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#1316876
Coucou

Ça fait une semaine que c'est fini, et ça me paraît loin, dans une autre vie. Entre temps j'ai démonté mes meubles, vidé mes étagères, rempli des tas de cartons, et mon petit cocon que j'ai tant chéri est devenu un bordel monumental tout sauf accueillant. J'ai revu des ami·es. J'ai revu Albert qui m'a présenté son copain. Si j'avais cru écrire ça un jour, il y a de ça 3-4 ans ! La vie ne se déroule jamais comme prévu :lol: Et c'était sympa de le revoir, mais ça m'a gonflée. De leur faire à manger, de me taper la vaisselle, pas une proposition rien. D'avoir passé 5 ans à m'occuper de lui et des autres juste pour qu'ils m'aiment un peu, à faire la bonniche un peu. J'ai revu d'autres ami·es, des potes plus récents, rencontrés juste avant le confinement, et c'était doux et tendre et chouette, et rassurant et iels m'ont aidée à faire à manger, à faire la vaisselle. Je n'exige pas du tout ça de mes invité·es mais c'est plus qu'apprécié. Autre fun fact, le type de mon école dont je m'étais entichée l'année dernière, celui qui a une copine, l'a épousée dernièrement. Pourquoi elle nous raconte tout ça vous pensez ? Je ne sais pas. Juste pour dire que la vie continue, qu'elle est toujours aussi pleine de belles personnes, que j'apprends à m'entourer de ces belles personnes qui me font du bien. Et mon coeur est déchiré entre la tristesse de laisser derrière moi tout ce que je laisse, l'excitation de commencer une nouvelle vie, et la gratitude pour tout ce(ux) que j'ai connu(s).

J'ai peur de partir, je fais des cauchemars toutes les nuits, quand j'arrive à dormir. Je me demande pourquoi je fais ça. Pourquoi je quitte cette vie que j'ai construite si difficilement, si patiemment, et dont je suis très fière, pourquoi je quitte mon appartement, pourquoi je quitte Paris, pourquoi je ne suis pas une jeune cadre dynamique, consultante dans un truc d'environnement à gagner 3000 euros par mois ? Pourquoi je pars à l'autre bout de la France pour passer mes journées dans des villages pollués, dans des laboratoires de science, pourquoi je fais ça pour 1400 euros par mois, pourquoi ? Et si j'étais restée, est-ce que Monsieur Tendre aurait bien voulu tenter ? Pourquoi je veux faire de ma vie une succession de déplacements, et s'ils me considèrent tous comme une copine à durée déterminée ?

Et aucune de ces questions n'a de réponse. Si ce n'est : je l'ai choisi. C'est mon choix, et j'en suis malgré tout fière et heureuse, c'est aussi ce que je suis. Et le garçon qui m'aimera, peut-être qu'il m'aimera justement pour ça.

Je suis très triste quand je pense à Monsieur Tendre, j'ai le coeur en miettes, et je pleure beaucoup. Je me sens très lasse et fatiguée, je crois qu'il me manque un peu, mais pas assez pour que je sois malheureuse. Je ne suis pas malheureuse en fait. Je n'ai ni le temps ni la place. Je cours à mes rendez-vous, je fais mes cartons, j'angoisse pour toute la logistique, j'ai peur de ce changement. Où diable aurais-je bien pu le caser ? Je n'étais pas disponible non plus en fait. Ça ne pouvait effectivement que se terminer comme ça. Et je crois que c'est aussi quelque chose que je répète dernièrement : me lancer avec mon dernier ex alors que je suis en pleine dépression (j'écrivais dans mon journal à l'époque que je n'avais rien à lui offrir), m'enticher du type casé alors que je sortais à peine de ma relation avec ledit ex, vouloir lancer quelque chose de sérieux avec Monsieur Tendre alors que je changeais de vie 8 semaines plus tard.

Je suis dans la phase où j'espère qu'un jour on se reverra, qu'on sera tous les deux libres et dispos et roule ma poule. Alors que la vie peut se passer de mille façons différentes entre temps. Ma psy dit que la vie n'est pas finie, qu'il ne faut jamais dire jamais, mais j'ai trop connu la peine qu'engendre l'espoir pour m'accrocher à cela. Je me dis un jour peut-être. Mais qui peut savoir ? Je n'ai pas non plus de colère, juste énormément de frustration qu'il ne m'ait pas laissé rentrer dans sa vie ; soit qu'il se protégeait de la fin, qu'il tenait l'attachement à distance, ou qu'il n'avait pas envie, tout simplement. Avec un tout petit peu de recul, je regrette quand même de ne pas avoir exprimé mes envies plus clairement, et avant. Ça n'aurait peut-être rien changé à ses sentiments ou plutôt leur absence, mais je me serais rendu service.

Voilà, je pleure beaucoup beaucoup mais je me sens un peu plus apaisée. Je laisse aussi derrière moi des souvenirs douloureux, des personnes pas forcément bonnes pour moi. Je pense que les galères ne sont pas finies, mais qu'il y a aussi de belles choses qui m'attendent. En attendant c'est bientôt l'été, les parcs ont finalement rouvert, je suis en bonne santé (physique), mes proches aussi, je vais vivre au bord de la mer, j'ai un bon salaire pour ça, et j'ai appris à cultiver la joie.

:bisou:
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#1317000
Coucou

Hier j'ai écrit une lettre à Monsieur Tendre, je lui ai écrit tout ce que je n'ai pas osé lui dire, à quel point il me plaisait, que je me projetais avec lui, que j'avais envie de construire. Je l'ai écrite dans mon journal bien sûr, qu'il la lise me ferait juste de la peine, je ne veux pas m'exposer à son silence ou pire, sa bienveillance embarrassée.

Je prends un jour l'un après l'autre, j'accomplis mes tâches, difficilement, il me faut beaucoup d'effort pour agir, pour manger. Je me laisse franchement aller. Ma mère arrive aujourd'hui pour m'aider à emballer tout ce qui reste de mes vies parisiennes. Je me projette à Montpellier, j'achète des billets pour partir en weekend. J'ai posé mon premier jour de congé depuis que j'ai commencé mon contrat.

Pour Monsieur Tendre je me dis que c'est le timing, que c'était la bonne personne au mauvais moment, que je changeais de vie, lui aussi, qu'il s'est protégé, a mis de la distance, pas moi. Je me raconte une histoire d'amour impossible et de peine partagée plutôt que d'admettre que je ne lui plaisais pas assez. Plutôt que d'admettre que la bonne personne au mauvais moment n'est pas la bonne personne. J'espère chaque jour un peu plus un message d'amour qui ne viendra jamais. Le bus est passé devant chez lui, je me suis sentie mal. Ce chez lui je ne l'ai vu qu'une fois et en forçant la porte. Je me suis imposée. J'ai paniqué parce qu'au bout de 3 mois il ne m'avait toujours pas invitée chez lui. Il me parlait 3 fois par semaine des bons petits plats qu'il cuisinait, photos à l'appui, et jamais il n'a attrapé une de mes perches pour m'inviter, jamais il n'a cuisiné pour moi, accompli ce geste de soin qu'on fait pour ceux qui comptent. Là ça me met un peu en colère. Contre lui ou contre moi je ne sais pas trop, mais je constate qu'une fois encore j'ai donné donné, et même s'il était tendre et respectueux, et que c'était clairement ma meilleure histoire finalement, j'ai donné plus que lui n'a donné. J'ai vraiment un problème avec ça. Je suis une personne généreuse, je donne beaucoup de moi aux autres, mais je me rends compte maintenant (et en relisant vos messages), que je donne aussi pour qu'on m'aime, pour qu'on m'apprécie, pour qu'on se dise Janysse est tellement généreuse. Mais est-ce que ça enlève fondamentalement le sens à ces dons ? Si je donne inconsciemment pour être aimée, je le fais aussi avec un plaisir immense. Don contre-don, tout ça.

Je tourne en rond, j'ai besoin de partir.

J'ai fait une séance d'EMDR avec ma psy. Au cours de la séance, sont revenus au galop tous nos échanges ici, tous ces mots que vous avez pris le temps, avec générosité, de m'écrire, tout est remonté, j'ai crié, pleuré, je me suis vidée. Ça va mieux mais j'ai le cerveau retourné, des souvenirs qui remontent. Le jour où mon père a cassé une assiette par colère, où j'ai eu peur, peur, peur. Quand ma mère a eu un cancer. Je n'arrête pas d'oublier cet épisode de nos vies. C'est le bazar dans ma tête. Je fais ce que m'a dit ma psy, je met dans un coin tout ce qui remonte pour débriefer avec elle la prochaine fois. Je pense que je vais poursuivre ce genre de thérapie dans ma nouvelle ville. Ce que Carrie écrit sur le post de I Had a dream m'a fait réfléchir. Parler une heure par semaine avec ma psy m'a fait énormément avancer ces 18 derniers mois mais je crois qu'une thérapie plus brève avec EMDR m'aidera encore plus.

J'ai beaucoup réfléchi aussi à cette histoire de rêver sa vie plutôt que la vivre. En début de semaine il faisait beau et chaud et les terrasses ont rouvert chez nous. Je rêvais d'un verre en terrasse, au soleil, avec une bière etc. Ce truc que j'ai fantasmé depuis 2 mois. Une amie était partante, nous nous sommes installées en terrasse, j'ai passé un très bon moment, mais ça n'était pas comme dans mon fantasme. Je crois que je sais très bien fantasmer et beaucoup moins profiter de l'instant présent. Je ne sais pas si c'est ce que vous avez voulu dire, mais je réfléchis.

Enfin, je me suis rendue compte de ce mécanisme qui consiste chez moi à dire "je suis nulle" pour attirer la réassurance de l'autre. Je me vois et je m'entends faire. Je le verbalise parfois si je suis avec une personne de confiance. Mais je suis incapable de ne pas le faire, ça doit faire beaucoup trop longtemps (flash souvenir à l'instant, je me revois enfant dire à ma mère, tout le temps "je suis nulle" et elle me rassurer) que je fonctionne comme ça. Comment me rassurer alors ? Comment me rassurer sans exiger de l'autre des paroles rassurantes, sans me comparer aux autres ? Dès que je regarde où j'en suis dans mon travail par exemple, je panique, je suis loin derrière, je n'ai pas assez lu pas assez fait, je ne lis pas assez vite, je ne suis pas assez.

Voilà pour les réflexions que nos derniers échanges ont fini par inspirer. Merci encore. Elles ont fait leur chemin, par l'EMDR peut-être. Je n'ai pas la réponse à toutes ces questions, et je sais que j'ai encore besoin de beaucoup être rassurée. Mais je commence à comprendre les contours du dessin.

Allez, dernière ligne droite avant le grand départ.

Je vous embrasse
#1317001
Bonjour Janysse
Janysse a écrit : 04 juin 2020, 09:52 Pour Monsieur Tendre je me dis que c'est le timing, que c'était la bonne personne au mauvais moment, que je changeais de vie, lui aussi, qu'il s'est protégé, a mis de la distance, pas moi. Je me raconte une histoire d'amour impossible et de peine partagée plutôt que d'admettre que je ne lui plaisais pas assez.
Comme l'a très justement dit Selmasultane sur un autre thread, se dire que la fin de la relation est due à un obstacle indépendant de vos volontés à chacun est beaucoup plus hollywoodien que de regarder la vérité en face et se dire que lui ne s'est certainement jamais projeté avec toi. Oui, ça pique, mais il y a de fortes probabilités que ce soit ça la vraie raison. Car, aujourd'hui, avec les moyens de transport et de communication mis à disposition, ça pouvait fonctionner entre vous, même à distance (et cela n'aurait pas durer toute votre vie).

Je me rappelle aussi de ce que Paige racontait quand elle faisait ses études loin de son chéri (avec qui elle est toujours aujourd'hui), et pourtant c'était il y a plus de 20-25 ans, elle allait à la cabine téléphonique (terme que les moins de 20 ou 30 ans ne doivent pas connaître) pour lui parler. Et leur couple a tenu.

Janysse a écrit :Je suis une personne généreuse, je donne beaucoup de moi aux autres, mais je me rends compte maintenant (et en relisant vos messages), que je donne aussi pour qu'on m'aime, pour qu'on m'apprécie, pour qu'on se dise Janysse est tellement généreuse. Mais est-ce que ça enlève fondamentalement le sens à ces dons ? Si je donne inconsciemment pour être aimée, je le fais aussi avec un plaisir immense. Don contre-don, tout ça.

Je ne te connais pas suffisamment pour savoir si tu es une personne généreuse. La "vraie" générosité est rare, très rare.
Je vais pendre un exemple lambda. Croiser un SDF dans la rue, lui offrir à manger et parler ensuite, au détour d'une conversation anodine avec des amis, de la famille, de ce geste dépourvu de retour (le SDF ne pourra pas te rendre la pareille, il te remerciera c'est tout), est-ce réellement de la générosité ou un moyen de monter dans sa propre estime ou dans celle des autres?
Alors oui, le geste est généreux, pas de doute là-dessus car rien n'obligeait à le faire. Mais n'y-a-t-il pas une intention bien cachée derrière tout ça?
Perso, je sais que ce genre de geste me fait aussi et surtout du bien à moi, c'est peut-être une forme de générosité envers moi-même!

A toi de t'interroger sur le sens de ces "dons"... Et en même temps, est-ce si important que ça? Car dans mon exemple, tout le monde est content finalement: le SDF qui aura à manger, et moi qui me sens bien après avoir fait ce geste.

Janysse a écrit :J'ai beaucoup réfléchi aussi à cette histoire de rêver sa vie plutôt que la vivre. En début de semaine il faisait beau et chaud et les terrasses ont rouvert chez nous. Je rêvais d'un verre en terrasse, au soleil, avec une bière etc. Ce truc que j'ai fantasmé depuis 2 mois. Une amie était partante, nous nous sommes installées en terrasse, j'ai passé un très bon moment, mais ça n'était pas comme dans mon fantasme. Je crois que je sais très bien fantasmer et beaucoup moins profiter de l'instant présent. Je ne sais pas si c'est ce que vous avez voulu dire, mais je réfléchis.
Entre autre, oui
A force de fantasmer les choses, on ne peut qu'être déçu/e de la réalité.
Rêver prendre un verre en terrasse après ces semaines de confinement est tout à fait naturel. Y mettre par contre autant d'implication (je ne trouve pas le mot) l'est beaucoup moins.

Tu chemines Janysse mais tu es encore beaucoup trop centrée sur toi, tu ne regardes pas suffisamment ce qui se passe autour.
Je vais reprendre un exemple déjà donné sur le forum. Imagine que tu es serveuse et que tu portes un plateau rempli de verres pleins. Si tu regardes tes pieds, tu as de grands risques de te vautrer. Si par contre tu regardes là où tu veux aller, il y a de grandes chances que tu y parviennes sans encombre.

Qu'en penses-tu?
#1317003
Bonjour Carrie,
Carrie007 a écrit :Comme l'a très justement dit Selmasultane sur un autre thread, se dire que la fin de la relation est due à un obstacle indépendant de vos volontés à chacun est beaucoup plus hollywoodien que de regarder la vérité en face et se dire que lui ne s'est certainement jamais projeté avec toi. Oui, ça pique, mais il y a de fortes probabilités que ce soit ça la vraie raison. Car, aujourd'hui, avec les moyens de transport et de communication mis à disposition, ça pouvait fonctionner entre vous, même à distance (et cela n'aurait pas durer toute votre vie).

Je me rappelle aussi de ce que Paige racontait quand elle faisait ses études loin de son chéri (avec qui elle est toujours aujourd'hui), et pourtant c'était il y a plus de 20-25 ans, elle allait à la cabine téléphonique (terme que les moins de 20 ou 30 ans ne doivent pas connaître) pour lui parler. Et leur couple a tenu.
Oui, je sais. C'est pour ça que j'ai coupé le contact. Ma meilleure amie, qui voulait sans doute alléger ma peine, m'a mis cette idée en tête. Quand je lui ai répliqué que les circonstances dans lesquelles son couple actuel est né étaient encore pires (séparation d'avec son précédent copain, vies étalées sur trois pays différents, distance, manque d'argent etc), elle a botté en touche. J'avais oublié à quel point ça faisait mal d'aimer/se projeter sans réciprocité.
Carrie007 a écrit :Je ne te connais pas suffisamment pour savoir si tu es une personne généreuse. La "vraie" générosité est rare, très rare.
Je vais pendre un exemple lambda. Croiser un SDF dans la rue, lui offrir à manger et parler ensuite, au détour d'une conversation anodine avec des amis, de la famille, de ce geste dépourvu de retour (le SDF ne pourra pas te rendre la pareille, il te remerciera c'est tout), est-ce réellement de la générosité ou un moyen de monter dans sa propre estime ou dans celle des autres?
Alors oui, le geste est généreux, pas de doute là-dessus car rien n'obligeait à le faire. Mais n'y-a-t-il pas une intention bien cachée derrière tout ça?
Perso, je sais que ce genre de geste me fait aussi et surtout du bien à moi, c'est peut-être une forme de générosité envers moi-même!

A toi de t'interroger sur le sens de ces "dons"... Et en même temps, est-ce si important que ça? Car dans mon exemple, tout le monde est content finalement: le SDF qui aura à manger, et moi qui me sens bien après avoir fait ce geste.
Ma famille m'a toujours répété que j'étais une sale égoïste, que je ne pensais qu'à moi, que je ne voulais pas partager. Quand un ancien amoureux m'a dit que j'étais généreuse, ça m'a fait tout drôle. J'ai voulu y croire peut-être que ça n'est pas vrai. Pour moi il n'y a pas de don sans motivation, quelle qu'elle soit. Ça ne veut pas dire que c'est un faux don, ou de la fausse générosité. Ce qui compte c'est de donner je crois.
Carrie007 a écrit :Tu chemines Janysse mais tu es encore beaucoup trop centrée sur toi, tu ne regardes pas suffisamment ce qui se passe autour.
Je vais reprendre un exemple déjà donné sur le forum. Imagine que tu es serveuse et que tu portes un plateau rempli de verres pleins. Si tu regardes tes pieds, tu as de grands risques de te vautrer. Si par contre tu regardes là où tu veux aller, il y a de grandes chances que tu y parviennes sans encombre.

Qu'en penses-tu?
Oui, c'est une chose que tu m'as déjà écrite ici. Mais très sincèrement je ne comprends toujours pas. On me dit de faire un travail sur moi, de me recentrer sur moi, d'être heureuse avec moi, d'apprendre à m'aimer, etc etc. Je ne comprends pas ce que je dois faire là, ce que je fais mal. Ce que ça veut dire de regarder où je veux aller, j'ai l'impression de ne faire que ça depuis 10 ans. Je suis vraiment perdue.
#1317005
Janysse a écrit : 04 juin 2020, 10:54 Oui, c'est une chose que tu m'as déjà écrite ici. Mais très sincèrement je ne comprends toujours pas.
C'est que tu es encore sur le cheminement.
Il y a des choses que mon psy me disait qui ne me faisait pas du tout écho. E puis, paf, d'un coup, des mois après ou même parfois des années après, enfin je comprenais ce qu'il voulait me faire comprendre.
#1317011
J'espère alors que le cheminement continuera. Je refuse de continuer à me retrouver tous les ans avec une peine de coeur qui ressemblerait encore aux autres. Je me dis que j'ai fait du chemin déjà. J'ai trop de choses dans la tête, j'ai besoin d'agir là, plus de pleurer au fond de mon lit.
Bisous
#1317019
Coucou Janysse,

Je souhaitais justement venir prendre de tes nouvelles. Je t'ai lu.. J'ai lu tes pensées d'il y a quelque temps et je dois dire que je partage absolument tout.. J'aimerais aussi avoir la chance de vivre avec un copain, partir en vacances avec lui, dormir à ses côtés... Et en même temps je me dis que le jour où je vivrai tout ça je pourrais jamais m'en remettre si ça s'arrête.. J'aurais partagé trop de choses avec lui...

Encore dans le fantasme et le rêve je te rejoins absolument. En y réfléchissant je me dis comme toi que j'étais dans une relation pas réciproque et que je l'ai idéalisé en rêvant nos moments bien que j'appréciais les peu de moments auxquels j'ai eu droit avec mon ex. Mais la desidealisation est venue lorsque j'ai vu qu'il aimait encore les photos de son ex (juste avant moi) bien qu'il soit avec sa next... Et en fait chui un peu déçue des autres... Comme si la vie de couple ça rime forcément avec rupture, déception et tromperie...

Bref tout ça pour te dire que je ne peux pas t'aider mais lire tes ressentis me font me poser des questions et m'aident à avancer.

As-tu écrit finalement à mr tendre ou non ?

Courage à toi sois forte !

Je te souhaite tout le meilleur pour ton déménagement.

:bisou:

S.
#1317025
Hello jolie Janysse !

Montpellier, comme tu as de la chance :-Heart c'est chouette et ça arrive à point nommé je crois.

Sinon j'ai lu tout, et tout ce qui t'a été écrit est très juste , je ne vois pas que rajouter d'intelligent .

J'ai envie de t'écrire que tu n'as que 25 ans ( je crois ? ) et que tu te mets une pression folle à tous les niveaux , la grande histoire d'amour, la carrière, tout ça, mais j'aurais l'impression de te servir le très galvaudé " tu as toute la vie devant toi " et de minimiser ta peine, ce qui n'est pas mon propos. ( d'autant que je n'ai pas trouvé la vingtaine si légère et insouciante moi même )
De surcroît je pense qu'il n'y a aucun âge pour être à ce point exigeant avec soi même. Louise( je crois ) écrivait quelque chose de très très juste , c'est que chacun a son chemin de vie, que les choses ne sont pas gravées dans le marbre . Bref se comparer sans cesse à la photo heureuse de tel ou tel couple a un instant T en se disant qu'ils ont ce que tu n'as pas , c'est vraiment se condamner à la morosité permanente.

Et puis monsieur Tendre. Je ne diabolise pas les sites de rencontre ( quoi que, je pense que ce n'est pas une super idée quand on se sent fragile ) mais pour la( sans doute )vieille que je suis , Tinder=plan cul quand même ( ou plan cul amélioré ;) ) Il y a sans doute des mariages qui en sont issus hein, mais il ne faut peut être pas perdre ça de vue, ou à tout le moins, te protéger affectivement un peu plus quand tu fais des rencontres par ce biais . ( ou par un autre d'ailleurs ) .

Ton histoire de verre en terrasse me fait penser à une des phrases fétiches de ma mère " rien n'est jamais aussi merveilleux qu'on l'avait projeté, rien n'est jamais aussi horrible qu'on l'avait craint " . Ça paraît une ode à la médiocrité désabusée mais c'est en fait un conseil de vie assez pertinent :D

Bref, après cette intervention pas très structurée, dont j'espère qu'elle ne te blesse pas ( à défaut d'être utile ) je t'embrasse et te souhaite un bon déménagement ( Montpellier :-Heart )
#1317238
Coucou Sophana et Selma,
Je ne vous réponds que maintenant, je suis tout juste rentrée chez mes parents après une semaine de déménagement.

Merci pour ton gentil mot Sophana. J'ai écrit une lettre à M. Tendre mais je l'ai gardée pour moi, je n'ai plus envie de lui écrire. J'ai beaucoup trop donné de moi dans cette histoire, je ne vais pas continuer à lui donner encore. Il serait sans doute touché, sans doute aussi qu'il me répondrait quelque chose de gentil, mais à quoi bon ? C'est une banale histoire où l'un·e s'attache plus que l'autre.
Selmasultane a écrit :Et puis monsieur Tendre. Je ne diabolise pas les sites de rencontre ( quoi que, je pense que ce n'est pas une super idée quand on se sent fragile ) mais pour la( sans doute )vieille que je suis , Tinder=plan cul quand même ( ou plan cul amélioré ) Il y a sans doute des mariages qui en sont issus hein, mais il ne faut peut être pas perdre ça de vue, ou à tout le moins, te protéger affectivement un peu plus quand tu fais des rencontres par ce biais . ( ou par un autre d'ailleurs ) .
Je me suis inscrite précisément parce que je ne me sentais pas fragile, je me sentais forte, bien, mais j'avais envie/besoin de tendresse, de peau à peau, de caresses, de câlins. Et il m'a donné tout ça. Sauf que moi, rapidement, je n'ai plus voulu que ça, j'ai voulu plus. Je voulais qu'on se mette ensemble en fait et lui pas, et voilà. Site de rencontre ou pas, ça ne change rien je pense. Je connais de très nombreux couples rencontrés sur Tinder. Je me suis dit que je voulais une histoire légère, et puis je me suis dit pourquoi pas moi ? J'ai changé d'avis au milieu. Ma meilleure amie me dit que j'ai trop donné, que faire à manger à quelqu'un c'est déjà beaucoup, que jamais elle n'a fait ça avec un plan cul elle. Je me suis sentie nulle, de ne pas savoir comment ça fonctionnait. Et puis en fait je ne veux plus me sentir nulle, j'ai fait ce que j'ai pu avec les armes que j'avais, j'ai beaucoup donné, et j'ai eu en face un garçon qui a beaucoup pris, volontiers, qui a vu venir le truc autant que moi et qui a laissé courir. Je ne suis pas entièrement responsable de ce fiasco.
Selmasultane a écrit :J'ai envie de t'écrire que tu n'as que 25 ans ( je crois ? ) et que tu te mets une pression folle à tous les niveaux , la grande histoire d'amour, la carrière, tout ça, mais j'aurais l'impression de te servir le très galvaudé " tu as toute la vie devant toi " et de minimiser ta peine, ce qui n'est pas mon propos. ( d'autant que je n'ai pas trouvé la vingtaine si légère et insouciante moi même )
De surcroît je pense qu'il n'y a aucun âge pour être à ce point exigeant avec soi même. Louise( je crois ) écrivait quelque chose de très très juste , c'est que chacun a son chemin de vie, que les choses ne sont pas gravées dans le marbre . Bref se comparer sans cesse à la photo heureuse de tel ou tel couple a un instant T en se disant qu'ils ont ce que tu n'as pas , c'est vraiment se condamner à la morosité permanente.
Bientôt 27 mais ça ne change rien à tes propos très justes. Cette pression je la ressens de plus en plus, je me sens prisonnière, j'ai fini hier en larmes chez ma psy pour la dernière fois, à lui demander comment faire cesser la peur, la peur de ne pas être aimée, la peur de finir seule, la peur de ne pas réussir, la peur de ne pas réussir à ne plus avoir peur, la peur de ne jamais m'en sortir, la peur de ne jamais réussir à accepter l'échec, celle de toujours sentir ce poids dans le corps et la gorge, de ne jamais être légère. Je pense tous les jours à ça. À mon célibat, à l'amour qui m'échappe, à tout ce que je ne suis pas, à cette peur, et j'ai peur, je panique. Absolument tous les jours.

Je me sens dévastée. Ce déménagement a été épuisant, douloureux. Mon père a été odieux avec moi. J'ai osé m'affirmer, dire ce qui ne me convenait pas, et j'en ai pris plein la figure. Je me rends compte à quel point il peut être humiliant, rabaissant, j'ai entendu ça absolument toute mon enfance et mon adolescence. Au point de trouver parfaitement normal qu'un amoureux me rabaisse à son tour. J'ai besoin de fuir, de mettre le maximum de distance entre nous.

Je m'étais fait une montagne de ce déménagement, quitter Paris en grande pompe, remettre mes clés en larmes, partir le coeur arraché, mais non, rien de tout ça. Une preuve de plus pour moi-même que je fantasme ma vie dans tous ses détails. Je n'ai pas versé une larme, et j'ai récuré pendant 2 jours entiers mon nid vide, mon état des lieux a duré 20 min, rien de plus à dire, tout est propre, tout est nickel, vous voulez dire au revoir ? Non. Je suis partie. Je crois que j'étais prisonnière de Paris, j'étais installée alors que ce n'est pas le moment de m'installer, et d'y être aussi bien m'empêchait de bouger, d'avancer.

Bientôt le Sud ; j'ai des projets. Arrêter de fumer, me mettre à courir, reprendre l'escalade, faire des sorties nature. Partir seule en weekend, puis en vacances, vadrouiller sur les routes du Sud dans ma voiture, rencontrer des gens, et travailler, enfin le terrain, enfin sortie des livres, rencontrer la vraie vie des gens. Commencer une nouvelle thérapie. Je ne veux plus vivre dans cet état de dévastation interne permanent. On me dit que c'est excitant ce que je vis, que je devrais être emballée et excitée mais je n'arrive pas à ressentir tout cela, je me sens seulement triste et seule, au point de ne plus réussir à me réjouir quand mon amie me parle de ses vacances avec son amoureux, ils ont tenu le confinement, la distance, et ils vont enfin vivre ensemble, et c'est génial, et je ne veux pas en entendre parler, au point de trouver insupportable de voir des amoureux se tenir la main dans la rue. J'ai conscience que c'est très autocentré comme réaction. Je ne veux plus être comme ça, je veux me sentir libre et légère, j'en peux plus de cette tristesse poisseuse, de ces larmes quotidiennes, de l'envie, la jalousie, la lourdeur, la colère, la haine parfois, et la peur bien sûr, je voudrais très fort changer. Je n'ai pas la moindre idée de comment faire, j'ai déjà fait beaucoup, je n'ai aucune patience je le sais aussi.

Je me déverse encore, et je me lamente et je voudrais pouvoir écrire comme la vie est belle et comme je suis légère mais je me sens très déprimée et épuisée surtout. Et, ça faisait longtemps, désespérée. J'espère qu'avec du repos et le soleil du Sud la légèreté va revenir, que j'arriverai à digérer tout ce qui est arrivé ces deux dernières semaines. D'ici là j'ai encore du rangement, des valises à faire, etc. Je repars samedi, déjà. J'ai l'espoir que la vie qui vient sera belle aussi.

Je vous embrasse
#1317350
Salut ma jolie Janysse,

J'espère que tu arrives à bien organiser et bien vivre ton déménagement. Au début ça peut être dur à cause du changement de quotidien, des habitudes, de l'environnement. Et puis, ça ira, surtout c'est un court temps.

Ton déménagement actuel me fait penser à mon passage à Ho Chi Minh pour mon stage il y a 1 an et demi. Un passage très très difficile dans une période sombre de ma vie. A l'époque, j'avais fait le recours au changement de lieu pour me tourner la page. Puis finalement j'ai compris que tout est à l'intérieur de moi. L'environnement, l'endroit, les nouvelles connaissances n'y peuvent rien si je ne commence pas par une avance à l'intérieur de moi-même.

J'espère que tu vas te régaler ici, dans ce sud succulent, inondé de lumière et des éclats de rire et l'atmosphère fêtarde, insouciante, avec des bogoss grands bruns légers (des fois bien c**nnards aussi 8-) )

Ceci dit, tu pourras bientôt te vadrouiller sur aix alors. Oublie pas que dans 2 semaines, ça sera la saison de lavande. Et les champs immenses de lavande sont juste à 45mn de chez moi :D

Prends soin de toi, et à bientôt en vrai (j'espère ^=^)

Gros bisous fabuleux ma jolie :bisou:
#1317356
Coucou miu,

J'arrive au bout, je pars demain.
miu a écrit :Ton déménagement actuel me fait penser à mon passage à Ho Chi Minh pour mon stage il y a 1 an et demi. Un passage très très difficile dans une période sombre de ma vie. A l'époque, j'avais fait le recours au changement de lieu pour me tourner la page. Puis finalement j'ai compris que tout est à l'intérieur de moi. L'environnement, l'endroit, les nouvelles connaissances n'y peuvent rien si je ne commence pas par une avance à l'intérieur de moi-même.
C'est très vrai. Je me souviens, fin 2015, je souffrais encore de la rupture narrée (haha) au début de ce fil, j'ai voulu partir en Italie pour 6 mois, un an, faire une année de césure, un stage, parce que ce pays m'a toujours "guérie", à chaque fois que j'y suis allée j'en suis rentrée apaisée à certains égards (en fait les deux dernières fois ont été nulles mais je ne le savais pas à ce moment). Et mon ex meilleure amie m'a fait une remarque très juste, et je la garde encore en moi, elle m'a dit "il faut partir pour les bonnes raisons, pas pour fuir quelque chose parce que ce quelque chose est en toi et qu'il partira avec toi." Et ce truc de partir pour les bonnes raisons, et ne pas être en fuite, a fait que je suis restée à Paris finalement, 5 ans de plus. Là je pars pour les bonnes raisons je le sais, je ne fuis pas. Je sais que j'apporte avec moi tout un tas de bagages plus ou moins lourds, mais justement je les prends avec moi, je n'essaie pas de les laisser derrière. :)

Et oui, je ne serai pas si loin, et je ne connais pas Aix ;)

Gros bisous
#1317357
il faut partir pour les bonnes raisons, pas pour fuir quelque chose parce que ce quelque chose est en toi et qu'il partira avec toi.
Bonjour, cette remarque est ô combien pertinente !

Et cela concerne tous les événements de notre vie, y compris ce que l'on doit laisser partir. Mon ourson bleu qui dort dans un placard depuis 50 ans, si je me dis "il faut que je le vire, je suis adulte et j'ai honte de garder des trucs comme ça, si jamais ma nana tombe dessus, que va-t-elle penser etc...", ben si je le vire, quelque part j'aurai des moments de regrets, j'ai fait une connerie etc... parce que je l'ai viré pour de mauvaises raisons, pour fuir un truc, pour refuser que j'ai été enfant, parce que je suis inquiet de ce que les autres peuvent penser de moi etc...
Par contre si je me dis que je le laisse partir parce qu'il a fait son temps, parce que je n'en ai plus besoin, je l'aime mais je fais de la place, il me reste un joli souvenir, ben là c'est complètement différent... Et il s'en va en paix.

Je ne sais pas si mon exemple est clair et approprié :)
#1317363
etpourtant a écrit : 12 juin 2020, 09:48
il faut partir pour les bonnes raisons, pas pour fuir quelque chose parce que ce quelque chose est en toi et qu'il partira avec toi.
Bonjour, cette remarque est ô combien pertinente !

Et cela concerne tous les événements de notre vie, y compris ce que l'on doit laisser partir. Mon ourson bleu qui dort dans un placard depuis 50 ans, si je me dis "il faut que je le vire, je suis adulte et j'ai honte de garder des trucs comme ça, si jamais ma nana tombe dessus, que va-t-elle penser etc...", ben si je le vire, quelque part j'aurai des moments de regrets, j'ai fait une connerie etc... parce que je l'ai viré pour de mauvaises raisons, pour fuir un truc, pour refuser que j'ai été enfant, parce que je suis inquiet de ce que les autres peuvent penser de moi etc...
Par contre si je me dis que je le laisse partir parce qu'il a fait son temps, parce que je n'en ai plus besoin, je l'aime mais je fais de la place, il me reste un joli souvenir, ben là c'est complètement différent... Et il s'en va en paix.

Je ne sais pas si mon exemple est clair et approprié :)
Coucou !

Haha j'avoue que j'ai du mal à voir au-delà de la métaphore car j'ai effectivement un vieux doudou dans mes placards depuis 15 ans... Quand je te relis j'ai un truc qui me titille quelque part, je n'arrive pas à mettre le doigt ou des mots dessus, mais je sais que ça a à voir avec le fait que j'arrive pas à lâcher plein de trucs. Ma psy me dit que la peur est une béquille pour ne citer que cela...

Bisous
#1318594
Bonjour tout le monde,

Je viens donner quelques nouvelles :)

J'ai déménagé il y a plus d'un mois maintenant. J'ai quitté Paris le coeur anesthésié de tristesse et de peur, la période de transition a été horrible, et puis je suis partie avec ma valise et mes carnets, et je suis arrivée dans ma nouvelle ville. Les premiers jours ont été un peu difficiles, le temps de prendre mes marques, qui fait quoi dans mon nouveau labo, où faire mes courses, quand acheter mon pain, cuisiner midi et soir car il n'y a ni cantine ni commerces, stresser pour la logistique, acheter des biens d'urgence, une couette, des cintres, courir partout, tout le temps, dans cette ville nouvelle.

Et puis, la joie. J'ai les larmes aux yeux de joie ne serait-ce que d'y penser. Je travaille énormément, le soir souvent, le weekend, j'ai mille choses à penser, j'en fais beaucoup, et j'aime ça, le boulot est passionnant, je suis exactement où je dois être, j'en ai conscience et je vis chaque journée avec intensité ; je me couche le soir avec le sentiment d'avoir vécu une vie entière en une journée. Et chaque journée est belle. Les personnes qui m'entourent sont bienveillantes, drôles, gentilles, empathiques. Nous sommes différents, nous ne travaillons pas dans la même discipline, mais nous avons un milliard de choses à nous dire. Nous sortons beaucoup, au bar, au resto, à la rivière, au lac, chez les uns et les autres, nous sommes un petit groupe, ce petit groupe dont j'ai toujours rêvé, et nous faisons la fête. Et mon dieu je n'avais pas aimé faire la fête comme ça depuis si longtemps. La vie est simple, évidente.

Je suis reconnaissante de chaque journée qui passe, pour chaque personne que je rencontre. Je ne sais pas si c'est l'enthousiasme des débuts, la dernière fois que j'ai travaillé à cet endroit, je pleurais tous les jours. Je m'autorise à me sentir surexcitée, à me sentir heureuse, je m'autorise à lâcher prise, à faire n'importe quoi dans la piscine, à faire des blagues à tout va, je m'autorise je crois à être moi. Je portais un masque au début, je me voyais faire, je constatais ma manière d'être qui n'était pas ce que je suis, et puis un jour quelque chose a lâché, et j'ai tout abandonné de ma réserve. Et je me sens vivante. Je suis là pour travailler, mais la vie a été dure ces derniers mois, l'hiver a été long, rude, j'ai encaissé beaucoup de choses, alors maintenant j'ai le droit de vivre, de profiter de l'été, de me laisser entraîner par l'été.

C'est l'été, c'est le Sud, c'est la joie simple, et je sais que des temps plus durs arrivent, reviennent, qu'alors je pourrai replonger. Je ne passe pas une journée sans penser à M. Tendre. Il me semble à dix mille kilomètres, dans une vie que j'ai vécue mais qui n'est plus. Je ne passe pas une journée sans penser à mon célibat. Je me sens détachée pour l'heure, mais je sais que la tristesse et la peur peuvent revenir. Je n'ai pas encore trouvé de nouveau.elle psychiatre, le CMP est débordé, mais j'ai encore le temps de voir venir, je n'ai pas d'urgence. J'ai rendez-vous avec une psychologue mardi soir. Je veux reprendre ma thérapie, ne pas me laisser "berner" par la gaîté présente, le travail n'est pas terminé.

Depuis quelques temps, l'espoir est revenu, d'un jour aimer quelqu'un et être aimée par quelqu'un qui sera bon pour moi. Mais d'abord, le travail ; j'ai quand même une thèse à faire.

Ma coloc se passe très bien, nous nous entendons très bien, on fait des activités ensemble. Je me sens bien. Je me suis tout de suite sentie bien dans mon nouvel appartement. J'ai gagné en confort de vie. Financièrement aussi. Et il fait toujours beau, et pour moi qui suis assoiffée de soleil, c'est le bonheur.

Il y a ce garçon au labo. Il a l'âge de ma petite soeur, c'est un tout jeune, il a une copine dans un autre pays d'Europe, je ne sais pas ce que j'en pense, je ne sais pas pourquoi j'en parle ici. Mon attention s'est fixée sur lui, comme pour remplir le vide de M. Tendre, et c'est pour ça aussi que je dois encore travailler, parce que je cherche à tout prix à remplir le vide avec un garçon, parce que j'ai toujours en tête un garçon, que je n'ai jamais l'esprit libre. Pourtant là c'est différent, je ne veux rien avec lui. J'aime passer du temps avec lui, discuter de tout et de rien, de musique et de politique, de cuisine et de science, d'avenir et de tout le reste, et il part dans deux semaines pour vivre un an dans d'autres pays, mais j'ai l'impression d'avoir gagné un ami. Il va me manquer je lui ai dit, et mon regard cherche son regard autour de la table, avec un verre de vin, on a vécu des aventures depuis un mois, on s'est perdu en rando, on a fait du pédalo, on a dansé sur Britney Spears, on s'est raconté nos vies. Je veux qu'il rejoigne sa copine dans le grand Nord, qu'il soit très heureux avec elle, qu'il vive de belles choses et qu'il revienne me voir dans un an, je serai toujours là, et on aura un tas de choses à se raconter. C'est un garçon bon, gentil, honnête, intelligent, doux, posé, et je suis reconnaissante de l'avoir croisé, ne serait-ce que quelques semaines dans ma vie. Pourquoi j'en parle ? Il me plaît je ne vais pas mentir, mais je ne sais pas comment. Je ne le vois pas comme un éventuel amant, je n'ai pas ce désir là de lui, même si j'ai ce désir de lui parler au labo, de le voir, de sentir sa main sur mon épaule, de rire, il est très drôle. J'en parle aussi parce que je crois reconnaître en lui un espoir, celui de rencontrer un garçon qui sera aussi chouette que lui, mais qui sera disponible. Je sais que les gentils existent, et je sais maintenant qu'on peut s'entendre. C'est très confus ce que je raconte, mais l'essentiel est que ça va.

Voilà, je suis revenue vous dire que je vais bien, très bien. Que j'ai le coeur gonflé d'amour, et que je déborde de joie ; que cet amour je l'ai aussi pour moi.

Je vous embrasse avec toute ma tendresse
miu ont aimé ça
#1319051
Coucou tout le monde,

Le bonheur aura été de courte durée. Deux jours après mon dernier post ici, mon mental s'est dégradé, je ne sais pas pourquoi. J'ai passé une semaine atroce où je ne voyais que les choses négatives, je pleurais tous les jours, je me sentais mal. Je me suis remise sur tinder, par pur ennui, juste pour combler le vide, pour avoir envie de vibrer un peu avec un garçon. Mais je n'arrive pas à m'intéresser à un autre garçon, je pense à M. Tendre tous les jours, je me rends compte que je l'idéalise à fond, je ne vois que lui, que ses qualités, toutes ces choses chez lui que j'aimais, je n'arrive pas à m'en remettre de façon raisonnable.

Je ne comprends pas comment j'ai pu passer de "tout va mieux que jamais" à "achevez-moi par pitié". Après cela, les moments de joie et de légèreté sont revenus, ça allait beaucoup mieux, j'ai fait plein de choses chouettes avec mes collègues, j'ai donné et reçu beaucoup de joie et d'amour. Et puis les vacances sont arrivées, et ma meilleure amie avec. Elle est restée 3-4 jours ; c'était interminable, je me suis sentie mal du début à la fin. Elle a débarqué avec tous ses problèmes à régler d'appartement à l'étranger où elle emménage, de recherche d'emploi, moi j'étais en plein effondrement psychique et physique après ces semaines de terrain, on n'était pas sur la même longueur d'ondes. Je me suis trouvée amère, désagréable, dure, fragile. Envieuse, jalouse. Mauvaise. Dans la comparaison permanente, dans la haine de moi. Lorsqu'elle passait ses coups de fil à son copain, que je les entendais rire ensemble, être complices, prévoir leur emménagement, je me mettais systématiquement à pleurer, c'était juste insupportable pour moi. J'ai dû pleurer 2h par jour depuis qu'elle est là. Je n'arrive pas à me réjouir pour elle, j'essaie de ne pas me détester pour ça par-dessus le marché mais je me sens foncièrement nulle et mauvaise.

Je m'en veux que ça ne se soit pas hyper bien passé. Je m'en veux d'avoir pensé que c'était trop long, que j'avais besoin d'être seule, de repos. Il y a vaguement eu une histoire de sous, elle a mis 5 tickets déjeuner pour payer un resto un soir, je l'ai remerciée d'avoir mis les tickets, et en faisant nos comptes le lendemain elle a demandé que je la rembourse de sa part, en me disant "je les ai payés ces tickets", et certes elle n'a pas beaucoup de sous et n'a pas eu de salaire en juillet, mais j'ai été heurtée de ce fonctionnement. C'est idiot je sais. J'ai peur de perdre mon amie. Je l'appelle ma meilleure amie, je suis à peu près convaincue qu'elle ne me désigne pas comme ça, tant pis, ça fait de toute façon des années que je n'ai pas été la meilleure amie de quelqu'un, moi ça me fait plaisir et puis c'est vrai. Il y a des choses qui ne vont pas, et je réalise maintenant que je suis loin d'être la seule responsable, mais si je ne l'ai plus, qui ai-je ?

En fait je me sens désespérée. Je suis obsédée par la pensée d'être seule. Je suis seule, je n'ai pas d'amoureux, je ne connaîtrai jamais l'amour, pour être bien avec quelqu'un il faut d'abord être bien avec soi, or je n'y arrive pas, je me sens triste et lasse, je suis malheureuse, comme je suis malheureuse je ne pourrai pas être heureuse avec quelqu'un, etc etc, et j'ai juste envie de lâcher l'affaire, je refuse de continuer à vivre une existence sans amour, à dormir sans amoureux, à n'avoir personne à qui raconter mes journée, personne avec qui ricaner au téléphone, chercher des apparts, prévoir des vacances, s'engueuler à propos de l'appart, des vacances, je dis que je refuse mais je n'ai pas le choix en fait, mais je n'ai plus le courage, plus la force, je voudrais juste disparaître.

J'ai peur de replonger en dépression, qu'il faille remonter ma dose, encore, que j'en sorte jamais en somme. Je n'en vois pas le bout. Je fais tout ce qu'il faut, je prends mes cachets, je vois des psys depuis 5 ans, j'y passe un fric fou, j'essaie de prendre soin de moi, d'être indulgente, de m'aimer, mais je me retrouve toujours aussi désespérée, je n'y crois plus. Je ne sais pas si c'est la fatigue ou la dépression qui parle, la part de moi autocentrée, dure, amère. Je ne veux pas être une personne amère, aigrie. Je ne sais plus quoi faire pour ne plus me sentir mal.

Je vous embrasse
#1319073
Bonsoir Janysse,


[« Je ne comprends pas comment j'ai pu passer de "tout va mieux que jamais" à "achevez-moi par pitié". »]

Peut-être que tu es du genre « extrême », dans les bons comme dans les mauvais moments…

Par ailleurs, n’aurais-tu pas un certain besoin (plus ou moins inconscient) de « replonger » de temps à autre ?


Tu te considères parfois comme un monstre… Tu as des défauts (comme tout un chacun), mais la bonne nouvelle, c’est que si tu étais vraiment un monstre, tu n’aurais pas peur d’en être un… Il t’arrive peut-être de mal te comporter, d’être mauvaise (pour reprendre ton terme), d’avoir de mauvaises pensées, etc. Mais quelqu’un de foncièrement méchant ne craint pas de l’être ; il ne culpabilise pas, etc. Certaines personnes mal dans leur peau se montrent parfois mauvaises, bien plus parce qu’elles souffrent que parce qu’elles sont pourries jusqu’à la moelle. Bien sûr, cela n’excuse pas tout, mais cela explique certains comportements.


Concernant les problèmes à régler, certains en parlent plus que d’autres, mais tout le monde en a… Vu que tu as déjà tes propres problèmes à gérer, je comprends que tu peines à aider ta meilleure amie… Je ne sais pas comment se déroule votre relation, mais l’un des soucis, c’est lorsque cela ne va que dans un sens… Si elle est là lorsque tu en as besoin mais que l’entendre parler de ses propres problèmes t’insupporte, par exemple. Est-ce le cas ?

Tu avais déjà besoin d’être seule avant son arrivée ? Tu ne pouvais pas le lui expliquer, décaler la date de sa venue ?

Pour ce qui est de ta difficulté à être contente pour elle, elle peut effectivement s’expliquer (cf. ton mal-être). Après, oui, si j’étais ta « meilleure amie » et que je l’apprenais, je ne le prendrais pas forcément très bien.


[« mais si je ne l'ai plus, qui ai-je ? »]

Comme en matière amoureuse… Si une relation ne te convient vraiment plus… Si le besoin prend le pas sur l’envie…


Pour ce qui est du domaine amoureux, il est vrai qu’il est difficile de construire une relation saine et équilibrée avec autrui lorsque l’on ne se sent pas bien dans ses propres baskets. Par contre, il serait erroné de croire que seules les personnes qui se sentent bien dans leurs propres baskets parviennent à rencontrer un partenaire et à construire une relation plus ou moins longue avec ce dernier. (Tu es déjà parvenue à nouer des relations amoureuses…) L’on sait très bien que dans les faits, bon nombre de personnes en couple ne sont pas forcément très épanouies (dans leur couple et en solo) et ne s’aiment pas forcément véritablement. Combien de personnes se mettent en couple car elles ne parviennent pas à s’épanouir en solo, justement ? Énormément ; peut-être même la majorité… (L’on peut d’ailleurs l’observer en cas de rupture ; ces personnes se remettent très rapidement à la recherche d’un nouveau partenaire, elles vivent mal le célibat, etc.) Et parfois, ces couples durent, car les « névroses » des partenaires sont compatibles, etc. Donc oui, se sentir bien dans ses propres baskets est un préalable indispensable lorsque l’on souhaite construire une relation saine et équilibrée avec autrui. Néanmoins, ce n’est pas parce que tu ne te sens pas bien dans tes propres baskets que tu finiras ta vie seule. Ce n’est pas forcément une bonne nouvelle, mais beaucoup de gens ne se sentent pas forcément ultra bien dans leur propre peau et sont pourtant en couple (depuis longtemps, parfois).

Peut-être que ton « angle d’attaque » ne t’aide pas à te sentir mieux, également. Lorsque tu te dis : « il faut que je me sente bien dans mes propres baskets… sinon je ne rencontrerai jamais l’amour », tu te focalises essentiellement sur « sinon je ne rencontrerai jamais l’amour ». Alors, lorsque tu constates que tu ne te sens pas mieux, cela ajoute à ton chagrin, tu déprimes encore plus. Apprendre à se sentir bien dans ses propres baskets, c’est bien évidemment un travail de longue haleine, et ce n’est pas pour rencontrer un amoureux qu’il faut l’effectuer… Peut-être qu’au cours de ce long et fastidieux travail, tu croiseras un homme sur ton chemin… À ce moment-là, le travail ne sera sans doute pas achevé, car cela demande parfois toute une vie, mais peut-être que cela fonctionnera avec l’homme en question… Le travail en solo sera alors accompagné d’un travail en duo… Tout un chacun a des failles… Le plus difficile en matière amoureuse, ce n’est pas de rencontrer quelqu’un (ça, c’est très facile), c’est de rencontrer une personne compatible avec soi.

Même si c’est ma « zone de confort », je peux comprendre que tu supportes mal le célibat. Personnellement, je ne souhaite pas particulièrement rencontrer un homme, cela n’a jamais été ma priorité et je ne suis que très rarement tombée sous le charme de quelqu’un ; mais je mentirais si je te disais : « je ne souhaite pas construire une relation profonde, saine, solide et durable avec un homme compatible avec moi, qui me conviendrait, auprès de qui je me sentirais bien, etc. » Je suis juste assez « passive » en la matière ; je le rencontrerai peut-être par hasard… ou pas. Ce qui est certain, c’est que je préfère être seule que mal accompagnée. (D’ailleurs, lorsque j’étais chez Miu, l’on parlait des relations amoureuses avec un pote célibataire – sympathique, au demeurant – à elle et je me disais : « purée, il est désespérant ; il vaut vraiment mieux être seule qu’avec un homme pareil » ; je le lui ai d’ailleurs dit… Il disait de ces trucs à ce sujet… Que le sexe et la beauté physique comptent plus que le reste ; que les femmes de plus de 20 ans ne sont pas très jolies ; que contrairement aux femmes, les hommes recherchent avant tout une femme physiquement belle, car ils souhaitent avoir de beaux enfants – ce qui signifie qu’après avoir fait de beaux enfants, il quittera probablement sa femme devenue trop vieille pour une plus jeune ; etc. Et il disait que tous les hommes sont comme lui… Heureusement que non. J’ai préféré rester toute seule plutôt que d’aller au SPA avec lui ; pourtant, j’aime bien le SPA… :mrgreen:) Je préfère également épargner les hommes à qui je ne peux apporter ce qu’ils souhaitent. Peut-être que le fait d’avoir une vie intérieure riche aide un petit peu… Ce n’est pas le vide intersidéral, quoi ; l’on ressent, vit, imagine, etc., plein de choses, même lorsque l’on a du chagrin… L’on se sent parfois moins seul avec soi-même qu’avec autrui... Je suis peut-être un peu trop passive/fermée en la matière, de mon côté ; mais si je te dis cela, c’est pour en revenir au fameux « hasard ». Ton besoin d’amour, d’affection, etc., est compréhensible ; on a tous besoin d'un minimum d'affection. Mais tu le cherches/l’attends tellement que cela constitue un obstacle à ton épanouissement personnel. Bon, c’est très théorique, mais l’idéal serait que tu laisses le « sinon je ne rencontrerai jamais l’amour » de côté, que tu prennes soin de toi sans (trop) penser à cela pour le moment ; et qui sait, tu croiseras peut-être un homme sympathique sur ta route… À ce moment-là, méfie-toi quand même de ton propre besoin d’amour qui pourrait te mettre des œillères, histoire de ne pas reproduire le même schéma, de savoir si c’est vraiment l’homme en question qui t’intéresse ou si c’est juste ton besoin (qui ne demande qu’à être comblé) qui s’exprime.
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