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Un sujet parmi d'autres..

Posté : 29 mai 2022, 10:49
par Mrntrpn
Bonjour à tous. Déjà, j'espère que vous allez tous du mieux possible.
J'étais déjà venue sur ce site/forum il y a plusieurs années (avec un autre compte dont j'ai perdu le mot de passe) et je me rappelle avoir reçu énormément de positif et d'amour de la part de gens particulièrement incroyables.
Aujourd'hui me revoilà. Avec un besoin de soutien important car je ressens une culpabilité qui me bousille.

Il y a 6 ans, j'ai rencontré un homme, que je nommerais V. Tout est allé très vite entre nous ; je sortais d'une relation de 2 ans et demi et à peine 3 mois après je vivais déjà avec V. Mais j'étais heureuse et amoureuse. Alors peu importais finalement les "codes sociaux". Les premières années de notre relation (les 2 premières) ont été merveilleuses. Quelques bas mais rien de grave. Globalement, deux très belles années.
Après ces deux ans nous avons déménagé dans une petite maison. Le bonheur était encore au rendez-vous. Mais je note qu'à partir de ce moment là, une certaine distance (dans l'intimité) commence à s'installer. J'avais un soucis avec l'alcool et à chaque fois que je buvais il en prenait pour son grade. Mais je lui demandais pardon et je me faisais pardonner, consciente de mon problème qui était le mien. Avec le temps j'ai réussi à le régler plus ou moins. Et les choses allaient mieux.
Mais voilà. Il y a deux ans, c'est là que tout a changé, vraiment.

V a ouvert son entreprise. Nous travaillons ensemble avant ça. Et c'est quelque chose qui nous rapprochait beaucoup. Je l'ai beaucoup soutenu et aidé à ce moment là, j'étais extrêmement fière de ce qu'il entreprenait et très admirative et je lui répétais très souvent. Dans mon boulot à moi ça n'allait pas fort. En février 2021 j'ai donc obtenu une rupture conventionnelle et je me suis retrouvée au chômage. Pleine d'entrain et prête à me créer une vie comme j'aime, le 22 février 2021, mon petit frère s'est donné la mort. Et j'ai basculé. J'ai beaucoup bu. Jusqu'à faire une TS en avril. Ça a été le déclic et j'ai arrêté complètement de boire. Petit à petit je remontais la pente, j'avais du soutien de la part de V et j'étais reconnaissante pour ça. Seulement voilà... je me sentais extrêmement seule.

Nos vies étaient deux opposées. Une vie d'entrepreneur bien remplie et une vie de chômage accompagnée d'une dépression. Nous ne faisions strictement rien ensemble, aucune activité. Je me suis lancé dans une reprise d'études afin de passer un DAEU (un BAC) en un an. Et à partir de septembre 2021 je me suis mise à fond dedans. J'étais très contente de cette formation et très motivée. C'est quelque chose qui m'a aidé à sortir de la tête de l'eau après le suicide de mon frère. Mais dans mon couple les choses ne s'arrangeaient pas. Il n'y avait plus du tout d'intimité. Plus de sensualité, plus de séduction. On ne partageait toujours strictement rien et la communication était bouchée. Quand je lui en parlais il me répétait que c'est parce que je trouvais MA vie ennuyante et que je reportais ça sur notre couple. Sauf que ce n'est pas ce que je ressentais. Mais j'ai finis par me dire qu'il avait peut-être raison.

En mars 2022, via un jeu vidéo je rencontre un homme (je le nommerais E). Il habite à l'autre bout de la France, a 31 ans (j'en ai 27), on rigole beaucoup et on commence à échanger. Il est en couple à ce moment-là. Assez rapidement il commence a me dragouiller, je ne rentre pas dans ce jeu là mais je le laisse faire et cela me fait beaucoup de bien. Je culpabilise beaucoup de ça, même si je reste toujours respectueuse et ne cesse de repeter que je suis en couple et heureuse. D'une nature très honnête, je dis absolument tout a V. Evidemment il le vit très mal. Je coupe les ponts avec E, mais ce dernier insiste pour qu'on continue à échanger et, étrangement, je n'arrive pas a m'en détacher. Je finis toujours par lui reparler. Toujours en respectant mon couple même si, sur le papier, V veut que j'arrête de lui parler et que je le fais quand même. Me sentant mal de tout ça, mi-mars j'annonce a V que j'aimerais qu'on se sépare. Que si je ressens ça vis à vis d'un autre c'est que je ne suis pas heureuse (ou que je suis une grosse conne, mais j'ai pas l'impression de l'être pourtant). V pleure énormément et me convaincs de rester. Et j'ai fait l'erreur de rester. Le mois qui a suivi ne ressemblait à rien.

V jouait beaucoup aux jeux vidéos. La dernière année de notre relation je ne me souviens même pas d'un soir où on s'est couché ensemble. Ça m'a fait beaucoup souffrir, je me rappelle des soirs entiers à pleurer seule dans mon lit en l'entendant jouer et rigoler avec ses "potes de jeu" a travers la cloison. Ça me tuait qu'on ne partage rien. Je réclamais souvent qu'on se douche ensemble, parce que ces 10min ensemble m'aurait comblé, mais il refusait tout le temps. Je réclamais des tours à la mer mais il refusait souvent aussi car "il s'ennuyait vite à la plage et qu'il n'en tirerait aucun plaisir". Avec le temps j'ai finis par arrêter de proposer quoi que ce soit, essuyant des refus à chaque fois. Finalement les seuls moments qu'on partageait c'était le repas du midi et du soir devant la télé (il ne pouvait pas manger sans télé). Ce qui fait que, même la, on ne partageait rien, on ne se regardait pas et on ne se parlait pas. Et je lui disais. Très souvent. "Ça ne me rend pas heureuse". Mais à chaque fois j'entendais que c'est parce que j'étais en dépression, que parce que moi-même n'étais pas heureuse. SAUF QUE NON.

Donc le mois qui a suivi, après mon "presque départ". V a soudainement arrêté complètement de jouer. Il se couchait tous les soirs en même temps que moi. Mais pour autant cela n'arrivait pas à "rattraper" le temps perdu. Ça ne me rendait pas plus heureuse. J'y arrivais plus. Il était de plus en plus distant tout en étant de plus en plus là. C'était vraiment un mois étrange. Puis le 21 avril, je reçois un message de sa part en rentrant d'une balade solo (je faisais finalement mes balades toute seule et il m'en voulait pour ça, ça le rendait malheureux). Son message me dit alors qu'il n'en peut plus. Qu'il n'est pas heureux. Qu'il ne rentrera pas ce soir, qu'il a besoin d'être seul, qu'il est en train de disjoncter. Cette soirée part alors complètement en vrille. Après 378 jours sans avoir bu, me voila en train d'acheter une bouteille de vin rouge, que j'ai bu en a peine une demie heure. Après ça c'est le trou noir. V aussi boit toute la soirée, de son côté. Le lendemain matin, V est sur le canapé. Et c'est là qu'on décide "à deux" de tout arrêter. Je quitte alors l'appartement et retourne vivre chez ma mère. Je lui laisse absolument tout, sans regrets.

Depuis ça, je ressens évidemment une culpabilité immense. L'impression que tout est de ma faute, l'impression de l'avoir trompé (a cause de l'existence de E). J'ai passé le premier mois à espérer qu'il revienne, qu'on répare tout ça et qu'on soit heureux de nouveau. Mais ce ne fut pas le cas. Je ne lui ai pas écris sauf pour régler les "papiers" (pacs et compte EDF etc). Depuis que tout est réglé (ça fait 3 semaines), aucune nouvelle. Je lui ai écris pour son anniversaire, quelque chose de très basique et cordial, il m'a remercié et voilà. C'est tout.

Je suis consciente que ce message est décousu, part dans tous les sens et est loin d'être clair, précis et concis. Je vis très mal cette séparation et je suis pourtant dans l'incapacité de savoir si je l'aime réellement encore. Mais si ce n'était pas le cas, je me dis que je n'aurais pas si mal. Je me sens extrêmement coupable. Je sais que je lui ai fait énormément de mal et j'ai du mal à me pardonner pour ça. Je ne sais pas exactement ce que j'attends en écrivant ça ici. Peut-être un soutien, ou une bonne claque... 🤷🏻‍♀️

Si vous avez tout lu, merci infiniment. J'aimerais avoir des avis...
Je vous souhaite à tous le meilleur dans vos vies.

- Marion.