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par Kylian
#1304003
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Vincent Bardou, Love, 2018
Modifié en dernier par Kylian le 22 juil. 2019, 06:10, modifié 3 fois.
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par Kylian
#1304059
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Seaty, Kyoto 7, 2017


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Seaty, Chelsea n°11, 2018
ImageSeaty, Kinshasa #8, 2019
Modifié en dernier par Kylian le 22 juil. 2019, 19:19, modifié 2 fois.
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par Kylian
#1304061
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Nyne Factory, Who is the beast ?, 2015


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Nyne Factory, Means of existence, 2017


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Nyne Factory, Struggle for survival, 2015
Modifié en dernier par Kylian le 20 juil. 2019, 04:04, modifié 1 fois.
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par Kylian
#1304062
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Nyne Factory, Dreamlike, Revival, 2017


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Nyne Factory, Likeness, 2015


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Nyne Factory, Dreamlike, In your heart



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Nyne Factory, Split up, Cloudy memories



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Nyne Factory, Split up, Look ahead


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Nyne Factory, Dreamlike, Your own world, 2017


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Nyne Factory, Blow up, Be bold
Modifié en dernier par Kylian le 22 juil. 2019, 19:28, modifié 2 fois.
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par Kylian
#1304063
ImageIrina Samobrod, Addicted, 2016


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Isabelle Filion, Délicatesse, 2018


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Paitoon Jumee, Eternity, 2015
Modifié en dernier par Kylian le 22 juil. 2019, 19:39, modifié 2 fois.
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par Kylian
#1304064
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Monika Nowak, Pandora 4, 2017
Édition


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Onemizer, Peace and Love, 2018
Édition


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Hervé Dunoyer, Fauvisme, 2016
Photographie
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par Kylian
#1304065
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Michal Lukasiewicz, The Dancer, 2016


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Nathaly Vera, Eclat, 2016


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Michal Lukasiewicz, Observing, 2017
Modifié en dernier par Kylian le 22 juil. 2019, 19:36, modifié 3 fois.
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par Kylian
#1304067
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Lantomo, Lightness 3, 2018
Dessin


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Thrashbird, Little Angels
Peinture


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Lantomo, Lightness 2, 2018
Dessin
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par Kylian
#1304068
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Noir Artist, Drawing “Fragment XX”


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Dr. Draw, Éphémère 4.0.7, 2018


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Panda


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Noir Artist, Hope, 2018
Modifié en dernier par Kylian le 29 juil. 2019, 09:01, modifié 4 fois.
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par Kylian
#1304069
« Le cri : Audace ! est un Fiat lux. Il faut, pour la marche en avant du genre humain, qu'il y ait sur les sommets, en permanence, de fières leçons de courage. Les témérités éblouissent l'Histoire et sont une des grandes clartés de l'Homme. L'aurore ose quand elle se lève. Tenter, braver, persister, persévérer, être fidèle à soi-même, prendre corps-à-corps le destin, étonner la catastrophe par le peu de peur qu'elle nous fait, tantôt affronter la puissance injuste, tantôt insulter la victoire ivre, tenir bon, tenir tête ; voilà l'exemple dont les peuples ont besoin, et la lumière qui les électrise. Le même éclair formidable va de la torche de Prométhée au brûle-gueule de Cambronne. »

Victor Hugo, Les Misérables


Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont
Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front.
Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime.
Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime.
Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour,
Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour.
C'est le prophète saint prosterné devant l'arche,
C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche.
Ceux dont le cœur est bon, ceux dont les jours sont pleins.
Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains.
Car de son vague ennui le néant les enivre,
Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre.
Inutiles, épars, ils traînent ici-bas
Le sombre accablement d'être en ne pensant pas.
Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule.
Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule,
Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non,
N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ;
Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère,
Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère,
Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus,
Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus.
Ils sont les passants froids sans but, sans nœud, sans âge ;
Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ;
Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas,
Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas.
L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ;
Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule,
Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit,
Ils errent près du bord sinistre de la nuit.

Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière
Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière,
Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va,
Rire de Jupiter sans croire à Jéhova,
Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme,
Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme,
Pour de vains résultats faire de vains efforts,
N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts !
Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères,
Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires,
Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ;
Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités,
Tourbe, foule, hommes faux, cœurs morts, races déchues,
Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !

Victor Hugo


Il lui disait : Vois-tu…

Il lui disait : « Vois-tu, si tous deux nous pouvions,
L'âme pleine de foi, le cœur plein de rayons,
Ivres de douce extase et de mélancolie,
Rompre les mille nœuds dont la ville nous lie ;
Si nous pouvions quitter ce Paris triste et fou,
Nous fuirions ; nous irions quelque part, n'importe où,
Chercher loin des vains bruits, loin des haines jalouses,
Un coin où nous aurions des arbres, des pelouses ;
Une maison petite avec des fleurs, un peu
De solitude, un peu de silence, un ciel bleu,
La chanson d'un oiseau qui sur le toit se pose,
De l'ombre ; — et quel besoin avons-nous d'autre chose ? »

Victor Hugo
Modifié en dernier par Kylian le 20 juil. 2019, 02:49, modifié 2 fois.
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par Kylian
#1304070
« La plus haute de toutes les folies, disait-elle, est de rougir des penchants que nous avons reçus de la nature ; et se moquer d'un individu quelconque qui a des goûts singuliers, est absolument aussi barbare qu'il le serait de persifler un homme ou une femme sorti borgne ou boiteux du sein de sa mère, mais persuader ces principes raisonnables à des sots, c'est entreprendre d'arrêter le cours des astres. Il y a une sorte de plaisir pour l'orgueil, à se moquer des défauts qu'on n'a point, et ces jouissances-là sont si douces à l'homme et particulièrement aux imbéciles, qu'il est très rare de les y voir renoncer... Ça établit des méchancetés d'ailleurs, de froids bons mots, de plats calembours, et pour la société, c'est-à-dire pour une collection d'êtres que l'ennui rassemble et que la stupidité modifie, il est si doux de parler deux ou trois heures sans avoir rien dit, si délicieux de briller aux dépens des autres et d'annoncer en blâmant un vice qu'on est bien éloigné de l'avoir... c'est une espèce d'éloge qu'on prononce tacitement sur soi-même; à ce prix-là on consent même à s'unir aux autres, à faire cabale pour écraser l'individu dont le grand tort est de ne pas penser comme le commun des mortels, et l'on se retire chez soi tout gonflé de l'esprit qu'on a eu, quand on n'a foncièrement prouvé par une telle conduite que du pédantisme et de la bêtise. »

Marquis de Sade ; Augustine de Villeblanche, ou Le stratagème de l'amour
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par Kylian
#1304071
« Je t'aime dans le temps. Je t'aimerai jusqu'au bout du temps. Et quand le temps sera écoulé, alors, je t'aurai aimée. Et rien de cet amour, comme rien de ce qui a été, ne pourra jamais être effacé. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« À Maubeuge, à Saint-Étienne, en Lozère, en Ardèche, à Saint-Chély-d'Apcher, à Loguivy-Plougras, un garçon ou une fille de vingt ans, ou de vingt-cinq, ou peut-être de quarante, vivent, à l'instant où je trace ces mots, une formidable aventure. Ils s'ennuient. Ils ont de la chance. Ils vont écrire un chef-d’œuvre.

Je voudrais crier aux jeunes gens dévorés de l'envie de laisser un nom dans ce monde qu'il y a quelque chose de mieux que de voyager : c'est de ne rien faire. Il y a quelque chose de mieux que d'avoir des aventures : c'est d'en inventer. Il y a quelque chose de mieux que de s'agiter : c'est de s'ennuyer.

J'écrirais volontiers un éloge de la paresse et de l'ennui. La paresse, rien de plus clair, est la mère des chefs-d’œuvre. Très loin de l'abrutissement qui naît des grands postes et des hautes fonctions, l'ennui est cet état béni où l'esprit désoccupé aspire à faire sortir du néant quelque chose d'informe et déjà d'idéal qui n'existe pas encore. L'ennui est la marque en creux du talent, le tâtonnement du génie. Dieu s'ennuyait avant de créer le monde. Newton était couché dans l'herbe et bayait aux corneilles quand il a vu tomber de l'arbre sous lequel s'ennuyait la pomme de la gravitation universelle. Les petits esprits s'énervent au milieu de foules de choses, la plupart du temps inutiles. Les grands esprits ne font rien et s'ennuient comme Descartes "enfermé seul dans un poêle en Allemagne" avant de découvrir des cieux. Chateaubriand bâillait sa vie avant d'écrire Atala, et René, et les Mémoires d'outre-tombe.

L'essentiel est de fuir les occupations subalternes et d'éviter de se disperser dans des plaisirs ou des obligations d'emprunt, et puis de se donner tout entier à ce qui sera l’œuvre d'une vie. Proust renonce aux chroniques du snobisme et aux raouts dans le grand monde pour se claquemurer chez lui, entre ses murs couverts de liège, dans ses souvenirs et dans ses rêves d'où surgiront les miracles de Swann, d'Odette, de Françoise, d'Albertine, de la duchesse de Guermantes et du baron de Charlus. Dans un domaine très différent, Louis de Broglie sort lui aussi d'une banalité quotidienne où il ne faisait presque rien pour entrer d'un seul coup dans un rêve étoilé. Il ne passait pas pour le plus doué des siens qui avaient tous brillé dans la guerre, dans la politique, dans les lettres. Lui, c'était plus modeste : il s'occupait d'histoire, de généalogie, d'une collection de timbres-poste, il brillait au bridge et aux échecs, lorsque, un beau jour, à Bruxelles, à l'occasion d'un congrès savant où l'avait entrainé son frère Maurice, il découvre par hasard la grandeur farouche d'une physique mathématique qui le mènera jusqu'à la mécanique ondulatoire. "Monsieur, lui dira plus tard Léon Blum en lui remettant l'ordre le plus élevé dans la Légion d'honneur, vous appartenez à une famille où le talent était héréditaire avant que le génie y entrât."

Le génie - ou quelque chose comme ça - descend aussi sur Loguivy-Plougras, sur Saint-Chély-d'Apcher, sur la chambre où le garçon - ou une fille -, peut-être venu d'ailleurs, peut-être découragé, se débat contre un destin hostile qui semble ne rien promettre. Voyager n'est pas mal. Le succès, c'est très bien. Être heureux, qui ne le souhaite ? S'ennuyer est bien mieux. C'est quand vous êtes perdu que vous commencez à être sauvé. La vie la plus banale, allumer le feu dans une cheminée, se promener dans les bois - Rousseau avait besoin de marcher pour aiguiser ses idées -, ronger son frein et son cœur parce qu'on n'est bon à rien, maudire le monde autour de soi, s'abandonner aux songes, ou, mieux encore ne rien faire du tout, ou, en tout cas le moins possible - avant, bien sûr de se jeter dans le travail à corps perdu -, peut mener autrement loin. »

Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait ?
Modifié en dernier par Kylian le 20 juil. 2019, 03:51, modifié 1 fois.
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par Kylian
#1304072
« Je la quittai en lui demandant la permission de la revoir le jour même; elle y consentit, et je l'ai revue. Depuis ce temps, soleil, lune, étoiles, peuvent s'arranger à leur fantaisie; je ne sais plus quand il est jour, quand il est nuit : l'univers autour de moi a disparu. »

Goethe, Les souffrances du jeune Werther


« Toi qui es indifférent aux malheurs des autres.
Tu ne mérites pas d’être nommé un Homme. »

Saadi, Gulistan


« Vivez, si m’en croyez, n’attendez à demain :
Cueillez dès aujourd’hui les roses de la vie. »

Pierre de Ronsard, Sonnets pour Hélène
Modifié en dernier par Kylian le 20 juil. 2019, 02:42, modifié 1 fois.
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par Kylian
#1304073
[...]

PHÈDRE

Ah, cruel ! tu m’as trop entendue !
Je t’en ai dit assez pour te tirer d’erreur.
Eh bien ! connais donc Phèdre et toute sa fureur :
J’aime ! Ne pense pas qu’au moment que je t’aime,
Innocente à mes yeux, je m’approuve moi-même ;
Ni que du fol amour qui trouble ma raison
Ma lâche complaisance ait nourri le poison ;
Objet infortuné des vengeances célestes,
Je m’abhorre encor plus que tu ne me détestes.
Les dieux m’en sont témoins, ces dieux qui dans mon flanc
Ont allumé le feu fatal à tout mon sang ;
Ces dieux qui se sont fait une gloire cruelle
De séduire le cœur d’une faible mortelle.
Toi-même en ton esprit rappelle le passé :
C’est peu de t’avoir fui, cruel, je t’ai chassé ;
J’ai voulu te paraître odieuse, inhumaine ;
Pour mieux te résister, j’ai recherché ta haine.
De quoi m’ont profité mes inutiles soins ?
Tu me haïssais plus, je ne t’aimais pas moins ;
Tes malheurs te prêtaient encor de nouveaux charmes.
J’ai langui, j’ai séché dans les feux, dans les larmes :
Il suffit de tes yeux pour t’en persuader,
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder…
Que dis-je ? cet aveu que je te viens de faire,
Cet aveu si honteux, le crois-tu volontaire ?
Tremblante pour un fils que je n’osais trahir,
Je te venais prier de ne le point haïr :
Faibles projets d’un cœur trop plein de ce qu’il aime !
Hélas ! je ne t’ai pu parler que de toi-même !
Venge-toi, punis-moi d’un odieux amour :
Digne fils du héros qui t’a donné le jour,
Délivre l’univers d’un monstre qui t’irrite.
La veuve de Thésée ose aimer Hippolyte !
Crois-moi, ce monstre affreux ne doit point t’échapper ;
Voilà mon cœur : c’est là que ta main doit frapper.
Impatient déjà d’expier son offense,
Au-devant de ton bras je le sens qui s’avance.
Frappe : ou si tu le crois indigne de tes coups,
Si ta haine m’envie un supplice si doux,
Ou si d’un sang trop vil ta main serait trempée,
Au défaut de ton bras prête-moi ton épée ;
Donne.

[...]

Racine, Phèdre, Acte II, Scène V
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par Kylian
#1304074
« Pensez à moi de temps en temps. Saluez le monde pour moi quand je ne serai plus là. C'est une drôle de machine à faire verser des larmes de sang et à rendre fou de bonheur. »

Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait ?


« Ce plaisir, que Racine nous donne dans la terreur et les larmes, Molière nous le donne dans les rires.
On sait que Molière ne reculait pas devant les contorsions, les gesticulations, les grimaces et que, déhanché et les pieds en dedans, il n'en faisait pas moins que Grock ou que Charlot. Il donnait à sa voix un débit très particulier et très rapide, entrecoupé de hoquets. Plus tard, il tira de sa toux des effets très comiques : c'était un symptôme de sa tuberculose.
Cette bouffonnerie où toutes les œillades étaient comptées et qui déclenchait le rire du public se combine, chez Molière, avec la gravité. La commedia dell'arte est très présente dans son théâtre et le rire, pourtant, s'y achève en sanglots.
Parce que la vie est comme ça. »

Jean d'Ormesson, Une autre histoire de la littérature française


« Le monde change, bien sûr, mais un de ses traits ne varie pas : tant qu’il y aura des hommes, ils aspireront à autre chose. Autre chose que ce qu’ils ont déjà, autre chose que la vie de chaque jour, autre chose que la vie tout court. Ils ne vivent, chacun le sait et l'éprouve, que de rêves et d'espoir. Ils n'ont pas fini de rêver. »

Jean d'Ormesson, C'était bien


« Je crois qu'il faut savoir vivre, et quelquefois mourir, pour des choses - comment dire ? ... Choisies presque au hasard. Non pas tant parce qu'elles sont vraies - qu'est-ce que la vérité ? - mais parce qu'elles vous paraissent, à vous qui ne savez rien, plus belles, plus justes, plus grandes. Non pas tant parce qu'elles sont vraies, mais parce que vous les avez choisies. »

Jean d'Ormesson, Histoire du Juif errant


« Je suis un bon garçon. Au-delà même des mots et de leur musique, leur servant de source et de but, quelque chose de très obscur m'attache aux autres hommes. Je préfère qu'on ne les torture pas, qu'on ne les massacre pas, qu'on ne les méprise pas, qu'on ne les détruise pas, qu'on ne les humilie pas d'une façon ou d'une autre. Je crois que la vie - et pas seulement la vie des hommes - doit être respectée. Parce qu'une même espérance nous unit les uns aux autres et nous soutient tous ensemble. C'est cette espérance que les pédants, je crois, appellent la transcendance. »

Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde


« C'est dans le présent que nous nous souvenons du passé, c'est dans le présent que nous nous projetons dans l'avenir. Le présent change tout le temps et il ne cesse jamais d'être là. […] Passagère et précaire, affreusement temporaire, coincée entre un avenir qui l'envahit et un passé qui la ronge, notre vie ne cesse jamais de se dérouler dans un présent éternel - ou quasi éternel - toujours en train de s'évanouir et toujours en train de renaître. »

Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde


« J'ai passé mon temps à me demander ce que je faisais dans ce monde où j'ai été jeté, sinon par hasard, je n'en sais rien, du moins sans avoir été consulté. Deux sentiments opposés que j’éprouvais l'un et l'autre avec force me tiraient à hue et à dia : j'aimais ce monde à la folie ; et il m'était étranger - et trop souvent hostile.
J'aimais la vie. J'ai eu de la chance : je m'y sentais comme chez moi. Je grimpais sur les montagnes, je descendais les fleuves, je me baignais dans la mer. Les mots faisaient mon bonheur. […] Je me sentais plutôt bien et le moindre geste, la moindre parole, un sourire, un regard, suffisaient à me faire courir jusqu'au bout de la Terre.
Mais il y avait cette chanson. Ce refrain. Cette musique derrière la tête. À quoi bon ?
À quoi bon me jeter à la poursuite des choses et des êtres ? À quoi bon m’agiter ? À quoi bon vivre ? Peut-être la grâce du monde était-elle rongée en moi par quelque chose d'obscur qui relevait de la paresse ? De toutes les merveilles qui m'étaient offertes dans le monde et par la vie, celle que je mettais au-dessus de tout, c'était le sommeil. J'aimais dormir. Je m'en allais. Je partais en silence pour des rivages insensés. Je dormais et souvent je rêvais. »

Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait ?


« Les mots ont remplacé pour moi la patrie et la religion. C'est vrai : j'ai beaucoup aimé les mots. Ils sont la forme, la couleur et la musique du monde. Ils m'ont tenu lieu de patrie, ils m'ont tenu lieu de religion. »

Jean d'Ormesson, C'est une chose étrange à la fin que le monde


« Tout change. Tout se transforme. Tout s'écroule. Tout reste toujours semblable. Nous ne cessons jamais de rouler entre le bien et le mal, du chagrin à l'espoir et de l'espoir au chagrin, du désir à l'ennui et de l'ennui au désir. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« Les sentiments dont on parle n’ont jamais l’épaisseur qu’ils avaient dans le silence. Et le temps qui s’écoule entre l’événement et le récit leur prête tous les reflets, toutes les réfractions du souvenir. Ce bonheur d’autrefois n’est-il pas chargé déjà de l’amour qu’il annonce et précède ? N’est-il pas affligé déjà de sa fin qu’il pressent ? Pour ne mentir jamais, il faudrait vivre seulement. Mais les projets secrets, tous les desseins du cœur, ses souvenirs étouffés, tout ce qu’il attend sans le dire, tout ce qu’il se rappelle sans l’avouer brisent déjà cette simplicité impossible. Laissons donc aux mots leur part inévitable d’imposture et d’ambiguïté. »

Jean d'Ormesson, Un amour pour rien


« Bonaparte :

Ce que j'ai combattu et brisé, c'est la violence, la haine, les excès des uns et des autres, les divisions, les factions. Plus de factions, je n'en veux plus. »

Jean d'Ormesson, La Conversation


« Ce qu’il faut dire, flambeau du monde, c’est qu’il n’y a rien d’autre que l’amour. Pour moi, comme pour Stendhal, comme pour beaucoup, j’imagine, l’amour a été la plus grande affaire de ma vie. Et peut-être la seule. J’ai aimé le soleil, la lumière, la mer – la Méditerranée, surtout, notre mer intérieure –, le ski au printemps, les livres, les chats, le cassoulet, les oliviers. J’ai surtout aimé l’amour. Du plus bas au plus haut. Le plaisir, la tendresse, la passion, la folie. Quand l’amour, le vrai amour, se combine à l’amour, il n’y a rien de plus fort, de plus grand, de plus beau. Je comprends très bien qu’il tourne la tête et les cœurs. Ce que quelques-uns cherchent dans les livres, dans la musique, dans le spectacle de la nature, dans le pouvoir ou dans l’argent, dans la drogue ou dans la mystique, l’amour le donne à chacun d’entre nous. Dans le sexe et hors du sexe, il offre à chacun le plus fort et le plus beau sentiment d’éternité qu’il nous soit permis de connaître. Il nous transporte au-dessus de nous-mêmes, il nous fait comme rois et possesseurs du monde, il frappe tout ce qui n’est pas lui d’insignifiance et de nullité. Avec le déshonneur, la ruine, la douleur physique ou morale, il nous fournit un des seuls motifs de mettre fin à notre vie. »

Jean d'Ormesson, Je dirai malgré tout que cette vie fut belle


« Rien de plus beau que l'espérance — si ce n'est le souvenir, qui est l'inverse et la même chose : une espèce de cri du vivant vers la vie, une affirmation de l'être, une célébration de ce qui n'est plus et qui, pourtant, a été, un appel de ce qui doit être et qui n'est pas encore. Distinguez-vous ce jeu au loin entre le temps et la vie ? Il repose tout entier sur un mystère effrayant : quand il n'y aura plus rien, il y aura eu quelque chose et la mort elle-même n'efface pas le souvenir. »

Jean d'Ormesson, Histoire du Juif errant


« Si cruelle, souvent insupportable, la vie est semée de plaisirs. »

Jean d'Ormesson, Guide des égarés


« Nous ne cessons jamais de rejeter ce que - à tort ou à raison - nous considérons comme le mal et de rechercher l'image que nous nous faisons - à tort ou à raison - du bonheur et du bien. Même celui qui va se pendre ou se tirer une balle dans la tête se sert de sa liberté pour fuir le pire et trouver le bonheur ou quelque chose qui en tienne lieu. »

Jean d'Ormesson, Guide des égarés


« Le bonheur et le bien sont de brèves éclaircies dans les tempêtes du mal, des clairières éparses dans sa forêt obscure. Ils sont le charme vacillant et le but furtif de la vie. »

Jean d'Ormesson, Guide des égarés


« L'allégresse et l'angoisse. Ce n'est pas seulement en écrivant que je les ai ressenties. Ce qu'il y a peut-être de plus remarquable à la fois dans l'histoire et dans l'existence de chacun d'entre nous, c'est cette sorte d'équilibre qui n'est jamais rompu entre le bonheur et le malheur. On dirait qu'une force mystérieuse les empêche l'un et l'autre de s'installer pour toujours. Pour parler comme Aragon, rien n'est jamais acquis ni aux peuples ni aux hommes. Ni la force ni la faiblesse. […] Et, au plus profond de l'abîme, l'espérance est toujours là. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« La vérité nous échappe. L'éternité nous fuit. C'est ton art qui les remplace et qui rend immortel. Il fixe le monde à jamais dans son éternité et dans sa vérité - dans ce qu'il peut atteindre de vérité et espérer d'éternité. Pour survivre et durer - c'est la revanche de la beauté sur la brutalité et la laideur de la vie -, il n'y a que le plus fragile : les sons, les formes, les couleurs et les mots. »

Jean d'Ormesson, Histoire du Juif errant
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par Kylian
#1304075
« Écrire consiste évidemment d’abord à mettre un peu de soi-même dans le spectacle du monde. Personne ne voit jamais les choses qu’avec ses propres yeux. »

Jean d'Ormesson, Le vagabond qui passe sous une ombrelle trouée


« Et le passé est cruel parce que vous l’avez connu et qu’il vous a quittés à jamais. Et tout le désespoir du monde est dans ces mots : « à jamais ». »

Jean d'Ormesson, La création du monde


« Aveux, romans, remords, psychanalyse, confession, repentir : il n'y a que les mots pour sauver ceux qui souffrent d'eux-mêmes et de leur passé. »

Jean d'Ormesson, C'était bien


« Comme l'univers lui-même, la vie des hommes est un désastre et un enchantement. Un désastre parce que la fin est déjà inscrite dans le début. Un enchantement parce qu'il ne cesse de s'y passer des événements qui provoquent des émotions, des sentiments, des réflexions, de la passion. Un désastre parce qu'il y a la souffrance et le mal. Un enchantement parce qu'il y a l'espérance et l'amour. »

Jean d'Ormesson, Guide des égarés


« Ne gâche pas ton temps. En apparence, si lent, si long, inépuisable, sans fond, le temps passe très vite. Un jour, tu te retournes et tu découvres qu'il n'y en a plus. »

Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait ?


« Un des effets mineurs de la crise traversée par le monde était que mon grand-père, homme de tradition et de foi, commençait, à son tour, à ne plus croire à grand-chose. Trop de principes, trop de sacré, trop de forteresses de l'honneur et du respect avaient été ébranlés. Mon grand-père continuait à voir s'écrouler autour de lui ce qui restait encore debout du monde qu'il avait connu. »

Jean d'Ormesson, Au plaisir de Dieu


« Dans l'univers entier, avec son Soleil et sa Lune, et ses étoiles au loin, avec ses galaxies dont nous ne savons presque rien, avec son histoire pleine de tumultes qui semblent n'avoir aucun sens, avec ses conquérants, ses peintres, ses musiciens qui nous font honte de notre médiocrité, il n'y a que toi qui comptes pour moi.
J'écris pour toi. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« […] ce qui m'est insupportable, c'est l'idée de ne plus te voir, de ne plus te parler, de ne plus t'écouter. Jamais plus. Jamais plus. Un voile noir tombe sur ma vie. Sur ce qui me reste à vivre. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« Je regardais Marie. Elle était magnifique. Elle venait de briser ma vie. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« Longtemps j'avais cru que les sentiments étaient univoques et tranchés à la façon des corps simples ou des couleurs fondamentales : on aimait, on ne s’aimait plus, on détestait, on regrettait, on espérait, on préférait. J'avais appris qu'ils étaient ambigus et contradictoires et qu'il était possible de regretter ses bourreaux, de craindre ce qu'on espérait, d'aimer encore ceux qu'on n'aimait plus, de préférer ce qu'on détestait. »

Jean d'Ormesson, Voyez comme on danse


« Rien n’occupe autant les jeunes gens dignes d’estime que les espoirs insensés et le chagrin de leur perte. »

Jean d'Ormesson, Un amour pour rien


« À côté des horreurs qui n'avaient jamais cessé de s'enchaîner les unes aux autres et en attendant les désastres qui ne pouvaient manquer de survenir, il y avait aussi des roses, des instants filés de soie à toutes les heures de la journée, de vieilles personnes irascibles qui laissaient derrière elles un souvenir de tendresse, des enfants à aimer, de jolies choses à lire, à voir, à écouter, de très bonnes choses à manger et à boire, des coccinelles pleines de gaieté sous leur damier rouge et noir, des dauphins qui étaient nos amis, de la neige sur les montagnes, des îles dans une mer très bleue. »

Jean d'Ormesson, C'était bien


« Le seul sort du bonheur est de se changer en souvenir. [...] La vie est un songe et le mieux est d'en rire. »

Jean d'Ormesson, C’est une chose étrange à la fin que le monde


« Nous sommes les enfants des étoiles. Nous sommes de la poussière d’étoiles, affinée par le temps. »

Jean d'Ormesson, Un jour je m'en irai sans en avoir tout dit


« La vie a toujours été et sera toujours une souffrance – et elle est un miracle : elle est une fête en larmes. »

Jean d'Ormesson, C'était bien


« Allez tranquillement parmi le vacarme et la hâte
Et souvenez-vous de la paix qui peut exister dans le silence.
[…]
Dites doucement mais clairement votre vérité.
Ecoutez les autres, même les simples d’esprit et les ignorants :
Ils ont eux aussi leur histoire.
Evitez les individus bruyants et agressifs :
Ils sont une vexation pour l’esprit.
Ne vous comparez avec personne :
Il y a toujours plus grands et plus petits que vous.
[…]
Soyez vous-même.
[…]
Fortifiez-vous une puissance d’esprit
Pour vous protéger en cas de malheur soudain.
Mais ne vous chagrinez pas avec vos chimères.
De nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude.
Au-delà d’une discipline saine, soyez doux avec vous-même.
Vous êtes un enfant de l’univers. Pas moins que les arbres et les étoiles.
Vous avez le droit d’être ici.
[…]
Quels que soient vos travaux et vos rêves, gardez,
dans le désarroi bruyant de la vie, la paix de votre cœur.
Avec toutes ses perfidies et ses rêves brisés, le monde est pourtant beau. »

Jean d'Ormesson, Comme un chant d'espérance


« Il y a dans toute existence au moins deux interrogations auxquelles se mêle un peu d'angoisse. L'une au début : que faire ? Elle m'a tourmenté jusqu'aux larmes. L'autre à la fin : qu'ai-je donc fait ? »

Jean d'Ormesson, C'était bien


« Qu'ai-je donc fait ? J'ai été heureux dans un monde cruel dont j'ai admiré presque tout jusque dans les chagrins. »

Jean d'Ormesson, Qu'ai-je donc fait ?
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par Kylian
#1304076
Prière à Dieu

Ce n’est donc plus aux hommes que je m’adresse ; c’est à toi, Dieu de tous les êtres, de tous les mondes et de tous les temps : s’il est permis à de faibles créatures perdues dans l’immensité, et imperceptibles au reste de l’univers, d’oser te demander quelque chose, à toi qui as tout donné, à toi dont les décrets sont immuables comme éternels, daigne regarder en pitié les erreurs attachées à notre nature ; que ces erreurs ne fassent point nos calamités. Tu ne nous as point donné un cœur pour nous haïr, et des mains pour nous égorger ; fais que nous nous aidions mutuellement à supporter le fardeau d’une vie pénible et passagère ; que les petites différences entre les vêtements qui couvrent nos débiles corps, entre tous nos langages insuffisants, entre tous nos usages ridicules, entre toutes nos lois imparfaites, entre toutes nos opinions insensées, entre toutes nos conditions si disproportionnées à nos yeux, et si égales devant toi ; que toutes ces petites nuances qui distinguent les atomes appelés hommes ne soient pas des signaux de haine et de persécution ; que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil ; que ceux qui couvrent leur robe d’une toile blanche pour dire qu’il faut t’aimer ne détestent pas ceux qui disent la même chose sous un manteau de laine noire ; qu’il soit égal de t’adorer dans un jargon formé d’une ancienne langue, ou dans un jargon plus nouveau ; que ceux dont l’habit est teint en rouge ou en violet, qui dominent sur une petite parcelle d’un petit tas de la boue de ce monde, et qui possèdent quelques fragments arrondis d’un certain métal, jouissent sans orgueil de ce qu’ils appellent grandeur et richesse, et que les autres les voient sans envie : car tu sais qu’il n’y a dans ces vanités ni de quoi envier, ni de quoi s’enorgueillir.

Puissent tous les hommes se souvenir qu’ils sont frères ! Qu’ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes, comme ils ont en exécration le brigandage qui ravit par la force le fruit du travail et de l’industrie paisible ! Si les fléaux de la guerre sont inévitables, ne nous haïssons pas les uns les autres dans le sein de la paix, et employons l’instant de notre existence à bénir également en mille langages divers, depuis Siam jusqu’à la Californie, ta bonté qui nous a donné cet instant.

Voltaire, Traité sur la tolérance, Chapitre XXIII
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par Kylian
#1304077
« "Mademoiselle Albertine est partie !" Comme la souffrance va plus loin en psychologie que la psychologie ! Il y a un instant, en train de m'analyser, j'avais cru que cette séparation sans s'être revus était justement ce que je désirais, et comparant la médiocrité des plaisirs que me donnait Albertine à la richesse des désirs qu'elle me privait de réaliser, je m'étais trouvé subtil, j'avais conclu que je ne voulais plus la voir, que je ne l'aimais plus. Mais ces mots : « Mademoiselle Albertine est partie » venaient de produire dans mon cœur une souffrance telle que je sentais que je ne pourrais pas y résister plus longtemps. Ainsi ce que j'avais cru n'être rien pour moi, c'était tout simplement toute ma vie. Comme on s’ignore ! […] Je m’étais trompé en croyant voir clair dans mon cœur. Mais cette connaissance […] venait de m’être apportée, dure, éclatante, étrange, comme un sel cristallisé par la brusque réaction de la douleur. J’avais une telle habitude d’avoir Albertine auprès de moi, et je voyais soudain un nouveau visage de l’Habitude. Jusqu’ici je l’avais considérée surtout comme un pouvoir annihilateur qui supprime l’originalité et jusqu’à la conscience des perceptions ; maintenant je la voyais comme une divinité redoutable, si rivée à nous, son visage insignifiant si incrusté dans notre cœur que si elle se détache, ou si elle se détourne de nous, cette déité que nous ne distinguions presque pas nous inflige des souffrances plus terribles qu’aucune et qu’alors elle est aussi cruelle que la mort. »

Proust, À la recherche du temps perdu, VI, Albertine disparue
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par Kylian
#1304091
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Jérôme Mesnager, 2 de 2019, 2019
Peinture


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Robert de Sutter, Couple 14, 2017
Sculpture


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Jérôme Mesnager, Valse dans l'espace (réf. 19), 2018
Peinture
Modifié en dernier par Kylian le 22 juil. 2019, 05:03, modifié 1 fois.
Reviendra-t-il?

Bon alors je vous donne la suite. (J’ai bie[…]

Oui merci pour les conseils ;-). Pas éviden[…]

Bonjour Fmv, On parlait de mariage, de possibili[…]

Au fond du gouffre

Bravo Lili : OUI tu peux être fière d[…]