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par Numéro 7
#1197551
" Yeki Bood, Yeki Nabood, il y avait quelqu’un, il n’y avait personne, comme s’enclenchent d’ordinaire les contes en Persan. "

Victoire de Changy
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par miu
#1197553
Numéro 7 a écrit :" Yeki Bood, Yeki Nabood, il y avait quelqu’un, il n’y avait personne, comme s’enclenchent d’ordinaire les contes en Persan. "

Victoire de Changy
Bonne nuit ma belle ^^ Même s'il y a personne. Gros bisous fabuleux ;)
par lilydr
#1197573
L'ancienne gloire

Dans le silence et la grandeur des cathédrales,
La cité, riche avait jadis, dressé vers Dieu
De merveilleux autels,, tordus comme des feux
Cuivres, bronzes, argents, cartels, rinceaux, spirales.

Les chefs vainqueurs et leurs soldats
Y suspendaient les vieux drapeaux de guerre ;
Et les autels décorés d'or,
Aux yeux de ceux qui sortaient des combats,
Apparaissaient alors
Comme un arrière immense de galère.
D'entre les hauts piliers, jaillissaient les buccins ;
Des archanges farouches
Y appuyaient leur bouche
Et dans un gonflement de la gorge et des seins
Sonnaient vers les vents de la Gloire
La vie ardente et la victoire.

Sur les marbres des escaliers,
Les bras géants des chandeliers
Dressaient leurs cires enflammées.
Les encensoirs volaient dans les fumées ;

Les ex-votos luisaient comme un fourmillement
D'yeux et de coeurs, dans l'ombre ;
L'orgue, ainsi qu'une marée, immensément
Grondait ; des rafales de voix sans nombre
Sortaient du temple et résonnaient jusqu'au beffroi
Et le prêtre vêtu d'orfroi
Au milieu des pennons brandis et des bombardes,
Levait l'épée et lentement traçait avec la garde
Sur le front des héros, le signe de la croix.

Oh ! ces autels pareils à des brasiers sculptés,
Avec leur flore énorme et leurs feux tourmentés ;
Massifs et violents, exorbitants et fous,
Ils demeurent encor, parmi les villes mortes.
Debout
Alors qu'on n'entend plus les chefs et leurs escortes
Sabres, clairons, soleils, lances, drapeaux, tambours,
Rentrer par les remparts et passer les faubourgs
Et revenir, comme autrefois, au coeur des places,
Planter leur étendard dont s'exalta l'espace.

La gloire est loin et son miracle :
Les Archanges qui couronnent le tabernacle,
Comme autant d'énormes Renommées,
Ne sonnent plus pour les armées.
Avec prudence, on a réfugié
L'emblématique et colossal lion,
Dans le blason de la cité ;
Et, vers midi, le carillon,
Avec ses notes lasses
Ne laisse plus danser
Sur la grand'place
Et s'épuiser,
Qu'un petit air estropié.

Émile VERHAEREN (1855-1916)
par lilydr
#1197578
Chaque heure, où je songe à ta bonté

Chaque heure, où je songe à ta bonté
Si simplement profonde,
Je me confonds en prières vers toi.

Je suis venu si tard
Vers la douceur de ton regard,
Et de si loin vers tes deux mains tendues,
Tranquillement, par à travers les étendues!

J'avais en moi tant de rouille tenace
Qui me rongeait à dents rapaces,
La confiance
J'étais si lourd, j'étais si las
J'étais si vieux de méfiance,
J'étais si lourd, j'étais si las
Du vain chemin de tous mes pas.

Je méritais si peu la merveilleuse joie
De voir tes pieds illuminer ma voie,
Que j'en reste tremblant encore et presque en pleurs
Et humble à tout jamais, en face du bonheur.

Émile VERHAEREN (1855-1916)
par lilydr
#1197580
Eperdument

Bien que flasque et geignant et si pauvre ! si morne !
Si las! Redresse-toi, de toi-même vainqueur ;
Lève ta volonté qui choit contre la borne
Et sursaute, debout, rosse à terre, mon cœur !

Exaspère sinistrement ta toute exsangue
Carcasse et pousse au vent, par des chemins rougis
De sang, ta course ; et flaire et lèche avec ta langue
Ta plaie, et lutte et butte et tombe - et ressurgis !

Tu n'en peux plus et tu n'espères plus ; qu'importe !
Puisque ta haine immense encor hennit son deuil,
Puisque le sort t'enrage et que tu n'es pas morte
Et que ton mal cinglé se cabre en ton orgueil.

Et que ce soit de la torture encore ! encore !
Et belle et folle et rouge et soûle - et le désir
De se boire de la douleur par chaque pore,
Et du vertige et de l'horreur - et le plaisir,

O ma rosse de soufre et d'os que je surmène
Celui, jadis, là-bas, en ces minuits du Nord,
Des chevaliers d'éclair, sur leurs chevaux d'ébène,
Qui s'emballaient, fougueux du vide et de la mort.

Émile VERHAEREN (1855-1916)
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par Numéro 7
#1197856
Je pense à l’orage qui nous lie,

Je pense à l’orage qui nous lie, celui qui éclaire à quelques secondes d’intervalle seulement la pièce dans laquelle je me trouve et puis tout ce qui t’entoure. Je pense à la pluie déferlante et aux rivières qui se façonnent une place de choix entre les tuiles des toits, je pense à la pluie et aux tressaillements qui s’emparent de toi. Je pense au jour où nous n’aurons pas cette idée là, à l’instant où je regarderai la neige céder sous mes pas lorsque tu apercevras les prémisses d’un Printemps chez toi. Il faudra une corde soigneusement nouée autour de nos tailles respectives, un lien puissant qui ne craindra pas le bout du monde, les nuits et les jours transposés, puis l’océan. Je pense à l’orage qui nous lie, celui qui éclaire à quelques secondes d’intervalle seulement la pièce dans laquelle je me trouve et puis tout ce qui t’entoure.

Victoire de Changy - 26 04 2012
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par Numéro 7
#1197863
Et notre folie sera grande et notre mémoire sera longue

quand j'aurai l'amant sur le coeur

Victoire de Changy - 28 04 2013
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par Numéro 7
#1198217
Ecorcée

Je suis nue. Déshabillée depuis un instant indéterminé de cette fine pellicule, de ce manteau serré qui atténuait certaines de mes réactions, sourdine comportementale qui me poussait à extérioriser avec parcimonie, prudemment. Aujourd’hui si j’ai peur je crie fort je pleure très souvent les épaules secouées par un ressac puissant quand je suis triste ou transie ou émue ou nostalgique ou déçue, je ris aussi, je danse n’importe comment, change de face, de couleur. Mais pourquoi tu cries, mais pourquoi tu pleures ? – Je suis transparente, on peut lire sur mon visage et sur ma peau, on peut voir le sang me battre aux tempes ou les cyclones dans mes yeux sombres, deviner l’amour que je porte, l’indifférence ou le fugace mépris s’il en est. Mes répliques sont parfois si intenses que je peine à leur attribuer la juste origine : ces gros sanglots, sont-ce du chagrin, de la joie, de l’envie peut-être ou encore autre chose qui ne porte pas de nom ?
J’avance désormais résolument à vif, sans écorce, c’est ça, écorcée vive, sans peau, toute nue, impudique, partout, seule, en société, face à lui, face à vous, pour le meilleur et sans doute le pire, pourquoi, pour combien de temps, je ne sais pas, voilà.

Victoire de Changy - 22 09 2014
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par Numéro 7
#1198223
4,5

Dans la nuit de mardi à mercredi, à minuit dix-neuf, le cœur sous Montréal s’est mis à battre la chamade. Un séisme de magnitude 4,5 et dix secondes de palpitations hors norme. Engourdie de sommeil entre mes draps, je me suis mise à songer aux origines de cet esclandre, au petit monde sous mon monde qui s’activait à faire frissonner la ville de la sorte. J’ai alors pensé au rythme de mon propre pouls, accéléré, qui sait, par la grandeur des choses que je vis depuis que je suis ici. Je me suis alors égarée à imaginer que les pulsations dans ma poitrine auraient tout aussi bien pu s’infiltrer entre les lattes du plancher de ma chambre bleue pâle, avoir traversé les couches de ciment et de terre jusqu’à atteindre le ventre du Canada. L’espace d’un instant nous aurions eu, le pays et moi, la même sève dans nos veines. Tomber en amour de cet endroit aurait d’un même tenant fait trembler les murs de Montréal et vaciller mes propres fondations.

Victoire de Changy - O8 O4 2013
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par Numéro 7
#1198229
je finirai par te rencontrer quelque part

Je suis paralysée, depuis la rentrée, dans un chagrin inexplicable; un état engourdi qui me soulève le cœur dès le réveil et ne m’oublie qu’à de brefs instants par la suite. Je suis, je pense, dans cette fameuse période charnière dont on m’a parlé si souvent : celle des grands doutes, quand on n’a aucune idée de ce qu’on fera de sa propre personne. Quelque part dans cet océan d’incertitudes, j’ai égaré mon sens du merveilleux, j’ai perdu mon ombre. Si l’un de vous l’aperçoit avant moi, qu’il me le ramène, avec de la colle qui sent bon l’amande, et me l’attache solidement aux semelles.

(...)

Quelque part dans cet océan d’incertitudes, j’ai égaré mon sens du merveilleux, j’ai perdu mon ombre. Heureusement, sous mon ciel ou sous le leurs, il y a ces évidences personnifiées, du merveilleux distillé ça et là, avec un cœur qui bat.

Victoire de Changy -29 09 2013
par lilydr
#1198264
Merci de continuer à alimenter ce thread, c'est chouette de venir y découvrir de nouveaux posts.
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par Numéro 7
#1198284
Je suis un peu beaucoup à la folie passionnément tombée amoureuse de Victoire ^^

Voilà un Poëme un peu mieux " rangé " ^^

LES SOIRS ORANGE

En bas, il y a une jolie mésange
Avec un ver en bec ; la voici qui le mange
Dans l’air bleu. Les fantômes blancs sonnent de sons
Lumineux ; la sombre complainte des bassons

Ensoleille les murs, égaye les maisons.
Avec ce son résonne le ban des vendanges ;
La terre est colorée et nos soirs sont orange,
L’astrée tourbillonne au goulot des oraisons.

Ces territoires peints m’emporteront en eux,
La marée des couleurs s’accrochera aux nœuds
Des arbres, des épis, des mains des paysans.

Je contemplerai l’air, et je verrai bien loin.
Au gré du paysage en me dépaysant,
J’irai, et reviendrai poèmes à la main.

Thibault Desbordes
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par louma
#1198290
Je suis un peu beaucoup à la folie passionnément tombée amoureuse de Victoire ^^
Il y a de quoi..
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par Numéro 7
#1198292
louma a écrit :
Je suis un peu beaucoup à la folie passionnément tombée amoureuse de Victoire ^^
Il y a de quoi..
Poste un Poëme pour lilydr louma - moi je crois que je vais me faire bannir du fil ^^
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par louma
#1198761
Bientôt, bientôt.. Je suis charrette depuis un bon moment à travailler jusqu'à pas d'heure,
Un petit tour sur le forum pour suivre quelques fils, et un détour sur ce petit quai des brumes,
ce frais bazar où claquent les voiles sous des vents porteurs, et les jurons des portefaix que la mer avale à grands bouillons.
Dans les halos du débarcadère je reconnais toujours ta casquette de capitaine, Numéro 7, et quand les mouettes veulent bien fermer leur clapet, on entend (avec la ponctualité d'un coucou suisse) un carillon de verres dans le rade poisseux d'écailles et de grand large, c'est Lilydr qui régale l'assemblée..
Modifié en dernier par louma le 13 oct. 2016, 18:07, modifié 1 fois.
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par louma
#1201792
Georges et Jeanne



Moi qu'un petit enfant rend tout à fait stupide,
J'en ai deux ; George et Jeanne ; et je prends l'un pour guide
Et l'autre pour lumière, et j'accours à leur voix,
Vu que George a deux ans et que Jeanne a dix mois.
Leurs essais d'exister sont divinement gauches ;
On croit, dans leur parole où tremblent des ébauches,
Voir un reste de ciel qui se dissipe et fuit ;
Et moi qui suis le soir, et moi qui suis la nuit,
Moi dont le destin pâle et froid se décolore,
J'ai l'attendrissement de dire : Ils sont l'aurore.
Leur dialogue obscur m'ouvre des horizons ;
Ils s'entendent entr'eux, se donnent leurs raisons.
Jugez comme cela disperse mes pensées.
En moi, désirs, projets, les choses insensées,
Les choses sages, tout, à leur tendre lueur,
Tombe, et je ne suis plus qu'un bonhomme rêveur.
Je ne sens plus la trouble et secrète secousse
Du mal qui nous attire et du sort qui nous pousse.
Les enfants chancelants sont nos meilleurs appuis.
Je les regarde, et puis je les écoute, et puis
Je suis bon, et mon coeur s'apaise en leur présence ;
J'accepte les conseils sacrés de l'innocence,
Je fus toute ma vie ainsi ; je n'ai jamais
Rien connu, dans les deuils comme sur les sommets,
De plus doux que l'oubli qui nous envahit l'âme
Devant les êtres purs d'où monte une humble flamme ;
Je contemple, en nos temps souvent noirs et ternis,
Ce point du jour qui sort des berceaux et des nids.

Le soir je vais les voir dormir. Sur leurs fronts calmes,
Je distingue ébloui l'ombre que font les palmes
Et comme une clarté d'étoile à son lever,
Et je me dis : À quoi peuvent-ils donc rêver ?
Georges songe aux gâteaux, aux beaux jouets étranges,
Au chien, au coq, au chat ; et Jeanne pense aux anges.
Puis, au réveil, leurs yeux s'ouvrent, pleins de rayons.

Ils arrivent, hélas ! à l'heure où nous fuyons.

Ils jasent. Parlent-ils ? Oui, comme la fleur parle
À la source des bois ; comme leur père Charle,
Enfant, parlait jadis à leur tante Dédé ;
Comme je vous parlais, de soleil inondé,
Ô mes frères, au temps où mon père, jeune homme,
Nous regardait jouer dans la caserne, à Rome,
À cheval sur sa grande épée, et tout petits.

Jeanne qui dans les yeux a le myosotis,
Et qui, pour saisir l'ombre entr'ouvrant ses doigts frêles,
N'a presque pas de bras ayant encor des ailes,
Jeanne harangue, avec des chants où flotte un mot,
Georges beau comme un dieu qui serait un marmot.
Ce n'est pas la parole, ô ciel bleu, c'est le verbe ;
C'est la langue infinie, innocente et superbe
Que soupirent les vents, les forêts et les flots ;
Les pilotes Jason, Palinure et Typhlos
Entendaient la sirène avec cette voix douce
Murmurer l'hymne obscur que l'eau profonde émousse ;
C'est la musique éparse au fond du mois de mai
Qui fait que l'un dit : J'aime, et l'autre, hélas : J'aimai ;
C'est le langage vague et lumineux des êtres
Nouveau-nés, que la vie attire à ses fenêtres,
Et qui, devant avril, éperdus, hésitants,
Bourdonnent à la vitre immense du printemps.
Ces mots mystérieux que Jeanne dit à George,
C'est l'idylle du cygne avec le rouge-gorge,
Ce sont les questions que les abeilles font,
Et que le lys naïf pose au moineau profond ;
C'est ce dessous divin de la vaste harmonie,
Le chuchotement, l'ombre ineffable et bénie
Jasant, balbutiant des bruits de vision,
Et peut-être donnant une explication ;
Car les petits enfants étaient hier encore
Dans le ciel, et savaient ce que la terre ignore.
Ô Jeanne ! Georges ! voix dont j'ai le coeur saisi !
Si les astres chantaient, ils bégaieraient ainsi.
Leur front tourné vers nous nous éclaire et nous dore.
Oh ! d'où venez-vous donc, inconnus qu'on adore ?
Jeanne a l'air étonné ; Georges a les yeux hardis.
Ils trébuchent, encore ivres du paradis.


Victor Hugo
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