Aide et conseilspour récupérer ton ex !

Si le coeur vous en dit, racontez-nous votre histoire en détails
#1326385
Hello

Et content d'avoir quelques news !
Je suis également d'accord sur le fait qu'il faut lâcher un peu la pression, que diable !! (j'avais envie de la placer celle là)
J'avoue que j'ai du mal à cerner les gens torturés (auto-torturés d'ailleurs si l'expression existe) à un si jeune âge

Alors oui, il y a les antécédents etc etc..mais bon des fois il est bon de respirer l'instant présent, non ?
La vie passe beaucoup trop vite et ce n'est qu'à un certain moment que l'on s 'en rend réellement compte, alors gâcher pour gâcher... perso c'est pas très rock'n'roll ...

Bref , je sais que ça risque être "mal lu" mais tant pis ...
A trop vouloir trouver le bouton sur son nombril, on oublie le bras coupé du voisin ...(proverbe congolais, le même que l'histoire de la noix de coco ^^)
Ne le prend pas mal, mais des fois il faut aussi relativiser certaines choses, ça aide pas mal !

Bon courage à toi :)
Coucou, c'est Antoine ! Mon équipe et moi-même avons créé un test qui te permet de déterminer avec précision tes chances de reconquérir ton ex. Fais le test en cliquant sur le bouton ci-dessous !

J'accède au test

#1326455
Coucou Agathe,
coucou tout le monde
Selmasultane a écrit :J'espère que vous ne m'en voudrez pas de vous associer dans ma réponse, il est vrai que je vous trouve beaucoup de points communs, telles deux petites soeurs que je considère avec tendresse
Selma :bisou:

Agathe,

Je voudrais te dire que je comprends ta douleur, ta peine, tes ruminations, la torture incessante, l'impression que ça va mais en fait ça va pas, parce qu'il y a ce vide au fond du fond qui aspire toute la joie, ce vide insatiable, ce besoin d'amour hurlant et incessant. Je comprends aussi que "lâcher prise" et "arrêter de se prendre la tête" et "profiter de l'instant présent" sont des injonctions au mieux incompréhensibles, au pire insupportables.

Je ne sais pas si mes mots suffiront à te réconforter, ne serait-ce qu'un tout petit peu, mais je voulais vraiment te dire que tu n'es pas la seule à traverser cette vingtaine en pleurant de douleur, dans l'incompréhension constante de ce qui se passe autour, animée d'une lucidité violente sur tes propres défauts, parce que moi aussi j'ai voulu mourir tous les jours de ma vie de mes 11 à mes 26 ans.

S'aimer, tout le monde ne sait pas le faire, relâcher la pression non plus, se sentir bien dans le moment présent, non plus, si on ne l'a jamais appris. Si on ne t'a jamais appris à être en colère, à dire les choses, à t'énerver, à t'autoriser à ressentir ces émotions là qui sont saines et nécessaires, il est normal que tu ne te sois jamais défendue, jamais énervée face à ton ex. Apprendre à être en colère, à t'énerver, à te défendre, voilà une première piste. Apprendre à te pardonner d'avoir fait ce que tu as pu, comme tu as pu, au moment où, voilà une autre piste.
Agatheyzac a écrit :Bien sûr, que j'espère un tout petit peu. Mais la vérité c'est que ça me terrifie, pour les raisons citées ci dessus. Et puis j'ai peur, en plus, d'encore perdre du temps. J'ai sacrifié du temps avec mes amis, sacrifié des jobs, sacrifié des projets persos pour mon ex, et je ne veux plus de ça. Je me suis construit une vie, j'ai un boulot top, je fais du bénévolat, du tutorat, je me forme sur plusieurs sujets. J'ai plein d'idées, en permanence, et pas du tout la place, et surtout pas le temps, pour quelqu'un là dedans.
Et c'est tout à fait légitime, et ça s'appelle prendre du temps pour soi. Tu peux te féliciter pour ça. Tu t'investis dans ta vie à toi plutôt que de courir après des relations nazes qui durent quelques semaines comme tu dis. Moi je trouve ça plutôt bon signe. Après la peur... Tu sais ce qu'on dit, la peur n'évite pas le danger... Qu'on ait peur ou pas, aimer, s'investir dans une relation, c'est toujours prendre le risque de souffrir, que ça ne marche pas, que nos travers, nos peurs, nos schémas reprennent le dessus.

Pour revenir au vide que tu évoques, je le connais très bien, il m'accompagne depuis toujours. Enfin depuis que ma cellule familiale m'a détruite et continué son travail de sape pendant 20 ans. Je ne sais pas si c'est pareil pour tout le monde, mais le mien de vide, c'est un besoin de sécurité affective qui n'a jamais été rassuré, qui n'a jamais été satisfait par les personnes qui auraient dû le satisfaire, c'est une violence quotidienne qui a lentement mais sûrement bouffé tout ce qu'il y avait en moi pour laisser un grand trou béant. C'est l'absence de soutien de ceux qui auraient dû être là pour moi. Et quand ce besoin là n'est pas satisfait, on s'empresse de trouver ailleurs le soutien nécessaire, vital en fait. Ça peut être dans des amitiés solides, dans des passions lumineuses, dans tout un tas de choses jolies, et puis dans des relations pourries, dans une boulimie de travail, de sorties, d'activités, une boulimie alimentaire, des dépendances multiples (moi je fume comme un pompier, je travaille trop et je m'arrache les cheveux). Et quand on est HP ça n'arrange rien du tout (j'ai fini par accepter l'étiquette ;) ).

Voilà, je ne sais pas trop où je vais en te disant tout ça, je voulais juste te dire que tu n'es pas seule, tu n'es pas folle. Que ton travail, tu as eu cette chance et tu l'as saisie, tu l'as choisi, que ton bénévolat, tu l'as choisi aussi. Et si ça te fait du bien et que tu aimes ça, fais-toi confiance.
Agatheyzac a écrit :Existe t il vraiment un monde où je suis alignés ? Apaisée ? Vais je un jour moi aussi ressentir cette plénitude, ou suis je condamnée à écouter mon cerveau ruminer en boucle et douter de tout, même de lui même, jusqu'à la fin de mes jours ? Si cette plénitude existe, que dois je faire pour l'atteindre ?
Oui, avec du temps, et beaucoup de travail, et encore beaucoup de périodes difficiles. Ce sera plus difficile que pour celles et ceux qui ont grandi avec beaucoup d'amour, qui ont eu le droit d'échouer, de ramener des mauvaises notes, de se planter, de se mettre en colère, de dire des gros mots, de rire trop fort, de faire leurs choix, de pas toujours être parfait·es. D'être soi-même. Et ça ne sera jamais définitif, jamais fini, jamais stable, parce que l'hypersensibilité sera toujours là, parce que ton cerveau chauffera toujours beaucoup trop, et parce que la dépendance affective, l'anxiété, ne partiront jamais. Mais je crois qu'on peut apprendre à vivre avec, qu'on peut apprendre à vivre mieux et aspirer, même toutes cassées comme on est, à une vie épanouie, faite de réussites et d'échecs, et à traverser l'existence avec un peu plus de légèreté (sinon très honnêtement je me serais déjà tuée).
Où aller ? A qui parler ? Par où commencer ?
À un·e psychologue. J'insiste là-dessus à chacun de mes messages, j'espère que tu ne me trouveras pas trop lourde, mais ça me semble nécessaire. Je sais que tu en as déjà vu une. Je crois qu'il te faut une psy sensibilisée aux HP, aux hypersensibles, quelqu'une qui maîtrise des outils comme la TCC, l'EMDR (super efficace) et l'hypnose, ou encore l'ACT, et pourquoi pas spécialisée sur la dépendance affective. Il existe aussi des groupes de parole spécialisés (perso je ne peux pas me les payer en plus de ma thérapie mais si je pouvais j'essaierais). J'ai choisi ma psy actuelle parce qu'elle avait l'air super déconstruite sur des problématiques qui me parlaient, et effectivement c'est la seule personne au monde à ne pas me dire "vous en trouverez un autre" ou "il faut que vous lâchiez prise sur votre envie d'être en couple" ou encore "il faut relativiser" (comme me disait ma mère quand je lui faisais part de mon envie de crever) et ça fait du bien. Et on avance.

Je ne voudrais pas que cela sonne comme une énième injonction, mais c'est ma conviction profonde que "tout ça" ne passera pas tout seul, en attendant que la vie passe et que la trentaine arrive.

Je t'embrasse bien fort Agathe
#1329589
29 Juillet, voilà bientôt trois mois que tous les jours je me dis qu’il faut que je me pose pour écrire ici.
Donc premièrement, merci à toi Janysse de m’avoir demandé de mes nouvelles, ça m’a beaucoup touchée, même si je n’ai pas réagi à l’écrit. Je pense qu’on sait tous ici qu’on a parfois besoin de prendre de la distance avec le forum.

Bonjour à tous,

Cela fait quelques jours que la date anniversaire de ma rupture est passée. Deux ans. Que de chemin parcouru depuis, j’avoue être assez fière. Plusieurs choses que j’aurais pensé avoir accomplies, plusieurs choses que je n’aurais jamais pensé accomplir.

Je ne sais pas de tout par quoi commencer, ni où aller. En plus en ce moment je vais bien, donc ma plume mélancolique ne sera pas au rendez vous.

Je n’ai pas perdu mes 10kgs en trop. Je ne fais toujours aucun sport. Je n’ai toujours pas mon permis. Je ne dessine toujours pas plus qu’une ou deux fois par an. Je me nourris toujours uniquement de sucre industriel, et suis toujours incapable de faire un plat salé autre que des pâtes. Je n’ai toujours pas étudié un des multiples domaines qui m’intéressent. Je n’ai lu aucun livre autre que mon auteur de thriller préféré. Je ne médite toujours pas. Je n’ai même pas encore essayé la cohérence cardiaque. Mon eczéma s’est étendu à d’autres parties du corps.

Cependant, j’ai appris quelque chose de primordial, j’ai appris à accepter mes pensées. Non pas à m’accepter moi même, mais à regarder la pensée passer, sans la juger. C’est gigantesque.
Je me sens maîtresse de ma vie, j’ai compris que je pouvais partir si j’avais envie, compris que j’étais responsable de mes réactions aux événements. Je suis enthousiaste à l’idée de l’avenir, de la vie.

J’ai un copain.

J’ai du mal, beaucoup de mal. Lire les histoires et les conseils ici m’ont rendue très froide, très analytique, très terre à terre. Je refuse de laisser la magie opérer. J’attends le couperet. Mon ancienne relation plane au dessus de moi, et me recouvre parfois de son ombre, et je pars dans des angoisses, dans un tourbillon.

Je m’en veux encore infiniment. Je me sens coupable, chaque jour, de ne pas avoir su me protéger moi même. Coupable de ne pas avoir été assez bien, coupable de m’être oubliée pour vouloir plaire à quelqu’un pour qui je n’étais jamais assez.

J’ai envie d’écrire ce que je ressens, pour une fois. Peut être allez vous y voir des signes avant coureurs, une fuite en avant, une illusion. Un trop, trop encore. Peut être dans quelques mois reviendrai-je encore en pleurant, parce que c’est fini. Je sais que vous serez là pour m’accueillir.

Tout ça je ne lui ai pas dit, parce que je n’y arrive pas. Les mots ne franchissent jamais mes lèvres. J’ai peur, beaucoup trop peur, d’encore passer pour une conne, d’encore avoir l’air bête d’y avoir cru. Ici seulement je m’autorise à l’écrire, en espérant que personne ne me connaisse personnellement.

C’est arrivé par hasard, par un concours de circonstances, par un alignement d’étoiles ou de planètes. On se connaissait depuis plusieurs années, on avait vécu nos vies en parallèles, très près sans jamais se croiser. Jusqu’au jour où. Ce fut une évidence, et en écrivant ça je me sens niaise, mais c’est le seul mot qui décrive précisément. Evidence. Comme une pièce manquante. Comme si j’avais toujours eu ma place dans sa vie et lui dans la mienne.

Tout concorde, et si j’enlève mes angoisses dues à mon ancienne relation, sur lesquelles je travaille avec ma psy, je me sens apaisée. Je me sens en sécurité. Je me sens appréciée, et j’apprécie en retour. Nos qualités se magnifient, et nos défauts se complètent, ou se reflètent. Je n’ai pas besoin d’expliquer les comportements et réactions dont j’ai honte. Pas besoin de me perdre en justifications, pas besoin de tenter de comprendre, car on ressent la même chose. C’est nul, c’est niais, c’est presque bizarre.

J’ai l’impression d’avoir reçu ma récompense après mes efforts. Bravo Agathe, tu en as bien chié, voici ta récompense. Je ne pensais pas un jour être reconnaissante qu’une personne existe. C’est pourtant vrai. Je remercie le ciel, qu’il existe, que j’aie pu le rencontrer.

J’ai encore peur, je ne veux pas m’emballer, je veux attendre un an, trois ans, cinq ans, voir si je ressens toujours la même chose. On a peur tout les deux, parce que ce qu’on ressent est trop immense, on a peur de s’emballer, peur de souffrir. Mais on y va quand même, parce qu’on se dit qu’on ne peut pas passer l’un à côté de l’autre, que c’est trop beau, que c’est écrit alors on doit le vivre, quelle que soit l’issue.

Je l’aime.

Je réalise que mon ancienne relation n’a rien de comparable. C’était physique, passionnel, oui il y avait des sentiments, oui je me projetais, mais non, non je savais au fond de moi que ce n’était pas cette vie que je voulais. J’y ai cru, fort, jusqu’au bout, mais je savais qu’il fallait que ça se termine. Aujourd’hui c’est sain, c’est juste normal, ça s’insère dans ma vie, ça me va comme un gant.

Alors oui, je crois que je l’aime.

Mais je ne veux pas le dire. Je veux attendre encore que cette petite flamme grandisse, grandisse. Je veux vivre des choses avec lui, traverser des épreuves, se disputer. Je veux nous tester, quelque part. Je ne veux pas gâcher ces trois petits mots. Je veux prendre mon temps.

Ma psy me dit que je suis beaucoup trop dans l’intellectualisation, que parfois je perds le lien avec l’autre, et qu’il faut que je m’ouvre à la surprise. Elle a raison, je le vois dans mon message, il y a beaucoup de « je ». Mais je ne me juge pas. J’écris comme ça me vient.

Voilà, j’espère que vous allez toutes et tous plutôt bien. Je suis vos messages régulièrement sur le forum.
Vous avez une place spéciale dans mon coeur.

Bises
Agathe
miu, Janysse ont aimé ça
#1329634
Coucou Agathe,

Ça fait plaisir d'avoir de tes nouvelles.

Et encore davantage plaisir de te voir écrire que tu ne juges plus tes pensées ( du coup tu fais de la méditation sans le savoir, comme M. Jourdain de la prose sans le savoir ;) )

Pour le reste , une relation qui te va comme un gant , et bien c'est très chouette .
Profite poulette ;)

Bisous fabuleux :bisou:
Agatheyzac ont aimé ça
#1329923
Bonjour à tous

Je reviens quelques jours après vous avoir donné quelques nouvelles
Des questions me taraudent, encore et encore, et je fais appel aux esprits les plus "droit au but" du forum, ainsi qu'à votre expérience, maturité, sagesse

Un commentaire de ma psy lors de ma dernière séance me travaille. Elle m'a dit calmement, qu'il lui semblait que je n'avais pas effectué le deuil de mon ancienne relation. J'ai reçu cette information comme quelque chose d'assez violent. J'ai ressenti énormément de culpabilité, de colère envers moi même et envers mon ex, et d'impuissance.

Je m'en veux énormément, car je suis à nouveau en couple aujourd'hui, avec quelqu'un de merveilleux. Je sens un alignement, un apaisement. Je sens qu'il y a ce qu'il faut d'amour, de passion, qu'on est compatibles, que quelque part c'est évident entre nous. Je fais attention, j'attends un peu de voir, mais je sens que c'est clairement avec lui que je peux construire.

Mais je sens que ma psy a touché quelque chose. Mon ex est encore bien trop présent, ou je dirais plutôt mon ancienne relation est bien trop présente. Lui, je n'ai plus de contacts, je sais qu'on avait rien à faire ensemble, il n'y avait pas de compatibilité, il me manquait de respect et a été violent physiquement (j'ai du mal à l'accepter, je déteste faire la victime... mais c'est un fait).

C'est plutôt que je n'arrive pas à ne pas me remémorer chaque seconde de mon ancienne relation, comme pour me rappeler chaque fois des erreurs que j'ai faites, des signaux d'alarme que je n'ai pas vus, des abus que j'ai acceptés. Je réécris l'histoire, en permanence, je me remémore que j'ai accepté ça parce que j'étais jeune, immature, que j'étais "amoureuse" d'un amour passionnel, et lui aussi. Je n'arrive pas à décider de si cette histoire était un grand n'importe quoi, ou si elle était belle. Je me souviens qu'entre les mauvais moments il y en avait quelques uns de bons. Je me rappelle ressentir des élans d'affection, d' "amour" (je ne sais même plus reconnaître...), me dire que tout irait bien, qu'on allait faire notre vie ensemble. Puis me dire que je savais bien, que ça n'arriverait pas, qu'il fallait que je parte, car on avait pas la même vision de la vie, de l'éducation, de l'argent, du travail. Tout semble évident maintenant que j'ai rencontré mon copain actuel.

J'aimerais tout oublier, j'aimerais offrir à mon copain la Agathe qui n'a peur de rien, qui croit aux belles choses, qui vit au jour le jour. Mais non, à la place je lui fais subir mes remises en question, mes doutes. J'angoisse, je suis ailleurs, j'ai le regard dans le vide.

Je m'en veux encore, chaque seconde. Je m'en veux d'avoir accepté ça. J'ai encore énormément de colère envers mon ex. Encore aujourd'hui, j'ai l'impression que si je lui disais ce que je ressentais, tout ce que je lui reprochais, que je le mettais ENFIN face à ses actes, j'ai l'impression qu'il me ferait passer pour une folle, que j'exagère, que je tourne tout dans mon sens. Que j'étais insupportable, que j'étais très difficile à vivre avec mes angoisses, et que je le méritais, et que de toute façon c'est quasi impossible de tenir sur le long terme avec moi tellement je suis prise de tête.

Je me souviens de regarder d'autres garçons, de m'imaginer avec eux, de me demander si je serais plus heureuse. Je m'en voulais tellement, l'infidélité est vraiment le pire des péchés pour moi. Je me sentais sale, mauvaise, d'avoir seulement songé à comment ça pourrait être ailleurs. Jamais je ne me suis dit que je méritais mieux, que je pouvais le quitter. Je pensais que je perdais beaucoup trop. Aujourd'hui dès que je regarde un autre mec, je m'en veux à nouveau, j'ai peur de me sentir à nouveau enfermée, bloquée dans une relation qui me rend malheureuse. Même s aujourd'hui tout va bien, j'ai peur que ça tourne mal, d'être à nouveau trop accro pour partir.

Alors que ça n'a aucun sens, puisqu'avec mon copain tout est différent. Je ne sais pas, j'ai juste peur.
La psy m'a dit que j'avais vécu un traumatisme. Je trouve ce mot trop fort, comparé par exemple aux militaires. Mais bon, ça ne m'avance pas trp de raisonner comme ça. Elle m'a dit que je revivais le truc en permanence, comme si ça se passait encore actuellement. Que mon cerveau n'avait pas la notion de temps et que pour lui j'étais encore là bas.

Voilà, je ne sais pas quoi faire, comment faire
Avez vous déjà vécu cela ? Avez vous des conseils à me donner ?
Je suis triste, j'en veux à la terre entière de ne pas pouvoir juste profiter tranquillement de ma "nouvelle vie". L'angoisse est encore là, en permanence, mon eczéma s'agrandit de jour en jour. Alors qu'en deux ans j'ai quitté tout ce qui m'angoissait : ex copain, ex boulot, ex ville. "Tout va bien", maintenant. Je pensais que je serais apaisé. Je ne sais plus quoi faire.

Bisous fabuleux à toutes & tous
#1329924
Salut Agathe,

Je te trouve dure avec toi même.
Un traumatisme marque et nous change à vie. Tu ne peux pas sous estimer ton traumatisme en le comparant à d'autres (militaires).

J'ai eu une relation à 19ans qui fut un traumatisme pour moi. Une relation où je n'ai pourtant reçu ni violence morale ni physique. Mais dans mon esprit ce fut un traumatisme. Ça m'impacte encore dans la mesure où ça m'a changé et que je fais mes choix en fonction, avec le temps ça prend moins de place mais ça reste. On guérit lentement mais on oublie pas on en fait une force. Dix ans après j'y pense encore et j'en pleure même chez la psy.

Il faut que tu acceptes ton statut de victime et que tu arrêtes de t'en vouloir et d'être dure sans raison. Le violent ça a été lui pas toi.

Ce n'est pas parce que tu as un next merveilleux que tu n'y repenseras pas. Que tout deviendra d'un coup merveilleux sans ombre du passé. C'est tout à fait normal ne culpabilise pas. La vie t'a offert une deuxième chance prends les bras grands ouverts. Donne toi du temps et de l'indulgence.
#1329932
Bonjour,

Perso, je ne pense pas que le mot "traumatisme" soit erroné et ta psy me semble assez lucide sur ce qu'elle ressent en toi...
Quand on a vécu un truc choquant, ça laisse des marques qui sont, malheureusement, indélébiles pour la plupart, il faut juste arriver à passer au dessus, mais ça prend un temps certain et surtout de s'en donner les moyens.
Il n'y a que quand on arrive à se dire que le passé, ben c'est le passé et que chaque situation nouvelle doit être traité comme telle que l'on peut sortir la tête de l'eau (ce qui n'empêche pas les mauvaises pensées de revenir régulièrement).

Tu as déjà identifié pas mal de choses et tu sais que tu peux compter sur ton compagnon ? alors partage avec lui ces choses si tu penses qu'i lpeut "encaisser" , il sera sûrement un bon support pour toi et il pourra également te rassurer ...
#1329933
Tu es tellement intransigeante avec toi même Agathe.

Si quelqu'un te tenait les propos que tu tiens envers toi même ( " han tu as regardé d'autres garçons pendant ton ancienne relation , c'est pas bien " , " han mais tu étais aveugle ma pauvre fille de t'être laissée traiter comme ça , ", " han mais tu as tout pour être heureuse pourquoi te prends tu encore la tête ? ") , estimerais tu que c'est un ami ? Quelqu'un dont tu recherches la compagnie ? Je ne veux pas te faire le coup mega galvaudé de " sois ta meilleure amie " , mais pourtant, encore une fois " cut yourself some slack " ;)

Bref , pourrais tu te dire " bah oui c'est comme ça je n'ai pas fait le deuil de mon ancienne relation, jy pense encore énormément " . Oui c'est comme ça, tu n'es pas un robot , tu es imparfaite ...

Pour te répondre, oui dans ma relation dont la fin m'a amenée ici , j'ai eu des pensées envahissantes très très longtemps. En revanche j'ai cessé très tôt de culpabiliser à ce sujet. La culpabilité et le jugement, tu auras toujours des tonnes d'autres pour t'en faire part :roll:
Mon ex qui m'avait rendu très violemment responsable de la fin de notre relation( tout en minimisant ma douleur ) , parfois même des amis sur le mode " oui bon ben c'est une rupture , c'est banal hein " et sûrement un paquet pour qui je n'avais sûrement que la monnaie de ma pièce, cette relation ayant été le catalyseur de mon divorce .

J'ai décidé que j'avais le droit de souffrir beaucoup, et longtemps , même sil n'y avait pas eu " mort d'homme" et si par ailleurs tout allait très bien.

Plus de 2 ans après j'ai fait de l'EMDR aussi, car oui, il y avait eu un traumatisme qui tournait en boucle ( je me suis accordé ce droit même si je n'avais pas combattu en Irak ;) ). Je me rappelle dire à ma psy " ça m'agace j'y pense encore beaucoup trop, alors que par exemple je ne pense jamais au père de ma fille "- alors qu'on se prend la tête encore régulièrement :lol: . En discutant avec elle j'ai compris qu'il m'arrivait aussi de penser au père de ma fille , mais que je ne portais aucun jugement sur cette pensée( que jestimais légitime ) contraitement à l'ex qui m'a amenée ici où je retenais la pensée en la jugeant " anormale " . Et du même coup je lui donnais des proportions plus importantes au lieu de la laisser passer. Ces qqs séances d'EMDR ont vraiment parachevé ma guérison. Pour autant je m'autorise le droit d'être un peu chamboulée quand je passe une journée de réunion où cet ex est présent ;) ) . Bref, je ne suis sans doute pas très claire , j ai peu dormi et dans un avion ;)

Je ne sais pas si tu avais vu les vidéos rupture de Swann Perisse. Une fois j'ai vu une itw d'elle où elle disait que ces vidéos qu' elle avait faites l'avait aidée à comprendre deux choses : que oui elle avait beaucoup beaucoup aimé, et que oui elle avait beaucoup beaucoup souffert . L'admettre c'est déjà le chemin de la guérison ;)

Bisous fabuleux poulette :bisou:
Janysse ont aimé ça
#1329954
Coucou Agathe,

Contente de te lire <3

Bien sûr que tu as vécu un traumatisme, et non ce n'est pas un mot trop fort. Rien ne sert de comparer ton vécu à celui de militaires. Tu souffres, tu revis la situation de façon récurrente, donc c'est un traumatisme ; qui peut prendre du temps à guérir.

Pour ce qui est des fantômes du passé, tu sais, je crois que passé un certain âge, après certaines expériences plus ou moins douloureuses, voire traumatiques, il faut accepter de renoncer à l'insouciance qu'on avait à 20 ans. Tout le monde a un passé, et il n'y a rien d'anormal à ce que tu ressasses le tien, même si tu es dans une nouvelle relation qui t'apporte ce dont tu as besoin. Le travail psy de long terme t'aidera à vivre tout cela de façon plus apaisée avec le temps. Et ce n'est pas parce que tu as vécu tout ça une fois que cela se reproduira nécessairement avec ton nouveau copain. Cela demande une vigilance de tous les instants, mais cela vaut parfois le coup de prendre le risque.

Voilà je ne sais pas trop quoi te dire de plus parce que je vis un peu la même chose. J'ai peur à chaque instant, que mon nouveau copain parte, que ça tourne mal, que ça se finisse comme ça se finit d'ordinaire... Je ne suis pas d'une grande aide mais je comprends ce que tu traverses.

À bientôt Agathe ! D'ici là profite de cette douceur qui s'offre à toi...