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par lilydr
#1225097
François-René de CHATEAUBRIAND (1768-1848)

Le départ

Paris, 1827.

Compagnons, détachez des voûtes du portique
Ces dons du voyageur, ce vêtement antique,
Que j'avais consacrés aux dieux hospitaliers.
Pour affermir mes pas dans la course prochaine,
Remettez dans ma main le vieil appui de chêne
Qui reposait à mes foyers.

Où vais-je aller mourir ? Dans les bois des Florides ?
Aux rives du Jourdain, aux monts des Thébaïdes ?
Ou bien irai-je encore à ce bord renommé,
Chez un peuple affranchi par les efforts du brave,
Demander le sommeil que l'Eurotas esclave
M'offrit dans son lit embaumé ?

Ah ! qu'importe le lieu ? Jamais un peu de terre,
Dans le champ du potier, sous l'arbre solitaire,
Ne peut manquer aux os du fils de l'étranger.
Nul ne rira du moins de ma mort advenue ;
Du pèlerin assis sur ma tombe inconnue
Du moins le pas sera léger.
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par Numéro 7
#1259950
Entrée dans l'exil

J'ai fait en arrivant dans l'île connaissance
Avec un frais vallon plein d'ombre et d'innocence,
Qui, comme moi, se plaît au bord des flots profonds.
Au même rayon d'or tous deux nous nous chauffons ;
J'ai tout de suite avec cette humble solitude
Pris une familière et charmante habitude.
Là deux arbres, un frêne, un orme à l'air vivant,
Se querellent et font des gestes dans le vent
Comme deux avocats qui parlent pour et contre ;
J'y vais causer un peu tous les jours, j'y rencontre
Mon ami le lézard, mon ami le moineau ;
Le roc m'offre sa chaise et la source son eau ;
J'entends, quand je suis seul avec cette nature,
Mon âme qui lui dit tout bas son aventure ;
Ces champs sont bonnes gens, et j'aime, en vérité,
Leur douceur, et je crois qu'ils aiment ma fierté.

Victor Hugo - Extrait des Quatre Vents de l'esprit.
Elieza ont aimé ça
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par Numéro 7
#1295486
Déjà posté... mais...

Instants

Si je pouvais de nouveau vivre ma vie,
dans la prochaine je tâcherais de commettre plus d’erreurs.
Je ne chercherais pas à être aussi parfait, je me relaxerais plus.
Je serais plus bête que je ne l’ai été,
en fait je prendrais très peu de choses au sérieux.
Je mènerais une vie moins hygiénique.
Je courrais plus de risques,
je voyagerais plus,
je contemplerais plus de crépuscules,
j’escaladerais plus de montagnes, je nagerais dans plus de rivières.
J’irais dans plus de lieux où je ne suis jamais allé,
je mangerais plus de crèmes glacées et moins de fèves,
j’aurais plus de problèmes réels et moins d’imaginaires.

J’ai été, moi, l’une de ces personnes qui vivent sagement
et pleinement chaque minute de leur vie ;
bien sûr, j’ai eu des moments de joie.
Mais si je pouvais revenir en arrière, j’essaierais
de n’avoir que de bons moments.

Au cas où vous ne le sauriez pas, c’est de cela qu’est faite la vie,
seulement de moments ; ne laisse pas le présent t’échapper.

J’étais, moi, de ceux qui jamais
ne se déplacent sans un thermomètre,
un bol d’eau chaude,
un parapluie et un parachute ;
si je pouvais revivre ma vie, je voyagerais plus léger.

Si je pouvais revivre ma vie
je commencerais d’aller pieds nus au début
du printemps
et pieds nus je continuerais jusqu’au bout de l’automne.
Je ferais plus de tours de manège,
je contemplerais plus d’aurores,
et je jouerais avec plus d’enfants,
si j’avais encore une fois la vie devant moi.

Mais voyez-vous, j’ai 85 ans…
et je sais que je me meurs.

Jorge Luis Borges traduit par E. Dupas.
Elieza ont aimé ça
par Elieza
#1295487
Déja posté aussi...mais si beau.

1

Pourquoi pas simplement les désespérés
d’avoir parfois
répandu un flot de mots

ne vaut-il pas mieux avorter que d’être stérile

les heures qui suivent ton départ sont à tel point de plomb
elles commenceront toujours trop tôt à traîner
les grappins ratissant aveuglément le lit du manque
ramenant à la surface les os les vieilles amours
orbites qu’habitaient jadis des yeux semblables aux tiens
tout toujours vaut-il mieux trop tôt que jamais
la boue noire du manque éclaboussant leurs visages
disant encore
jamais neuf jours n’ont rejeté l’être aimé à flot perdu
ni neuf mois
ni neuf vies

2

disant encore
si ce n’est toi qui m’enseignes je n’apprendrai pas
disant encore il y a une dernière fois
de toutes les dernières fois
dernières fois que l’on supplie
dernières fois que l’on aime
que l’on sait qu’on ne sait faisant semblant
une toute dernière des dernières fois que l’on dit
si ce n’est toi qui m’aimes je ne serai pas aimé
si ce n’est toi que j’aime je n’aimerai pas

le barattage des mots rances dans le coeur encore
amour amour amour bruit sourd du vieux pilon
broyant les inaltérables
grumeaux de mots

terrifié encore
de ne pas aimer
d’aimer mais pas toi
d’être aimé mais pas de toi
de savoir qu’on ne sait faisant semblant
semblant

moi et tous les autres qui t’aimeront
s’ils t’aiment

3

à moins qu’ils ne t’aiment

***
S.Beckett
miu ont aimé ça
par lilydr
#1296090

Le commencement de l'année



Recueil : Mes heures perdues (1833).

Écoutez bien : l'heure est sonnée ;
La dernière du dernier jour,
Le dernier adieu d'une année
Qui vient de s'enfuir sans retour !
Encore une étoile pâlie ;
Encore une page remplie
Du livre immuable du Temps !
Encore un pas fait vers la tombe,
Encore une feuille qui tombe
De la couronne de nos ans !

Et toi qui viens à nous, jeune vierge voilée,
Dis-nous, dois-tu passer joyeuse ou désolée ?
Apprends-nous les secrets enfermés dans ta main :
Quels dons apportes-tu dans les plis de ta robe,
Vierge ; et qui nous dira le mot que nous dérobe,
Le grand mystère de demain ?

Dois-tu, comme la bien-aimée
Au souffle du vent matinal,
Passer rieuse et parfumée
Des senteurs du lit virginal ?
Dois-tu nous apparaître amère
Comme la douleur d'une mère
Au tombeau de ses enfans morts.
Ou, comme un lamentable drame,
Laisser pour adieu dans notre âme
Le désespoir et le remords ?

Mais qu'importe, mon Dieu, ce que ta main enserre
De pluie ou de soleil, de joie ou de misère !
Pourquoi tenter si loin le muet avenir ?
Combien, dans cette foule à la mort destinée.
Qui voyant aujourd'hui commencer cette année.
Ne doivent pas la voir finir !

Moi-même, qui fais le prophète.
Que sais-je, hélas ! si ce flambeau
Qui m'éclaire dans une fête
Ne luira pas sur mon tombeau ?
Peut-être une main redoutable
M'entraînera hors de la table
Avant le signal de la fin.
Comme une marâtre inhumaine
Qui guette un enfant, et l'emmène
Sans qu'il ait assouvi sa faim.

Et l'homme cependant, si pauvre et si fragile.
Passager d'un moment dans sa maison d'argile,
Misérable bateau sur l'Océan jeté,
Dans cet amas confus de rumeurs incertaines,
Sent au fond de son cœur comme des voix lointaines
Qui lui parlent d'éternité.

Et quoiqu'un terrible mystère
Lui laisse ignorer pour toujours
Si sa part d'avenir sur terre
Se compte par ans ou par jours,
Il croit, dans sa pensée altière.
Que pour jamais à la matière
Ce rayon de l'âme est uni :
Il cherche un but insaisissable :
Pour le rocher prenant le sable.
Et l'inconnu pour l'infini.

Mais regarde en arrière, et compte tes années,
Si promptes à fleurir et si vite fanées :
Celles-là ne devaient non plus jamais finir :
Qu'à des rêves moins longs ton âme s'abandonne,
Imprudent ! et du moins que le passé te donne
La mesure de l'avenir.

Toutefois de l'an qui commence
Saluons la nativité,
Cet anneau de la chaîne immense
Qui se perd dans l'éternité ;
Et s'il est vrai que cette année
Par grâce encor nous soit donnée,
N'usons pas nos derniers instans
A chercher si de son visage
Ce voile épais est le présage
De la tempête ou du beau temps.

Et vous tous, mes amis, vous qui sur cette terre
Semez d'ombre et de fleurs mon sentier solitaire,
Des biens que je n'ai pas puisse Dieu vous doter ;
Sitôt que la clarté doive m'être ravie,
Puisse-t-il ajouter aux jours de votre vie
Ceux qu'il lui plaira de m'ôter !

Félix Arvers.
Avatar du membre
par Numéro 7
#1296092
Pour les amis du passé, du présent - et tous ceux à venir...

« Je ne vous souhaite pas n’importe quoi,
Je vous souhaite quelque chose de très rare,
Je vous souhaite du Temps pour rire et vous réjouir,
Je vous souhaite du Temps pour faire ce que vous voulez,
Et pour penser aussi aux autres,
Je vous souhaite du Temps pour ne plus courir,
Du Temps pour être heureux,
Je vous souhaite du Temps et de la confiance en vous-même,
Je vous souhaite du Temps et des surprises,
Je vous souhaite du Temps
Et pas seulement pour regarder les heures passer,
Je vous souhaite du Temps pour toucher les étoiles,
Et du Temps pour grandir, pour mûrir,
Je vous souhaite du Temps pour espérer
Et pour Aimer sans plus jamais reporter,
Je vous souhaite du Temps pour vous Retrouver ,
Pour comprendre que chaque jour est un cadeau,
Je vous souhaite du Temps aussi pour pardonner,
Je vous souhaite du Temps pour Vivre. »

– Poème des Natifs Américains des tribus Dakota
par Elieza
#1299821
Quelques fois dans ma nuit, il m'arrive d'en avoir marre de tourner en rond sans avoir quelqu'un a serrer dans mes bras.
Je hais cette ordure ordinaire qui est ma seule compagnie alors que je saigne et que le monde saigne et qu'il s'en fout, vautré dans sa médiocrité.
J’exècre les gens normaux qui s'accommodent si bien de la banalité et des réflexes conditionnés de la conversation courtoise, ces gens qui peuvent parler comme je meurs-ou vis- sans y penser- ces gens me font douter l'espace d'un instant de toute l'humanité, l'espace d'un verre a moitié vide, alors que je me saoule de souffrance innommée (et ils seraient de ceux là? je ne peux y croire...)
Comme tout serait simple alors, et comme je les haïrais s'il n'y avait ces lueurs, perdues au fond de leurs yeux, sous ce soleil de plomb, dans ce désert surpeuplé.
Il m'arrive de penser que là bas il y aurait quelqu'un, et je me prendrais a haïr les habitudes de la routine et les caresses quotidiennes-le reste de l'ennui-
Quelques fois dans ma nuit, les montres s’arrêtent et le temps dure et s'étend comme une immortalité sereine et ennuyeuse.

Mais qui connait ma nuit? Qui connait la solitude de l'Autre?
Il aurait fallu qu'un jour bien au delà d'une simple étreinte on ait le temps de se dire le fond de nos pensées- 3 mots, 4 phrases, 1 sourire pour que nos vies fussent différentes. Mais celà n'a plus d'importance au soir.
J'oublie, je m'oublie et je deviens une abstraction-sous la neige qui fera demain la boue de nos jours ordinaires.
On en peut pas être grand tout le temps, même a 1m80 d'altitude humanoïde, on ne peut pas être la non plus tout le temps, c'est à ne plus plus savoir, pour cause d'arnaque, de fumisterie ambiante, c'est à se dire que le monde, en système cloitré, nous baise jusqu'au plus profond de nous même, c'est à se dire qu'on est de ce monde servile et répugnant qui a déja gagné.

"Désormais" j'attends le murissement des fruits sur l'arbre de nos jours qui s'écoulent, mais la pourriture est si tenace que je ne sais lequel de nous arrivera en premier.
Et je m’écœure à force d'attente, de repos forcé, de rencontres gâchées, de rencontres manquées.

Pourtant, il y a peut être un ou deux milliards d'êtres que j'aurais pu aimer.

Dans mon dos je sens les courants d'air glacés, mais je continue à marcher vers ce but improbable qui devrait me rendre a moi même, car le jour finit toujours par se lever, parfois hélas trop tôt.

Je suis dans le désert, quoi d'étonnant que je le peuple de fantasmes que le sommeil dissipe dans les vapeurs de l'acide.
Il y a foule d'images de vivants et de morts sur les parois de mon esprit et j'écris des pages de littérature hermétique (pléonasme) histoire d'être moins seule.
Quelques fois dans ma nuit, je vis mon fantasme jusqu'à sa limite, tellement il est facile de pleurer, tellement il est difficile, passées certaines heures, de démêler le rôle d'un appel au secours.
(Criez pour moi, mais criez pour moi, que je n'ai plus de doutes!)
L'ordure, la saloperie, c'est le doute de l'un, la certitude de l'autre, question de mots, de vocabulaire, de préjugés...
miu ont aimé ça
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par Numéro 7
#1299836
Elieza a écrit : 20 mars 2019, 09:52
Numéro 7 a écrit : 20 mars 2019, 01:23 C’est de toi ?
oui, il y a très longtemps (1997)
Très longtemps, oui - on avait même pas 20 ans ! ^^

J’aime beaucoup ces mots que tu as écris
par Elieza
#1299840
Numéro 7 a écrit : 20 mars 2019, 14:31
Elieza a écrit : 20 mars 2019, 09:52
Numéro 7 a écrit : 20 mars 2019, 01:23 C’est de toi ?
oui, il y a très longtemps (1997)
Très longtemps, oui - on avait même pas 20 ans ! ^^

J’aime beaucoup ces mots que tu as écris
J' y étais presque :) à mes 20 ans

Merci :bisou:
Avatar du membre
par Numéro 7
#1310429
GRACIAS A LA VIDA

Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me dio dos luceros que cuando los abro
Perfecto distingo lo negro del blanco
Y en el alto cielo su fondo estrellado
Y en las multitudes el hombre que yo amo
Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado el oído que en todo su ancho
Cada noche y días
Grillos y canarios, martillos, turbinas
Ladridos, chubascos
Y la voz tan tierna de mi bien amado
Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado el sonido y el abecedario
Con el las palabras que pienso y declaro
Madre, amigo, hermano y luz alumbrando
La ruta del alma del que estoy amando
Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado la marcha de mis pies cansados
Con ellos anduve ciudades y charcos
Playas y desiertos, montañas y llanos
Y la casa tuya, tu calle y tu patio
Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me dio el corazón que agita su marco
Cuando miro el fruto del cerebro humano
Cuando miro el bueno tan lejos del malo
Cuando miro el fondo de tus ojos claros
Gracias a la vida que me ha dado tanto
Me ha dado la risa y me ha dado el llanto
Así yo distingo dicha de quebranto
Los dos materiales que forman mi canto
Y el canto de ustedes que es el mismo canto
Y el canto de todos que es mi propio canto

Violeta Parra
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