Aide et conseilspour récupérer ton ex !

Si le coeur vous en dit, racontez-nous votre histoire en détails
Coucou, c'est Antoine ! Mon équipe et moi-même avons créé un test qui te permet de déterminer avec précision tes chances de reconquérir ton ex. Fais le test en cliquant sur le bouton ci-dessous !

J'accède au test

#1321727
Lue sur le Net :

Frida Kahlo à Diego Rivera :

« 12 septembre 1939

Ma nuit est comme un grand cœur qui bat.
Il est trois heures trente du matin.
Ma nuit est sans lune.
Ma nuit a de grands yeux qui regardent fixement une lumière grise filtrer par les fenêtres.
Ma nuit pleure et l'oreiller devient humide et froid.
Ma nuit est longue et longue et longue et semble toujours s'étirer vers une fin incertaine.
Ma nuit me précipite dans ton absence.
Je te cherche, je cherche ton corps immense à côté de moi, ton souffle, ton odeur.
Ma nuit me répond : vide ; ma nuit me donne froid et solitude.
Je cherche un point de contact : ta peau. Où es-tu ? Où es-tu ?
Je me tourne dans tous les sens, l'oreiller humide, ma joue s'y colle, mes cheveux mouillés contre mes tempes.
Ce n'est pas possible que tu ne sois pas là.
Ma tête erre, mes pensées vont, viennent et s'écrasent, mon corps ne peut pas comprendre.
Mon corps te voudrait.
Mon corps, cet aléa mutilé, voudrait un moment s'oublier dans ta chaleur, mon corps appelle quelques heures de sérénité.
Ma nuit est un cœur en serpillière.
Ma nuit sait que j'aimerais te regarder, chaque courbe de ton corps, reconnaître ton visage et le caresser.
Ma nuit m'étouffe du manque de toi.
Ma nuit palpite d'amour, celui que j'essaie d'endiguer mais qui palpite dans la pénombre, dans chacune de mes fibres.
Ma nuit voudrait bien t'appeler mais elle n'a pas de voix.
Elle voudrait t'appeler pourtant et te trouver et se serrer contre toi un moment et oublier ce temps qui massacre.
Mon corps ne peut pas comprendre.
Il a autant besoin de toi que moi, peut-être qu'après tout lui et moi ne formons qu'un.
Mon corps a besoin de toi, souvent tu m'as presque guérie.
Ma nuit se creuse jusqu'à ne plus sentir la chair et le sentiment devient plus fort, plus aigu, dénué de la substance matérielle.
Ma nuit me brûle d'amour.
Il est quatre heures du matin.
Ma nuit m'épuise.
Elle sait bien que tu me manques et toute son obscurité ne suffit pas pour cacher cette évidence.
Cette évidence brille comme une lame dans le noir.
Ma nuit voudrait avoir des ailes qui voleraient jusqu'à toi,
t'envelopperaient dans ton sommeil et te ramèneraient à moi.
Dans ton sommeil, tu me sentirais près de toi et tes bras m'enlaceraient sans que tu te réveilles.
Ma nuit ne porte pas conseil.
Ma nuit pense à toi, rêve éveillé.
Ma nuit s'attriste et s'égare.
Ma nuit accentue ma solitude, toutes mes solitudes.
Son silence n'entend que mes voix intérieures.
Ma nuit est longue et longue et longue.
Ma nuit aurait peur que le jour n'apparaisse jamais plus mais à la fois ma nuit craint son apparition, parce que le jour est un jour artificiel où chaque heure compte double et sans toi n'est plus vraiment vécue.
Ma nuit se demande si mon jour ne ressemble pas à ma nuit. Ce qui expliquerait pourquoi je redoute le jour aussi.
Ma nuit a envie de m'habiller et de me pousser dehors pour aller chercher mon homme.
Mais ma nuit sait que ce que l'on nomme folie, de tout ordre, sème désordre, est interdit.
Ma nuit se demande ce qui n'est pas interdit.
Il n'est pas interdit de faire corps avec elle, ça, elle le sait. Mais elle s'offusque de voir une chair faire corps avec elle au fil de la désespérance. Une chair n'est pas faite pour épouser le néant.
Ma nuit t'aime de toute sa profondeur, et de ma profondeur elle résonne
aussi.
Ma nuit se nourrit d'échos imaginaires. Elle, elle le peut. Moi. j'échoue.
Ma nuit m'observe. Son regard est lisse et se coule dans chaque chose.
Ma nuit voudrait que tu sois là pour se couler en toi aussi avec
tendresse.
Ma nuit t'espère. Mon corps t'attend.
Ma nuit voudrait que tu reposes au creux de mon épaule et que je me repose au creux de la tienne.
Ma nuit voudrait être voyeur de ta jouissance et de la mienne, te voir et me voir trembler de plaisir.
Ma nuit voudrait voir nos regards et avoir nos regards chargés de désir.
Ma nuit voudrait tenir entre ses mains chaque spasme.
Ma nuit se ferait douce.
Ma nuit gémit en silence sa solitude au souvenir de toi.
Ma nuit est longue et longue et longue.
Elle perd la tête mais ne peut éloigner ton image de moi, ne peut engloutir mon désir.
Elle se meurt de ne pas te savoir là et me tue.
Ma nuit te cherche sans cesse.
Mon corps ne parvient pas à concevoir que quelques rues ou une quelconque géographie nous séparent.
Mon corps devient flou de douleur de ne pouvoir reconnaître au milieu de ma nuit ta silhouette ou ton ombre.
Mon corps voudrait t'embrasser dans ton sommeil.
Mon corps voudrait en pleine nuit dormir et dans ces ténèbres être réveillé parce que tu l'embrasserais.
Ma nuit ne connaît pas de rêve plus beau que celui-là.
Ma nuit hurle et déchire ses voiles, ma nuit se cogne à son propre silence, mais ton corps reste introuvable. Tu me manques tant. Et tes mots. Et ta couleur.
Le jour va bientôt se lever. »

Je t’embrasse.
#1321768
C'est la plus célèbre de ses lettres, et je la trouve très touchante. Cette femme sublime a vécu une histoire d'amour hors du commun avec un homme qui ne pouvait s'empêcher de la tromper. Ils se sont mariés deux fois, se sont quittés, retrouvés... Je ne sais ce qu'il se serait passé si ce forum avait existé à l'époque et qu'elle s'y soit rendue ;)

Ces nuits là, sans sommeil, sans l'autre auprès de soi, elles disent aussi qu'il y a cet autre, que même s'il n'est pas là, il est quelque part, et ce que j'entends dans ses mots, c'est la souffrance, oui, mais aussi la certitude qu'il reviendra. Peut-être parce que je connais leur histoire, et qu'il est toujours revenu ? Elle est belle, leur histoire, je trouve, malgré les épreuves lourdes qu'ils ont traversé.

Et moi aussi je t'embrasse
#1321895
J’aime également beaucoup cette lettre.


La nuit

Ça commence par un moment de flottement quand le soleil recule
Un parfum d'hésitation qu'on appelle le crépuscule
Les dernières heures du jour sont avalées par l'horizon
Pour que la nuit règne sans partage ; elle a gagné, elle a raison

En fait, j'aime cet instant, j'vois le changement d'atmosphère
Et si j'y pense un peu, j'me demande comment ça peut se faire
Ce miracle quotidien, le perpétuel mystère
Qui fait qu'en quelques secondes, on passe du côté obscur de la Terre

Voici une note pour la nuit, les nuits, les miennes, les tiennes
Je ne sais pas comment tu les vis ; moi, mes nuits m'appartiennent
Je les regarde et je les visite ; c'est mon royaume, mon château
Je les aime et c'est tant mieux, parce que j'aime pas me coucher tôt

J'te parle pas des nuits parisiennes, des lumières et des décibels
J'préfère celles du silence et d'la pénombre qui est si belle
J'te parle pas des nuits en boîte, celles des branleurs et celles des pouffes
Je préfère les trottoirs vides… quand la ville reprend son souffle

Comment exprimer ce que la nuit m'inspire
Ce qu'elle nous suggère et ce qu’elle respire
Ce moment d'obscurité qui met en lumière nos fissures
L'ambiguïté en manteau noir, la nuit fait peur, la nuit rassure

En tout cas, c'qui est sûr, c'est qu'elle influence nos cerveaux
Prends pas de grandes décisions la nuit, tu sais jamais ce que ça vaut
Pourtant, elle peut être parfois un moment d'extrême lucidité
Et c'est souvent la nuit qu'tu crois détenir la vérité

Chaque nuit, la suspicion fête son anniversaire
Et quand tu croises un mec dans la rue, il te matte comme un adversaire
Y'a des regards méfiants, menaçants ou pleins de panique
En tout cas, c'qui est bien la nuit, c'est qu'y’a personne sur le périphérique

Et si t'as pas de voiture, surtout loupe pas le dernier métro
Sinon tu raques un taxi ou tu dors avec les chards-clo
Tu découvres alors que la lune n'est pas toujours blonde
Tu découvres la vraie nuit, son vrai rythme et son vrai monde

C'est vrai que la faune de la nuit est assez particulière
Y'a ceux qui taffent, y'a ceux qui sortent pour voir les putes ou boire une bière
La police est là aussi, alors on peut se manger quelques claques
Quand on répond un peu trop fort lors d'un contrôle de la BAC

Dans ta nuit, la journée qui vient de finir se reflète
Tu fais ton p'tit bilan, journée de galère ou jour de fête
Si t'as peur du lendemain, tu penses aux proverbes un peu balourds
« La nuit porte conseil » ou bien : « demain, il fera jour »

Voici une note pour la nuit, douce nuit d'été ou longue nuit d'hiver
Nuit calme et reposée, ou nuit trop riche en faits divers
Nuit blanche lors d'une nuit noire où même la lune s'est dérobée
J'te propose juste quelques photos de notre monde, face B

Voici une note pour la nuit qui nous a vus remplir tellement de pages
Qu'à cet instant, je la fixe sur ma feuille… comme un hommage
Elle offre aux poètes tellement d'heures sans bruit
Qu’à c'qui paraît, la nuit, tous les stylos sont pris…

Grand Corps Malade


Prends bien soin de toi en ces temps troublés. *Bisou*
#1322367
Si seulement le monde était plus poétique...
Mais voilà. Non.
Pire encore, il est fait aujourd'hui de virtuel, de masques, de forums anonymes... Et aussi, regarde ! de mots, de mots vraiment pensés, envoyés, sentis. De poésie aussi.
Oui, il l'est si tu veux le voir ainsi...

Plus prosaïquement, où en suis-je ? 2eme confinement. Il est là plus prévenant que jamais, peut-être parce que je trébuche... Des trucs de la vie à gérer, beaucoup. Des décisions à prendre, être forte face aux autres, il le faut, alors lui... Il est le seul qui sache qu'au fond de moi je doute. Il le sait, et il les protège, ces doutes. Ou peut-être pas. Peut-être que c'est juste ce que je crois, et qu'il s'en fout.
Et puis... Quelle importance ?
Est-ce que, même lorsque l'amour est indéniable, infini, suant par tous les pores, les sourires et les yeux, même lorsque en vrai on ne sait pas vraiment mais oh la la c'est trop beau je veux pas voir autre chose, bref, même lorsque l'amour est là, est-ce que l'on est vraiment sûr, à chaque instant, que l'autre n'est là que par altruisme ? Pour moi, la réponse est non. Alors finalement, que cette réponse soit aussi négative dans ma propre histoire n'est pas dénué de sens. Bien au contraire....
Et si mon histoire était juste, en fait, une histoire banale parmi tant d'autres ?

Kilian, j'ai plein d'autres pages emplies de mots à te faire lire :)
#1322464
[« Si seulement le monde était plus poétique...
Mais voilà. Non.
Pire encore, il est fait aujourd'hui de virtuel, de masques, de forums anonymes... Et aussi, regarde ! de mots, de mots vraiment pensés, envoyés, sentis. De poésie aussi.
Oui, il l'est si tu veux le voir ainsi... »]


C’est vrai…


[« Il est le seul qui sache qu'au fond de moi je doute. Il le sait, et il les protège, ces doutes. Ou peut-être pas. Peut-être que c'est juste ce que je crois, et qu'il s'en fout.
Et puis... Quelle importance ? »]


Il vaut mieux que tu les sentes protégés qu’exacerbés à son contact, ne penses-tu pas ? Si tu te sentais en insécurité à ses côtés, là, ce serait alarmant… Cela fait du bien de se sentir soutenue, etc. Laisse-toi juste un peu bercer, comme le dirait Ben Mazué…


[« même lorsque l'amour est là, est-ce que l'on est vraiment sûr, à chaque instant, que l'autre n'est là que par altruisme ? Pour moi, la réponse est non. »]

Pour moi également. Même si l’autre est dévoué, généreux, etc., je ne suis pas sûre qu’il resterait si la relation ne lui apportait vraiment rien du tout. Nous non plus, d’ailleurs.


[« Et si mon histoire était juste, en fait, une histoire banale parmi tant d'autres ? »]

Banale et spéciale à la fois, sans doute. Banale au regard des autres histoires. Spéciale à tes yeux, notamment ; tu ne l’aurais pas choisie sinon.


[« Kilian, j'ai plein d'autres pages emplies de mots à te faire lire »]

Avec plaisir. Tu sais, je ne sais pas où tu habites, je dois résoudre quelques problèmes et tenter d’aller au bout de mon projet professionnel, mais j’aimerais beaucoup te rencontrer en vrai, sans masque, un jour… Alors, je ne sais pas si nous passerons encore ici de temps à autre dans un an ou deux, mais si tel est le cas, j’espère que nous pourrons organiser cela.


Plein de courage dans tes galères, Rêves.

Je t’embrasse.