les dynamiques pour bâtir des liens harmonieux et épanouissants
#1019543
Voilà, j'aimerai savoir pour vous (évidemment que la communication est je pense très importante dans un couple) qu'est ce qu'est vraiment une bonne communication dans votre conception du couple.
On se dit absolument tout ? On a son jardin secret ? On parle un peu de tout et de rien ? On parle juste des choses importantes ? On parle plutôt souvent ?

Et quand tout s'est dégradé, avez vous remarquez un changement radical, progressif ? Quels sujets étaient moins/plus du tout abordés ?

L'importance de la communication lors des petites/grosses disputes... La potentielle fuite de communication de vos exs en période de crise...

Merci.
#1354391

Salut Jesuisperdu!

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#1020218
Salut,

Vaste sujet... Le pré-requis à prendre en compte c'est que deux amoureux ne pourront jamais être exactement sur la même longueur d'onde. Parfois on est fusionnels et tout fuse, on peut tout se dire. Parfois ce n'est pas le moment car l'un ou l'autre a juste envie d'être seul et souvent car il/elle est perdu/confus.

A titre d'exemple, je sors d'une relation où elle avait peur de s'engager. Pourtant il n'était pas question de vie commune, de mariage, d'enfants etc. Nous étions dans une relation simple mais qui s'intensifiait de plus en plus. C'était le bonheur.
Lorsqu'elle m'a quitté elle était perdue et ne savait pas comment expliquer pourquoi elle devait prendre cette décision. J'étais hors de moi et au lieu de me montrer disponible et ouvert, j'ai préféré éviter de communiquer, par vengeance au par fierté.

Voilà pour un exemple de manque de communication. Maintenant je vais essayer de te donner mon avis en reprenant tes points.

"On se dit absolument tout ? On a son jardin secret ?"

--> oui et non. On part du principe qu'on peut tout se dire, mais il est très important de conserver ses secrets, tant qu'ils n'ont pas de rapport avec le couple et qu'ils ne peuvent pas le déteriorer. Le jardin secret, c'est le mystere. Et le mystere c'est sexy et attirant.

"On parle un peu de tout et de rien ? On parle juste des choses importantes ? On parle plutôt souvent ?"

--> Oui il faut parler de tout et de rien mais savoir aussi être silencieux. J'essaye de lire entre tes lignes. Tu dois sûrement penser que pour avoir une bonne communication, il faut parler tout le temps de tout et de rien. Oui mais pas tout le temps ! On est des êtres humains et chaque humain fatigue quand quelqu'un parle trop. Donc oui, parler de tout et de rien, mais aussi de choses importantes si et seulement si le courant passe à ce moment là. On est pas toujours opérationnels à parler de sujets sensibles.

"Et quand tout s'est dégradé, avez vous remarquez un changement radical, progressif ? Quels sujets étaient moins/plus du tout abordés ?"

--> C'est au cas par cas. En ce qui me concerne, ça s'est passé du jour au lendemain, donc radical sans signe avant-coureur. C'est aussi pour cela que quelque chose nous lie mon ex et moi. On recommence à se voir, les tensions sont apaisées, on se prend dans les bras pour l'instant. Si c'est radical on peut encore sauver la relation. Si ça se fait progressivement, c'est comme un cancer. Il faut avoir la chance de détecter les premiers signes et agir en conséquence.

"L'importance de la communication lors des petites/grosses disputes... La potentielle fuite de communication de vos exs en période de crise..."

--> ahlala... tout réside dans la capacité à garder son sang froid. Se disputer oui ça arrive, et je pense même que c'est vital d'une certaine manière. Pourtant, il faut attendre que l'orage passe avant de s'assoir l'un en face de l'autre et parler calmement. On ne peut pas communiquer de manière sincère et efficace quand les assiettes traversent l'appartement ;)

Voilà ça c'est mon avis, et il m'a fallu du temps et des larmes pour comprendre certaines choses.
#1020220
Merci beaucoup Jeff67 pour ton avis.
J'essaye de lire entre tes lignes. Tu dois sûrement penser que pour avoir une bonne communication, il faut parler tout le temps de tout et de rien.
A vrai dire, là, je ne donne pas mon avis, j'essaye de trouver des pistes de discution pour qu'on puisse un peu confronter notre version de la communication.
Elle est différente en fonction des couples, des personnes, etc.

J'ai lancé le sujet pour avoir une sorte de tendance en fonction de différents couples/personnes (les fusionnels, les solitaires, les autonomes, etc).
A vrai dire, je ne pense pas qu'une façon de faire soit vraiment LA bonne. Chacun doit trouver son équilibre à l’intérieur de son couple, en prenant en compte je pense, son caractère, celui de l'autre, leur histoire, leur complicité, leur passé, leur vie finalement.
Mais il est vrai que ce qui m'intéresse surtout c'est la façon qu'on les gens à gérer les conflits, petits comme grands, et aussi comment évoluent-ils lorsqu'ils ont besoin (ou non) de garder une part de secret.

Je te remercie de ta réponse, très intéressante.
#1020224
Je t'en prie, ça me fait plaisir et le fait de s'exprimer nous permet à tous de faire le point.

En ce qui me concerne j'étais juste trop con pour comprendre que mon ex m'appelait à l'aide quand elle m'a quitté. Elle avait déja fait un truc similaire dans le passé et j'ai pris la mouche. La deuxième fois c'était pareil et je ne l'ai pas supporté. Je l'ai mise en SR direct. Résultat on s'était revus et elle se plait dans son célibat. Elle m'a dit "tu es l'homme de ma vie mais pas maintenant". J'étais hors de moi intérieurement (paye ton oxymore ! ^^). En fait je me suis montré calme car c'est comme ça que je suis en vrai. Nouveau SR de six semaines et là toutes les tensions sont apaisées. On a plus rien à se dire sur la rupture, car je lui ai dit que c'est du passé, on en garde les meilleurs souvenirs et c'est l'avenir qui compte.

Je suis encore follement amoureux d'elle et je sens que quelque chose est encore possible. Le SR m'a aidé à mieux me retrouver et de me montrer encore plus génial qu'avant.

Mais je ne te cache pas que j'ai une crainte: si on se remet ensemble, il va falloir communiquer sur ce qu'on attend l'un de l'autre. Et ça risque d'être extrêmement délicat. Donc depuis cette rupture j'avance toujours mieux mais j'ai encore du mal à me projeter dans ce moment fatidique où quelques mots de travers risquent de tout faire foirer.

La communication est à double tranchant mais indispensable. C'est toujours mieux que les non-dits. Avec la communication, un couple peut s'accorder du mieux qu'ils peuvent.
#1021422
Jesuisperdu a écrit :Voilà, j'aimerai savoir pour vous (évidemment que la communication est je pense très importante dans un couple) qu'est ce qu'est vraiment une bonne communication dans votre conception du couple.
Une bonne communication, dans le couple comme ailleurs, c'est d'abord à mon sens une communication :
1°) Tendue vers un but. Beaucoup de gens croient communiquer quand ils se contentent de bavarder, parce qu'ils se figurent que la communication est un prérequis ou une justification du couple, ou que leurs états d'âme sont significatifs hors d'eux-mêmes. Dans le premier cas, ils sont trop timorés, et dans le deuxième ils sont narcissiques. Comble de malheur, ces deux vices ne sont pas interexclusifs et la névrose moderne de l'hyper-communication comme fin en soi fait verser une majorité de couillons simultanément dans les deux écueils. Parler en se demandant ce que l'autre peut comprendre et veut comprendre de ce qu'on raconte, et ce que ça peut apporter aux différentes parties d'une conversation est une habitude de bon sens mais qui se perd. La prise de parole n'est pas différente de n'importe quel autre acte, et elle doit satisfaire aux mêmes critères d'utilité et de maîtrise pour être efficace.

2°) Adaptée à celui qui reçoit plus qu'à celui qui envoie. Ce point découle directement du premier, mais il est trop souvent négligé. Avoir une conscience claire de soi, et un peu de respect pour l'autre, c'est faire l'effort de comprendre ce qu'on est, ce qu'est l'autre, et de ne pas attendre d'autrui plus que ce qu'il ne peut donner. Quand je joue avec un animal, je n'attends pas qu'il me rassure sur le chapitre de mes nombreuses béances métaphysiques : c'est un animal, il n'a pas accès à la métaphysique (du moins au sens où je peux entendre le terme), et je n'ai pas à lui en vouloir. De la même manière, ne pas se sentir "validé comme homme" par une gonzesse, ou "respectée en tant que femme" par son mec n'est pas une anomalie ou un problème, à proprement parler.

Il me semble pourtant que beaucoup ont encore des problèmes avec ça, et veulent se sentir admirés comme parent par leurs enfants en bas âge, ou je ne sais quelle connerie. Quand je suis avec une fille qui se plaint que je ne la respecte pas en tant que femme, ce qui est absurde (à l'inverse, elle pourrait légitimement se plaindre que je la méprise comme individu, par exemple), j'ai beaucoup de mal à comprendre où elle veut en venir : je suis un mec, à peu près bien dans sa peau. Je n'ai donc aucune expérience de la féminité et n'en viens pas à trouver que ça me manque. Pourquoi et comment pourrais-je la "respecter en tant que femme" ? Est-ce-que les noirs ou les cancéreux terminaux me demandent à moi, individu blanc et bien-portant, de les respecter en tant que noirs, ou de les valider comme malades incurables ? Je ne suis ni noir ni ethnographe, ni cancéreux ni oncologue. Ils attendent donc pour la plupart que je les respecte (un peu), comme n'importe quel autre compatriote, et je le fais parce que cette demande a du sens pour moi, que je suis raisonnablement patriote et ne vois pas dans mes frères de langue ou de sang des étrangers ou des aliens. Hors de cela, on parle de fous qui s'exposent à ce que je les remballe plutôt sèchement.
#1021424
J'aime beaucoup cette manière de voir les choses. C'est un bon point de vue, cependant je voudrais m’étendre sur ton deuxième point.
Une communication, on va dire efficace et non "légitime" doit - et je pense que tu sera d'accord avec moi - être une expression de partage autant que de construction, d'union, de compréhension ou autres encore.
Lorsque tu dis que la communication doit être plus adaptée à celui qui la reçoit (ce qui je pense ne manque pas de sens), ne crois tu pas que mal perçue, elle pourrait entraîner une forme de hiérarchisation au sein du couple, ne faisant simplement sentir à l'un des deux qu'il est inférieur à l'autre, et dans le même temps augmenter le narcissisme de l'émetteur?
Simple question. Ne crois tu pas qu'à la longue, une forme de décalage pourrait s'installer?
#1021427
Jesuisperdu a écrit :J'aime beaucoup cette manière de voir les choses. C'est un bon point de vue, cependant je voudrais m’étendre sur ton deuxième point.
Une communication, on va dire efficace et non "légitime" doit - et je pense que tu sera d'accord avec moi - être une expression de partage autant que de construction, d'union, de compréhension ou autres encore.
Des mots trop compliqués pour moi, tout ça ... Surtout "union". Je suis un bouseux, un peu simplet sur les bords, et qu'on a vite fait de paumer avec des concepts aussi subtils. Peut-être me feras-tu la grâce de reformuler ton hypothèse pour moi ? Je me sens prêt à courir le risque d'un décalage qui augmenterait ton narcissisme, pour l'occasion.
Jesuisperdu a écrit :Lorsque tu dis que la communication doit être plus adaptée à celui qui la reçoit (ce qui je pense ne manque pas de sens), ne crois tu pas que mal perçue, elle pourrait entraîner une forme de hiérarchisation au sein du couple, ne faisant simplement sentir à l'un des deux qu'il est inférieur à l'autre, et dans le même temps augmenter le narcissisme de l'émetteur?
Je pense que les complexés, dans un sens ou dans l'autre, trouveront toujours le moyen d'intégrer et d'installer confortablement leurs complexes partout, y compris dans une communication responsable et civilisée. Ce qui ne rend pas souhaitable pour autant la fraude de ce "tout-à-l'égout" émotionnel qu'est devenu la communication du novcouple égalitaire et fusionnel.

Bien sûr, je peux me tromper. Peut-être le mode de communication que je préconise sera-t-il le catalyseur de leurs plus bas penchants en les mettant face à l'irréductible incommunicabilité de leurs illusions sur eux-mêmes. Cela revient-il à dire que la communication a augmenté le narcissisme de l'émetteur là où une escroquerie supplémentaire aurait pu l'équilibrer par la contrainte ? C'est possible. Je ne suis pas qualifié pour en parler dans la mesure où je ne me connais pas de complexe particulier et supporte mal la contrainte de quelque nature qu'elle tienne. Mes montagnes natales ont trop vibré dans l'écho du "Vivre libre ou mourir" local. Ca m'a sans doute un peu baisé la tête, comme aux autres : les gens sont lourds et frustes, par chez moi. Ma politique personnelle m'incite à chercher la cause du problème plutôt que les aménagements possibles, la conscience et la liberté plutôt que la viabilité ou le confort. C'est mon côté matheux-pas-ingénieur, j'aime pas la bricole. Quand ça marche pas, je préfère tabularaser et reconstruire.
Jesuisperdu a écrit :Simple question. Ne crois tu pas qu'à la longue, une forme de décalage pourrait s'installer?
Je pense que s'il existait une recette pour le bonheur ou le bon sens, ce forum n'existerait pas. Est-ce-que je détiens les clefs d'une communication si intrinsèquement parfaite qu'elle corrige les travers mêmes de ceux qui la pratiquent, en prévenant par avance tout décalage potentiel ? Bien sûr que non. Je pense simplement qu'il est plus facile de se voir tel qu'on est (et de se corriger, le cas échéant) quand on sait parler efficacement. Et qu'on parle plus efficacement quand on ne cherche pas dans l'autre ce qu'il ne peut donner, et qu'on accepte l'idée de fermer sa gueule quand il n'y a pas lieu de l'ouvrir. Voilà qui résume le fond, bien modeste et quasi-tautologique, de ma modeste intervention. Et n'empêchera jamais qui que ce soit d'être un sale con insécure ou d'importer ses complexes dans son couple. De mon côté, j'ai appris à ne pas chercher de réconfort métaphysique chez les animaux, de fraternité virile dans mon rapport avec mes femmes, de tendresse chez ceux qui n'en ont pas ou plus à offrir. Et sans mépriser ni les bêtes, ni les femmes, ni les coeurs-secs, il m'apparaît que je m'en porte mieux. Aussi ai-je cru utile de partager cette expérience avec vous. Je vous l'offre sans attente ni sans espoir d'une contrepartie, et vous en ferez bien ce que vous voulez.
#1021428
Pour ma part, la communication (et je dois t'avouer que j'ai du mal à te suivre quand tu parles d'une pseudo communication du "néo-couple", je ne comprends pas en quoi la communication est devenu un problème contemporain. Pour moi elle n'a peut-être pas la même forme que pour les générations précédentes mais je ne crois pas qu'elle soit devenu quelque chose de nouveau, révélatrice d'un problème moderne) doit s'inscrire dans une partie du couple, aussi importante que le sexe, l'envie de se projeter (les preuves de constructions futures), et tout un tas de choses aussi importantes.
Je ne parle pas de "communication de tout les jours", je parle de "communication fondement".
Je comprends quand tu dis qu'il est plus important pour toi de ne pas chercher en l'autre ce qu'il peut nous donner, comme finalement un forme d'auto-satisfaction du travail (au sein du couple) bien fait. Et qu'il vaut mieux se remettre en question et faire ce qu'il faut si besoin.
Mais ça c'est ta version de faire les choses, et c'est sûrement une méthode qui se tient mais je la trouve hyper égoïste sur le fond, même si elle ne le veut sûrement pas.
Je ne fais pas de reproche, et ai bien compris que de toute façon, penser le contraire ne t'empêcherai pas de dormir.
Mais je trouve cette façon de voir les choses intéressante, au moins à décrypter. J'apprécie tout les points de vue, et chacun est libre après de faire ce qu'il lui plaît. Et comme tu le dis si bien, il n'y a de toute façon pas de recette magique.

Alors je m'explique : j'ai peur que ta version de voir les choses ne soit finalement l'inverse de la communication.
Le fait de chercher en l'autre ce qu'il peut donner n'est pas pour moi le but de la communication. Peut-être qu'effectivement, certaines personnes complexées vont tendre à une communication finalement anxiogène car culpabilisante de répondre toujours à des peurs, des angoisses qui doivent être soulagées, mais qui en aucun cas ne vont concerner "le couple". Finalement là aussi on est dans l'égoïsme pur. Mais la non communication qui se soustrait à l'action peut selon moi avoir le même effet. Quelque chose d'anxiogène pour les partenaires qui finalement vont s'ouvrir à des questions de fond qui ne seraient peut-être jamais apparues si communication il y avait eu.

Je ne dis pas que ce que je dis est une obligation, mais peut-être une possibilité, et ne dis pas non plus que ta façon de voir les choses est une hérésie. Mais c'est intéressant je trouve d'avoir ton point de vue.

la conscience et la liberté plutôt que la viabilité ou le confort. C'est mon côté matheux-pas-ingénieur, j'aime pas la bricole. Quand ça marche pas, je préfère tabularaser et reconstruire.
Je trouve ça triste.
#1021429
Jesuisperdu a écrit :Pour ma part, la communication (et je dois t'avouer que j'ai du mal à te suivre quand tu parles d'une pseudo communication du "néo-couple", je ne comprends pas en quoi la communication est devenu un problème contemporain.
Parce que son omniprésence la vide de sens. Comme dans cette expression (qu'on entend à tout bout de champ, aujourd'hui), parler de tout c'est aussi, bien souvent, parler de rien. Il m'apparaît que les gens n'ont jamais été aussi faibles, inquiets et repliés sur eux-mêmes, dans une société qu'on leur vend paradoxalement comme une grosse interface de communication et où ils ne cessent pourtant de se raconter. Où il importe d'être connecté à tout, de pénétrer les réseaux, d'avoir sa page facebook, son cercle google+, son psychothérapeute, sa bestouille "àkikonditou", sa moitié à qui on fait par le menu sa journée au taf, ses gosses qui se prononcent sur la vie intime de leurs parents, etc. Je me sens sourd, dans un monde qui pépie dans tous les coins, et constate jour après jour un isolement rampant qui semble progresser sans fin. On pourrait discuter longtemps des causes profondes du phénomène, mais l'idée que l'hyper-communication égocentrée qu'offre le smartphone rentré dans les moeurs (et qu'on trouve maintenant sur des mômes de 10 ans) n'y ait pas sa part me semble improbable. Quant aux quelques individus que j'ai pu rencontrer qui faisaient l'effort de s'interroger préalablement sur le but de leur communication, ou de se taire quand ils n'en trouvent pas, que ce soit au zen ou dans d'autres contrées plus "tradis", il me semblait qu'ils allaient plutôt mieux, du moins au niveau des complexes, que le français lambda de cette cuvée 2015.
Jesuisperdu a écrit :Pour moi elle n'a peut-être pas la même forme que pour les générations précédentes mais je ne crois pas qu'elle soit devenu quelque chose de nouveau, révélatrice d'un problème moderne)
Je la crois moins révélatrice d'un problème moderne que cause d'un problème moderne. La perte des repères collectifs, l'avachissement de la langue (perçue comme rigide car normative), l'expansion d'egos de plus en plus cotonneux et cassants tout à la fois, le nihilisme solipsiste, par exemple, pourraient être les révélateurs.
Jesuisperdu a écrit :doit s'inscrire dans une partie du couple, aussi importante que le sexe, l'envie de se projeter (les preuves de constructions futures), et tout un tas de choses aussi importantes.
Entendons-nous d'abord sur le sens des mots. Les constructions futures sont la preuve des projets. Ce n'est pas la projection qui est la preuve de constructions futures, dans la mesure où c'est une condition nécessaire et pas suffisante.
Jesuisperdu a écrit :Je ne parle pas de "communication de tout les jours", je parle de "communication fondement".
Ouf ! J'ai craint, un instant, que tu me parles de "communication-rite", de "communication-Idée", de "communication-métalangage" ou de "communication-force d'anéantissement et composante d'annulation de l'acte effectif". Dis, tu fais tourner le joint, un peu ? J'ai l'impression que t'es dessus depuis un moment et peine à te suivre.
Jesuisperdu a écrit :Je comprends quand tu dis qu'il est plus important pour toi de ne pas chercher en l'autre ce qu'il peut nous donner, comme finalement un forme d'auto-satisfaction du travail (au sein du couple) bien fait.
Pas vraiment. Il s'agit plus pour moi de respecter l'autre dans ce qu'il est, ce qui le caractérise plutôt qu'en le submergeant de mes projections et attentes, plus ou moins réalistes, qui ne peuvent engendrer que de la frustration de part et d'autre. Il s'agit moins d'auto-satisfaction que d'une reconnaissance de l'autre partie, laquelle devrait être un souci constant dans tout processus bijectif et commutatif. Chercher en l'autre ce qu'il peut donner ne vise pas à "bien faire le taf pour soi-même" (pour ça, il y a une autre méthode encore plus simple : ne pas lui parler). Ca vise surtout à lui permettre d'être ce qu'il est pendant qu'il nous parle. Et partant, de construire avec certaines limites mais avec lui, plutôt que sans limite avec soi-même ou l'idée qu'on se fait de lui. Je peine à trouver l'égoïsme là-dedans ... En attendant de mon chat qu'il m'aide à trouver Dieu, ou de la salope de bar moyenne que j'ai ramenée qu'elle me rassure sur ma capacité à être un homme à la fois sensible et performant, je suis surtout en communication avec mes complexes plus qu'avec mon chat ou la salope du bar que j'ai ramenée. Et à l'inverse, en m'astreignant à la discipline simple de "communiquer" avec mon chat comme avec un chat et avec la salope inconnue comme avec une salope inconnue, je leur laisse une chance d'exister en moi pour ce qu'ils sont respectivement en tenant mon ego à ce que je crois être une juste distance.
Jesuisperdu a écrit :Et qu'il vaut mieux se remettre en question et faire ce qu'il faut si besoin.
Mais ça c'est ta version de faire les choses, et c'est sûrement une méthode qui se tient mais je la trouve hyper égoïste sur le fond, même si elle ne le veut sûrement pas.
Elle ne le veut ni ne le refuse. J'essaie dans mes interactions de créer du sens, et d'être le plus "juste" possible. Au double sens de justice et de justesse qu'on peut trouver sous le style de grecs poussiéreux. Savoir si je suis égoïste ou perçu comme égoïste m'intéresse assez peu dans la mesure où je laisse autrui exister où cela me semble juste, dans et hors de moi. Pour ce faire, je n'ai comme tout un chacun, que ma "version de faire les choses".
Jesuisperdu a écrit :Je ne fais pas de reproche, et ai bien compris que de toute façon, penser le contraire ne t'empêcherai pas de dormir.
Mais je trouve cette façon de voir les choses intéressante, au moins à décrypter. J'apprécie tout les points de vue, et chacun est libre après de faire ce qu'il lui plaît. Et comme tu le dis si bien, il n'y a de toute façon pas de recette magique.

Alors je m'explique : j'ai peur que ta version de voir les choses ne soit finalement l'inverse de la communication.
Le fait de chercher en l'autre ce qu'il peut donner n'est pas pour moi le but de la communication.
Pour moi non plus. C'est un moyen. Plus exactement, mon message peut se lire : "Chercher chez l'autre autre chose/plus que ce qu'il est et peut donner est un cul-de-sac". Il ne se traduit pas par "Chercher chez l'autre ce qu'il peut donner est le but ultime de toute communication avec lui". Je fais appel à ton sens des nuances pour sentir la différence entre les deux formules.
Jesuisperdu a écrit :Peut-être qu'effectivement, certaines personnes complexées vont tendre à une communication finalement anxiogène car culpabilisante de répondre toujours à des peurs, des angoisses qui doivent être soulagées, mais qui en aucun cas ne vont concerner "le couple". Finalement là aussi on est dans l'égoïsme pur. Mais la non communication qui se soustrait à l'action peut selon moi avoir le même effet.
Je ne vois pas la communication comme un moyen de se soustraire à l'action. Bien au contraire, j'ai assez lourdement insisté sur le fait que c'était à mon sens une action, au sens plein et entier du terme. Et que c'est bien à ce titre qu'il nous revenait de ne pas perdre de vue son but.
Jesuisperdu a écrit :Quelque chose d'anxiogène pour les partenaires qui finalement vont s'ouvrir à des questions de fond qui ne seraient peut-être jamais apparues si communication il y avait eu.

Je ne dis pas que ce que je dis est une obligation, mais peut-être une possibilité, et ne dis pas non plus que ta façon de voir les choses est une hérésie. Mais c'est intéressant je trouve d'avoir ton point de vue.
Tu m'en vois ravi.
Jesuisperdu a écrit :
la conscience et la liberté plutôt que la viabilité ou le confort. C'est mon côté matheux-pas-ingénieur, j'aime pas la bricole. Quand ça marche pas, je préfère tabularaser et reconstruire.
Je trouve ça triste.
En quoi ?